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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, juin 23, 2026

Chaleur et crainte… mais un livre

 


Matin d’éveils et rendormissements… mais j’ai repassé trois robes et un torchon à la Brigetoun appliquée (soit longuement et presque bien) et passé avec soin et insistance l’aspirateur… un déjeuner peut être un peu trop léger, une sieste, un peu d’internet, un grand verre d’eau…. je suis sortie vers cinq heures moins le quart dans la belle forte chaleur (39°)



et ma foi comme je partais trop sure de moi j’ai failli tomber, j’ai hésité à rentrer, ai pensé que si je renonçais pour un si court trajet (vers La Tropézienne) je devais renoncer à tout, et j’ai continué sur mes jambes qui se faisaient de moins en moins tremblantes, ma main alternant entre brumisateur et appareil… Les cookies de La Tropézienne ont diminué légèrement de taille et augmenté leur prix (qui était ridiculement bas) d’un tiers depuis samedi… Je suis restée un moment plantée devant Fragonard en m’interrogeant sur la suite puis suis revenue vers la place tentant de me persuader d’aller acheter des courgettes dans la fournaise des Allées de l’Oulle… J’ai finalement renoncé, les ai achetées chez le petit Carrefour et m’en suis revenue me cacher (je n’avais plus peur même si je me demande comment je vais affronter le festival et les ou deux spectacles par jour dans un air au moins aussi chaud, mais j’était laide à faire peur)



Et j’ai pris en souriant l’enveloppe noire que j’avais repérée dans la niche à courrier en sortant, enveloppe noire à bulles qui me disait « tiers.livre éditions » et qui contenait l’ « Autogéographie des ponts » de François Bon

« Du plus ancien des ponts un remuement de planche, et le tressautement de la voiture. L’enfoncement où avec mon frère on est à l’arrière, donc ne rien voir sinon soudain échappée longue et brune, venant là et se perdant dessous.

Mais, à se concentrer sur cela, des planches plus épaisses que des travées. » (le début)

mardi, octobre 15, 2024

Vie en gris et trois livres


Eau sur les dalles

Eau en suspens dans l’air gris

Matin dans l’antre

Lavage cheveux, changement draps, mise en bac des tee-shirts à l’exception de trois blancs… matinée fort active à mon échelle



et dalles et chaussées humides, gouttes molles, air gorgé d’eau et âme morne, remâchant les peines du monde quand, lasse d’attendre que mes cheveux finissent de ne pas finir de sécher, m’en suis allée, avec le petit sourire intérieur tout de même de l’idée de ce que devait contenir le petit paquet aperçu dans la niche à courrier…




Pris le paquet, l’ai ouvert et comme prévu (m’en doutais d’autant plus que le nom de l’éditeur « l’oeil ébloui » figurait au dos de l’enveloppe… je l’avais vérifié) et trouvé les trois livres auxquels me borne, choisis parmi les 7 premiers parus sur les 53 prévis de la « Collection Perec » 



« En référence à « 53 jours », le titre du dernier roman inachevé de Georges Perec.

53 pages, l’espace d’un livre ; un lieu d’écriture pour dire, penser, inventer, rêver, percer la lecture qu’on a de Perec.

53 livres, toute une collection ; un parcours collectif multiforme, un cheminement proposé à 53 artistes et et écrivain·e·s pour porter un regard personnel sur la vie et l’œuvre de l’écrivain. »


Reprenant l’ordre de la page de l’éditeur, je vous livre les toutes premières phrases de chacun des textes


pour « Lier les lieux, élargir l’espace » d'Anne Savelli

Lier les lieux ? Quels lieux ? Les siens, ceux des autres, ceux des livres des autres, réinventés, rêvés — valeur du village qui augmente quand Proust y a dormi, quand Balzac s’y est caché, plage de Diras, chambre de Woolf, ce serait cela ? Cela et autre chose dont je ne sais que dire pour l’instant. Je devine simplement qu’un agencement existe, nous permettant d’écrire.


