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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, décembre 09, 2021

mercredi 8 décembre 2021

Réveil de plus en plus tardif, repassage et pas grand chose d'autres... mon « élève » habituelle des mercredi ayant un rendez-vous, départ un peu plus tardif que d'ordinaire... et auparavant, pensant à certaines des décorations qui sont prévues pour flatter et réjouir le regard des enfants avignonnais (notamment un énorme père Noël fait de minuscules ampoules rouges) recopie – que cela me soit pardonné – un assez long passage lu la nuit dernière (parce que je garde l'émerveillement qui la précède que je n'ose espérer être capable de rendre ainsi) d'« Extérieur monde » d'Olivier Rolin

« Puis, vers la Mongolie, à l'est d'Oulan-Bator, le jour qui vient pose un boule de feu à l'horizon sous une autre noire (une grande « table d'ombre » hugolienne), qui bientôt se scinde en deux lames et au-dessus d'autres encore s'entassent un moment, couleur de pêche, puis d'un bleu liquide qui fonce jusqu'au bleu nuit à mesure que le regard monte. La terre en dessous sombre, pommelée de petits nuages. Comment tes voisins, ceux qui ont résisté au sommeil, peuvent-ils préférer regarder des histoires de vengeurs surarmés américains pou des comédies de moeurs françaises plutôt que ce spectacle somptueux ? Tu es si déshabitué des écrans que lorsque la lassitude te pousse, dans une chambre d'hôtel, à allumer la télévision (où, dans quelque langue que ce soit, il y a le volapûk de la vulgarité), tu te demandes, stupéfait, comment l'humanité, soumise à ce déluge de laideur, de grosses blagues, de rires fabriqués, de lieux communs satisfaits, de mensonges publicitaires, peut n'être pas plus anéantie et malheureuse encore qu'elle n'est. Elle est résistante finalement. » Même si, réagissant oh combien ainsi, et avec une force qui ne faiblit guère avec l'habitude, je me le reproche un peu in petto, me demandant de quel droit je juge que certaines choses qui attirent la foule sont d'un goût exécrable, avant de me conforter à l'idée qu'elles ne sont que parce que ceux qui les produisent la méprise, ou ont eux même un goût exécrable (sans compter que je n'ai pas une passion pour le Louis XVI gris giscardien – me souviens de Jours de France, et que j'aime les libertés prises avec le bon goût/bon ordre pour faire jaillir un peu de vie)


Après avoir nourri ainsi Paumée, m'en suis allée, sous un ciel qui après la pluie de la nuit, la couverte blanche du matin commençait à se crever en bleu, rencontrant en chemin le personnage le plus laid de notre décor, vers Rosmerta,


ai attendu en commençant à écrire ma contribution au #12 de l'atelier, dans le froid et la belle lumière de la cour, un élève remplaçant avec lequel ai pratiqué l'impératif négatif et les pronoms, construit quatre phrases sorties de soin imagination (je dois revoir ce jeudi soir avec un plus âgé, plus avancé.)...


une réunion de bénévoles assez longue, en sortant de laquelle ai salué la version éclairée de la dite mochetée.

jeudi, mai 21, 2009

bien trop long méli-mélo dans la fin de l'une des premières journées de chaleur. Pas encore la chaleur féroce qui nous guette sans doute au coeur de juillet, mais un bien-être qui baignait les rues d'Avignon et donnait aux passants un air de vacance.
Et en revenant des Halles, (les photos de ma déambulation tombant ici au hasard de mon trajet matinal) après les pâtes et une nouvelle tentative infructueuse pour dégager le tube mort de la salle d'eau (et je continuerai à me laver, à laver, à nettoyer dans le noir jusqu'à la venue improbable de plus fort que moi), me souvenant du billet lu aux petites heures sur les lignes de fuite http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/05/20/la-liberte-de-trouver-a-redire , me suis installée contre le mur de la cour (et j'étais obligée de rentrer de temps en temps pour mouiller mes poignets, mes tempes et la pliure des bras) avec quelques poètes, à la recherche de leurs mots sur la poésie.

