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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, mars 30, 2019

égoïste

m'amuser de voir le micocoulier sacrifier à l'esprit printanier, mais avec grande réserve se limiter à ses extrémités jeunes et fantasques
reconstituer ma collection de savons de bonne tradition, pour l'usage et le plaisir de leurs couleurs
s’attarder pour ranger sac à tâtons en regardant les arbres jouer de l'ombre de leurs branches fraîchement garnies avec la face arrière des arbres
pas tout à fait deux kilos de pommes de terre de Camargue, deux courgettes, deux chayottes, trois poires William, quatre grosses asperges vertes et quatre blanches, un camembert fermier au lait cru, un Saint Félicien, un filet de morue, quelques joues de morue et deux petites soles, pour tenir égoïstement un bon moment
et se demander si je serai encore là quand l'opéra rouvrira
décider définitivement de ne pas participer au final de l'atelier d'hiver de François Bon http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article376
regarder d'un oeil d'épagneul plein de désir suppliant le programme du festival et puis abandonner pour ne pas avoir trop de désirs et donc de regrets si je décide que ne puis plus l'assumer
prendre la vie heureuse de Sénèque et trouver finalement mon bonheur dans le ton plus modéré, sans appels à la Vertu, de Descartes honnête homme et philosophe à la princesse Elisabeth de Bohème, ce qui bien entendu me convient tout à fait
Au reste, toutes sortes de désirs ne sont pas incompatibles avec la béatitude ; il n'y a que ceux qui sont accompagnés d'impatience et de tristesse. Il n'est pas nécessaire aussi que notre raison ne se trompe point ; il suffit que notre conscience nous témoigne que nous n'avons jamais manqué de résolution et de vertu, pour exécuter toutes les choses que nous avons jugé être les meilleures, et ainsi la vertu seule est suffisante pour nous rendre constants en cette vie (là je ne sais... bon je n'ai qu'à relire la réponse, vais le faire, mais en attendant je l'ai oublié... ce qu'en a pensé la princesse, Brigetoun elle voudrait dire: vous me la baillez bien belle). 

vendredi, janvier 10, 2014

La vie heureuse

jour un peu gris, de douceur molle
jour de peu de volonté, de petites occupations mangeuses de temps, avec des pauses – puisque cette semaine les chemins de la connaissance sont ceux de Senèque (je me suis mise en retard ce matin pour écouter Emmanuel Naya parler de la brièveté de la vie du moins en partie), j'ai pris (revenant à l'émission de mercredi je crois) la vie heureuse, parce qu'elle est toujours à portée de ma main, et pose sur paumée les passages cochés, s'intercalant, en désordre, entre images cueillies sur mon chemin, qui n'était que petite déambulation utilitaire.

monde dépouillé, en attente, de petite qualité,
Recherchons un bien qui ne vaille pas par sa seule apparence, mais qui soit solide, permanent, et d'une beauté d'autant plus grande qu'elle est plus secrète. Exhumons le. Il n'y a pas à chercher bien loin : on le trouvera, il suffit de savoir vers quoi tendre la main. Seulement, comme il arrive dans l'obscurité, souvent on passe à côté, butant contre l'objet même de sa quête.

monde qui s'abandonne, pour un moment, du moins on le pense, comme en avais besoin
Et, ma foi, il y a une égale sottise, une égale ignorance de notre condition à se lamenter à cause de quelque manque ou de quelque accident un peu pénible, et à s'étonner et s'indigner de ce qui arrive aux bons aussi bien qu'aux méchants : j'entends les maladies, les deuils, les infirmités et autres disgrâces que nous rencontrons sur le parcours de l'existence humaine. Tout ce que la constitution de l'univers nous astreint à souffrir, endurons-le.... (ce qui n'empêche pas la lutte pour les autres quand cela est possible, mais sans engager son âme)

monde en arrêt, entre deux, ouvert sur on ne sait quoi, un vide
Vous vivez comme si vous étiez destinés à vivre toujours, jamais vous ne prenez conscience de votre fragilité, vous ne faites pas attention à tout ce temps passé. Vous dissipez comme si vous aviez des ressources inépuisables, alors que peut-être ce jour que vous consacrez à tel homme ou à telle occupation est le dernier. Habités par toutes les craintes propres à un mortel, vous avez en même temps tous les désirs d'un immortel... et là j'en étais venue à la brièveté de la vie toujours dans la traduction de François Rosso.

monde ébouriffé, distordu, malmené....
et Descartes, merci, dans une de ses lettres à la princesse Elisabeth, dans leur échange sur la lecture de Sénèque
Comme lorsque j'ai parlé d'une béatitude qui dépend entièrement de notre libre arbitre, et que tous les hommes peuvent acquérir sans aucune assistance d'ailleurs, vous remarquez fort bien qu'il y a des maladies qui, ôtant le pouvoir de raisonner, ôtent aussi celui de jouir d'une satisfaction d'esprit raisonnable ; et cela m'apprend que ce que j'avais dit généralement de tous les hommes ne doit être entendu que de ceux qui ont l'usage libre de leur raison, et avec cela qui savent le chemin qu'il faut tenir pour parvenir à cette béatitude......
Pour les autres indispositions qui ne troublent pas tour à fait le sens, mais qui altèrent seulement les humeurs, et font qu'on se trouve extraordinairement enclin à la tristesse ou à la colère, ou à quelque autre passion, elles donnent sans doute de la peine ; mais elles peuvent pourtant être surmontées, et même elles donnent matière à l'âme d'une satisfaction d'autant plus grande qu'elles ont été plus difficiles à vaincre.

Et puis, petit arrêt, avant de redescendre vers l'antre, entre des annonces, et chante l'attente des plaisirs, à ma portée et à venir dans les prochains jours
Descartes encore : Mais afin de savoir exactement combien chaque chose peut contribuer à notre contentement, il faut considérer quelles sont les causes qui le produisent, et c'est aussi l'une des principales connaissances qui peuvent servir à faciliter l'usage de la vertu.
Je n'ose espérer en être capable (et ne suis pas très sûre de désirer croire que je suis capable de quelque chose d'aussi impressionnant que la vertu)

samedi, février 14, 2009

"De tout ceci je reconnais que ni la puissance de vouloir, laquelle j'ai reçue de Dieu, n'est point d'elle-même la cause de mes erreurs, car elle est très ample et très parfaite en son genre ; ni aussi la puissance d'entendre ou de concevoir; car, ne concevant rien que par le moyen de cette puissance que Dieu m'a donnée pour concevoir, sans doute que tout ce que je conçois, je le conçois comme il faut, et il n'est pas possible qu'en cela je me trompe.
D'où est-ce donc que naissent mes erreurs ? C'est, à savoir, de cela seul que la volonté étant beaucoup plus ample et plus étendue que l'entendement, je ne la contiens pas dans les mêmes limites, mais que je l'étends aussi aux choses que je n'entends pas ; auxquelles étant de soi indifférente, elle s'égare fort aisément, et choisit le faux pour le vrai et le mal pour le bien : ce qui fait que je me trompe et que je
pèche" fin de la quatrième méditation de Descartes

mon ami l'hébété, et moi la killeuse de plantes, nous avons lu, ce jour, cela et d‘autres choses, et parfois nous avons cru comprendre - et France Musique était goûteux.