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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, mars 26, 2015

Chronique avignonnaise

Matin de crispation ou détresse, ou simplement désarroi intérieur, agacements toubibs, et en recherchant une radio avec des phrases, ce refus de plus en plus prégnant de supporter ce que recouvrent les mots consacrés comme productivité, compétitivité, la louange des pays qui soit disant vont mieux si on tait que leurs peuples ne sont pas dans le même cas, et ce mot d'élite appliqué à la moisissure qui prospère et qui, pour pouvoir se supporter, est condamnée à l'aveuglement, à l'imbécillité.
Idées pas spécialement intelligentes mais qui tournoyaient dans caboche pendant que je regardais le sol humide dans la cour. Ai quitté le verbiage pour la musique, ai pris, comme demandé, un rendez-vous à l'hôpital pour une presque formalité, et m'en suis allée sous la pluie dans les rues de mon quartier où le vent, qui s'installait, se lançait brusquement en rafales froides faisant du parapluie un objet qui n'était recommandé que pour les amateurs de char à voile sans voile,
ce qui, absurdement, m'a amusée.
Antre, pieds séchés, vieilles bottines fourrées, France Musique et pioche dans vieux disques, trois quatuors de Mozart (les derniers), un peu de Steve Reich, un acte des Troyens, un des CD de Croesus de Reinhard Keiser que n'avais pas écouté depuis longtemps..
quelques pages de la Vie des hauts plateaux de Philippe Annocque, en m'arrêtant à l'interlude ambulatoire
Parfois une passante marche lentement le long du trottoir, la tête penchée, en se tenant le bras de l'autre main. Elle marche si lentement que c'est difficile de la suivre.
Pourtant on peut s'y contraindre, et avec un peu de chance voici que d'un coup elle se retourne et repart dans l'autre sens, bien droite, d'un pas assuré, presque fringante.
Elle s'est oubliée
et plongée dans la Provence, où six pages étaient consacrées à la catastrophe aérienne, et qui indiquait
que la gauche se désistait dans deux cantons en soutenant la droite non FN,
que ce dernier se donne le beau rôle en se désistant en faveur des Bompard à Bollène, ce que ces derniers ne font pas en sa faveur à Orange (où le FN les devance),
que le binôme UMP de Pernes se distingue en se désistant pour la gauche, mais que les autres, éliminés ou non, sont dans le ni ni,
que les Mory-Global, les quelques rescapés de la fermeture Mory-Ducros il y a un an, se battent pour avoir, à la suite cette nouvelle liquidation, des indemnités,
que les chasseurs sont furieux de l'interdiction par l'assemblée de la chasse à la glue,
que six platanes ont été abattus hier rue des Teinturiers et que cela va être le tour des cinquante trois condamnés sur les boulevards Jean Jaurès et Kennedy mais que cela sera un très important, et coûteux chantier, ce qui me semble vraisemblable,
que DEFI, association d'insertion, doit licencier des salariés à cause des retards d'attribution du Fonds sociale européen depuis 2012,
que les professeurs du Lycée Aubanel étaient en grève mardi, à la suite de la décision du rectorat qui supprime des heures d'enseignement non-obligatoire,
et qu'un conseil municipal se tenait ce mercredi soir.. 
alors, comme le vent avait commencé, sans trop de brutalité, à nettoyer le ciel, comme depuis le changement de municipalité les réunions ont lieu dans la salle de fête pour que le public puisse y assister (mieux qu'en se serrant sur trois bancs ou dans l'escalier en colimaçon, oreilles tendues), comme m'intéressait de voir si le style de Cécile Helle est moins brutal que celui de sa prédécétrice, comme l'ordre du jour était imposant et portait entre autres sur le logement, par curiosité et pour me sentir un peu avignonnaise, suis allée y assister.
Ai attendu que tout le monde s'installe, appris que par suite de la défection d'une conseillère UMP le groupe n'existait plus et ne pouvait plus, de droit, participer à la discussion ni faire part de ses intentions de vote, écouté exposer le plan d'aménagement, de restauration, de construction adopté pour cinq ans en accord avec le Grand Avignon (le logement est de sa compétence)
en regardant le mistral malmener les drapeaux, à l'extérieur, sous le fronton, constaté que toutes les délibérations étaient si bien préparées qu'elles étaient adoptées, le FN s'abstenant parfois, sans autre discussion que des prises de parole de principe, reconnu les thèmes de chacun, échangé quelques saluts avec des conseillers, mais comme douleur s'éveillait, comme le maniement des formules consacrées est un peu moins maitrisé qu'à l'Assemblée, j'ai abandonné un peu après la tombée de la nuit, et suis repartie avec le détail de l'ordre du jour et des délibérations restant à prendre, détail dont je fais grâce à Paumée qui est vraiment d'un intérêt tout local aujourd'hui (et ne saurait en outre surprendre les avignonnais, donc est parfaitement inutile.)

