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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, mars 31, 2012

Mistralounet adolescent – exposition, broutilles, musique


Le bambou se balançait par saccades espacées devant ma fenêtre pour me dire que petit vent était dans nos rues, et l'ai trouvé en sortant,

en réalité sans trop de virulence, et en clin d'oeil de Alran dans la vitrine de la Galerie Ducastel.

J'allais au cloître Saint-Louis, juste ou presque avant qu'elle ferme, l'exposition organisée par la Maca'a (maison des arts contemporains d'Avignon) à côté de laquelle serait passée s'il n'y avait eu, grâce lui soit rendue, un billet de Françoise Dumont, qui est dans l'équipe (et qui est une des deux avignonnaise avec lesquels les liens ne sont pas totalement rompus, comme, à la longue, avec tous ceux qui me connaissent en vrai – vive le virtuel) http://encrer-le-monde.over-blog.com/article-jeux-d-enfants-102286601.html joli billet avec enfants
Cette année juste deux artistes : Anne Saussois (peinture) et Eric Vassal (plasticien) – et un titre «conversation» http://mac-a.quoideneuf.over-blog.com/article-conversation-anne-saussois-eric-vassal-100084483.html (dont vient la photo ci-dessus)

rez de chaussée pour le dialogue entre les deux oeuvres, tableaux d'Anne Saussois aux murs, dessins et formes d'Eric Vassal sur une longue table graduée

avec des petits cartons portant des photos d'Anne Saussois, et des esquisses ou petites oeuvres sur papier qui s'en inspirent (reprennent l'idée des géométries) «J’aime marcher. Explorer villes et paysages, l’appareil photo à la main.
- Mon travail se nourrit de ces parcours»

 et deux oeuvres collectives, une bleue et une jaune, des élèves d'une classe lors d'un atelier sur place
au 1er : galerie investie par une installation d'Eric Vassal http://www.wix.com/ericvassal/plasticien

« ..Ce qui me séduit c'est le rapport que l'œuvre d'art entretient avec l'espace ou le lieu qui l'accueille... Je prends en compte l'architecture, l'histoire du lieu ainsi que le déplacement du spectateur... L'espace devient comme une toile en trois dimensions... La couleur est pour moi une interrogation, un mystère, une aventure car je suis daltonien. Ma gamme est volontairement maîtrisée, cependant j'expérimente sans cesse... La géométrie me rassure, mais elle m'enferme également... Je recherche l'harmonie mais également la disharmonie..sur le site de la Mac'a

deux longues formes découpées, reproduisant avec obstination le même motif, rappelant un feuillage stylisé, extrêmement séduisant

et une série de photos, gros plans en noir et blanc des squelettes de la galerie de l'évolution du jardin des plantes

au second : peintures d'Anne Saussois http://annesaussois.com/ (avec une courte et bonne vidéo sur l'oeuvre)

«J'invente des parcours dans l'espace urbain, je prends des photos, ce sont des traces de mémoire. Ce qui m'intéresse c'est...traduire par la peinture des fragments de lieux»

«Les peintures vont s'articuler entre elles et se mettre en rapport avec l'espace...Je suis fascinée par les couleurs vives, les rapports qu'elles peuvent entretenir entre elles...» 

«J'ai besoin de lignes fortes, de structures affirmées, mais en même temps l'ensemble crée une sensation de basculement, d'équilibre instable» 

Et puis suis sortie de cet endroit de calme (une fois ramenée doucement au silence une des dames de garde de l'association, qui voulait échanger sur les oeuvres qu'elle n'aimait guère) et j'ai perdu pas mal de temps en courses utilitaires faites en mode «tête en l'air» sans autre dégât que cafouillages.
Rentrée, cuisine, arrosé, préparé à la va comme je te pousse ce qui précède, regretté de ne pouvoir faire plus qu'un rapide survol sur internet... me suis changé, ai retapé carcasse et suis repartie

vers l'opéra pour un concert sous le direction de Samuel Jean


avec en première partie :
«Patmos» de Philippe Hersant, (2008) court et dense, pour orchestre à cordes – musique discours, éloquente (même si le sens ne m'est pas toujours clair) – aimé sans enthousiasme mais me suis laissée emporter.
et «le festin de l'araignée» de Roussel, musique diaprée, la succession de morceaux du ballet, les brusques césures, les dissonances comme des heurts dans des nappes,, les emportements, les moments de charme, une bonne exécution et une Brigetoun luttant contre bâillements qui ne venaient que d'elle. 

et en seconde partie une version de concert de l'opérette en un acte «le docteur Miracle» de Bizet (à18 ans) – musique allègre et vive, bonne humeur
version de concert mais avec une ébauche de mise en scène stylisée (Philippe Binot) et des petits accessoires de costumes pour les bons chanteurs :
Marie-Bénédicte Souquet (Laurette la jeune fille), Isabelle Druet (Véronique sa jeune belle-mère), Jérôme Billy (le capitaine alias Pasquin alias le Docteur), Guillaume Andrieux (le podestat de Padoue, père de Laurette)

les parties parlées, mises au goût du jour, manquaient passablement de légèreté, mais à vrai dire la gaîté de l'opérette et l'omelette tant chantée ne brillent pas par l'esprit, ce qui en fait peut être tout le plaisir. Un agréable moment (et une fort jolie musique)

Brigetoun, dans le vent, redescendant vers l'antre, des bruits de fête sur sa place, ces ligns, la mise en place du billet, cahin-caha et sa morue-patate-fourme-d'Ambert.

jeudi, décembre 08, 2011

saisons


Mercredi matin, longeant en portant mon gros sac (deux pantalons, une robe, un veston et quatre draps), la Galerie Ducastel, ai rencontré deux fadates, ou deux gentes dames isolées dans une bulle, un peu d'été, de chaleur radieuse.

Il y avait une blonde, une belle, un tout petit peu radasse, pas une vraie radasse hein, ou de haute volée, avec chignon crêpé, lunettes, seins nus et fine cigarette parfumée, qui, accoudée - main pliée avec chic, qu'elle croyait -, regardait dans le vide, là où il y aurait dû y avoir une plage, des garçons, un panier de fruits exotiques, où il n'y avait que moi, et souriait malgré la cigarette... puis l'enlevait et déversait, d'une voix un peu rauque mais pleine d'ail, des « et alors, tu sais, elle m'a dit.. » ou « tu as vu... » ou « Jacques et moi.. »

vers l'autre, assise sagement, cuisses bien calées, bouche très rouge hermétiquement close, qui gardait sa gentille petite tête, sous un chapeau de paille noire garni d'une rose aussi rouge que ses lèvres, penchée, résolument sourde, obstinément attentive à son livre.
La blonde soupirait, discrètement, prenait quelques bouffées, recommençait à parler, soupirait, regardait sa montre.
J'ai renoncé à être honteusement curieuse d'un dialogue qui ne viendrait pas, et suis repartie avec mon fardeau,

pour rencontrer, un peu plus loin, une évocation de la neige qui nous viendra peut-être, et suis restée entre les deux saisons, dans une douceur aigre de froid sous-jacent.
Tableau d'Alran, dondon de Titou.