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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, février 06, 2018

il n'a pas neigé

et ce ne me fut pas l'excuse que j'ai cru pouvoir trouver à mon second réveil en catastrophe vers neuf heures et quart, réveil en mode tomber pantelante, courbatue, yeux en déroute, crâne en effervescence et membres lourds et maladroits dans la journée envisagée avec sérénité, et raison, vraiment raison, modération sans trop de relâchement, en me rallongeant vers sept heures.
Lavant, frictionnant, vêtant carcasse (moi je murmurais – me parle pour m'encourager - vêtissant) pensais trop tard pour la mini expédition dans la ville, en m'étranglant avec café un rien trop amer et tartine de gingembre me suis décidée.
La ville était grise, la pluie du matin enfuie, laissant derrière elle quelques gouttes espacées, d'une froideur de glace, et les rues étaient larmoyantes, tristounettes, alignant des rangées de cartons et sacs abandonnés (les containers aux remparts étaient clairs, ont admis mon sac, mes papiers mais étaient difficiles d'accès, environnés de débris et sacs divers)
Les platanes tordaient leurs bras vers ce ciel morne, mais les rares rencontres se faisaient souriantes, comme complices.
Et puis suis restée dans l'antre... pour écouter en paix le premier chapitre de l'ombre sous Innsmouth de Lovecraft par François Bon, https://www.youtube.com/watch?v=qaJ-joMI60o&t=55s, retrouvant l'histoire après l'avoir lue par bribes sur le tiers livre http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique179
déjeuner trop (je vais m'acheminer vers la mamie confortable... mais faudra que je renouvelle frusques si je continue..) siester, 
et puis avec un thé des Fralib, parce que je me lasse d'attendre l'exemplaire papier - mais serais heureuse de l'avoir, parce que j'en ai ainsi décidé, et pour voir mieux, et en couleur, les beaux cartouches dont Christine Jeanney ponctue son texte (là je viens de commettre une injure) - ai rouvert yoko ono dans le texte https://www.publie.net/livre/yoko-ono-dans-le-texte-christine-jeanney/ ai repris les pages déjà lues, et puis ai continué, avec quelques pauses pour écouter Yoko Ono,
de temps en temps, parce que si Christine Jeanney revient régulièrement à elle, je la vois un peu comme la trame sur laquelle elle s'appuie pour ce fabuleux tissage... et, en m'arrêtant là, un peu avant la moitié, je ne sais ce que j'aurais envie de reprendre (l'idée rode toujours un peu juste à la lisière, un peu au delà de la lisière, de mon crâne quand je lis un texte qui me plait) pour tenter d'y poser mes bafouillements...
le moment où elle parle des mots-les-chiffres Les mots-les-chiffres ajoutent leur papier calque, leur peau incompréhensible, leur film transparent et opaque à la fois. Les mots-les-chiffres sont par essence incompréhensibles. et le classement du monde, ce que pourrait avoir peint la mère de Yoko Ono, les images, ce qu'elles disent ou non, Christine et puis l'écriture, comment cela vient – moi là ça vient en pagaille, pas l'écriture, non les points auxquels voudrais revenir dans la tapisserie dédiée à l'écriture et Y O -, les carnets, la Yoko de Fluxus (pense que l'aurais aimée), etc... le un et le une qui doivent être différents, et puis il y Christine à nouveau, et puis d'autres, nous, et la peur … 
peur du sable, peur de ce qui se délite, peur du vent, peur de bien trop de vent, de la tempête et des insectes, des piqûres, des crevasses, des béances, peur des larmes, peur que viennent des larmes, peur de la tristesse, celle de l'autre, peur de ne pas pouvoir éviter la tristesse de l'autre, peur de la peur, peur de la peur de l'autre, on retrouve Yoko et c'est cut piece ...ᅠet bien d'autres choses encore, qu'aurais dû évoquer, c'est un choix très personnel et très passager, choses plus fortes ou plus fantaisistes (parce que la fantaisie est toujours sérieuse et forte, ou ce qui est dessous, qu'elle chatouille un peu pour le rehausser)
et cela quelques pages (ou l'équivalent) avant que je la quitte pour ce soir (livre en cours de re-lecture cette nuit)
J'aurais voulu filmer des travellings infinis sur du beurre. Sur des montagnes de beurre. Des étendues de beurre kilométriques. Et rien ne m'en empêche. Ecrire le mot beurre sur des milliards de pages, à la main ou à la machine. Sur des toiles, sur du tulle, sur des parois de containers. Sur des façades de radiateurs, des plates-formes pétrolières, des cadavres d'animaux. A chaque fois, le mot beurre, répété en minuscules, en majuscules, en italiques, ou traduit dans de multiples langues, imprimé, peint ou soudé, ou tatoué, ou déchiqueté, dira quelque chose de la vacuité du monde ; ou de l'inanité des systèmes d'exploitation. Ou de la violence du détail haussé au rang de primordial. De ce qui va fondre, de ce qui ne peut que fondre, et de nos réactions, nos faims et nos rejets, nos attractions.
Juste pour un exemple de ce qui peut entrer dans le flux, sans qu'on ait l'impression que se relâche la main ferme de Christine sur son projet. 

mardi, janvier 30, 2018

En attente, printemps et lecture

fraîcheur aimable
posée, bleue, sur visage
le jeu des ombres
rentrée et rencognée dans l'antre, en attendant d'avoir reçu le livre «papier», puisque j'ai décidé de lire le Yoko Ono dans le texte de Christine Jeanney, sous cette forme, me suis, même si ce qui compte là c'est Christine Jeanney, mise paresseusement – enfin de moins en moins – en recherche pour ronger un peu mon immense ignorance, hors de vagues on-dit effleurés, un bruit de fond, en ce qui concerne Yoko Ono, d'abord un peu des sons, avec par exemple cette vidéo, avec Lennon, puisqu'évidente
ou plutôt la version longue, en public...
ou
ou, presque récente
et, même avec le peu de temps à cela consacré, ai cherché et trouvé bien plus que cela. Quand n'en ai pas trouvé de trace, comme par exemple les Instructions Pieces  - pour les performances des années 60 uniquement une courte vidéo de Cut Piece
- je me confortais dans mon désir de découvrir... pour un temps tout au moins (y a tant à connaître et j'ai peu de temps et de moyen, de persévérance aussi), .. vous laisse chercher si le désirez, ou aller directement à la Yoko Ono de Christine Jeanney https://www.publie.net/livre/yoko-ono-dans-le-texte-christine-jeanney/. 
Pour moi, attendant comme je l'ai dit le livre papier, j'ai tout de même ouvert le fichier, mue par mon impatience, mais j'en suis restée aux premières pages de l'introduction, à ce qui meut Christine dans l'écriture, ai savouré et puis, sagement, me suis arrêtée à (je laisse dans le flou ce qui, savoureux, y nous amène)

Les mots-les-chiffres ont cette qualité spectaculaire de ranger et classer le monde. D'organiser le monde en quantités géométriques, en théorèmes, en jugements. D'ordonner le chaos. Ils disent que c'est la faute de Y.O. si les Quatre se sont séparés. Ils disent que quelque chose en elle est défectueux, qu'elle est une plaie.