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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, septembre 30, 2006

vendredi soir, début de "ma saison d'opéra" avec le Requiem de Mozart.
J'attendais de voir le résultat des travaux de réfection qui viennent de s'achever (mais les billets sont toujours vendus dans une cabane de chantier sur la place, dans un provisoire qui se poursuit). Un rien furieuse : ils ont surtour consisté dans l'installation d'un trop grand comptoir ovale au milieu du hall, pour trois vendeuses de programme et un grand espace vide, ne laissant qu'un minimum de place au pauvre public. L'accès à la salle procure de beaux effets de bousculade.
Orchestre en formation de chambre, dirigé par Michel Piquemal, sans baguette, avec des gestes un peu ostentatoires, mais précisément et délicatement.
En hors d'oeuvre, un divertimento entendu cent fois - très joliment joué, agréable, mais tellement connu...
Pour le Requiem, les bois étaient installés au premier rang, autour du chef qui avait regroupé le choeur en fonction des équilibres mais pas en accord avec l'emplacement des bancs - une mezzo en longue robe noire, genoux serrés, trois basses amusés et quatre enfants étaient assis sur les marches du gradin.
Très bons choeurs : Asmara et la maîtrise des Bouches du Rhône (enfin un petit garçon noir) - pouruoi les choeurs d'enfants portent-ils presque toujours des costumes marins ? Par contre j'ai trouvé la soprano un peu métallique vocalement et chevaline physiquement, et le ténor m'a médiocrement plu. Une assez belle basse, peut-être plutôt baryton, et une alto à la voix souple et agréable, ressemblant un peu à une grande Catherine jeune. Mais une belle interprétation d'ensemble, surtout grâce à l'orchestre et aux choeurs - calme ligne ondulante de l'introït, martèlement du confutadis, harmonie hachée du lacrimosa, les grands développements et comme toujours l'Agnus Dei. Et même le léger dérapement de voix d'enfants vers la fin du kyrie a amené simplement une touche d'humanité.
Plaisir de retrouver le retour dans la nuit avec la musique toujours un peu dans les oreilles.
J'ai continué, pour la nuit, la lecture de "les autres" de Christine Angot - un passage atypique
Elles sont comme ça, autant me le dire tout de suite. Toutes nos gueules de bourgeois : merde. Elles sont comme ça. Elles crachent sur tout et disent merde à tout le monde. On leur dit "vous avez trop de haine, Malika, Fatma, Dali, Farida". Mais elles, elles en ont ras-le-cul. ..
Eles veulent écrire. C'est pour ça qu'elles s'inscrivent dans cet atelier d'écriture. Elles veulent écrire et elles écriront... Elles se cherchent et cherchent les autres aussi. "On vous parle, regardez". Posted by Picasa

samedi, juillet 29, 2006

Billet dilaté par la chaleur ? En principe la fraîcheur arrive - pluie ce matin, et lavage de cheveux qui m'ont permis de franchir l'étape repassage.
Mais si les festivaliers se font de plus en plus rares, remplacés par des touriste purs jus, la chaleur, cette après-midi place de l'Horloge, était toujours là et de belle facture. On n'a plus l'impression qu'elle met la main sur vous, ni de se heurter à un mur, mais je ruisselle toujours. J'en ai profité pour simplifier les corvées, avant de partir assister, au Théâtre du Fubambule, à la dernière d'une pièce japonaise choisie au pif, Dors Paris, de Juichiro Takeuchi (compagnie Tokyo Kadenchi).
Scène recouverte d'un tissu soyeux pouvant être sol ou draps. Une soeur gentille poupée, l'autre plus mince, sentencieuse, remarquable pitre - coup de téléphone à la mère et rire, de Dieu ?, dans l'appareil - projets - début de délire à propos d'un Monsieur X, dont je ne comprends pas bien qui il est. Peu à peu, des crises de panique très démonstratives - peur d'un tremblement de terre, de la foudre, du père - prières - évocation lyrique (assez belle d'après la traduction) de la région maritime d'où venait la mère morte (ah ?) - confection d'innombrables origamis, comme un rite - calfeutrement.
Et brusquement, le Monsieur X devant une petite table, sur le sol nu, le tissu roulé dans un coin, racontant la découverte des deux corps morts, dans une pièce sur-fermée, où ?, pleine de déchets. Et arrivée de deux charmants fantômes ? Le tout en cinquante minutes. De bonnes actrices, spectacle sympathique, mais, est-ce un léger décalage de point de vue entre civilisations, ou fatigue, l'absurde japonais m'est plus hermétique que l'absurde français.
Renoncé à des projets impliquant une trotte à pieds - je suis restée, perplexe, dans l'allée pour revoir, un quart d'heures plus tard, le spectacle d'Acide Lyrique que j'avais déjà vu il y a un an. Quatre bons artistes, du rythme, Mise en pièce de grands airs de Carmen, de la Flûte... ou assaisonnement "grande musique" chamboulée de chansons. Hilarant, et jamais réellement de mauvais goût. Les rires rebondissaient dans la salle, et pas uniquement parce que nous étions là pour ça.
Dans l'après-midi je m'étais amusée à pister, dans des numéros de la revue du Théâtre de la Colline, ce que des auteurs ont écrit sur leur théâtre. Sans suite logique.
Bond, toujours : "Je veux vous rappeler/ Ce que vous avez oublié de voir/ En venant ici./ Vous rappeler d'écouter ce que/ Vous étiez trop occupés pour entendre..."
Valletti : "deux personnages parlent pendant exactement quatorze répliques puis arrive un autre personnage.. A moi de le faire parler, sans autre raison que la structure imposée. Me voilà dirigeant une troupe de marionnettes qui n'en font qu'à leur tête". un peu cruel, mais je ne veux pas le savoir, j'aime généralement le résultat.
Heiner Muller : "je suis l'ange du désespoir. De mes mains, je distribue l'ivresse, la stupeur, l'oubli, jouissance et tourment des corps. Mon discours est le silence, mon chant le cri".
Christine Angot (triché, je ne connais pas son théâtre) : "le théâtre c'est quelqu'un qui se détache du groupe aussi, qui se détache du choeur et qui dit : voilà ce qui m'arrive. Quelqu'un se détache enfin. Aux autres il n'arrive rien, ou alors ils ne le disent pas"..
Jean Luc Lagarce (que j'aime) : "ça pourrait avancer. Fragile, fragile. Ne pas retomber inévitablement dans l'intemporel le vague (termes russes ou "conte"). Essayer de parler d'aujoud'hui... et puis se laisser aller à son propre sentiment : parler à la salle, regarder le public, et parler, tout droit".
Bon, stop ! Aujourd'hui déjeuner avec deux blogueuses, à l'extérieur, je suis bien trop intimidée pour imposer en plus ma cuisine. Posted by Picasa