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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, mars 03, 2008

Matinée calme, cheveux séchant et prise de force. Promenade sur le web, distraction, évasion avec ce que je trouvais beau et qui me sollicitait - rêvé que j’accompagnais Jean Claude Bourdais (je sais, je ne le connais pas et ne le connaitrai pas - on s’en moque) chez Francis Gury http://www.jcbourdais.net/journal/27fev08.php pour un moment d’émerveillement silencieux, en essayant de ne rien renverser avec ma maladresse habituelle qui ferait croire que j’ai des formes opulentes.
En espérant renouer (cela semble aller) avec la lecture sur écran, une commande chez Publie.net - et, en début d’après midi, plongée dans « Elle, ma Grèce » de Michel Volkovitch – des images de la Grèce au gré de sa redécouverte, de sa pénétration, de son imprégnation – je survolais un peu en avant goût et m’a arrêté :
«Elle me tient aussi, cette langue, par sa musique, son chant où retrouve, là encore, l’âme du pays. Longueur des mots, syntaxe nonchalante, puis un vif raccourci, le grec avance avec la souplesse d’un chat ; voyelles
peu nombreuses et donc répétées, beaucoup de [i] stridents, de [a] sombres, couleurs pures, contrastes durs, ombre et lumière ; délicieuses consonnes, les frottements des [kh] comme en allemand, des [th] comme en anglais, [r] roulés, toutes ces caresses rugueuses font pour moi du grec la langue même de l’amour.
» à vrai dire je ne connais pas un traitre mot du grec, est ce pour cela que ça me plaisait ?
http://www.publie-net

Continuant mon picorage : « On part à pied, pas besoin de bottes pour ce périple, de la place de l’église quand il fait encore nuit, pour un périple extrême, je dis extrême comme si je vous emmenais dans les montagnes russes, alors que c’est très simple en fait, je vous préviens d’avance, laissez tomber vos préjugés, oubliez tout, je vous emmène hors temps dans le silence le plus admirable, le silence qui fait qu’après, le bruit de l’agitation, vous le supporterez difficilement. « première phrase du court texte de Patrick Froelich « distance, silence » et me suis embarquée sans bien savoir pour où, dans ce village inconnu et j’attendais je ne sais quoi, n’importe quoi. http://www.publie.net/tnc/spip.php?article94

Bon, en fait j’ai fermé, gardant la suite pour le soir, ai pris un veston et suis sortie tracter un peu, un peu de gauche en terre de nantis. Et les photos sont des traces de mes pauses ces jours ci dans ma quête de boites aux lettres accessibles (le quartier de la Balance est une forteresse) – mon refus des boites où déposer bien rangées les prospectus et programmes qui annihilent l’infinitésimale chance d’arrêter un regard.
Suis arrivée à pénétrer jusqu’à une place devant des immeubles, faux village pas sans charme, où s’ennuyaient des adolescents. M’ont regardé avec un peu d’ironie, leur ai souri, pas osé leur demander de m'ouvrir une porte.
Je n’ai plus qu’un peu moins du quart du tas qui m’a été confié. Le comble de l’acte gratuit, mais ne pas bouder le hasard d’un intérêt pour les cantonales. Et si la lumière ne se voyait plus sur les pierres ou les végétaux, le ciel, avec bon nombre de voiles blancs flottant dedans, était tout de même d’un joli bleu.
Pour entrer dans la nuit, repris les quelques pages de Froelich, la précision de la description de ce qui entoure notre marche, d’où nait une presqu’étrangeté, et puis les sœurs, le silence, la musique, le silence, une ferveur que l’on regarde et partage peut-être, le silence, et les petits bruits involontaires, la fatigue, ce que l’on ressent et puis le partage de ce silence et cette fatigue, - et j’y étais très bien dans ce carmel, où aucune adhésion n’est demandée, même si dans la réalité mon expérience même minime des couvents me rendraient plus difficile de ne pas sentir la sollicitation qui est dans cet accueil… Et puis, plus loin il y a Elsa, une sculpture en terre qui est fragile tant qu’elle n’aura pas séché longtemps, mais la pierre l’est aussi à cause des veines, etc… 25 pages bonnes (le prix d’un journal)
Et la nuit venue, adieu à l’amie – que vous êtes gentils de ne pas faire ici, mais chacun pour soi s’il le désire, en hommage à la dame discrète, qui n’aimait pas les gens bavards et m’avait fait la grâce de me pardonner nos différences. (peut-être sur son dernier message ?)