pour  « Une seule lettre vous manque » de Claro

C’est de l’ordre de la révélation, donc de l’apocalypse, mais aussi aussi de la farce. On n’en croit pas ses yeux, ou plutôt on ne peut que croire ce que les yeux ne voient pas. C’est là et ce n’est pas là. C’est devant soi, absent, bien réel. Comme si, après avoir été soigneusement toutes les molécules d’hydrogène de votre verre d’eau, vous n’entendiez plus que la respiration de l’eau….


pour « L’espace commence ainsi » de François Bon

                          1. L’espace commence ainsi

« L’espace commence ainsi » : l’expression est de Perec, page 5 de ma vieille édition d’Espèces d’espaces, chapitre « La page », il écrit : « L’espace commence ainsi, avec seulement des mots, des signes tracés sur la page blanche. » Mais s’interdire ici de commenter, encore plus de trop recopier : plutôt éclater, distendre, chercher les vides, les béquilles, les fissures et dissymétries. Un Perec fragile, pour mieux le rejoindre…

vendredi, juillet 14, 2023

Festival jour 9 – un concert pour jour un peu en dehors



Parce que la petite chose avait, à midi ce 13, quatre vingt et un ans et qu'elle trouve ceci totalement insensé, parce que cela la met régulièrement d'une humeur passablement rogue et parce que, au fond, elle est rudement fatiguée par des riens ces jours ci, a décidé de se tenir un peu en dehors du festival, de la vie courante et des réseaux.


Parce qu'elle est en manque tout de même, depuis qu'Avignonnaise, de musique de son vingtième siècle et du vingt et unième (en habituée de l'Ircam, de l'Artem | ne sais si cela existe toujours |, du Festival d'automne, de la Cité de la Musique et parfois des Bouffes du Nord) parce qu'elle avait repéré que dans le cadre des « interférences » huit spectacles musicaux, la version off de la Collection Lambert, se donnaient sous le titre du « Grand Voyage » deux concerts les 12 et 13 juillets de Thierry Pécou et de son ensemble Variances, avait décidé que le sort lui faisait un cadeau d'anniversaire et s'en est allée en tout début d'après-midi le long de la rue Joseph Vernet et de la rue Saint Charles,


agacée juste parce qu'il faut bien un peu de sel pour se souvenir qu'on est dans ce monde actuel, en passant devant le musée Calvet par la privatisation et le tri envahissant de notre Société qui veut que les lectures de France Culture, qui occupe avec trois ou quatre grandes constructions éphémères le trottoir, qui offraient depuis des années des moments d'écoute intelligente et délicieusement un peu à l'écart dans la cour, qui depuis six ou sept ans devenaient difficilement accessibles à moins de faire la queue pendant des heures, se déroulent désormais devant quelques sièges d'invités, à grille fermée, retransmises bien sûr à la radio mais qui pourraient tout aussi bien être enregistrées en studio...


privatisation qui la fit sourire en voyant l'importance qu'a pris le restaurant de plus en plus chic de la Collection Lambert qui a droit maintenant à son oriflamme personnelle... et qui est devenu, un peu comme cela s'est passé à Beaubourg, un peu trop résolument chic et onéreux pour accepter même la piétaille des visiteurs, avec le petit plaisir ironique en pénétrant dans la cour de découvrir tous les consommateurs dudit restaurant parqués derrière des barrières alors que désormais une petite buvette à l'aspect rudimentaire et provisoire étale quelques tables de jardin pour les consommateurs de jus de fruits, bières etc.. sous les quatre platanes.


Plaisir aussi, puisque nous faisions partie du petit groupe qui attendait de pouvoir taverser les salles jusqu'à l'escalier descendant à l'auditorium, de pouvoir remercier Joris Vanvinckenroye le musicien qui finalement était ce que j'avais préféré dans les « évidences illimitées » le spectacle de Kurt Demay au « 11 ».