Yves Bonnefoy "dans le leurre des mots"
"Ô poésie,
Je ne puis m'empêcher de te nommer
Par ton nom que l'on n'aime plus parmi ceux qui errent
Aujourd'hui dans les ruines de la parole.
Je prends le risque de m'adreser à toi, directement,
Comme dans l'éloquence des époques
Où l'on plaçait, la veille des jours de fête,
Au plus haut des colonnes des grandes salles,
Des guirlandes de feuilles et de fruits
."
en contrepoint, mais non sans exigence, Francis Ponge (lettre du 22 juillet 1941)
"J'ai besoin du magma poétique mais c'est pour m'en débarrasser.
Je désire violemment (et patiemment) en débarrasser l'esprit. C'est en ce sens que je me prétends combattant dans les rangs du parti des lumières, comme on disait au grand siècle (XVIIIème). Il s'agit, une fois de plus, de cueillir le fruit défendu, n'en déplaise aux puissances de l'ombre, à Dieu l'ignoble
en particulier."

Philippe Jacccottet "paysages avec figures absentes"
"sous ce vent doux, lointain, continu..
Ce qui distingue la poésie de l'histoire, d'une certaine histoire, et de toute science est là. Dans mon saisissement, le vol de l'aigrette avait au moins autant de part que le bruit du vent et ces remparts d'un dessin si pur ou ces tombes plus barbares. C'était leur rencontre qui suscitait une phrase encore vivante
."

Jean-Michel Maulpoix "l'instinct du ciel"
"Poéte, par quoi d'autre le devient-on que sa propre disparition ? Une espèce d'absence, là ou d'autres s'empressent et trouvent quantité de choses à leur goût. Ces enfants sont sans mère. qui dans la langue cherchent leur refuge. Quelqu'un leur a manqué. Quelqu'un qui leur ressemble. Ils tissent de tout leur corps sur le papier d'inutiles toiles d'encre avec l'espoir insensé que cet autre-là s'y laissera prendre. Alors peut-être sauront-ils de quelle nuit ils sont eux-mêmes venus."

Je suis rentrée, j'ai lu des blogs et des articles, et puis ai continué un petit moment, dans les textes de publie-net emmagasinés, http://www.publie.net/tnc/ , en m'aidant à vrai dire de l'outil "notes" de l'épatante liseuse de "l'Immatériel"
Proust '"à propos de Baudelaire"
"Je suppose surtout que le vers de Baudelaire était tellement fort, tellement vigoureux, tellement beau, que le poète passait la mesure sans le savoir. Il écrivait sur ces malheureuses petites vieilles les vers les plus vigoureux que la langue française ait connus, sans songer plus à adoucir sa parole, pour ne pas flageller les mourantes, que Beethoven dans sa surdité ne comprenait, en écrivant la Symphonie avec chœurs, que les notes n'en sont pas toujours écrites pour des gosiers humains, audibles à des oreilles humaines, que cela aura toujours l'air d'être chanté faux." ouai

Olivier Rolin "la chambre des cartes"
"Diriez-vous que la poésie est très utile, assez utile, plutôt inutile, carrément inutile, ne sait pas. Laissez-moi consulter mon écran. Eh bien dites donc... Les chiffres parlent d'eux-mêmes... Les chiffres, eux, ne mentent pas. C'est comme la terre. Non, excusez-moi, c'était une plaisanterie. Et pourquoi ce désaveu, selon vous ? Non Mademoiselle, je sais ce que vous allez me dire, mais je vous arrête. Le public est roi. Un roi démocratique, parfaitement. Moi j'appelle ça le marché, mais appelez ça le peuple si vous voulez : ça revient au même. Or, que veut le peuple ? Que dis-je, qu'est-ce qu'il exige ? Qu'on le distraie, pas qu'on lui farcisse la tête. Il a assez d'emmerdements comme ça, le marché. Le peuple plutôt. C'est aussi
simple que ça".
Philippe Berthaut "seau rouge, seau bleu"
"Ensuite cela déborde
Imaginons ces mots débordant de leurs récipients
Seau rouge, seau bleu
Se répandant en flaques tout autour
La poésie même comme un trop-plein de langage dans le corps
Et la page comme une flaque s’incurvant
Dans son ventre accueillant les gouttes de lettres
Tout cela si clair si limpide
Comme est toujours la poésie malgré les images qui l’encombrent"

et puis, en trichant un peu, puisque le mot manque, Fred Griot "Plateau"
"parole c’est émerge d’un matériau brut, puissant. mots à matière souffe respire. mots appuyés condensés pesants. la parole a un poids dans le jeté souffe fux
un poids dans l’appui. dans l’appui du souffe sur l’air de l’entendre"

Mes compliments aux passants.

