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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, août 08, 2008

Des murs en stock pour rythmer, avec notre terrible ciel qui nous a quitté et n’est revenu, un peu, qu’à la fin de la journée de jeudi
Journée avec quelques gouttes et l’attente de la vraie pluie - nourriture, digestion, sommeil, forces prises sans doute, pas testées, ménage décidé, fait, un peu, assez, dans l’antre, ménage du cybook, rapatriment de textes lus, et bien sur relecture de pages de ceux qui m’ont retenue, comme de :
« Paradis perdu » de Vincent Eggericx - http://www.publie.net/tnc/spip.php?article47 (pour se le procurer le cas échéant - pour les premières pages - un extrait - la présentation : « les survivants écrivent des livres, dans le champ.. »)
42 pages et, vers la fin
« vous êtes entrés dans le champ.Vous avez patienté dans les embouteillages. Vous avez été un homme sautant, flottant et ondulant au cœur de la masse (…)
Vous avez vu que l’homme s’usait. Vous avez entendu quelque chose pleurer, dans l’espace fonctionnel du Moyen-Age de l’ordinateur (… )»

Et après le livre qui « te remplira les entrailles d’amertume, mais en ta bouche il aura la douceur du miel » (…)
Vous avez vu que vous êtes l’ange,et que vous êtes le démon (…)
Votre regard était une fente »
(… jusqu'à la fin proche)
« Blasons d’un corps masculin » de Régine Detambel http://www.publie.net/tnc/spip.php?article119 (comme ci-dessus avec une jolie présentation de François Bon) 71 pages gourmandes, sensuelles, d’une précision d’entomologiste, graves (risque de pesanteur, étrangeté, fin à l’horizon), malicieuses
(…) »En fait, ils étaient au lit comme des danseurs. Ils se couchaient comme ils avaient dansé , aussi serrés, elle un peu plus bas que lui. Ils s’endormaient patiemment, inclinés l’un sur l’autre. Et le matin, il étaient déjà ensemble, sans faire l’effort de se rapprocher en rampant.
(…) Elle aimait son nombril. Elle y plongeait l’index pour le sonder et s’extasiait de sa capacité. Son nombril était si sombre, si profond qu’il y rentrait constamment des boulettes de molleton, des fragments de peignoir en bouclettes de coton et toutes les bourres que laissait sa robe de chambre en laine des Pyrénées » (…)

« au troisième étage » de Sébatien Rongier http://www.publie.net/tnc/spip.php?article82 (présentation, premières pages, extrait, commander vous devriez) 75 pages
Le père qui roule avec l’enfant qu’il n’a pas vu grandir, l’enfance détruite par cet autre homme, la vie et l’impossible fuite
(…) »un peu plus tard un jour, plus personne ne parlera, ne pensera ne dira d’elle quoi que ce soit. Parce que tout d’elle aura été oublié, parce qu’il n’y a aucune raison que l’on se souvienne de la fragilité d’une conscience éphémère, morte dans son propre corps, ce corps qu’elle était incapable d’accepter comme étant le sien (…)
Parallèle à la verticale de l’angle du mur, donc, l’homme, il y a l’homme nu. En face, de l’autre coté à la perpendiculaire, la peur (…) »

Et il y a le père arrivé trop tard pour sauver, savoir, pas pour aimer - et la belle construction, en petites séquences qui révélent
Et puis, au cours de cet après-midi de jeudi, eu brièvement droit, au dessus de ma cour, à un beau bleu moucheté de nuages, un peu comme celui-ci.
mais comme Michel a eu la gentillesse de le remarquer j'ai, au petit matin sans sommeil, installé un diaporama de toutes les photos d'ambiance du festival, sans tri ni mise en ordre (avec quelques rapprochements dus au hasard)

