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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, mars 07, 2011

Marché et picorage

Dimanche matin, joues dans le frais,

frais tout doux, et lumière tendre, sur le chemin des halles

« "C'est un riz, c'est un rat, c'est une renoncule !", les rideaux rouges retombent, le spectacle fini on m'applaudit avec passion jusqu'à ce que l'auteur me fasse reproche du texte qu'il trouve modifié, alors tous ils me huent et mon museau s'allonge, » - journal du rat de Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/06-03-2011-a3083284

Bon, là, y a comme un hiatus, mais j'ai eu envie de garder trace d'une partie de ce que j'ai picoré et aimé dimanche matin sur mon écran.

chemise de moujik, manteau rose trop bébé,

crispée sur carcasse, je me tenais dans mes yeux sur les dessins des ombres

« L’insomnie comme poussière


venue irriter les yeux

puis éteindre net les lignes


qui circulent loin le soir... » Jean-Yves Fick http://jeanyvesfick.wordpress.com/2011/03/05/vanite-31/

foule devant mon ami aux légumes,

je suis allée chez les jeunes femmes, corps refusant attente

« Mais aussi pour avoir découvert que le microscope il suffisait de le tenir à l’envers pour le braquer sur la nuit, les étoiles, les plafonds et fenêtres, les arbres, la vie courante, et qu’alors on rêvait bien plus. » Autobiographie des objets par François Bon – le microscope http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2458

quatre couleurs d'oignons, ail rose, ail violet, échalotes grises

on pèse le seau de bintjes et le seau de petites bretonnes que j'ai tendus

« Il fait nuit maintenant et j’ai peur de dormir, on laisse un peu ouverte la porte de ma chambre. Je me lève sans faire de bruit, me coule au pied du lit, sans respirer, et comme un indien m’installe dans le triangle clair. L’écran en face de moi, ils pensent que je dors derrière le mur. » vers la fin de la mise à jour de Lotus Seven par Christine Jeanney http://lotuseven.eklablog.com (le carillon de Big Ben)

parfums légers, joie du damier de couleurs des épices,

mon poissonnier est en vacances

« Des détours à cause de la vue, dans l'émoi, le rêve à l'époque. Dans les ombres quelque chose de mou » Pierre Ménard ou Liminaire sur twitter

un peu dépitée, pas très confiante, ai trouvé tout de même poisson à ma convenance

je range mon panier, il y a moins de monde devant les olives

«... Celle qui n’a pas encore compris que Beyle est à Stendhal ce que Joyaux est à Sollers à ça près que Sollers ne sera jamais à Stendhal ce que Joyaux est à Beyle en tout cas aux yeux des Japonais lettrés clairvoyants en ces matières/ Ceux qui savourent posthumément la revanche de Stendhal sur Beyle sans oublier que ma foi Stendhal sans Beyle ne serait pas là, etc. » Jean-Louis Kieffer http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2011/03/05/ceux-qui-remontent-la-pente.html

les olives ne me conviennent qu'en huile ou tapenade, mais j'essaie un nouveau miel

600 grammes de joues de morue, un peu petites, et un gros pavé de morue pour ma réserve

« Ça me donne envie d’arrêter de servir des œufs la fin de semaine et de me tatouer des dessins black and white sur les poignets, des symboles que j’aurais inventés juste pour que les gens me posent des questions. » les lunettes de Sarah-Maude Beauchesne http://lesfourchettes.blogspot.com/2011/03/fjdkaiejkdlaijijfjdkalekp.html

chargée, pas trop, et ragaillardie,

quelques passants souriants et les dernières maisons de Franque

« Shérine croque une orange, le jus coule dans sa gorge et elle rit sur le trottoir à Saïda » Cathie Barreau http://remue.net/spip.php?article4151

les cloches de Saint Pierre se taisent, derrière les branches

et sonnent dans mon dos, claires et pleines d'échos

« À mi-côte nous vîmes au bord du chemin, debout dans une niche de pierre assez profonde, une statue étrangement vieille qui, paraissant formée de terre noirâtre, sèche et solidifiée, représentait, non sans charme, un souriant enfant nu. Les bras se tendaient en avant dans un geste d’offrande – les deux mains s’ouvrant vers le plafond de la niche. » Raymond Roussel « locus solus – bon là je ne l'ai pas lu dimanche, mais dans le passé, et repris par lambeaux ces temps ci, mais l'édition de Publie.net est belle, et sera plus facile à déchiffrer http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504424/locus-solus

quelques tables occupées,

manteaux ouverts, blousons légers, soleil posé

« Je n’ai jamais été un rêveur. Ce qui me semble rêve aux autres, plus crédules, me paraissait à moi aussi réel que le fromage au chat, malgré la cloche de verre. Pourtant la cloche existe. » Raymond Radiguet «le diable au corps » Raymond Radiguet – pas lu dimanche non plus, mais commencé, et j'avoue que j'avais cette idiote impression de le connaître sans l'avoir jamais lu – le bal du comte d'Orgel, si – et qu'il est arrivé dans ma bibliothèque Publie.net http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504417

les deux pigeons cessent de s'embrasser

quand j'essaie de les photographier, de loin, discrètement.