mercredi, novembre 26, 2008

je ne savais si c'était ma machine de plus en plus malade, mais depuis quelque jours je ne pouvais plus ouvrir et enregistrer les fichiers PDF ou PDF eBook de "publie-net" - il y a maintenant, incorporée à ma petite bibliothèque personnelle sur le site une liseuse qui me donne tout de même accès mais me contraint à lire sur mon ordinateur qui tient mal la distance.
Et passé une vingtaine de pages je devais m'arrêter - Cela m'a permis tout de même d'entamer mardi matin (et depuis l'équipe de Publie-net s'est penchée sur mon cas avec patience et a réglé le problème) la lecture de "la chambre des cartes" d'Olivier Rolin http://www.publie.net/tnc/spip.php?article90 (présentation, premières pages, téléchargement éventuel) par le premier texte; la "chambre des cartes" justement, des plus sommaires ("alors un des vieillards se leva et, avec le bout de sa pique, il traça la côte de Tartarie, à l'ouest, courant à peu près nord et sud..." Jules Verne cité par Rolin), aux plus belles (simplement par l'extrême soin apporté comme pour cette carte anglaise du 18ème "un trait sûr et fin, une côte diagonale, avec une île au large. Un lavis bleu cerne ces lignes....sur la terre, en biais, trois lignes serrées d'une écriture arachnéenne sont un commentaire succinct sur l'aspect de la côte. Presque rien, une composition évanescente, le dessin flottant ténu, dans le vide du papier..." ou par une recherche presque exhubérante et « la minutie à dessiner, arbre après arbre, la toison pommelée des jungles, ou bien le hérissement minéral des orgues basaltiques... « ), une recension de tout ce qui peut être dit sur la fascination qu'elles exercent sur tant d'entre nous (et je rêvais tout autant, ou presque, sur les cartes très détaillées de l'IGN que mon grand-père affichait dans une pièce de nos maisons de vacances, pour programmer ses petites expéditions, cane en main, et grandes enjambées, suivies par une bande, une marmaille joyeuse ou boudeuse de toutes tailles, et moi qui était la plus vieille, et que ces mini expéditions ennuyaient au plus haut point, je tentais de plaider que ce rêve me suffisait) ou la carte marine de la baie d'Alger encadrée dans le bureau de mon père - et il y a une histoire accélérée de leur établissement, les blancs et les dessins qui les meublent, les noms merveilleux, quelques pages hors notre monde pour évoquer la terre, jusqu'aux dernières lignes :
"Quels décrets mettent fin à ces pays ? Et le "Royaume de Fatigar" ? Ah, celui-là, c'est mon préféré. Il se trouve, chez Ortellius, à peu près à la place de Granze (mais pas de Canze). On le reconnaît sans peine dans le "Fatigara" du Sieur Sanson d'Abbeville, et puis après, pffuittt, volatilisé, on n'entend plus jamais parler de lui. Pourtant, être roi de Fatigar... Un roi Babar fatigué... Ah, que sont devenus la Seigneurie de Granze et celle d'Orsenna ? Et le Farghestan, et le royaume de Fatigar ? Où sont les neiges d'antan ?" peut-être un stade en dessous, un rien plus banalement pensé, mais qui parvient toujours à me faire rêver
Et puis, s'ouvre ensuite "Mes Ruines" avec ce début de bonne saveur :
"Enfant, j'aimais les relations des explorateurs. Je suivais leurs marches harassantes, je dessinais de petites croix sur les cartes pour marquer le lieu où ils avaient été mangés. J'en étais triste pour eux, un peu, mais au fond pas tant que ça : leur fin permettait de clore un chapitre qui commençait à devenir ennuyeux..."
Et bien entendu, pour voir des cartes, il y a http://expositions.bnf.fr/cartes/index.htm ou http://classes.bnf.fr/idrisi/index.htm ou http://classes.bnf.fr/idrisi/index.htm
ou .... je vous laisse chercher
assemblée, RSA et un lambeau d'audiovisuel - ménage - migraine légère et départ pour l'opéra-théâtre pour un récital de piano, enfouie sous des pelures superposées.
Pour la première fois un concert de musique de chambre faisait presque salle comble, effet de la notoriété de Boris Berezovsky et du goût qui me fait défaut pour le piano romantique (enfin pour moi avec des exceptions qui, chez Liszt, prévu en seconde partie commence justement avec la grande sonate en si mineur, seule oeuvre prévue au programme maintenue après les changements de dernières minutes.
La sonate "appassionata " de Beethoven a été remplacée par la sonate n° 21 et la virtuosité de l'allegro con brio a roulé sur ma déception (plutôt pour la suite) pendant que je dégelais, décoinçais mes épaules etc... et puis, avec les lentes notes graves de l'adagio molto, jouées tête de côté, comme en rêvant ou écoutant, je suis entrée à la suite du pianiste dans la musique.
Ce qui a un peu aténué mon dépit de savoir que la fantaisie de Schubert que j'attendais avec plaisir était remplacée par le scherzo n°1 et le n°2 de Chopin, d'autant que j'apprécie le second (sans plus, je l'avoue - il me manque vraiment la case Chopin)

