commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est omar khayyam. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est omar khayyam. Afficher tous les articles

jeudi, mai 05, 2011

Sur les rues d'Avignon il y avait ciel radieux, à travers les rues d'Avignon il y avait petit vent frais, sans trop, ou pas vraiment, dans les rues d'Avignon il y avait des touristes reconnaissables à leurs bras nus et à leur teint de beurre et houblon.

C'était le printemps, comme chez Omar Khayyam

« Tous les matins la rosée emperle les tulipes,

Les violettes inclinent leurs têtes, dans le jardin ;

En vérité rien ne me ravit comme le bouton de rose,

Qui semble ramasser autour de lui, sa tunique soyeuse. »

J'étais sortie vaquer, ayant décidé de tenter de croire que cela avait un rien d'importance.. alors que point ne crochais dans la vie telle qu'elle se doit d'être.

Mon moral ne creusait pas le sol, n'était pas bas, il n'était pas.

Me sentais comme flottante en lumière filtrée et blanche,

floue et doucement sombre, tout doucement, comme ce goémon qui ne semble pas en être,

effritée en éclats clairs comme le mur rencontré,

d'une consistance un peu irréelle, fermée mais comme par hasard, élastique, un peu glissante, assez souple, comme les joues de morue que je faisais dessaler,

ravinée, ravagée, déformée mais solide, et surtout d'une immense indifférence, comme les pierres contre lesquelles je glissais sur la pente,

froissée, brouillée comme le foulard que venais d'ôter de mon cou, et que j'aime pour sa douceur claire.

Plutôt bien, sans nécessité, vacante.

dimanche, mai 28, 2006

Hier soir, version pour piano à quatre mains du Requiem Allemand de Brahms. En attendant le chef j'ai passé en revue les robes de ces dames pour trouver celle que j'enviais, mais elles étaient trop, trop à part la très sobre de la très fine Ludivine Gombert qui avait rejoint le choeur.
Les petites notes d'une béotienne.
Bienheureux ceux qui subissent (grâce à Dieu j'ai le programme pour la traduction) de longues vagues douces - un joli dialogue de voix claires - Car toute chair est comme l'herbe : le grand calme grave d'où naît la ligne du chant - montées s'éclaircissant - marche funèbre dit-on et arrivée de la tendresse avec la délivrance - phrases martelées, se résolvant en grandes et fortes courbes - Seigneur apprends moi : entrée du baryton, Paul Kong, un jeune coréen, moyen et trapu, une voix d'une belle ampleur, souple, pas tout à fait assez chaude - une grande ferveur (peut être le seul) et simplicité.
Ils font une pause, assis, puis se relèvent. La 4ème partie, les demeures du ciel - dialogue
entre les tessitures masculines puis avec les femmes - de longues phrases prenant appui sur le premier mot - beau. Soprano en robe beige doré ou d'or mat, un rien décevante. La très belle 6ème partie avec de nouveau le baryton qui me plaît de plus en plus - belle attaque lente, douces modulations, s'enflant - tutis forts - rebonds.

Nouveau sitting et le choeur final Bienheureux les morts - et retour dans une fin de soirée douce, le vent presque complètement tombé.
Je ne sais pourquoi j'ai choisi cette photo. Pas pour les aigles. Disons : le haut de ce qui est devenu le conservatoire de musique. Un peu claire et aérée pour la détresse, mais la consolation dans la douceur du bleu et de sa lumière. Manque l'homme, point central du Requiem.
Le voilà, décalé, sans élévation ni détachement, dans les Rubaïayat d'Omar Khayam : "Au moment où je fuirai la mort, où, semblables aux feuilles desséchées, les parcelles de mon corps se détacheront des branches de la vie, oh, alors ! avec quelle joie ne passerais-je pas l'univers à travers un crible, avant que le maçon vienne y passer ma propre poussière !" - "...tant que j'ai ma saine raison, le bien et le mal me sont connus : rends-moi ivre et débarrasse moi ainsi de cette connaissance du bien et du mal" - "O Dieu ! sois miséricordieux pour mon pauvre coeur prisonnier ; sois miséricordieux pour mon sein, susceptible de connaître le chagrin : pardonne à mes pieds qui me conduisent à la taverne, pardonne à ma main qui saisit la coupe". Copié par une abstinente, pour le vin si ce n'est les mots.Posted by Picasa