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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, mars 07, 2010

Adoncque, avant que les vases me noient un peu, m'obligent à nager durant presqu'une journée, et ne prennent toute la place, et plus, sur «paumée», m'en suis allée, jeudi soir, sans grand enthousiasme (à cause du programme) mais avec stimulante curiosité (grâce à une vidéo montrant Emmanuel Rossfelder expliquer le toucher sur sa guitare et d'une autre sur laquelle il jouait du Vivaldi) vers l'opéra, et hisser mes jambes de mauvaises humeurs jusque dans ses hauteurs, juste avant la proximité du plafond.

Et l'orchestre et moi nous étions en état de grâce ce qui m'a fait apprécier l'»abracion del torero» de Turina (musique agréable, longues phrases dans le haut du chant des violons, quelques ponctuations précédant des emballements, mais me semble-t-il maintenant hautement oubliable) et comprendre enfin que l'on puisse voir en Nino Rota («canzona pour orchestre à cordes») plus qu'un doué fournisseur pour films.

Le jeu de Rossfelder (les notes qui se prolongent, non pas égrenées mais liées et se nourrissant) m'a fait supporter et même aimer l'ennuyeux, car trop souvent entendu, plus ou moins bien joué, concerto de Aranjuez – et comme l'ensemble du public j'ai été sensible à son attitude sympathique, assurée sans cabotinage (le sourire et l'aisance contrebalançant les chaussures démesurément pointues et le physique de roi de la plage).

Nous avons eu droit en premier bis à une espagnolade de Turina (mon sale goût) et puis à une brillantissime et euphorisante interprétation des variations sur le carnaval de Venise de Paganini.

Mais, ennui du trop long entracte qui me rappelait ma sensation de faiblesse extrême, agacement d'un voisinage ou façon de diriger, j'ai trouvé l'interprétation du la 5ème symphonie de Schubert, l'oeuvre que j'attendais, un rien, un gros rien, plate, et m'en suis revenue un peu déçue tourner en rond, dévorer des toasts en surfant sur le net au lieu de dîner, et vérifier la mise en route de ma part des vases avant de retrouver patates et hareng.

Adoncque vendredi suis restée cloîtrée avec gavage, lecture des vases et de quelques autres choses, serpillère, collecte des débris du mur qui se décompose allègrement à la moindre pluie, au moindre coup de vent, recension dont je suis curieusement sortie aussi moulue que je le crois on doit l'être après une longue course (chose qui ne m'est jamais, qui ne m'arrivera jamais) et découverte éberluée et pleine de gratitude de la gentillesse de l'accueil fait au roman feuilleton.

Adoncque samedi, m'en suis allée, gelée parce que la tiédeur de l'antre et le soleil sur le haut du mur m'avait caché le brusque refroidissement de l'air, vers Carrefour pour en ramener filets de lieu et de cabillaud, pommes, bonbons et sauce tomate, mais, parce que dans un de mes pré-réveils j'avais lu le billet de François Bon sur «Plaie» d'Antoine Emaz http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2068 avec le sentiment que je devais, de façon évidente, me le procurer, suis entrée à la Fnac sur mon chemin.

Parce que

«on parle

on dit des choses

surtout des choses

à côté

comme si la plaie

pas


mais ça dure peu»

parce que

«corps mis à mal


au bout d’un long tunnel


avançant


dans sa besogne de corps


continuant»

et, puisque compte en banque est moins malade que ne le pensais avec mon estimation à la louche, l'ai commandé et, après longue flânerie, suis sortie, avec «Choir» de Chevillard parce que j'en ai assez d'attendre de le trouver d'occasion, et puis, pour combler des trous de lecture

«la rose» de Walser

«Nous l'appelons Wladimir parce que c'est un nom rare et qu'en effet il était unique en son genre. Ceux qui le trouvaient drôle guettaient un regard, un mot de lui, et il en était avare». et avec ce présent et ce passé j'y suis déjà bien.

«le naufragé» de Thomas Bernhard, souvenir, là, d'une très ancienne lecture

«Glen Gould aussi, notre ami et le plus important pianiste virtuose du siècle, n'a atteint que cinquante et un ans, pensai-je en entrant dans l'auberge

«Une heure avant la fin du monde» de Joseph Roth

«Je nie la réalité de l'évènement important qui a si gravement marqué l'Allemagne cette semaine : je nie la réalité du procès de Hitler» - et je me précipite sur une note en bas de page, pour lire que ceci date du putsch de Munich

et puis, parce que c'est une envie qui trainait dans ma conscience, envie réveillée en le voyant sur une table, «Olimpia» de Céline Minard (gourmandise de la langue)

«Je lui brûlerai les doigts de pied, je lui donnerai autant de coups au foie qu'il a de poils de barbe, je lui mettrai les poucettes, la barre de fer rouge au cul, le ferai bouffer des rats, les sourcils arrachés, les anathèmes sur sa tête, la peste, la peste soit de sa race de barbarie...» etc

Et pardon, trop longue suis, mais c'était cela ou le repassage.