lundi, novembre 08, 2010

Mes dernières lectures – pour mon plaisir, trop long

Jour de pénombre, une pénombre différente, ce dimanche, je sentais, je savais, que dehors, sur la ville, la lumière était morte, grise, filtrant à travers de hauts nuages, un plafond opale.

Et les arbres rencontrés samedi – les regarder pour m'accrocher, affermir mon pas – ne devaient plus chanter, ou en mineur.

Celui qui mariait branches nues, en prière, ou défit, hivernales déjà, et les petits bouquets racornis, vert décoloré ou noir, sans la gloire automnale.

Celui qui portait, exhibait, fragilement, chacune de ses feuilles survivantes comme un gemme, rouge de lumière.

Un peu maussadou au réveil, avec toujours cette stabilité défaillante, l'idée que je ne devais pas laisser s'installer la peur de sortir, mais peu à peu, doucement, l'acceptation, le renvoi à autre jour, celui-ci étant jour à se laver les cheveux, et la certitude d'un lendemain énergique, ou presque.

Un peu somnolente, pour se réveiller, du miel violent, et une recension de mes dernières lectures hors blogs (tant pis, gommer la richesse de certains), les livres donc, me redire le cas échéant, quand je crois le pouvoir, ce que j'ai été en face d'eux, et par jeu, ou semblant de, choisir une phrase de la page 14, parce que 48 c'est http://www.liminaire.fr/spip.php?rubrique4 , parce que 14 c'est 6 + 8, parce que j'ai, encore, 68 ans, parce que «19 francs» a 29 pages, et le livre à 19 francs, c'est à dire « l'occupation du sol » d'Échenoz, 22. Et que Pierre Ménard, je l'en prie humblement, me pardonne de détourner ses idées, contraintes, en simples trucs.http://www.liminaire.fr/

Ainsi donc, dans l'ordre de lecture, ou re-lecture :

Vivre encore, encore de Régis Jauffret http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503724/vivre-encore-encore

« L’humanité est éblouie par sa lumière, sa propre lumière dont elle est dense comme les feuilles des arbres de chlorophylle, la mer de sel, l’oxygène d’oxygène. Nous prenons notre clarté trop intense pour l’obscurité, et si nous vivons si souvent dans la pénombre. C’est qu’à l’intérieur de nous il y a des paupières qui tombent avec le temps comme des voiles, des rideaux. »


19 francs de Daniel Bourrion http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503762/19-francs

court texte provoqué par une allusion à la librairie de Géromino chez François Bon, et le souvenir de l'achat d'un livre "pas cher" d'Echenoz, et de l'importance de cette lecture, plaisir pour la langue et pour ce que cela dit de nos désirs contrariés et découvertes ferventes quand nous entrons, avec nos petits moyens, dans le monde de ceux qui auront accès et vivront avec les livres, et de la vie des travailleurs dans laquelle sommes plongés, où nous circulons.

