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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, février 17, 2013

Pour commencer.. (passez votre chemin)



Journée dolente, journée doucement somnolente, un filet de conscience, juste ce qu'il faut pour accueillir, un instinct filtrant tout ce qui pourrait me heurter, éveiller à la pesanteur réfléchie, me froisser...
L'impression que le jour est joyeux dehors, cueillie le matin, mais sans vérifier d'avantage, laisser au calme les cheveux sécher, la musique venir ou reculer en bruit de fond, le corps faire ses caprices...
Un peu flottante mais un appétit près à se réveiller, s'amuser, ou plus, à relever la ou les deux premières phrases des lectures en attente (et faire, en passant, ménage dans les téléchargements) sous la garde de gentes, sereines ou fripées (avec bout du nez cassé) dames... des différentes façons d'attaquer.
Vous êtes dispensés de suivre.
Et bien entendu certains sont des relectures, mais dont j'ai désir.. et certains ont été tutoyés déjà

Ce livre est un pari, il constitue un projet commun élaboré par cinq personnes exerçant des responsabilités dans les principales associations de lutte contre l'exclusion sociale, il est au service d'une ambition, simple mais déterminée.
Ce livre est le fruit de nos rencontres, de nos échanges et de convictions que nous avons acquises peu à peu sur un certain nombre de questions qui touchent au vivre ensemble et que nous partageons.
Guy Aurenche Christophe Deltombe, Pierre-Yves Madignier, Patrick Peugeot, François Soulage «Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble» - les Éditions de l'atelier
Je veux écrire une page d’Histoire.
Au début, presque tous les gens me croient fou ; à la fin, quelques-uns seulement. Je sais ce que je fais et les rumeurs ne sauraient me détourner du chemin qui s’étend devant moi, comme tracé par le destin.
Galsan Tschinak «La caravane» - traduction Dominique Petit et Françoise Toraille - Piquier poche
Je me suis toujours proposé d’expliquer de quelle façon j’avais écrit certains de mes livres (Impressions d’Afrique, Locus Solus, l’Étoile au Front et la Poussière de Soleils).
Il s’agit d’un procédé très spécial. Et, ce procédé, il me semble qu’il est de mon devoir de le révéler, car j’ai l’impression que des écrivains de l’avenir pourraient peut-être l’exploiter avec fruit.
Raymond Roussel «Comment j'ai écrit certains de mes livres» - Publie.net – collection classiques
On sait que bien avant d'aller ce jour là (le jour où avait lieu la soirée de la princesse de Guermantes) rendre au duc et à la duchesse la visite que je viens de raconter, j'avais épié leur retour et fait, pendant la durée de mon guet, une découverte, concernant particulièrement M. de Charlus, mais si importante en elle-même que j'ai jusqu'ici, jusqu'au moment de pouvoir lui donner la place et l'étendue voulues, différé de la rapporter.
Marcel Proust «Sodome et Gomorrhe» - Folio classique 

Sôsuke avait commencé par apporter un coussin sur la véranda pour s’installer dans un coin bien ensoleillé, jambes croisées en tailleur, une revue dans les mains, mais il n’avait pas tardé à abandonner celle-ci et à s’affaler par terre. Par cette magnifique journée d’automne, on entendait résonner distinctement le bruit des socques de bois des passants à travers les rues de ce quartier paisible.
Sôseki «La porte» - traduction Corinne Atlan - Piquier poche
«À demain, qui sait ?»
Les mots avaient coulé au soleil des néons sur les lèvres de Rubens. Depuis, ils tournaient, résonnaient et cognaient puis revenaient en écho au chaud d’une gorge muette qui les ressassait...
Michel Embareck «Rubens» - Publie.noir
Vers quatre heures, ce 25 juin, tout semblait prêt pour le sacre de Talou VII, empereur du Ponukélé, roi du Drelchkaff.
Malgré le déclin du soleil, la chaleur restait accablante dans cette région de l’Afrique voisine de l’équateur, et chacun de nous se sentait lourdement incommodé par l’orageuse température, que ne modifiait aucune brise.
Raymond Roussel «Impressions d'Afrique» - Publie.net – collection classiques
Nous allions dîner au restaurant. Je ne dirai pas de quel restaurant il s'agit, sinon la prochaine fois il sera envahi de gens venus voir si nous y sommes retournés. Serge avait réservé.
Herman Koch «Le dîner» - traduction Isabelle Rosselin – 10/18
Dès le matin,la tête encore tournée contre le mur et avant d'avoir vu, au-dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu'il faisait.
Marcel Proust «La prisonnière» - 10/18