après un entracte immmmense, la richesse de la sonate de Liszt et retour nez dans le vent glacé qui montait du Rhône.
Et puis repris le débât à l'assemblée, fascinée de voir comment les députés de la majorité vont accepter (et je le pense pour certains à grande peine) de confier de plus en plus l'intelligence des français à ces gens là.. (même si je ne suis que fort peu concernée, n'ayant jamais eu et ne voulant pas de télévision
)

vendredi, septembre 12, 2008

Toujours assez peu en accord avec ma peau - donc toujours longuissime
commencé avec une certaine jubilation, qui n’est pas seulement méchante, la lecture du dictionnaire de Denis Montebello « le cactus car il capte » http://www.publie.net/tnc/spip.php?article156, et cette définition (je me suis arrêtée au d) qui pourrait en être la définition
»besson
Tous les Besson ne sont pas jumeaux. Si Patrick écrit, et Philippe aussi, il faut être un lecteur distrait pour les confondre, avoir la mémoire qui flanche ou la raison en sommeil. Et je ne parle pas du réalisateur culte pour toute une génération (qui n’est pas la mienne), de ce Besson que je disais unique parce que je n’avais pas assez lu Perrault.
Je connaissais mal son oeuvre, j’ignorais tout de sa vie. Comme de celle d’Eric. L’autre besson. Un être double, murmurent ses détracteurs. Un membre du gouvernement, rétorquent avec une belle unanimité ses collègues, un ministre avec qui il faut désormais conter.
C’est en me penchant sur son cas, comme autrefois les fées sur nos berceaux, que me vint l’idée d’un dictionnaire.
J’ai pensé l’intituler Fictionnaire, mais c’était pris. Et par Alain Finkielkraut. Ne voulant pas ajouter le rire au rire, contribuer avec mes étymologies remotivantes à ce que le philosophe nomme gravement la décivilisation, j’ai renoncé.
Au titre, pas au projet. »

Bon, certains mots ne sont pas polémiques, ou peu, ou autrement.

