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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, décembre 26, 2010

Tremblante de froid, samedi matin (honte, moi qui suis privilégiée) en écoutant le mistral qui tentait d'entrer (et y arrivait un petit peu), j'ai ressorti les photos prises la veille à Saint Pierre, ces santons anciens auxquels j'avais trouvé puissance de rêve, comme une matérialisation de ce que j'imaginais devant la crèche familiale, enfant, puisque Noël pour moi, en ce temps, dans mes suds des deux côtés de la Méditerranée, ignorait totalement le bonhomme rouge et le sapin (ce qui fait que me sens un peu étrangère aux Noëls de maintenant), le foie-gras, les huitres, les amoncellements de paquets, mais étaient crèche, une tenue pour mon baigneur en celluloïd, ou plus tard ma Bleuette, et, le monde devenant plus riche et mon manque de goût pour les poupées s'affirmant, un ou deux livres, avec, la nuit de Noël un gâteau au chocolat merveilleusement cramé à l'extérieur et cafi à l'intérieur, plus la joie et toujours la petite catastrophe indispensable.

Bon, tout ça pour dire que j'aime les crèches, que j'admirais les santons, et que je m'ennuyais un peu, pas très, mais un peu, donc, samedi matin, dans mon engourdissement, et que je suis partie à la recherche des Noëls de Provence (puisque finalement je n'étais pas allée en écouter à Saint Pierre, n'ayant pas grande envie d'assister à la messe de minuit qu'ils précédaient), plus spécialement de Saboly, le plus célèbre compositeur, et le plus en situation, lui qui "obtint enfin la place de deuxième bénéficier de l'église collégiale de St-Pierre à Avignon. C'est alors que commença à s'établir sa réputation de musicien, et qu'il écrivit ces noëls, chefs-d'oeuvre de grâce et de naturel, auxquels il doit sa célébrité." (édition des Noëls composés en langue provençale par Nicolas Saboly recueillis par Fr. Seguin - imprimeur-libraire, rue Bouqerie, 13 (1856) trouvée sur Gallica)

"Fau que l'envejo me passe

De rire tout moun sadou.

....

De matin, quatre o cinq pastre

Me soun vengu counsoula :

M'an di qu'an vist quàuqueis astre,

E qu'un ange li a parla

Béu fraire..."

ou ceci trouvé sur http://www.zictrad.free.fr/Provence/Cours/Fetes/SABOLY.htm

en provençal et en français (pour notre confort)

Iéu vous quite - Moi je vous quitte,

Pèr i'ana vite - Pour y aller vite,

Iéu vous quite - Moi je vous quitte

E piéi m'en vau - Et puis je m'en vais

Pèr ié dire - Pour lui dire

(Mai sèns rire) - (Mais sans rien dire) là je m'étonne

"Sourtès d'eici car iéu tramble de pou, - "Sortez d'ici car moi je tremble de peur,

Que l'estable - Que l'étable

Noun vous acable - Ne vous écrase

Car li muraio van toutis au sou" - Car les murs s'effondrent au sol !"

Oui, bon finalement, j'aimerais rêvasser à Noël assise à l'ombre, dans la simplicité du soleil clouant.