Plaisir de découvrir le détail du concert

Dieu Soleil pour flûte seule de Thierry Pécou (4 minutes – Anne Cartel)

String Quartet n°2 « Company » de Philip Glass (9 minutes – Romuald Grimbert-Barré et Camille Garin violons, Cecilia Bercovoch alto et David Louwerse violoncelle sur lequel je regardais la musique, qu'il joue ou non, parce qu'elle se voyait sur son visage ou son attitude et qu'il était en face de moi)

Mirrors pour flûte et violoncelle de Kaija Saarino (9 minutes de total bonheur parce que m'installe dans sa musique)

et ne peux dire, même si j'avais sourir de plaisir en lisant le nom du compositeur, Quays pour flute alto (3 minutes) de Giacinto Scelsi parce qu'il a été remplacé par un morceau pour violon et flûte dont je n'ai compris ni le titre ni le nom du compositeur

et le moment phare du programme, beau et riche, qui avait guidé le choix de ces petites pièces Les rameurs obscurs de la barque de Ré pour quatuor à cordes et sons fixés de Thierry Pécou (25 minutes)

une plongée imaginaire à travers de multiples facettes de l'Égypte et de la fascinante ville du Caire.

Confondant le temps présent et l'Antiquité, le compositeur s'est inspiré d'un passage du Livre des Morts Égyptiens qui relate le voyage mystérieux et nocturne du dieu solaire Rê opérant sur sa barque le passage entre vie et mort, vers un nouveau cycle de vie

Félicitations dans l'étroit tunnel qui nous menait vers la sortie à l'écart de l'entrée des deux hôtels particuliers de la Collection, retour dans le monde réel comme le disait un homme devant moi.


et retour vers l'antre. Avais réservé le reste du jour à l'écriture, enfin, du 5 de l'atelier de François Bon (que j'ai en tête, du moins le crois) mais comme je suis vraiment très lasse et qu'il y avait eu un petit moment déplaisant, vite réglé et que veux oublier sur mon trajet retour (problème non de ma carte Visa mais d'un appareil et d'un commerçant méfiant... ai vérifié), ayant troqué ma jupe fétiche pour un bermuda vert qui ne voit pas la rue (j'appartiens à un monde ancien) me suis allongée quelques minutes et réveillée, très floue, presque deux heures plus tard... Résignée (je pense que vais abandodnner, l'écriture ne veut pas de moi) j'ai continué le classement d'anciennes photos en écoutant Méditation sur la fin de l'espèce de Thierry Pécou par l'ensemble Variances https://youtu.be/DPe1lvaQ5d0 , avant d'enchaîner sur des petits moments du projet « Rabelais » de François Bon https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5225 me régalant entre autres de sa lecture, ancienne, de la poésie des Paroles Gelées



lundi, novembre 14, 2022

Biscuits assortis d'un dimanche oisif

 


Ouvrir les yeux, se demander quelle est l'heure paresseusement, sans vouloir vérifier, ne pas penser « à nous deux le jour » mais « fais moi une place douce et pardonne ce que ne ferai pas »... un peu plus tard écouter sur France Culture en podcast « 1919, la rencontre entre Paul Eluard et André Breton » https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/tels-qu-en-eux-memes-paul-eluard-2eme-partie-1ere-diffusion-02-11-1969-8679640 qui reprend surtout la parole d'Eluard et fondre une fois encore devant le poète qui pratiquait bellement l'amour et l'amitié.


Chercher dans mon cher livre presque somme sur Char (« Char dans l'atelier du peintre » édition établie par Marie-Claude Char pour Quarto) auquel j'ai emprunté cette photo d'Eluard et Char dans les environs de l'Isle sur Sorgue en 1929 au temps où ils en étaient encore au Monsieur et au vouvoiement, un peu de leurs échanges... et pour en rester au début du vrai compagnonnage en 1930, relire les poèmes à quatre ou six mains de « Ralentir travaux » repris à partir de l'exemplaire d'Eluard qui a indiqué à la main quel est l'auteur de chaque morceau, choisir « le partage »