Fermé le Cybook pour vaquer, et dans le cours de l’après-midi, je me plonge dans l’un des livres achetés l’autre jour, sans attendre que le temps passe dessus et sur l’envie que j’en ai, sans attendre qu ‘il arrive dans le « livre de poches » (ce qui ne sera jamais le cas de textes importants et de la poésie mais justement les plaquettes ou les petit livres de Poésie Gallimard sont à ma taille) - et les rangements hétéroclites de qui n’a jamais eu que ses mains pour ramener objets ou meubles dans le chez elle qu'elle jugeait de toute façon méprisable (et traitait ainsi) pendant toutes ces années, entre l’enthousiasme de celle qui accédait enfin à un endroit « à elle » et la construction d’un nid même passager, et sans grand souci de plaire à autrui, par la retraitée (qui n’a plus accès aux « grandes surfaces » de mobilier, installées extra muros), me font hésiter pour toute arrivée d’un livre « normal », qui de plus m’intimide. Une raison de plus de saluer l’arrivée des « liseuses ».
Mais comme j’ai maintenant du temps, je ne peux plus ignorer le bruit que fait la petite marée de septembre, et parmi les envies qui m’étaient venues j’ai, par hasard, et ne le regrette pas, cédé à Olivier Rolin, Manet, le souvenir de lectures, un titre.
Et, à plat ventre, appuyée sur mes coudes, j’ai suivi le fil, ou les fils tissés étroitement ensemble sans se perdre - l’écriture, un zeste d’érudition, avec la désinvolture discrète requise, un gros zeste d ‘ironie sans méchanceté, une sympathie qui me venait pour le chasseur de lions, Manet bien entendu et le narrateur, ses souvenirs, son regard, un jeu entre le récit et le présent juste un peu distancié. Et un ou deux moments de très léger agacement, sans importance, juste ce qu’il faut pour reprendre souffle (et ne saurais plus les retrouver, je crois).
Suivi jusqu’à ce que le bruit de la pluie, drue, me fasse relever la tête et refermer le livre, après un salut à Rossel (qui pour moi aussi fut « un des héros de mes vingt ans idéalistes et théâtraux") sur
« … Puis les Espagnols s’étaient lassés (les coups de canon qu’ils avaient tirés avaient d’ailleurs tant ébranlé leurs vaisseaux vermoulus qu’ils étaient sur le point de couler), et chacun était redescendu contempler les dégâts, au milieu des lazzis des petites filles, qui traitaient les adultes de lâches. Whistler avait sorti chevalet et pinceaux, et peint trois toiles, un Crepuscule in Flesh Colour and Green, un Nocturne in Blue and Gold, et une troisième qui porte ce titre énigmatiquement admirable : The Morning after the Revolution… » et nous étions à Valparaiso.
Et après les taches ménagères, et l’orage qui a installé avant l’heure le crépuscule dans ma cour, et fait trembloter la pauvrette que j’abrite en moi, cherché « un chasseur de lions » sur le net - et dans les premiers résultats de « google »
http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=52735/idR=201/idG=3
http://www.telerama.fr/livres/un-chasseur-de-lions,32450.php
http://livres.lexpress.fr/critique.asp/idC=14129/idR=9/idG=3
http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/08/28/un-chasseur-de-lions-l-aventurier-en-peinture_1088742_3260.html (et je pense vers la fin qu ‘il l’a peut être lu) etc…
Me voilà bien consensuelle (pas au point de suivre les nouvelles à la radio pendant plusieurs jours, j’attendrais que le pape soit reparti)

Et puis : un paquet d’eau dans la cour - pendant près de deux heures le sang à la tête de Brigetoun épongeant avec des moyens du bord le petit lac dans sa chambre, après la mini chute-d’eau-marche qui ne permet pas l’évacuation (et, honte à moi, sol mal rincé et belle mousse), bouti gorgé d’eau comme les cubes de rangement en carton et le bas des derniers livres, radios flottant, internet coupé, tapis sur les meubles, et crainte que cela recommence. Paumée, va !

mardi, juin 17, 2008

Longuissime puisque paresseusement pillard.
Trois photos sans lien avec mes plaisirs de lecture de dimanche soir, poursuivis lundi. Une petite austérité apparente peut être, et, plus simplement, les traces d’une expédition, lundi matin, dans la courte limite de mon quartier envahi par une morne grisaille, puisque, pour céder à ma fénéantise, je consens à me rendre compte qu’il est tout à fait possible de se nourrir sans dépasser le bas de la rue Saint Agricol.
Je suis extraordinairement brouillonne dans mes lectures actuellement, avec une tendance à m’arrêter lorsque quelque chose me plait et m’intéresse, à laisser en garde pour aller voir plus loin, quitte à devoir reprendre au départ ce qui a été le cas avec « au trosième étage » de Stéphane Rongier (75 pages seulement pourtant et qui, graves et belles, coulent malgré le thème : survie, construction précaire d’une enfance abimée - publie-net http://www.publie.net/ 5,50 euros) que j’ai repris d’un trait - une écriture qui évite les poncifs qui semblent devoir fatalement résulter de ce sujet. - au hasard cela, à propos de la jeune femme dont le corps contient cette enfant: »un matin, elle est partie pour dire enfin ce monde béant qui dévore les vies. Et cela fait plusieurs vies qu‘elle attend, attend et attend encore. Et l‘attente fait oublier qu‘on attend, fait couler le silence un peu plus loin..
Elle n‘était ni différence ni même, ni différente, ni identique. Juste un individu perdu dans son gouffre, son silence. Juste une nuit de terre obscure. Une époque en elle avait commis sur elle ces monstruosités dont les contes, certains contes, nous parlent, juste avant les forêts…. »