« Je pensais aussi, faut dire, aux autres, à ceux qui dans d’autres coins du département prenaient les mêmes autocars ou presque pour eux aller dessous la terre, rejoindre les puits qui sur la ligne horizontale (quand tu regardes ce pays, le mien, tu vois ces deux lignes, une Nord-Sud, l’autre Ouest-Est, et tout du long, vers le haut c’est l’acier, vers la droite plutôt le charbon, on aime les choses bien rangées dans la région) étaient comme des sortes de fanaux, des points d’ancrage. »


Le retour : Extrait du recueil Inquiétude de Conrad, en une centaine de pages, denses et fermes, une évolution intérieure avec combats, vers l'humanité.

« Sous le couvert de cette fiction poétique et sacrée, il eut impérieusement envie d'elle, pour diverses raisons, mais surtout pour la satisfaction d'imposer sa volonté. Il y mit tout l'ennui et toute la solennité possibles – sans autres raison concevable que de cacher ses sentiments – attitude convenable s'il en est. »


Impressions numériques de Jean Sarzana et Alain Pierrot http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503748/impressions-numériques

« Aucune recherche autour du livre ne peut ignorer à quel point l’édition est multiple, et parler de l’édition comme entité relève de la gageure. On relève pourtant une prédominance de la littérature dans le regard porté sur le livre en général et dans la représentation collective de l’édition en particulier, alors que plus des trois quarts des livres vendus n’appartiennent pas à cette branche du livre. Cette constatation s’opère à la lecture de la plupart des articles de presse, rapports publics et documents de toute nature, internes ou externes au secteur, se rapportant au livre. »


Monsieur Le Comte au pied de la lettre : Calembredaine héroïque de Philippe Annocque

une farce (fournie, goûteuse, avec éléments variés et de bonne force) à tous les sens du mot, et jeu avec les mots, histoire de mots trop nombreux... Une dérive, de brusques dérapages en listes joyeusement recherchées, en phrases étirant les assonances, en actions désordonnées. Ironie et à-cotés, au gré des idées et du vocabulaire, et dedans un Monsieur Le Comte qui est son double, ou un jumeau, un siamois qui est peut-être Monsieur Le Comte, ou en quête de l'être, ou l'auteur, au péril de trop d'écrits. Jubilatoire, preste, désinvolte.

« Monsieur Le Comte lui-même pressentait que son passé viendrait dans l'avenir, si le besoin s'en faisait sentir, et que peut-être même il pourrait disposer d'autant de passés qu'il était nécessaire. »

Trois nouvelles - L'épave - Miss Harriett - Les tombales de Guy de Maupassant http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500860/trois-nouvelles

Le sentiment de la nature - de la tendresse - de l'esprit - du cynisme affiché sans excès - une langue merveilleuse. C'est à dire Maupassant

« Seuls, la sensation, le souffle de l’eau salée demeuraient en moi. Je sentais l’odeur du varech, l’odeur de la vague, la rude et bonne odeur des côtes. Je marchais vite ; je n’avais plus froid ; je regardais l’épave échouée qui grandissait à mesure que j’avançais et ressemblait à présent à une énorme baleine naufragée. »


l'occupation des sols de Jean Echenoz

« Dès lors c'est très rapide, quelqu'un sans doute ayant vendu son âme avec l'espace, il y a le trou. »

deux vies plus une, histoire expresse, amour d'une femme et paternité


La Vie matérielle : Marguerite Duras parle à Jérôme Beaujour

lisez si ne l'avez fait. (et si vous êtes comme moi, par moment, grommelez votre désaccord, mais avec révérence)

« Tous les jours, tous les après-midi de tout l'été. On peut parler de sa vie toute sa vie, la vie est considérable. »


Kuessipen de Naomi Fontaine http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503793/kuessipen

Elle dit, dans la page qui sert de préface à ses nouvelles ou récits, nouvelles puisque distance il y a, re-création : «J’ai inventé des vies... Et ces autres vies, je les ai embellies. Je voulais voir la beauté, je voulais la faire. Dénaturer les choses – je ne veux pas nommer ces choses – pour n’en voir que le tison qui brûle encore dans le cœur des premiers habitants. » Et c'est ce qu'elle fait, même si l'alcool, la drogue, les naissances précoces (mais désirées), la pauvreté, l'inceste, sont là, c'est en passant, à deviner, et, sur le devant, il y a la tendresse, la famille, la nature, la tradition, et les voitures, les cabanes, les conserves, le catholicisme, les études, la terre, la résistance.... et une belle écriture, ferme.