À la fin du XXe siècle, le jeune Montano, qui venait de publier son dangereux roman sur la cas énigmnatique des écrivains qui renoncent à écrire, s'est retrouvé emprisonné dans les rets de sa propre fiction et transformé en un auteur qui, malgré son inclination compulsive pour l'écriture, s'est retrouvé complètement bloqué, paralysé, changé en agraphe tragique
Enrique Vila-Matas «Le mal de Montano» - traduction André Gabastou -Christian Bourgeois -
Pour un homme comme Zhou Wenxiang, qui était persuadé d’être parfaitement honnête, recevoir une telle lettre ne pouvait être perçu que comme une véritable insulte. Il avait effectivement entendu parler d’un groupe d’hurluberlus qui avaient l’audace de s’intituler «Société des menteurs»
Lao She «L'homme qui ne mentait jamais» - traduction Claude Payen -Piquier poche
Personne ayant jamais vu Catherine Morland dans son enfance ne l'eût supposée née pour être une héroïne. Sa situation dans l'existence, le caractère de son père et celui de sa mère, se propre personne et son tempérament, tout s'opposait également à ce qu'elle en fût une un jour.
Jane Austen «Northanger Abbey» - traduction Josette Salesse-Lavergne – 10/18
La vicomtesse de Styrie était généreuse et tendre et tout pénétrée d'une grâce qui charmait. L'esprit du vicomte son mari était extrêmement vif, et les traits de sa figure d'une régularité admirable.
Marcel Proust «La fin de la jalousie» - Folio 2 euros
Toute la journée, dans cette demeure un peu trop campagne qui n'avait l'air que d'un lieu de sieste entre deux promenades ou pendant l'averse, une de ces demeures où chaque salon a l'air d'un cabinet de verdure, et où sur la tenture des chambres les roses du jardin dans l'une, les oiseaux des arbres dans l'autre, vous ont rejoints et vous tiennent compagnie – isolés du moins – car c'étaient de vieilles tentures où chaque rose était assez séparée pour qu'on eût pu si elle avait été vivante la cueillir, chaque oiseau le mettre en cage et l'apprivoiser, sans rien de ces grandes décorations des chambres d'aujourd'hui où sur un fond d'argent, tous les pommiers de Normandie sont venus se profiler en style japonais pour halluciner les heures que vous passez au lit ; toute la journée, je la passais dans ma chambre qui donnait sur les belles verdures du parc et les lilas de l'entrée, les feuilles vertes des grands arbres au bord de l'eau étincelants de soleil, et la forêt de Méseglise.
Marcel Proust «Le temps retrouvé» - Folio classique 

C'est la foudre qui a dû me réveiller. Une mèche de lumière s'est glissée derrière mes paupières fermées, a excité mes nerfs et les a tous parcourus comme un circuit électrique.
Eri De Luca «Acide, Arc-en-ciel» - traduction Danièle Valin - Folio
rue droite avec les grues au bout, le quai de déchargement – on est au bord du silence – des ombres marchent le long des voies..
Michèle Dujardin «Où s'arrête la terre» - Publie.papier
Qu’est-ce qui est derrière eux ?
Derrière eux, c’est du vent, partout. La route fume.
Benoît Vincent «L'abandon» - Amboilati.net
Elle était assise devant moi, confortablement installée sur une banquette, dans l’angle. Elle devait avoir entre seize et dix-neuf ans.
Benoît Vincent «L'étendue» - Amboilati.net
et bien sûr s'y ajoutent internet (trop ?)les relectures/pulsions, les magasines économiques ou partisans, la lecture attentive de certains débats et des lois correspondantes avec l'espoir de comprendre un peu grâce à quelques recherches et au lent déroulement de ma cervelle... et puis les envies de m'abîmer dans la contemplation d'une vidéo, les rêves et un peu la vie.
M'est avis que, à part deux livres en chemin «Décor Lafayette» d'Anne Savelli et un recueil de lettres de Robert Walser j'ai toutes les raisons du monde de résister à toutes les tentations d'ajouter à ce menu.

lundi, mars 07, 2011

Marché et picorage

Dimanche matin, joues dans le frais,

frais tout doux, et lumière tendre, sur le chemin des halles

« "C'est un riz, c'est un rat, c'est une renoncule !", les rideaux rouges retombent, le spectacle fini on m'applaudit avec passion jusqu'à ce que l'auteur me fasse reproche du texte qu'il trouve modifié, alors tous ils me huent et mon museau s'allonge, » - journal du rat de Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/06-03-2011-a3083284

Bon, là, y a comme un hiatus, mais j'ai eu envie de garder trace d'une partie de ce que j'ai picoré et aimé dimanche matin sur mon écran.

