a Bretagne qui a marqué mon enfance malgré la relative brièveté de notre séjour.La petite smala pressée dans l'escalier de notre chambre grenier, bloquée par la vue des araignées (crabes) galopant ? dans l'entrée sous l'oeil ravi de Da Lebi et ses grands rires, dame oui - la lande et ses bloquaus intrigants et tentants avant les blancs sablons - le beurre jaune et odorant et les moules dont nous choisissions le dessin - un vague souvenir des ruines de Brest - je regarde avec fascination la caillure du lait dans un mouchoir en linon - l'eau de mer bue parce que j'avais soif et la longue attente du retour sur le sable brûlant avec une bouche en carton - moulin et château au fond de l'estuaire et l'étang et ses ajoncs - les poux et les galoches - mes petites amies - les leçons de piano et mon escapade pour aller voir les corps des pécheurs du chalutier de Molène qui avait sombré la veille de notre arrivée.D'une Bretagne plus douce la dernière strophe de l'Ar Rannou, noté par Hersart de la Villemarqué (petit clin d'oeil familial) avec quelques reprises des précédentes au gré de mon plaisir "Douze mois et douze signes ; l'avant dernier, le Sagittaire, décoche sa flèche armée d'un dard/ Les douze signes sont en guerre./ La belle Vache, la Vache noire qui porte une étoile au front, sort de la forêt des dépouilles ;/ Dans sa poitrine est le dard de la flèche ; son sang coule à flots ; elle beugle la tête levée/ La trompe sonne : feu et tonnerre ; pluie et vent ; tonnerre et feu ; rien, plus rien, ni aucune série !/ Onze prêtres armés, etc/ Dix vaisseaux ennemis qu on a vus venant de Nantes : malheur à vous ! malheur à vous ! hommes de Vannes !/ Neuf petites mains blanches sur la table de l'aire../ Neuf Korrigans qui dansent avec des fleurs dans les cheveux et des robes de laine blanche, autour de la fontaine, à la clarté de la pleine lune/ Huit vents qui soufflent ../Huit génisses blanches comme l'écume, qui paissent l'herbe de l'île profonde : les huit génisses blanches de la Dame./ Sept soleils et sept lunes etc/ Six petits enfants de cire ../ Six planches médicinales dans le petit chaudron : le petit nain mêle le breuvage, son doigt dans la bouche./ Cinq zones terrestres, etc/ Quatre pierres à aiguiser, etc/ Trois parties dans le monde, etc/ Deux boeufs attelés à une coque ; ils tirent, ils vont expirer, voyez la merveille !/ Pas de série pour le nombre un : la Nécessité unique, le Trépas, père de la Douleur: rien avant, rien de plus." Ouf !
Dans l'après midi j'ai vérifié que le crâne de mon gastro était toujours aussi beau, aussi beau que je suis longue ce matin.