«Dans le silence que font les ours en hiver, il gronde. Cette nuit ce n’est ni la ville, ni les avions qui colorent le ciel d’un doux mauve qui crie aux loups. Les yeux de petite fille disent merci d’avoir vu. »


Zozo, chômeur éperdu de Bertrand Redonnet

Ai pensé, avant d'y entrer, à Alexandre le bienheureux, même registre pour le côté dru, paysan, mieux traduit par les mots, mais en lisant : différence dans le refus du travail qui pour Alexandre est fuite devant tout effort, pour Zozo un recul obstiné, même quand maladroit, devant toute subordination, parce que s'active Zozo, et glorifie ses actes. Roi du chômage obstiné (et l'auteur spécifie bien que cela se situe à l'époque où il fallait se donner du mal pour l'obtenir ce chômage, où il n'était pas imposé comme en nos jours), mais aussi roi du mensonge orné, superbe, auquel personne ne croit mais que l'on savoure. De quoi entrer dans la légende, même petite, à son échelle.

« … finalement sur son lit où il demeura étendu une bonne huitaine de jours avant de reprendre, claudiquant sur des béquilles et rasant les murs, le chemin de la basse-cour et du toit à cochon, puis, discrètement, la clef des champs à la découverte des moeurs estivales du gibier, en prenant toutefois bien soin d'éviter par de larges détours à travers les sous-bois les chantiers maudits de l'adduction d'eau. »

Minimal et sans grand sens

l'humanité – paupières qui tombent – clarté trop intense – la mer – vivons – pour l'obscurité

dessous la terre - fanaux - lignes - ancrage - acier - charbon - on aime - tu vois

sous le couvert - cacher – sa volonté – poétique – ennui – satisfaction – sacrée


son passé – pressentait – le besoin – peut-être

vite – l'odeur du varech – le souffle de l'eau salée – baleine naufragée - ressemblait

le regard – relève pourtant – à quel point – la gageure – est – prédominance – des trois quarts des – rapports


son âme – ayant vendu – l'espace

parler – tous les jours – l'été – est considérable

cette nuit – les yeux – d'un doux mauve – disent – les ours


du toit à cochon – il demeura – à la découverte des moeurs estivales – à travers les sous-bois.

samedi, décembre 19, 2009

Un billet comme mon esprit, sur deux ou trois plans à la fois – la technique du chapelet qui combine le geste des doigts, l'ânonnement d'une prière, une pensée religieuse (parfois, en mon jeune temps), une rêverie plus ou moins vague, qui se creuse par moments et peut s'appuyer sur un mot de l'ave maria, et la conscience du monde sensible avec des velléités d'actions et des projets - ce que je fais de moins en moins bien, l'âge venu.

Reste de ma sortie presque guillerette, le matin - en regardant des petits points blancs voltiger et se dissoudre avant d'atteindre le sol - un peu des quatre premières crèches, début de visite rituelle. Et les trois premières images donnent une idée vague de celle de la mairie (Carbonel).

Mais, en écoutant de la musique ou l'histoire des « naufragés des neiges » (Henry et son compagnon), en lisant des blogs, Facebook, les twitts de Copenhague et l' »histoire du crime » de Hugo, je pensais à ma lecture de « liquide » de Philippe Annocque, qui va se retrouver ici, maladroitement.

(galerie Ducastel).

Un homme regarde les brindilles et le fleuve, et cherche à savoir qui il est, qui il fut, et ce qu'a été sa vie, dont il croit (dont on lui a dit) qu'il fut absent, sans consistance comme l'eau, comme sa mémoire dont il doute – et les images qui émergent et auxquelles il s'accroche, pour se juger, ont une précision extrême et sensuelle qui disent, en fait, sa présence totale aux sensations, aux instants.

