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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, juin 29, 2013

Trop longue dérive en effleurant villes


regarder du sommet de ma ville, petite, moyenne plutôt, ancienne, la campagne d'au delà du fleuve, le territoire de France, et tourner autour du rocher pour voir l'arrière pays – se dire que faute de savoir marcher comme le savais un peu autrefois, comme cela se faisait en temps reculés, faute de véhicule, faute même de savoir conduire – oui suis diplodocus -, ne connaîtrai jamais la chair de ces noms : Tarascon, Cavaillon, Morière, Cordes, les dentelles de Montmirail, Apt, Sault, Caderousse, Grillon, la fontaine Vaucluse, Oppède, Robion et Roussillon qui resteront objets de rêves vagues bellement sonores, que n'aurai que souvenirs plus ou moins furtifs de Sylvacane, Vaisons-la-Romaine (pas si furtif, là), Châteauneuf du Pape, Entraigue et son charme discret...

penser ville, les villes italiennes où ai tant marché il y a bien trop longtemps, qui ont été peu nombreuses mais très aimées (figées par mon souvenir, dans des printemps qui n'étaient pas encore envahis) Florence et Sienne d'abord (Sienne retrouvée dans le Condottière de Suarès : On incline d'abord à croire que Sienne est toute franciscaine... Non, elle est bien plutôt à Dominique. Elle est trop amoureuse pour être sous la seule loi de l'amour. Elle a besoin d'une règle plus ferme. "
"Blanc et Noir, les deux couleurs de Sienne : blanc comme la Vierge ; noir comme la pénitence. Et le champ de l'écu est rouge comme le sang des passions et puis mes lectures, sur le parvis de Santa Maria dei Servi de l'Inferno de Dante, enfin surtout de la traduction), Venise, sauter tous mes regrets rêvés, arriver à mes séjours romains, entre exaltation fatigue et nonchalance hors circuits, cet accord moins immédiat qu'avec d'autres, ces petits coups de coeur, les pizzas mangées en marchant, plus carnées et grasses qu'en Toscane, comme l'architecture, une saveur plus agressivement opulente, plus populaire, et ce moment où elle est devenue la plus goûteuse, aimée, les jeux du baroque, ces habitudes prises, la chambre d'une pension minable près de la gare, le sol inégal et la fenêtre sur une friche romantique, le raffinement de celle du Sofitel et la vue sur les arbres de la ville Médicis... 

passer en petits sauts rapides à la richesse plus violemment marchande de Barcelone, et au parfum de la mer,
_hésiter entre deux cafés perdus, celui avec carte coupée, chaises en formica et azulejos près de la Plaça Sant Jaume ou l’autre avec stores entrouverts et banquettes en sky dans la galerie marchande, Carrer l’Argenteria (Christophe Grossi http://deboitements.net/spip.php?article351)

on était venus là il y a deux ans deux jours seulement comme cette fois deux jours pour parcourir la ville voir comment la mer s'y cogne découvrir un peu des gens en somme et sur la peau le vent alors on était partis tôt ciel dégagé présage d'une belle journée l'autoroute d'un trait comme un alcool fort ne pas trainer et reprenant souffle et couleurs on s'était garés rue du centre juste à son bord il pleuvait (Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/2013/04/a-en-tio.html )
Tu te souviens que tu sortais vers minuit, et que tu savourais, distraite, concentrée sur ton plaisir simple, une crème catalane dans un bar trop éclairé – un décor froid de moleskine et formica – en regardant la nuit derrière les grandes vitres, et cette rue que tu suivais, le matin, pour une pause dans le parc de la Citadelle, près de l’amical squelette métallique de l’Umbracle. (Brigitte Célérier http://deboitements.net/spip.php?article350)

battre des ailes et se retrouver sur la grande place ouverte sur le Tage à Lisbonne, s'y attarder, grimper vers jardins suspendus, manger soupes dans la rue, aller des azulejos décrépits aux belles façades restaurées, dégringoler vers le musée, se griser avec étonnement des exubérances de Belem, avoir tant envie de vivre là, prendre petit train vers Sintra, descendre la petite route, voir les cônes blancs dépasser des chênes et des pins, retrouver recul devant troupeau de touristes français et petite complicité avec guide, des gâteaux idéalement sucrés.... chercher les orangers de Séville dans les patios à Noël