chemise de moujik, manteau rose trop bébé,

crispée sur carcasse, je me tenais dans mes yeux sur les dessins des ombres

« L’insomnie comme poussière


venue irriter les yeux

puis éteindre net les lignes


qui circulent loin le soir... » Jean-Yves Fick http://jeanyvesfick.wordpress.com/2011/03/05/vanite-31/

foule devant mon ami aux légumes,

je suis allée chez les jeunes femmes, corps refusant attente

« Mais aussi pour avoir découvert que le microscope il suffisait de le tenir à l’envers pour le braquer sur la nuit, les étoiles, les plafonds et fenêtres, les arbres, la vie courante, et qu’alors on rêvait bien plus. » Autobiographie des objets par François Bon – le microscope http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2458

quatre couleurs d'oignons, ail rose, ail violet, échalotes grises

on pèse le seau de bintjes et le seau de petites bretonnes que j'ai tendus

« Il fait nuit maintenant et j’ai peur de dormir, on laisse un peu ouverte la porte de ma chambre. Je me lève sans faire de bruit, me coule au pied du lit, sans respirer, et comme un indien m’installe dans le triangle clair. L’écran en face de moi, ils pensent que je dors derrière le mur. » vers la fin de la mise à jour de Lotus Seven par Christine Jeanney http://lotuseven.eklablog.com (le carillon de Big Ben)

parfums légers, joie du damier de couleurs des épices,

mon poissonnier est en vacances

« Des détours à cause de la vue, dans l'émoi, le rêve à l'époque. Dans les ombres quelque chose de mou » Pierre Ménard ou Liminaire sur twitter

un peu dépitée, pas très confiante, ai trouvé tout de même poisson à ma convenance

je range mon panier, il y a moins de monde devant les olives

«... Celle qui n’a pas encore compris que Beyle est à Stendhal ce que Joyaux est à Sollers à ça près que Sollers ne sera jamais à Stendhal ce que Joyaux est à Beyle en tout cas aux yeux des Japonais lettrés clairvoyants en ces matières/ Ceux qui savourent posthumément la revanche de Stendhal sur Beyle sans oublier que ma foi Stendhal sans Beyle ne serait pas là, etc. » Jean-Louis Kieffer http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2011/03/05/ceux-qui-remontent-la-pente.html

les olives ne me conviennent qu'en huile ou tapenade, mais j'essaie un nouveau miel

600 grammes de joues de morue, un peu petites, et un gros pavé de morue pour ma réserve

« Ça me donne envie d’arrêter de servir des œufs la fin de semaine et de me tatouer des dessins black and white sur les poignets, des symboles que j’aurais inventés juste pour que les gens me posent des questions. » les lunettes de Sarah-Maude Beauchesne http://lesfourchettes.blogspot.com/2011/03/fjdkaiejkdlaijijfjdkalekp.html

chargée, pas trop, et ragaillardie,

quelques passants souriants et les dernières maisons de Franque

« Shérine croque une orange, le jus coule dans sa gorge et elle rit sur le trottoir à Saïda » Cathie Barreau http://remue.net/spip.php?article4151

les cloches de Saint Pierre se taisent, derrière les branches

et sonnent dans mon dos, claires et pleines d'échos

« À mi-côte nous vîmes au bord du chemin, debout dans une niche de pierre assez profonde, une statue étrangement vieille qui, paraissant formée de terre noirâtre, sèche et solidifiée, représentait, non sans charme, un souriant enfant nu. Les bras se tendaient en avant dans un geste d’offrande – les deux mains s’ouvrant vers le plafond de la niche. » Raymond Roussel « locus solus – bon là je ne l'ai pas lu dimanche, mais dans le passé, et repris par lambeaux ces temps ci, mais l'édition de Publie.net est belle, et sera plus facile à déchiffrer http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504424/locus-solus

quelques tables occupées,

manteaux ouverts, blousons légers, soleil posé

« Je n’ai jamais été un rêveur. Ce qui me semble rêve aux autres, plus crédules, me paraissait à moi aussi réel que le fromage au chat, malgré la cloche de verre. Pourtant la cloche existe. » Raymond Radiguet «le diable au corps » Raymond Radiguet – pas lu dimanche non plus, mais commencé, et j'avoue que j'avais cette idiote impression de le connaître sans l'avoir jamais lu – le bal du comte d'Orgel, si – et qu'il est arrivé dans ma bibliothèque Publie.net http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504417

les deux pigeons cessent de s'embrasser

quand j'essaie de les photographier, de loin, discrètement.

et en fin d'après midi : «Alors nous allions nous asseoir bord de fleuve, à attendre que peut-être les eaux se fendent, baissent au moins de niveau, pour nous permettre un jour de passer sur l’autre rive, traverser à pied sec puisqu’aucun ne savait nager, et que de vaisseau nous n’avions.. » sur Face Terres de Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/2011/03/06/rives/