
Elle était usée, ridée, doucement rose. Elle était fin sourire. Elle était indulgence un peu distraite, et puis, souvent, au bout d'un temps, pour certains, accueil chaleureux, écoute, réponse. Comme une reinette bien fripée et goûteuse. Mais restait ferme, avant que fruit se gâte, ou que gentillesse devienne abandon. Et on rencontrait parfois des zones rugueuses qui défendaient les quelques ossatures, plutôt que principes, auxquels elle tenait, restes de ce qui l'avait faite, restes de ce que la vie lui avait apporté. Légèrement écorchés mais d'autant plus solides. Seulement quand le contact en devenait râpeux, elle y ajoutait une ironie assez mordante, mais de bonne humeur, et même si cela nous mettait un peu à mal, on l'en aimait d'autant plus, et ce sont ces aspérités qui faisaient que l'on s'attachait à elle.

Il était presque toujours d'accord avec le dernier qui parlait, et il reprenait les mêmes arguments, redisait les mêmes sensations, mais avec mots si choisis, tant d'images neuves qui lui étaient propres, une si belle conviction, appuyés par son sourire un peu inquiet et tout à fait charmant, que tout le monde, y compris l'auteur des propos ainsi paraphrasés finissait par être convaincu que l'idée était sienne, et neuve. Il suffisait d'attendre un peu pour goûter un tout aussi beau plaidoyer pour la cause contraire.

deux paragraphes provenant de convois des glossolales http://leconvoidesglossolales.blogspot.com/2011/01/432-mardi-18-janvier-2010.html, parce que j'étais arrivée à en adresser un nouveau, mais que carcasse avait décidé d'un nouveau caprice : une belle petite douleur autour de mes yeux (surtout l'autre, le droit) qui s'accentuait dès que restais un peu trop longtemps face à l'écran (un peu mieux, un tout petit peu pour la lecture sur papier) – alors à part de brèves incursions sur twitter et un survol des sites et blogs j'en suis restée à l'écoute des débats à l'assemblée sur la réforme de la garde à vue (avec l'espoir que les idées de l'UMP ne gâche pas ce retour au droit des gens auquel est contraint le gouvernement) – et à la mise en forme du petit regroupement que j'avais fait, au fil des jours, sans illusion sur leur valeur, de contributions au convoi et autres.
Je constate, désolée, que le Calaméo est beaucoup trop petit - il suffit de cliquer sur l'image dans la colonne de gauche pour obtenir le PDF lisible.
Ce qui ne m'a pas vraiment consolée, (mais avec l'idée qu'aujourd'hui cela me sera sans doute possible, carcasse étant cyclique) de lire de vrais textes (le rapprochement est tout à fait fortuit, ne résulte que de l'état provisoire de mes yeux) et d'ouvrir les fichiers qui s'offraient à moi :
dans les dernières parutions de Publie.net (dont le prix a été ramené à 3,49 ou 2,99 euros), en plus de ceux mis en évidence sur http://www.tierslivre.net/salon/ (tous lus, tous aimés et certains beaucoup)
« le génie subtil du roman » d'Olivier Rolin que je n'ai pas fini http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500334/le-génie-subtil-du-roman
« la tendresse » de Jacques Ancet http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504042/la-tendresse
et retrouver, relire, découvrir ceux qui m'avaient échappé, les textes réunis par François Bon dans « Après le livre » savoureux et importants http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504103/après-le-livre
et puis ces cadeaux que nous font :
Joachim Séné avec « Maître et esclave » http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?article232
et Laurent Margantin qui joue les pères Noël ces jours-ci : traductions ou écrits personnels, dont l'accès est regroupé sur http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article791 (et si le coeur vous en dit vous recommande chaudement ceux qui ont été publiés sur Publie.net http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article473 dont j'ai parlé en leur temps (voir son nom en colonne de gauche, parmi ceux cités 4 fois) comme « sans » de Joachim Séné