Eluard

Les belles bêtes blanches qui te mangent les joues

Les pierres impatientes qui te creusent les yeux

Ce ciel en ruine que tu montres toi la muette

Aux personnages du plafond tremblant des bruits nocturnes de la rue

Char

Ce mur d'où se détache chaque nuit ton portrait

S'écroule dans la mer que tu aimais

Les veines s'éteignent dans ta nuque

Soumise à mon regard

Breton

Le polichinelle de verre qui s'appelle l'air

Danse légèrement sur ton sein sombre.

en espérant que ce pillage me sera pardonné.. en regrettant de ne pas avoir cherché plus loin pour trouver courriers ou textes parlant de ces temps qui étaient leurs (et guère plus tendres que les nôtres)


Au reste un peu honteuse parce que j'avais projets utiles et sans doute agréables pour moi et pour d'autres mais que, égoïstement et pour de mauvaises raisons comme cheveux séchant lentement, j'en suis restée à un podcast (décidément) de FC sur Anna Politkovskaja (ne retrouve plus le lien), à une présentation à l'Ecole des Chartes du livre « Doléances – la plainte politique, voie de régulation des rapports gouvernés-gouvernants (XIIIe-XVIIIe siècle) https://youtu.be/MXftedHl4EY, à une promenade via GoogleStreet en Frise, à l'écoute tardive (même si n'utilise quasiment aucun fichier sauf la base et si, n'étant que moi, mon identité numérique me laisse passablement indifférente... quoique ai silencieusement mal réagi il y a quelque jour à l'emprunt d'une photo, en me citant mais sans m'avoir prévenue, et j'en ai eu honte, et que j'ai la faiblesse de penser que ne suis pas gênée par les publicités et ce que mettent en avant les plateformes diverses) de la vidéo de François Bon « de Twitter en particulier et des Gafam en général » https://youtu.be/HtdQ3QExwuM suivie puisqu'il semble qu'elle résultait d'un échange avec Marcello Vitali-Rosati de la lecture en touriste, parce que sais d'avance que n'aurai pas la constance nécessaire, des vingt six premiers billets qu'il a consacré au Phèdre sur son blog http://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/ et à une trop courte marche sous notre ciel qui semblait vouloir sortir de sa bouderie avant de s'éteindre lentement.



lundi, janvier 18, 2021

Traces d'une journée sans action


Le ciel était bleu, la lumière belle, ai vaqué à l'intérieur, et puis en fait ne suis pas allée vers la lumière.

Ai regardé, ai écouté, ai re-écouté des moments de la vidéo de François Bon pour le #6 « du gros plan comme objet littéraire, bonjour Jean Epstein » https://youtu.be/oRC_RUeo-98, et au delà de ses mots, tournait dans mon crâne un visage d'une vieille femme, le souvenir d'un photogramme d'un film, du cuirassé Potemkine je crois (je me demande ce soir si ce n'était pad une malice de mon esprit associant euphoniquement Epstein à Eisenstein, d'autant que passait aussi des gros plans du visage d'Alexandre Nevski) photogramme qu'il me semblait avoir vu dans un livre de Georges Didi-Huberman.


Alors, comme ne trouvais pas le beau texte d'Epstein, ai cherché, n'ai mis la main que sur un des trois livres de Didi-Huberman qui devrait se trouver dans l'antre « désirer, désobéir. Ce qui nous soulève », mais j'étais certaine que ce ne pouvait, bien sûr, être dans « écorces », et sans doute pas davantage dans la « survivance des lucioles ». Alors me suis promenée, à feuilletage rapide, ayant réalisé que je devais avoir fait s'entrechoquer deux souvenirs, qu'il ne s'agissait sans doute pas de lui, à moins que ce ne soit du passage de la vidéo d'une de ses conférences... (l'inconvénient de mes lectures désordonnées, sans cadre, passées ensuite à la moulinette de ma confusion que ne veux croire sénile)

Simplement, sans rapport avec le gros plan, pris ou non comme objet littéraire, me suis arrêtée sur le chapitre 8 « pour jeter sa douleur par-dessus bord »