« Des larmes oubliées et silencieuses de petit enfant chagrin sans doute se superposaient aux flaques de la cour comme aujourd'hui les flaques aux flots opaques du fleuve (image d'une perpétuelle avancée perpétuellement sur place) présent aux yeux maintenant secs,

de flots en flots, de la sorte croissants... »

et le texte avance par paragraphes-strophes, de souvenirs ou explications en souvenirs ou explications et de liquides extérieurs en ces liquides dont nos corps sont pleins.

(une crèche au pied de l'escalier principal du Roure)

Il y a le premier amour, Alexandrine, l'éblouissement, la douche en l'attendant

« Les gouttes sur la vitre embuée ruisselaient et jamais leur trajet n'était longtemps rectiligne : elles s'arrêtaient, stoppées par un obstacle invisible qui n'était rien de plus que la trace déjà séchée d'une plus ancienne

puis faisaient un brusque crochet presque à angle droit »

et la rupture, accueillie avec une absence apparente, en regardant l'eau – le manque persistant -

la main a pris un caillou et « elle reste en suspens à mi-hauteur pendant que les yeux maintenant s'attardent au centre approximatif des cercles fugaces que sa chute y a causés. »

(crèche, au Roure, de Jean-Marie Fontanille le père de ma santonnière favorite, tout de même davantage dans mes moyens)

Il y a très vite, le rafting avec Suzanne, la jeune-fille, la femme, et son regard, le besoin de s'y refléter de façon satisfaisante, commandera, pense-t-il, toutes ses actions,

« La face éclaboussée de froid dans sa propre avalanche

chacun dès lors se croyait trombe. Le courant du torrent sous raft pris, dans l'instant de sa course, pour quelque sorte d'un muscle suprême, sa vitesse forcément était perçue comme l'élan (l'essor) d'une vie nouvelle. » – et les souvenirs sont ponctués de retour vers cet homme devant le fleuve « cette station prolongée du corps assis sur le banc face à l'eau au parcours massif et continu » - le métier auprès de ce père auquel il ressemble si peu, aimant et distant, le mariage, la maison, les filles (la gymnastique aquatique et les eaux de l'accouchement), l'apprentissage du rôle de père : « puis la couche arrimée par des mains paternelles était sûre de fuir » - ses filles qui s'éloignent avec leur mère. « Toute cette dégradation, cette liquéfaction de ce qui fut pourtant au moins pendant un instant (pour un autre soi-même) l'ébauche de la paternité »

La mort de la mère, si discrète et nécessaire «Ne pas être. Ne pas être n'a sans doute jamais été aussi clair. Ne pas être n'a sans doute jamais été aussi clairement le moyen de ne pas souffrir »

La suite des jours, l'éloignement du père et la découverte, en parlant avec le frère ainé, au détour d'un souvenir, du couple des parents, tel qu'il fut et que l'ignorait l'enfant (et revient cette différence physique, l'indécision sur ce qu'il est)

« Oui, elle est encore là, présente à la mémoire, cette absence insolite des parents, matérialisée désormais par toutes ces assiettes et ces couverts baignant dans l'eau douteuse … «

Je crains de ne pas avoir fait sentir pourquoi j'ai aimé cette écriture qui coule sur ces 149 pages, et cet homme, qui reste seul, acceptant.

et comme je ne suis pas sérieuse je me suis offert des douceurs pour grossir agréablement et deux santons (en m'appliquant à les choisir modestes), et comme je ne suis pas attentive j'ai fait à nouveau brûler une casserole de pommes de terre.

Quelques billets (ceux qui m'avaient retenue), de meilleure veine, sur ce livre

de Christine Jeanney http://pagesapages.wordpress.com/2009/12/04/liquide-de-philippe-annocque/

sur Remue.net http://remue.net/spip.php?article3206

de Thierry Beinstingel http://www.feuillesderoute.net/noteslecture.htm

de Martine Sonnet http://www.martinesonnet.fr/blogwp/?p=2442

pardon demandé pour le rapprochement incongru du texte et des images