dimanche, mars 23, 2008

Puisque saint y a, samedi plus clair de ciel et d’esprit que vendredi. Frais toujours, mais le ciel rayonnait au dessus de mes pas. Réveillée en réalisant que je devais remplacer mon vieux téléphone à prix défiant toute concurrence, si je voulais avoir une chance d’entendre les messages qui y étaient déposés pendant qu’il affichait « zéro », avec aussi un nouvel appétit de lecture, et l’envie de toucher la terre.
Commencé par la lecture d’un texte téléchargé sur Médiapart où je retrouvais enfin un mai 68 moins étrange que celui qui est relaté par les officiels témoins et propriétaires (voir si cela vous intéresse
http://brigttecelerier.blogspot.com – pour moi c’est le fondement de ce que j’ai tenté d’être, avec plus ou moins de succès), choisi avec gourmandise et passé une commande sur Publi-net http://www.publie.net et suis partie en quête d’un téléphone.
Retour avec le téléphone et, bien sûr, des livres. Bataille pour comprendre, malgré mon handicap devant tout mode d’emploi, comment installer et utiliser mon nouveau joujou (il me reste plein de découvertes à faire), et en début d’après-midi un peu plus de deux heures d’énervement et de plaisir sur ma bonne femme.
qui se dégage peu à peu. Gelée et courbatue je lui ai demandé de patienter, sans trop se durcir (les jambes, la nuque, le visage etc…créer des angles, mais renoncer à la vraisemblance)
et m’en vais être parasite, ennuyeuse, ou tentatrice, en prélevant le début de chaque élément de cette promesse de lectures, moisson à venir, que j’ai devant moi.
Sur écran (publie-net)
«Il fronce les sourcils, il se frotte les yeux, il pense avoir mal vu et il regarde encore. L’écrivain classique, un matin, aperçoit soudain dans sa ville quelque chose dont il a déjà lu l’exacte description. Non pas une narration évoquant ce qu’il est en train de regarder à présent, mais au contraire la même chose, la réplique parfaite, sous la forme écrite, de ce que la réalité, visuelle et en relief, olfactive, sonore, lui propose maintenant. » Marc Pautrel (la vie des écrivains classiques)
«J e t'écris, mais pas depuis Corfou et sa prison, je t'écris d'Athènes, à peu près libre... Oh non, je ne suis pas en perme. Je suis officiellement, éternellement assiégé. Enfin, quelle importance, partout c'est plus ou moins pareil, prison, asile, parti, société... On ne peut même plus être en soi-même. Et pourtant on est tellement seul, comme si tous les matins on partait se faire fusiller... » Chrònis Mìssios (toi au moins, tu es mort avant)
« La matinée passée avec les enfants à Trois Fontaines, belle partie de ballon dans la nef avec Nathan en passoire aux cages et Madeleine comme avant-centre efficace, le goal était souvent battu, à sa décharge ses cages étaient vraiment démesurées. Le parc s'ouvrait aussi à nous, ses seuls habitants, deux ondées nous poussèrent à nous retrancher sous des marronniers épaissément fleuris. Là étendu sous le feuillage et les fleurs rouges, j'observe une buse planer à contre le vent. Mon ventre sert de piste pour les voitures miniatures de Nathan. » Philippe de Jonckheere (Désordre, un journal) mais là j’ai triché en prenant la deuxième entrée, sautant Le Pen et Chirac
« De La Nuit juste avant les forêts, il faudrait parler comme d’une pièce creusée dans une langue que n’épuiserait jamais rien, au cœur d’une durée affranchie de son terme, don d’une présence enfin, qu’aucun espace ne saurait circonscrire – hors le corps même, le corps proféré d’un théâtre faisant violence à l’acte de lecture. » Arnaud Maïsetti (Seul comme on ne peut pas le dire) pour entrer dans son écriture, après le blog
http://arnaud-maisetti.blogspot.com par l’intermédiaire de mon amour du théâtre de Koltès (une lecture de La Nuit juste avant les forêts)
Deux arbres qui m’avaient plu par le rebond entre la boule dense et sombre et les ramures argentées, et je continue encore et encore (pas obligés de suivre)
« Hier il y avait un peu plus de vent.
C'était du vent qui venait de là !
Aujourd'hui on dirait qu'il a changé un peu, il viendrait plus de par là,
on dirait ! » Serge Valetti (plus d’histoires) court
« Au loin l’Acropole toute blanche, le Parthénon éclatant, l’Erechthéion, les Propylées, partout du marbre.
« Tu n’es qu’un petit chien de salon. Tu aboies, mais les visiteurs savent bien que tu ne peux pas mordre. »
«Tu es un drôle de type, un libérateur de canaris qui vont se faire bouffer par les chats. Tu sais bien que sans leur cage ils sont perdus : la liberté, c’est l’insécurité. Pourquoi se donner tant de mal ?»
Màrio Hàkkas (les cénobites, précédé de le bidet)
« dans la rue un homme en costume noir traînait un enfant qui ne voulait pas : trace des doigts serrés aux poignets, l’enfant à genoux et l’homme tirant sur les bras, face à face les deux visages fermés, hostiles, ennemis pour toujours…Sereine Berlottier (ferroviaires)
« La voiture. A l’arrière l’enfant pleure. encore. Des larmes presque sèches. Presque écoulées. Devant, le père, conduit. Sans se retourner.Pas même le rétroviseur pour vérifier que le monde s’éteint avec la route.
Et la nuit. »
Sébastien Rongier (au troisième étage) court itou.

Sur papier, classiquement et pour lecture mobile :
« Je n’ai jamais été un enfant.
Dès la naissance, mon enf ance s’est envolée ailleurs, à jamais éloignée de sa part sublime, orpheline »
Hafid Aggoune (premières heures au Paradis)
« Voix qui m’attire du dehors et plonge au-dedans de moi. Cri prolongé et sourd abolit les distances. Soudain ressentie l’insensibilité de la mort quand le souvenir s’abat après m’avoir frôlé ». Arnaud Maïsetti à nouveau (où que je sois encore…)
« Dans la chambre où elle est enfermée depuis plusieurs heures, la jeune fille entend les cris et les rires qui montent de la grande salle. A mesure que la soirée avance et que les esprits s’échauffent sous l’influence de l’alcool, l’angoisse grandit en elle à la pensée du sort que lui réservent les hommes qu’elle entend festoyer, et, au premier rang, le pire de tous, le chef de la bande, Hugo Baskerville, propriétaire dévoyé du manoir qui porte son nom » Pierre Bayard (l’affaire du chien des Bakerville) et je me dis que je vais le commencer dans la nuit, qu’il va avec mon humeur
« C’est une journée claire, la première après plus d’un mois de grisaille et de froidure, et a grande lumière est singulièrement bienfaisante. A dix heures, nous sommes à Vierzon et prenons pied sur l’autoroute. A Gif à onze heures et demie.
Je passe au Rustol quelques-uns des personnages en fer que j’ai rapportés, monté sur socle le galet recueilli à Carennac – la vierge sous ses voiles »
et la suite est jolie. Pierre Bergounioux (carnet de notes 1991 – 2000) mais là, dans cette une somme à déguster par brides, j’ai pris la seconde page.

Et j’exagère, désolée pour les patients – mais je n’arrive pas à comprendre comment on peut se priver de, ignorer, le plaisir de la lecture, et sa profondeur.