« Ce qui nous soulève, ce sont nos désirs bien sûr. Mais pourquoi nos désirs sont-ils voués à s'exaspérer ?... » chapitre où passe, parmi d'autres, ou plutôt introduisant à d'autres, Walter Benjamin, à son livre sur le baroque allemand ou « exposition baroque de l'histoire comme histoire des souffrances du monde »... chapitre qui, allant vers sa fin, en vient à «Mais Benjamin a aussi écrit... un magnifique texte intitulé « Fouilles et souvenir », dans lequel il énonce l'idée que déblayer nos terrains d'actualité suppose justement de mettre au jour, de découvrir un certain passé que l'état présent voulait maintenir prisonnier, insu, enfoui, inactif... », chapitre qui se clôt enfin sur un poème de Michaux (dans « Face aux verrous »)

« Un défenestré enfin s'envole

un arraché de bas en haut

un arraché de partout

un arraché jamais plus rattaché (…)

mouvements à jets multiples

mouvements à la place d'autres mouvements

qu'on ne peut montrer, mais qui habitent l'esprit

de poussière

d'étoiles

d'éboulements

et de vaines latences.

Fête de taches, gamme des bras,

mouvements

on saute dans le « rien »

efforts tournants

étant seul, on est foule...

Et puis, au lieu de regarder la vidéo du 6bis de l'atelier du tiers livre, certaine de ne pas disposer de l'esprit page blanche qu'elle aurait requis, ai regardé une longue vidéo de Didi-Huberman « images et gestes du soulèvement » https://youtu.be/g7gplyZAd34, d'autres encore, en partie parce que les avais déjà vues, pendant qu'un carré de chocolat fondait dans ma bouche (et bien après qu'il soit fondu), et je pose ici, parce qu'elle est courte, qu'on y voit passer des gros plans de visages, que d'ailleurs le sien, éclairé de l'extérieur et de l'intérieur (par les idées qu'il expose) pourraient sans doute s'apparenter à ce gros plan animé qui est recherché (en gros)



samedi, octobre 03, 2020

Suis allée à l'école, et j'ai lu

 croisant des écoliers

avant l'orage annoncé

en rues endormies

aller chercher grand gamin

et candidat élève

(ce que tout parent, que je ne suis pas, a plus ou moins pratiqué) 

en vieille sage pour une fois qui avait eu raison de prévoir un « pied de pilote » puisqu'il n'était pas réveillé, bien raison aussi d'avoir enfoncé dans son sac-balluchon un petit sac contenant un masque puisque, dans la rue, voyant les piétons masqués il a réalisé qu'il avait oublié le sien (alors que la veille il avait dû implorer la mansuétude d'un policier) … même très appliqué et futur bon élève comme moi et la charmante maîtresse, à la tête des quinze grands gamins (bien plus grands que nous) qui découvrent la scolarité, l'avons jugé, on n'est pas sérieux quand on a quinze ans

Retour vers l'antre, tout à côté du collège, après avoir rajeuni en m'asseyant pendant un quart d'heure dans une salle de classe, toute contente d'avoir obtenu le partage 50/50 des frais de cantine, à temps pour le zoom de l'atelier du tiers.livre finalement annulé 


ce qui m'a laissé le temps, après le passage bref de l'orage (qui a été suivi de pluies fines ou brièvement torrentielles) d'écouter la vidéo de François Bon pour le #16, d'en émerger en me demandant comment diable j'allais pouvoir y répondre...