Et reprenant, toujours chez Publie-net - et lui aussi abandonné depuis longtemps malgré le plaisir de la lecture, même sans se référer tout de suite aux textes qui .en sont l’objet, évocation que, dans mon inculture, je goute presque comme une rêverie autour du livre pourtant étudié avec pertinence - « littérature, politique » d’Olivier Rollin, j’ouvre le 3ème texte et tombe sur « les Géorgiques » de Claude Simon, que j’ai repris par petites plongées ces jours-ci.
Et j’aime que parlant de « la mine de plomb » de Claude Simon il évoque en passant la critique par Elie-Faure de la « bataille de Pharsale de Durer » , où tout est sur le même plan, et par delà la défense de Durer par Lucien Dällenbach (que j’avoue humblement ne jamais avoir lu), la phrase de Whitman « je crois qu’une feuille d’herbe ne vaut pas moins que le travail errant des étoiles ».
Revenant aux Géorgiques chez Rollin
« La « mine de plomb » de Claude Simon embrasse, dans un seul mouvement, à la fois très simple et très réticulé, l’espace et ce qui le remplit, elle joue vertigineusement du panoramique et du zoom, elle montre sa forêt, sa masse, sa rumeur et la fine articulation de la feuille sur sa tige, l’armée en déroute et le poil luisant de sueur sur la croupe d’un cheval, elle va sans cesse du cosmos à la chose même, et c’est ce battement en elle qui lui confère, je crois, cette puissance un peu grisante qui impose au lecteur sa loi. Elle a quelque chose de l’aleph borgésien : «L’espace cosmique était là, sans diminution de volume » »
Et il y a la suite : la phrase de Simon comparée « à la progression d’une marée montante …. cela.. immense et délicat, irrésistible et pointilleux,…..
Et cette phrase pour ainsi dire fractale est capable de dire… la succession, la trajectoire que le temps creuse dans le
donné… »
Et, bien sur, j’ai été renvoyée aux Géorgiques et y suis restée un long temps, dépassant les pages évoquées par Rollin dans ces lignes, et le général desséché sur ses alezanes, et les colonels ronds-de-cuir, pour suivre l’immense phrase qui va, en 21 pages, de la presque ruine, la ferme château, l’homme-baboin et la vieille femme « quelque chose capable de se consumer et de s’éteindre en quelques secondes », avec les inclusions des lettres du général donnant, à partir de ses garnisons au gré des guerres napoléoniennes, des ordres précis pour l’entretien de son domaine suivant les saisons, jusqu’à l’autre vieille femme molle et grasse errant dans la trop grande maison avec « la vingtaine de pièces, les deux salons, la terrasse, la véranda où le dernier portrait mâle du nom (le nom qui avait fait basculer le scrutin fatal, fait ensuite à cheval le tour de l’Europe et dont les initiales ne figuraient plus maintenant qu’imprimées au fer rouge sur les échelles à abricots ou peint au pochoir sur des bidons de vendanges et des barriques de vin) s’était laissé photographier, posant assis de biais sur une chaise, maigre…..l’air sévère, hautain et compassé d’un propriétaire d’esclaves, d’un pasteur baptiste ou d’un ataman des Cosaques, entouré de ses petits enfants et de ses filles, parmi lesquelles on pouvait reconnaître, à peine plus jeune, comme si elle avait toujours été vieille, comme éplorée déjà… la vieille dame destinée à errer sans fin.. dans les corridors perpétuellement humides… »
Et à travers les époques et les situations des scènes précises et proches, des retours toujours différents, avec ce que j’ai malheureusement supprimé pour garder en quelques lignes le squelette de la phrase, les plis des tissus, les odeurs, la lumière etc…

vendredi, avril 04, 2008

Longuissime puisque un peu frissonnante et vide je pille, sans avoir même envie de me forcer trop à élaguer.
Rien – des projets – de la paresse – du mal être – l’un ou l’autre ou les deux – de la maladresse. Ce que j’ai fait de plus utile et très provisoirement marquant : la chasse, non plus seulement aux chatons et leur rousseur mais aux blanches invasions de pollen qui s’installent pour un grand mois. J’arrive à en saisir sans les écraser, et j’imagine les cristaux de neige que je ne connais guère que par des photos.
Comme je me sens un peu plus stable, un peu moins migraineuse, en écoutant le cirque à l’assemblée (avec une impression de revivre à propos de l’amendement 252 protégeant les territoires et AOC, le lendemain du vote de la licence globale) accompagné par le chant du vent, pas impérial mais joliment joufflu, j’ai « feuilleté » (il faut trouver un terme équivalent) des textes de Publie-net http://www.publie.net/ en attente, et j’ai trouvé l’écriture

