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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, avril 15, 2024

Impairs pour ce jour, remparts et Lorca

 


Jour ensoleillé

Jour où me tenais

à côté de moi.

Jour où bataillais

avec le réel.





Jour où les objets

pour tâches ménagères

et même mes yeux,

mon esprit et mon clavier

me faisaient guerre.





J’ai pris mon néant,

ai voulu le secouer,

l’ai paré d’un sourire,

l’ai vêtu d’hiver.

 Je l’ai emmené

voir les remparts les bras nus

les jupes fleuries.




Je ne voyais pas

ce que je photographiais,

la lumière dans les yeux

merveilleuse et sans pitié.

C’était bien


Assise sur les carreaux de terre cuite devant un, puis un autre, puis un autre casier, ai fini par tirer à moi pour le poème du jour -, « la désillusion du monde » de Garcia Lorca et retenu pour le poème du jour sans que la citation soit trop longue, la fin du « Romance Somnambulo » celui qui débute par Verde que te quiero verde. Verde viento. Verdes ramas. dans la traduction d’Yves Véquaud Vert comme je t’aime vert. / Vert le vent. Vertes les branches.


Au rostre du réservoir

se balançait la gitane.

Verte la chair, chevelure verte, 

avec des yeux d’argent froid.

Un glaçon de lune

la soutient sur l’eau.

La nuit se fit intime

comme une petite place.

Ivres des gardes civils

cognaient à la porte.

Vert comme je t’aime vert.

Vert le vent.  Vertes les branches.

Le bateau sur la mer.

Et le cheval dans la montagne.

lundi, août 01, 2022

a las cinco dela tarde


ou plutôt à dix sept heures quinze, me suis gourmandée pour ma paresse

ai rêvé de bord de l'eau

ai mis un chapeau

ai pris ma canne

ai franchi ma porte


ai senti la main de l'air peser sur moi (pourtant en rentrant ai vu qu'Info-climat ne relevait que 36°4)

ai pleuré les platanes coupés



me suis attardée sous les survivants

ai re-franchi les remparts


ai admiré les touristes

suis rentrée dans l'antre

Alors plutôt que ma petite sortie soigneusement piteuse... je laisse la place à Frederico, à la musique et la voix de Vicente Pradal et nous pleurerons Ignacio Sachez Mejias (et si vous désirez la traduction, celle-ci entre autres http://siempretango.free.fr/page53.htm)



vendredi, mai 29, 2015

Flamenco première

Matin bleu et doux, vent qui n'est même plus une idée
croiser des groupes de touristes non cornaqués et se retourner sur des langues inconnues (comme quasi toutes) et des rires
m'en allais, soigneusement à jeun depuis 6 heures, me faire pomper un peu de sang pour un examen, et tomber sur une tête de mule qui voulait, contrairement aux autres fois, une ordonnance du laboratoire (ai téléphoné à la clinique, ils la leur faxent)
m'en suis retournée, un rien furax, et trébuchant d'une faim nerveuse, vers l'antre et mon déjeuner
cour, soleil dardé sur visage, chasser pucerons des rosiers (effet de la crise, dérisoire bien entendu, mais un peu triste, nous n'aurons pas cette année l'exposition de rosiers embaumant le petit cloître du palais), et cochenille noire de l'olivier, contempler la peau de crocodile mouchetée de brun de mes bras, siester
et partir en fin d'après-midi vers le Centre Européen de poésie pour voir enfin, après deux renoncements aux lectures qui s'y donnaient, Fl'âme, l'exposition qui a succédée à celle des élèves de l'Ecole d'art, exposition de photos de Vanessa Gilles : cantaores et danseuses, en liaison avec les nuits flamencas qui se déroulent actuellement (et que, par paresse ou autres raisons, j'ai négligées jusqu'à maintenant),
(j'ai volé, en cachette, quand j'étais certaine de n'être pas vue, sans pouvoir choisir, et avec gros sentiment de culpabilité, quelques images en attendant, puisque une fois de plus j'étais en avance..)
Je venais surtout écouter la lecture, alternée, en français par Aurelia Lisoie (du moins je le suppose - je choisis entre les deux noms celui-ci qui me semble lui aller), voix de soleil-melon, et en espagnol par Theodora Carla, voix de soleil orange à peau rugueuse de r, accompagnées à la guitare par Antonio Negro (expansif/sympatico), de jeu et théorie du Duende de Garcia Lorca 
J'ai fait acte de présence au petit pot, plaisanté un moment, accepté un verre de jus de fruit qui s'est révélé antipathique à carcasse, me suis éclipsée et j'ai repris en rentrant le petit livre édité par Allia pour retrouver un peu du long passage (traduction de Line Amselem)que j'aime et qu'elles avaient coupé pour tenir dans le temps imparti
.. hay una barandilla de flores de salitre donde se asoma un pueblo de contempladores... -
il y a une balustrade de fleurs de salpêtre à laquelle se penche un peuple de contemplateurs de la mort ; un verset de Jérémie du côté le plus rêche, ou élégant cyprès du côté le plus lyrique, mais un pays où la chose la plus importante de toutes a une ultime valeur métallique de mort.
La casula y la rueda del carro y la navaja y las barbas pinchosas de los pastores y la luna pelada y la mosca...
La chasuble, la roue de la charrette, la canif, la barbe piquante des bergers, la lune chauve, la mouche, les placards humides, les décombres, les saints couverts de dentelle, la chaux et la ligne blessante d'auvents et de miradors, sont parsemés en Espagne de toutes petites herbes de mort, des allusions et des cris perceptibles pour un esprit alerte, qui remplissent notre mémoire de l'air timide de notre propre trépas – que nos llena la memoria con el aire yerto de nuestro propio transito – Tout l'art espagnol lié à notre terre pleine de chardons et de pierres dures...

Et comme j'ai manqué Luis de la Carrasca, le cantaor, au Balcon, mercredi, un peu de son spectacle de l'année dernière que j'ai vu et surtout écouté au théâtre de l'Oulle, à côté de chez moi