Moment choisi pour arriver d'un colis (deux livres physiquement assez plat, riches de contenu, et un CD) http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4014

Et comme me sens vide, sans réaction etc.... ai voué l'après-midi (tant pis pour le début de changement de garde-robes en fonction de la saison) à de la musique et la lecture du « Gaston Chaissac, peintre & écrivain » de François Bon qui, dans la première moitié environ fait alterner des phrases de Chaissac et son commentaire, sa songerie sur elles, avant de prendre seul la parole dans la seconde partie intitulée « grands gestes effrayants (de Gaston Chaissac écrivain) »

« Chaissac peint des figures qui s'assemblent par répétition, posent la question du matériau brut qu'elles transforment, portes, volets, paniers ou boîtes ou semelles par la systématique d'utilisation : peindre sur une semelle ou une boite ne pose pas la question du matériau ou de l'art qu'on dit brut ; l'accumulation, si. Les lettres pareil : on suit dans les corps complémentaires des lettres la construction, pour chaque temps, d'une même histoire. L'histoire est éclatée, mais c'est l'éclatement qui finit par donner sens, et produire que la lettre ne soit pas témoignage de la vie de Chaissac, même de Chaissac souffrant ou malade, ou de Chaissac inspiré, ou de... »

en espérant que la longueur de cette citation me soit pardonnée, comme la brusquerie de la coupe.. à vous d'aller plus loin.

mardi, octobre 29, 2019

Biscuits assortis

plaisir des arrivées du jour
avec trois petites Fireboox d'Alain Hélissen de la Collection Voix Editions http://www.fireboox.fr/?post_type=product
«le cadavre est exquis», «j'ai coupé» et «la grande muraille de rimes»
ceci est le début d'un poème qui à léchelle réelle s'étire sur 8851,8 kilomètres pour
protéger la Chine des attaques de la poésie occidentale. De sa hauteur il peut contrôler....
avec deux livres de tiers.livre.éditeur
pour le plaisir, déjà lu, Dehors est la ville (sur Edward Hopper) http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4800
avec, notamment, Cinéma 1 Solitaire figure in a Théatre 1902
Etrange la ville, qu'elle ne se suffise pas à elle-même mais construise ces trous où on se met ensemble pour assister à ce qui nous représente. Ce sont ces trous avec des fauteuils devant rideau, scène ou écran...
et, à découvrir, Il y a encore à voir dans les pharmacies de Gustave Geffroy http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4836
Au soleil d'automne
Au soleil d'automne, devant les feuillages rougis, des vieux et des vieilles sont assis sur la rangée de bancs du jardin public. Ils ne regardent pas le dernier ciel bleu d'octobre, où errent de beaux et massifs nuages, pareils à des blocs de marbre, blancs et fauves. Leur contemplation non plus ne va pas à l'étang où voguent mes cygnes de neige et les canards de velours noir et d'émeraude...
et, sans rapport direct – puisque je viens d'ouvrir le livre bleu au hasard et de tomber sur le texte qui commence ainsi –, parler aussi de ma lecture cette nuit
re-lecture des années après l'avoir enregistré et lu chez publie.net mais vraie redécouverte, le lac de Jean-Pierre Suaudeau https://www.publie.net/livre/le-lac-jean-pierre-suaudeau/ (où se trouvent une grand-mère, des petits enfants et des cygnes et canards, puis un adulte qui dans sa recherche retrouve le lac, les canards, un cygne) puisque, dans le plaisir grand – plus que cela mais sais pas en parler – éprouvé en relisant, presque comme une première fois, les 60 premières pages il y a eu la surprise de cette façon de passer du je au il et du il au je comme lorsque à
… Cette pente-là, cette pelouse-là que je ne pouvais m'imaginer qu'occupée par des jardiniers municipaux. Un éclair sorti du néant. Puis plus rien.
succède au début du paragraphe suivant :
A bout d'hésitations, de tergiversations, s'était résolu à pousser jusqu'au lac. (même si le il est sous-entendu puisque, comme les latins avant nous, il supprime souvent le pronom)... Il se souvenait parfaitement de ça aussi...
et que ne sais si c'est ce qui m'a décidé à forcer enfin mon blocage et à mettre en mots (en adoucissant un peu la chose) ma réponse à la vidéo #10 de François Bon pour l'atelier d'été du tiers.livre https://youtu.be/7Hv2NtckvkA ou https://www.tierslivre.net/ateliers/proposition-10-il-elle-corps-jacques-dupin/ et de le mettre en ligne (me reste à lire une partie des autres propositions de participants (une partie parce que n'ai pas l'intérêt dévoué d'autres, comme Piero Cohen-Hadria et que nombreux sommes) et puis de découvrir en quoi consiste la proposition suivante qui semble ardue et chronophage...
En attendant m'en suis allée, avec petit détour, rue Pasteur, rencontrant plusieurs cyclistes dont Youssouf place Pie, les rejoignant, eux et deux bénévoles – étions tous joyeux du jugement qui donne à Rosmerta un délai de trois ans (reste la menace d'expulsion qui semble peu probable et en tout cas pas avant deux mois après la fin de la période d'hiver) – et pendant deux heures, pendant que les quatre plus avancés discutaient de la vie et de l'attitude à avoir avec les deux jeunes-femmes, Brigetoun s'est appliquée à tenter de faire prononcer un s autrement qu'un ch, une jupe autrement que soupe et à rendre évident le plus difficile qui est que e ne se dit pas é, avec trois grands gaillards, avant une dictée... vais y passer demain, après marché et courses pour la Lozère, la permanence de fin de journée et début de nuit (là nous avons tout de même fini sur un résumé par la petite vieille de l'histoire d'Antigone)

