commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est nathalie holt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nathalie holt. Afficher tous les articles

mardi, février 13, 2024

Gris frais et « Averses »

 


A l’heure de la tartine de miel et après que mes yeux aient trouvé leur place derrière orbites, quelques crottes au sol de la cour et une douce bleue en train de s’éveiller, rappelant l’heure de marche dans l’air tendre de dimanche après-midi. Mais quand, après lessive, douche, un brin de rangement, suis partie en quête de fleurs à photographier (absentes, les premières trouvées étaient sur une jupe qui me tente un peu et que je néglige vertueusement) et pour la bonne forme de mes jambes, un gris grumeleux et une main fraiche de l’air sur mes joues.




Au bout de la façade Calvet, une affiche m‘a rappelé que n’avais pas cédé depuis longtemps à mon goût pour la présentation vieillotte de Requien, juste à côté, les fossiles de petits oiseaux ou de plantes, l’herbier, les animaux empaillés, la géologie de notre terroir et Jean-Henri Fabre, et que ce serait marche lente et agréable… seulement si les lourdes portes de bois étaient ouvertes ce n’était que sur les grands vantaux de verre fermés à clé .




Et j’ai continué mon chemin, un peu trop court, faisant une boucle vers les Corps Saints, revenant par les rues des Fourbisseurs, Laboureur, Frédéric Mistral et de la République, et suis rentrée sous l’oeil vague mais réprobateur des têtes de l’hôtel Danelli.



Navrée pour la piètre qualité des lignes ci-dessus (j’étais surtout soucieuse de la lenteur extrême des réactions de mon ordi qui rame, rame…) vais tout de même tenter quelques lignes sur Averses » de Nathalie Holt, le recueil de nouvelles reçu la semaine dernière. Douze nouvelles en un peu plus de cent pages, douze univers dans lesquels débarquer, avec une constante l’eau se déversant, qui prend une place plus ou moins grande, qui passée la première où elle est déluge d’immense et cruelle importance, colore l’ambiance de toutes les histoires. Douze nouvelles avec des bonheurs d’écriture, où on débarque dans des vies dont on ignore tout, tout ce qui les a amené là où ils sont, ce qui les a fait ce qu’ils sont, qui n’est pas dit mais qu’on sent en quelques pages, avant de le découvrir évoqué plus ou moins nettement. Et entre ce déluge inaugural et les histoires assez atroces, un groupe d’histoires à plusieurs personnages dont on découvre les liens et ce qui n’est plus dit… avec, vers le centre, « l’ondée » qui m’a souri, parce qu’elle parle de trois soeurs venues vider la maison de leur mère et que j’ai retrouvé l’ambiance, mère extraordinaire et merveilleuse qui se dessine peu  à peu elle, sa vie, son style et son secret (et dans lequel me suis retrouvée, mais juste pour ses talents culinaires | tout le reste ou presque m’étant hors de portée ou juste un peu trop audacieux — juste un peu — « surtout qu’elle ne cuisinait pas, à part des pâtes et de la mousse au chocolat les jours où Odette s’absentait. Une mousse bien trop compacte pour monter : « vous reprendrez une louche de mayonnaise au chocolat ! ». La boule noire atterrissait avec un bruit opaque dans les bols, tremblotait sans perdre sa forme ; la cuillère fichée dans la boule tenait toute seule. Sous les pâtes il y avait toujours une mare d’eau « mes pâtes à la nage ! » s’exclamait la mère en les servant avec une écumoire… » bon à vrai dire ceci est assez éloigné du ton doucement triste en surface, bien plus dur en ce soubassement à déchiffrer, mais reste toujours tendre du reste des nouvelles.






samedi, février 10, 2024

Humidité, livre et musique

 


La cour hésitait

en ce matin humide

larmes retenues



Petit marche de trois-quart d’heure dans l’après-midi avec un ciel gorgé d’eau qu’il laissait parfois tomber avec plus ou moins de conviction - heureusement, pour faire sourire cette grisaille, ai croisé un homme digne en manteau orange, il y avait les choux



et, au retour, dans la niche à courrier, mon nom sur l’enveloppe aperçue en descendant l’escalier,  et la découverte d’une jolie surprise (MERCI) tout à fait en accord avec ce jour

qui s’ouvre par « Déluge » et ces premières lignes :

« Il pleuvait assez pour qu’on considère ce flux comme l’ordinaire et les jours secs comme l’exception. On ne se souvenait pas qu’il n’ait pas plu. Le pire s’insinuait dans les esprits et les plus pessimistes  s’embourbaient dans des calculs de probabilités sans fin. Cependant la submersion des terres diagnostiquée par des cohortes de spécialistes ne se produisait pas… » ce qui m’a permis de relativiser ce dont la ville était gratifiée. 



Il y a eu aussi, en début de nuit, monter accompagnée par un peut crachin



vers l’opéra, retrouver mon 3ème balcon, m’installer en laissant tout tomber deux ou trois fois et me préparer à écouter notre orchestre dirigé par Jean-François Verdier, dans

deux découvertes : 

« Incanto » d’Eric Tanguy (très court, 8 minutes, extrêmement raide et jubilatoire — plaisir d’entendre ici un peu de musique contemporaine même si pas si jeune (2002) 

et les beaux « chants bibliques » de Dvoràk entre larmes et douceur, composés à New York hors de toute commande dans une période sombre pour lui, dix psaumes choisis par lui alternant l’humilité douloureuse, la délivrance, le doute et l’allégresse, avec toute blondeur, épaules et seins roses dans une robe noire à bustier et jupe très large la mezzo Eugénie Joneau à la voix ferme, au chant sans grands effets, maitrisé, comme le demandait cette pièce

Et, puis après l’entracte, connue bien-sûr et aimée pour son énergie, son éloquence (une de mes trois préférées), la 7ème symphonie de Beethoven dans une interprétation magistrale et radicale (les changements de tempo marqués avec décision, le chant et la danse et un début du second mouvement l’allegretto d’une lenteur que n’avais jamais entendue)



Puis, en hommage à Ozawa, en bis, la tendresse doucement enveloppante d’un long passage de Rosamund de Shubert. Le plaisir du public s’entendait dans la petite foule joyeuse qui se bousculait dans l’escalier en ne parlant que musique.