penser vite aux villes du nord, aux kilomètres ravis dans Anvers, à l'amitié à Amsterdam, et à Utrecht avec son quant-à-soi et ses petits recoins sales, à Gand, à Bruges qui avait convoqué une douce brume vespérale sur le grand béguinage et à la chambre meublée d'osier et de cretonnes sur l'angle d'un canal, et au goût de dépaysement admiratif de la petite latine à Strasbourg et Colmar... et bien entendu, mais là c'est déjà un monde, à Londres.
penser ville, penser Lyon et cette surprise chaque fois de s'y sentir tellement chez soi, penser Lyon et ne presque pas avoir besoin d'y être pour la vivre un peu, faire petit saut dans va t'en va t'en c'est mieux pour tout le monde de Christophe Grossi http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504936/va-t-en-va-t-en-c-est-mieux-pour-tout-le-monde pour retrouver En face de moi une fresque en trompe-l’œil : hommage aux écrivains de Rhône-Alpes, bibliothécaires, imprimeurs. Une citation parmi des dizaines : Lyon plus doux que cent pucelles...une terrasse dans la nuit, des voix et rires jeunes, la saveur d'une grosse coupe glacée

... laisser toutes villes visitées, habitées brièvement, admirées, rentrer chez soi, un chez soi qui s'efface qui devient regret plus que besoin, avec Paris.. et ranger dans un panier, lu avec des retours, longuement et lentement la phrase urbaine de Bailly, les banlieues, les villes nouvelles, ce qu'il faudrait pour y recréer un phrasé, ranger avec le livre l'idée des délaissés : Ce suspens même dans lequel on le découvre, le délaissé l'occupe en vérité avec des graines et des croissances, des improvisations, exactement comme s'il y avait sous la ville, et avec elle, tenue par elle, en retrait, toute une dormance prête à s'éveiller à la moindre faute d'attention. Là encore, bien sûr, c'est une question de temps et de dimensions,... Mais globalement, c'est à peu près à toutes les échelles que s'insinue puis s'impose la reprise végétale...
et retrouver, par chance, facilement, ce merveilleux (un) livre blanc de Philippe Vasset : Borné au nord par la zone industrielle du Val-de-Seine, au sud par l'A86 et à l'est par les voies du RER C, le site est très sauvage : les herbes montent jusqu'à l'épaule, il y a des mares asséchées et des bouquets de roseaux. Lors de ma première visite, je suis même tombé nez-à-nez avec un renard....
Et voilà que Brigetoun relève le nez, un peu troublée, découragée,par tout autre chose que ce billet, réalise l'importance assez extravagante de cette dérive... arrête.
Avais en tête Paris et des blogs, avais en tête les grandes villes d'outre océan et les gigantesques villes contemporaines, des textes.... on verra peut-être peu à peu, plus tard.
Me déconnecte après avoir posé ceci, sans relire, sur Paumée.