On commence à installer les guirlandes lumineuses place de l'Horloge.. le monde va trop vite pour moi.

dimanche, janvier 27, 2019

vent et senteurs

Le vent s'est lassé
et passent candidement
quelques nuages
matin très frais encore pour mon cheminement sous un ciel au bleu à peine animé... et une promesse de douceur dans le contact de ce qui n'était plus qu'un souvenir du déchaînement de l'air.
Une grimace pour demander pardon à l'opéra parce que j'ai renoncé, vendredi soir, au dernier moment, à aller attendre dans le froid la navette vers son frère de Confluence et de la musique aimée (Chostakovich et Schubert, à écouter à travers mon obstiné assoupissement)…
Pour trace d'un semblant d'activité autre que soins domestiques, la dernière (en fait je crois que c'est l'avant-dernière) version, très courte, et parfaitement évanescente – cela m'a tout de même pris une heure et demi environ, suis vraiment infirme pour les mots et les idées, dans la chambre blanche et bleue de Toulon – de ma réponse à la sixième vidéo de François Bon pour l'atelier d'hiver du tiers.livre (lien vers toutes les contributions http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article376)

Ce fut le surgissement soudain de ce pleur d'enfant, ce furent ces voix qui nous ont figés en attente contre le mur de briques roses sur les marches de fer noir où se dessinaient, percées dans le métal, de fines fleurs stylisées, notre attente, notre hésitation dans l'odeur du chèvrefeuille – du moins je crois que c'était du chèvrefeuille – qui grimpait depuis le gravier pour s'enrouler à la rampe, se mariant à la senteur un peu poivrée d'un arbuste qui s'écroulait depuis la terrasse supérieure, devant l'entrée du fortin, exhalaisons éveillées par la montée de la nuit, le serein dans lequel les briques relâchaient la chaleur du jour qui s'endormait en les caressant, exaltant sous ses derniers rayons leur rose avant qu'il s'éteigne tendrement. Et nous avons retenu notre souffle, un instant, cueillant le plaisir fugitif de ce moment, avant que les voix s'éloignent, s'effacent, et que nous renouions avec le cours de la soirée.