et en fin d'après midi : «Alors nous allions nous asseoir bord de fleuve, à attendre que peut-être les eaux se fendent, baissent au moins de niveau, pour nous permettre un jour de passer sur l’autre rive, traverser à pied sec puisqu’aucun ne savait nager, et que de vaisseau nous n’avions.. » sur Face Terres de Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/2011/03/06/rives/

jeudi, février 05, 2009

un antre de chaleur - des fauteuils qui auraient pu être ceux de mes grands parents, dans l'appartement donnant sur le parc, à Alger, dont je ne connais pas le nom actuel (pour les autres ce serait un mélange d'anciennes copies de qualité, 18ème interprété au 19ème, et d'extrême orient) - un carreau assez charmant pour sa belle qualité, sans rien d'exceptionnel - une gamme de roux - le haut d'un grand tapis plus décor que nid à rêves - et puis le petit kitsch de la statuette de fer blanc, du palmier soigneusement découpé, africanisme gentil - et je revoie des soldats ou sujets de mon enfance, qui justement n’avaient rien d’africain, mais possédaient cette même raideur frêle à la peinture écaillée - et je pourrais encore m’asseoir devant lui (sauf que ce serait dans la rue, et, pire, dans ma rue, où je ne tiens pas à être trop vite cataloguée comme un peu fadate) et à me raconter des histoires.
Mais j'y renonce, car j'ai la tête comme une coucourde. Tellement belle coucourde, jointe à de fort agaçantes courbatures qui ont fait que j'ai mis un temps infini à ne pas me coiffer, ces derniers matins, que j'ai fini par exhumer d'un tiroir un thermomètre et constater que j'avais effectivement quelques raisons à me déclarer dolente, ce qui m'a permis d'être toute aussi paresseuse que d'ordinaire, mais sans l'ombre d'un remords.
Comme cela s'améliorait mercredi après midi, j'ai mélangé l'écoute des débats de la loi de mobilisation pour le logement, et la lecture découverte du "bal du Comte d'Orgel" de Radiguet, y trouvant surtout le plaisir de l'écho de l'écriture du 19ème siècle - cela, pourtant, que je ne sais pourquoi j'ai trouvé ravissant
"Anne d'Orgel répétait la phrase de François, mot à mot, comme s'il eût traduit une langue étrangère et Mme d'Orgel, dans son amour conjugal, paraissait n'entendre que lorsque c'était Anne qui parlait. Celui-ci n'agissait de la sorte que pout conserver le dé de la conversation. Buvait-il, mangeait-il, il agitait sa main libre pour empêcher qu'on s'en emparât, et imposer silence...." Il y a le plaisir de l'imparfait du subjonctif, comme un bonbon, et l'impression que j'ai d'avoir rencontré, sous des visages variés, Anne d'Orgel.
Et puis j'ai demandé au cheikh sous son palmier de me raconter des histoires, mais il m'a toisée avec un mépris un peu rageur. Et puis s'est amadoué, quand je lui ai demandé d'excuser le traitement qu'avait subie son image, lui disant qu'en réalité c'était un hommage, mais l'était trop occupé, malgré toute sa courtoisie revenue, et il m'a renvoyée à "gens des nuages" de Jemia et J.M.G. Le Clézio, ces gens des nuages (le superbe nom) qui gardent leurs traditions en adoptant ce qui peut être utile dans le monde moderne sans sacrifier l'essentiel, ces "nomades se déplaçant pour rejoindre leurs troupeaux de chameaux en roulant à travers le désert à bord de leur Land-Rover sur lesquels sont montés des capteurs solaires qui leur fournissent, à l'étape, la lumière électrique sous leurs tentes". Et pendant que je lisais, les grains de son chapelet glissaient entre ses doigts, et j'ai revu l'énorme rosaire pendu à la ceinture de Mère Marie-François et résisté à la tentation d'allumer la cigarette qui m'en tient lieu.

mon pauvre cher "paumée", pour notre plaisir je sors du passé un peu de bleu.