dimanche, juillet 23, 2006

DELICES EN AVIGNON mais en fin de journée. Ce n'est pas vraiment fleurin cette chaleur m'a dit mon gardénia dont les fleurs éclosent et meurent en une journée, et mes mains embaument quand je les détache pour les jeter. Matinée de lavage de cheveux prétexte à paresse et lectures politiques.
Sur le chemin du cloître Saint Louis où j'allais retirer un billet, je me suis arrêtée chez les théâtreux catholiques installés à l'Oratoire, qui donnent depuis deux ans le Prophète de Gilbran dit par Michel Le Royer avec les percussions de Francesco Agnello. De bons avis mais je n'ai jamais pu me décider. Était affichée Claire d'Assise avec le même musicien et j'ai été tentée sans réaliser qu'en fait j'avais lu Catherine de Sienne. J'attendais des textes du père de l'église féminin et c'était une hagiographie, de bonne tenue, mais un peu niaise, avec une actrice claire à souhait. Joli et frais (grâce au lieu et à un certain talent ?), mais la pauvreté en esprit ne suffit pas. Agnello assurait le service minimum.
Du coup j'ai senti que j'avais mal et me suis évadée. Rentrée du périple devenu pénible vers Saint Louis et après une ébauche de ménage qui m'a transformée en fontaine bouillante, j'ai cherché et retrouvé, à défaut de Catherine, une Claire de meilleure facture chez André Suarès : "Claire, princesse dans le royaume des saintes femmes, miracle de la profonde connaissance que l'amour seul et le zèle dévorant de servir donnent à la jeune femme, elle que la nature a faite plus fermée sur soi que l'oeuf et plus égoïste que le sillon... Elle était toujours palpitante, sinon malade. Elle vivait de rien". Athée ou pas, je ne peux que l'admirer, l'admirer aussi pour son coté cabochard, et peut-être pour avoir su trouver une forme assez parfaite de sublimation.
Et puis ce soir, au jardin de Mons (une parade place de l'Horloge en passant), Depuis hier. 4 habitants de Michel Laubu et son Turak Théâtre. Pas vraiment des marionnettes mais du "théâtre d'objets" dit Laubu. Il crée le décor fou et ses personnages avec des bois flottés et délavés, des matériaux de récupération et des bouts de tissu. Son visage intervient et exprime les sentiments mimés par ses personnages. Au début, on s'installe face à une construction genre Tinguely, avec des bouts de miroir, des instruments de musique, des robinets gouttant dans des moules à charlotte, des poulies, des cordes, des objets indéfinissables, des ventilateurs. Il y a un musicien qui joue des instruments problématiques et une manipulatrice pour actionner les cordes, amener des objets, déclencher les ventilateurs. Des archets en éventail, mus par des rouages ou des ventilateurs, pour jouer des violons posés à terre ou suspendus. Il y a les personnages, le premier avec une tête en fer cabossée qu'après s'être peigné avec un balai, il remet en état de service à coups de marteau - un oiseau fait d'une cisaille munie d'ailes - un moule à gaufres qui vole puisqu'il abrite un canard - un personnage fait d'un masque surmontant une très grande chemise d'homme s'extirpant difficilement d'une valise, qui est perpétuellement effrayé par les actes de sa propre main. Le premier part à la recherche de la propriétaire d'un chausson de danse, tenant en main un mat chargé de voiles, est pris dans une tempête, s'envole sur le moule à gaufres, trouve de belles fleurs rouges que refuse une donzelle émergeant d'un sac à provisions ... le tout avec une musique faussement aléatoire. Le jardin rit, d'un rire qui n'est pas méchant, poétique ou intelligent, mais de pur ravissement. Les pauvres personnages vivent de petits drames, mais ça n'a pas d'importance, nous sommes dans la douceur. Cela finit sur la noce d'une épaulette et d'une vache faite d'un bidon peint, d'une galoche, et de bois flottés. Posted by Picasa

lundi, avril 03, 2006

sans rapport avec quoi que ce soit, le jardin de ma soeur en son désordre printanier.
Hier soir, nostalgie de Sienne, le Voyage du Condotiere de Suares a survécu au déménagement. Il faut le lire après avoir aimé Venise, Florence ou Sienne. Faibles aperçus : "On incline d'abord à croire que Sienne est toute franciscaine... Non, elle est bien plutôt à Dominique. Elle est trop amoureuse pour être sous la seule loi de l'amour. Elle a besoin d'une règle plus ferme. "
"Blanc et Noir, les deux couleurs de Sienne : blanc comme la Vierge ; noir comme la pénitence. Et le champ de l'écu est rouge comme le sang des passions".
"On n'a jamais vu qu'une fois tout un peuple se lever, un jour de printemps pour faire escorte à une oeuvre d'art, et marcher comme un seul homme derrière une peinture : l'évêque en tête et le clergé, les seigneurs de la République, les magistrats, les gens d'armes, le petit peuple et les gros marchands, les nobles et la plèbe, les maigres et les gras"

Dans notre style contemporain il faut qu'une part notable de la ville et de ses entours marche aujourd'hui, devant les gendarmes, pour faire connaître sa volonté de défendre l'oeuvre des luttes et des accords anciens, aux seigneurs locaux de la république. Ils sont du parti qui se charge de préparer la loi, qui doit remplacer la loi qu'ils ont louée et votée et que l'on ne doit pas appliquer, disent-ils. (le dernier gag : Borloo justiciable pour entrave à l'application). Je résume outrageusement. Ma carcasse et mon esprit ont refusé le repos cette nuit et je crains de ne pouvoir qu'accompagner la dernière part. On verra. La fraicheur matinale me renvoie à ma couette.Posted by Picasa