« Les mots sont importants car ils constituent les couleurs de l’écrivain classique ; on n’insiste pas assez sur le temps passé par les grands peintres à préparer leurs couleurs, à les choisir, à les atteindre. Une fois qu’on a la bonne couleur, le reste vient tout seul. La note de couleur commande à tout le tableau, elle l’oriente comme il faut ; même chose pour le mot et la page, sauf que les mots d’une langue n’existent qu’en nombre limité. Au total, ils sont environ soixante mille, et seuls dix mille d’entre eux seront vraiment compris par tous les gens, et seuls cinq mille seront utilisés dans un récit de fiction. L’écrivain classique, une fois qu’il a ses mots, doit encore respecter la mesure, la cadence, l’exacte musique. Cela vient tout seul, mais il faut quand même faire attention parfois. »« la vie des écrivains classique »Marc Pautrel
"S'obstiner à travailler dans de telles conditions, c'est sûrement maladif, de même que de faire feu de tout bois, et pourtant les mots sont là, comme la parole est aux bavards, un flot mal contenu dans lequel on trouve de tout, le plus difficile en somme c'est de séparer le grain de l'ivraie, c'est-à-dire de retenir les pépites dans un torrent de boue. Je n'en trouve pas si souvent des pépites, je n'appartiens pas au clan serré des chercheurs d'or heureux, plutôt au groupe indistinct et sans grade des chercheurs d'or pauvres." – « Désordre, un journal » Philippe de Jonckheere


Jean-François Copé est venu surveiller ses troupes, a tonné contre l'opposition et s'en est allé
"Raconter des histoires, transmettre des idées, témoigner, des tas d’institutions bavardes s’occupent de ça, les grands-mères (du temps au moins qu’elles savaient « raconter des histoires »), l’université, les médias, le cinéma, même les partis politiques. Tramer de la beauté avec les mots, en revanche, est proprement l’objet de la littérature. Seulement on ne sait pas du tout en quoi consiste cette « beauté » verbale. On cherche à tâtons, obstinément, quelque chose qu’on ne connaît pas, ou plutôt quelque chose qu’on a souvent éprouvé, lecteur (et alors cela donne envie d’interrompre sa lecture pour se lever et tourner en rond en répétant, en ressassant la phrase qui vous a balancé comme une décharge électrique), mais que pour autant on ne sait pas définir." "Littérature, politique" Olivier Rolin
Le Président a annoncé qu’une conférence des présidents de groupe était convoquée et a annoncé une suspension de séance (ils vont laisser reposer la tempête vraie ou non après la séance de ce jeudi soir). Ce qui m’a envoyé, sur un rayonnage à :
« Mon sacré nom de Dieu de roman me donne des sueurs froides…. J’ai relu tout cela avant-hier, et j’ai été effrayé du peu que ça est et du temps que ça m’a coûté (je ne compte pas le mal). Chaque paragraphe est bon en soi, et il y a des pages, j’en suis sûr, parfaites. Mais précisément à cause de cela, ça ne marche pas. C’est une série de paragraphes tournés, arrêtés, et qui ne dévalent pas les uns sur les autres. Il va falloir les dévisser, lâcher les joints, comme on fait aux mâts de navire quand on veut que les voiles prennent plus de vent. » «lettre du 29 janvier 1853 à Louise Collet » Gustave Flaubert que je trouve tout de même plutôt content de lui, là. (pas à tort, mais inhabituel


Je suis sortie jeter des papiers aux remparts, et en ai ramené un peu du ciel de fin d’après midi (et les nuages qui animaient le bleu, et le bleu pur au dessus de ma rue)
Et pendant la poursuite du débat, je n’ai pas trouvé derrière quel livre se cachait la correspondance de Mallarmé, que je cherchais, mais
« Et me voilà tâtonnant à nouveau, trébuchant, accueillant les images pour les écarter ensuite, cherchant à dépouiller le signe de tout ce qui ne lui serait pas rigoureusement intérieur ;mais craignant aussi qu’une fois dépouillé de la sorte, il ne se retranche que lieux dans son secret.
Ce matin l’eau voile l’herbe
l’écume revient aux roseaux,
plume par le vent poussée ! »
« paysages avec figures absentes » Philippe Jaccottet

