
J'attendais de voir le résultat des travaux de réfection qui viennent de s'achever (mais les billets sont toujours vendus dans une cabane de chantier sur la place, dans un provisoire qui se poursuit). Un rien furieuse : ils ont surtour consisté dans l'installation d'un trop grand comptoir ovale au milieu du hall, pour trois vendeuses de programme et un grand espace vide, ne laissant qu'un minimum de place au pauvre public. L'accès à la salle procure de beaux effets de bousculade.

Orchestre en formation de chambre, dirigé par Michel Piquemal, sans baguette, avec des gestes un peu ostentatoires, mais précisément et délicatement.
En hors d'oeuvre, un divertimento entendu cent fois - très joliment joué, agréable, mais tellement connu...
Pour le Requiem, les bois étaient installés au premier rang, autour du chef qui avait regroupé le choeur en fonction des équilibres mais pas en accord avec l'emplacement des bancs - une mezzo en longue robe noire, genoux serrés, trois basses amusés et quatre enfants étaient assis sur les marches du gradin.
Très bons choeurs : Asmara et la maîtrise des Bouches du Rhône (enfin un petit garçon noir) - pouruoi les choeurs d'enfants portent-ils presque toujours des costumes marins ? Par contre j'ai trouvé la soprano un peu métallique vocalement et chevaline physiquement
, et le ténor m'a médiocrement plu. Une assez belle basse, peut-être plutôt baryton, et une alto à la voix souple et agréable, ressemblant un peu à une grande Catherine jeune. Mais une belle interprétation d'ensemble, surtout grâce à l'orchestre et aux choeurs - calme ligne ondulante de l'introït, martèlement du confutadis, harmonie hachée du lacrimosa, les grands développements et comme toujours l'Agnus Dei. Et même le léger dérapement de voix d'enfants vers la fin du kyrie a amené simplement une touche d'humanité.Plaisir de retrouver le retour dans la nuit avec la musique toujours un peu dans les oreilles.
J'ai continué, pour la nuit, la lecture de "les autres" de Christine Angot - un passage atypique
Elles sont comme ça, autant me le dire tout de suite. Toutes nos gueules de bourgeois : merde. Elles sont comme ça. Elles crachent sur tout et disent merde à tout le monde. On leur dit "vous avez trop de haine, Malika, Fatma, Dali, Farida". Mais elles, elles en ont ras-le-cul. ..
Eles veulent écrire. C'est pour ça qu'elles s'inscrivent dans cet atelier d'écriture. Elles veulent écrire et elles écriront... Elles se cherchent et cherchent les autres aussi. "On vous parle, regardez".