dimanche, janvier 06, 2019

lectures

La première rose de 2019 s'étiole et va mourir, le mistral lui a retrouvé belle puissance, les feuilles des platanes viennent se vautrer dans ma cour et la force du souffle, malgré les obstacles posés devant ma porte-fenêtre, joue à l'entrouvrir.
La quatrième proposition de François Bon pour l'atelier d'hiver, belle et exigeante, m'a donné, en me basant sur les cinq visions intérieures que j'avais écrites pour la première, quatre paragraphes que ne veux mettre en mots, ni réveiller, ou, à partir d'une autre, un petit rien inconsistant – d'ailleurs la beauté des écritures avec lesquelles je suis entrée dans la nuit vendredi, que ce soit, j'y reviens, Daniel Bourrion
que j'ai vu ensuite, bien ensuite, tous les dimanches ou quasiment, bras de chemises roulés, cheveux plaqués en arrière à force de gomina, jouer aux cartes dans la brume que faisaient leurs cigarettes au salon de la maison dont la charpente est faite de béton comme presque toutes ici parce que tout avait brûlé et que les bâtisseurs d'alors, les hommes aux cartes bras de chemises cheveux lissés, s'étaient dit qu'en béton, à la suivante de guerre, ça brûlerait sans doute moins, les toits et puis le reste et qu'à faire comme ça, couler là-haut des mètres et des mètres cube de ciment gras qu'il fallait hisser à pleins seaux, ça serait comme une assurance contre les hommes et puis leurs armes et puis le rabot des années...
ou Marguerite Duras : Cette discrétion sublime des femmes qui a fait que, je le crois – même si je n'en suis pas tout à fait sûre -, l'enfant a été mis de l'autre côté de l'église, là où il n'y avait encore aucune tombe. Là où encore il n'y a que sa tombe à lui. À l'abri du vent fou. Elles ont pris le corps de l'enfant, elles ont lavé le corps et elles l'ont posé à cet endroit là, dans la tombe, celle de la dalle de granit clair... ces écritures donc me persuadaient - plus encore parce qu'après la mort du jeune aviateur anglais j'ai relu, avant de m'endormir, écrire – que rien que de faiblard, maladroit, au mieux (qui est le pire) banalement correct, ne méritant pas que quelqu'un perde son temps à le lire, ne pourrait venir de moi.
Alors j'ai lu un peu du Monde Diplomatique, un texte de la Revue du Quart Monde sur la fracture numérique et puis, deux minces livres de ma pile
La grande maison à gauche est la confiserie de Fuchs. Tout y est merveilleusement décoré, partout des glaces, des fleurs, des figures en massepain, des dorures, bref, l'élégance la plus exquise. Mais tout ce qu'on y consomme est à la fois ce qu'il y a de plus mauvais et de plus cher à Berlin...(Henrich Heine – lettre de Berlin – traduction de Laurent Margantin – éditions Oeuvres Ouvertes http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article4040)
et,
Elle le suit, mais ici il y a le tri... C'en est fini des vivants. On aperçoit les morts qui marchent lentement, à peine guidés par le personnel en blouse aux bifurcations des jardins. La jeune-femme ne pourrait pas passer sans se faire remarquer. Il y a les quatre de l'accident de la route, toujours en groupe soudé, elle se colle à eux : les morts ne remarquent plus rien des vivants qui les entourent. Elle passe la zone de tri, c'est comme sans doute une scène de guerre, ligne de démarcation, passage d'un clandestin à la frontière (François Bon – John Doe et autres récits avec mort – tiers.livre éditeur http://www.tierslivre.net/tiers_livre_editeur_francois_bon.html)
et puis, mais là je n'ai lu qu'un poème, un des plus courts, parce que ce petit livre reçu aujourd'hui, Île en ailes, édité par Jacques Flament http://www.jacquesflamenteditions.com/nouveautes/ qui regroupe certains des textes poétiques que Jean Diharsce publie sur Facebook (suivez le si ne le faites déjà) et qui me sont entrée dans le jour, je vais le lire avec parcimonie quand le besoin en sera
Il me revient le chaud de cet été parfait, un soir de plénitude où les mots se noient, un chemin dans les blés au bout d'un jour intense et l'odeur de cheveux au creux d'un cou blotti. Un instant où plus rien ne ressemble au connu, quand la pression des doigts invente la rencontre, un baiser sur la bouche sidérant la chouette. C'était hier, ailleurs, je me trouvais en toi, la lune souriait.
Et pour finir j'ai regardé les gilets jaunes faire du tourisme sur les quais rive gauche, en souvenir de mes détours pour rentrer à pied du bureau les soirs d'été où je n'allais pas au théâtre.