et parce que le choix dans ma réserve de photos du ciel m’avait été dicté par le souvenir que j’en avais, un peu de « la Mounine » de Francis Ponge et les tentatives entêtées de description de ce ciel et le paysage « il faut d’abord que je le saisisse, que j’en lie en bouquet, pouvant être tenu à la main…. »« Sur la campagne de Provence
rêgne un pétale de pervenche
Ce jour bleu de cendres vaut nuit
Qui pèse sur la Provence….
.. »Le jour qui luit sur la Provence
est un azur à mine de plomb
ce jour bleu de cendres-là vaut nuit »
… »l’immensité intersidérale est vue ici par transparence et c’est grandiose (aperçu sur l’infini). »

lundi, février 25, 2008

de Narcisse au vampire - sans intérêt - dimanche

Matin dimanche – départ dans le bleu qui a joué à cache-cache avec nous.Devant les Halles où je voulais distribuer mes beaux programmes (enfin pas « mes ») vide peuplé, lentement, parcimonieusement, et tous ceux qui arrivaient face à moi, de la rue Carnot ou Carreterie, avaient rencontré les miens aux Carmes. (perplexité en trouvant cette photo dans mon appareil, angle pitchounet de l'espace vide qui me faisait face, je me suppose troublée ?) Quelques rencontres, tout de même, avec de vraies amorces de dialogue (bon, parmi eux deux front-national et un très gentil garçon s’obstinant à trouver que moi et le Modem nous avions bien raison), sous l’œil absent d’un ancien camarade. Et quand mon tas n’a plus été que souvenir, constaté dans les Halles, que mon poissonnier et mon marchand de légumes avaient eux aussi pris leurs vacances.
Retour chargée tout de même, constatation vexée que mon bidule « municipales » après deux cent visites entre jeudi et vendredi, était retombé dans le tréfonds des enfers de « google » et devenu totalement invisible, constaté aussi, qu’en séchant, le masque que j’avais amélioré par petites touches, se craquelait dangereusement et que c’était ma faute (mauvaise préparation de la terre), vérifié qu’un nouveau couteau était merveilleusement tranchant par une coupure superficielle mais méchante au pouce droit et, après lavage de cheveux et déjeuner, sombré dans un demi-sommeil tremblotant
« J’aime le nom des derniers vers, «Hôtel des étrangers », et puis leur attaque, «Quel est Amour le nom de mon amour ? », et puis ces histoires mélancoliques d’épingles à cheveux d’autrefois retrouvées entre deux lattes du parquet. Sacré Blaise… Là, c’est son côté Apollinaire. Et puis alors j’aime beaucoup ça : « Je travaille dans ma chambre nue, derrière une glace dépolie / Pieds nus sur du carrelage rouge, et jouant avec des ballons et une petite trompette d’enfant : / Je travaille à la FIN DU MONDE. ». –la fin de ‘‘Cendrars, Gainsbourg… » 2ème texte de « Littérature, politique d’Olivier Rolin chez publie.net, http://www.publie.net/, que j’aime pour cet aboutissement en douceur profonde d’un texte qui s’ouvre sur l’accord entre l’aspect de Cendrars et son œuvre, parlant du baroudeur, pour en arriver là, en parlant de l’écriture (avec la phrase de Miller sur Moravagine : « lire un texte phosphorescent à travers des lunettes de soudeur ») - et je réalise que ce sont les premières lignes qui m’ont poussée à fouiller ma bibliothèque, constater que Cendrars n’y avait pas survécu et prendre à la FNAC le seul texte disponible, avec « le Panama » trop riche pour mon petit appétit actuel, « Bourlinguer », recueil mineur peut-être mais que j’aime, et qui a réveillé des souvenirs de lectures anciennes, ou leur recréation illusoire.
Et pendant ce temps on comparait (et je ne distinguais pas les mots des intervenants, parce qu’à vrai dire leur avis m’importait peu) des versions des chants d’Auvergne de Canteloube, sans arriver à m’en dégouter. Le tout sur une conscience un peu cotonneuse, très après-midi de dimanche.
Comme, avec Rolin, j’avais vérifié que j’étais de nouveau capable de lire, abandonné, et soigné mon blues dominical avec « il Turco in Italia », et puis, dans la nuit, sur France Culture un essai radiophonique sur « l’attente, l’oubli » de Blanchot avec les voix de Lonsdale, Aurore Clément et Tchéky Karyo, en griffonnant pour laisser mon attention passer outre au plaisir des voix. Brigetoun en vampire.