J'avais envie de me rendre
le coeur léger et en joie.. ai pensé aux roses, me suis souvenue
d'années, surtout une, lorsqu'aux roses avaient été mêlées des
plantes aromatiques, où le cloître se changeait en un écrin de
parfum et de beauté.
M'en suis allée sous un
ciel bleu, qui à cette heure n'avait pas encore tout son éclat,
dans une belle lumière.. il n'y avait que quelques fins signes blancs,
légers, qui dessinaient dans le ciel les courbes voulues par le
vent.
Une courte attente,
marcher sur la scène de la cour d'honneur (mais les gradins ne sont
pas encore montés)
pénétrer sous la voute
et déboucher dans le cloître... et ce fut la déception, injuste,
sans doute, corrigée par le sourire de certaines roses, par des
échanges détendus avec autres admirateurs ou photographes, y compris pour confirmer cette déception et décrire
avec lyrisme les souvenirs passés.. déception parce qu'il y avait
beaucoup moins de rosiers, ou il semblait y en avoir beaucoup moins
(y compris moins de pots pressés autour des stands des rosiéristes
dans les galeries), parce que la présentation, ces quatre
croisillons plantés aux quatre coins, était moins «jardin» que les
habituelles grandes pyramides, plus ou moins réussies selon les
années, dressées au centre d'un faux jardin découpant des allées
entre les triangles de gazon bordés de rose, parce que manquait la
bordure se chauffant le long du mur aveugle, parce que surtout les
roses étaient seules (ai connu une année avec quelques hortensias,
l'année des plantes aromatiques, l'année des orchidées..) au lieu
d'être accompagnées par une petite cour les faisant ressortir, et
parce que.. mais cela devrait s'arranger, les roses dans leur grande
majorité n'étaient pas écloses.
Elles étaient belles,
mais presque sévèrement installées, nombreuses mais l'impression
était d'une certaine sécheresse.. et pensais au Paradou, à Zola,
, au jardin de Plassans, celui de la faute de l'abbé Mouret, en
moins explosif et dangereux bien sûr – même s'il ne le serait
guère pour une petite vieille -, mais un jardin de tous les délices,
un jardin pour les yeux, le nez et les paumes, un Paradou pas
totalement redevenu sauvage où les roses seraient vedettes
et comme malgré tout
avais finalement trop de photos, les ai réunies en une petite vidéo,
accompagnées de quelques unes des phrases disant le Paradou
Il n'y avait pas de rose
dans le grand tinel, juste des guirlandes de roses crochetées dans
la galerie haute du cloître, mais cette surprise agréable...
pour sortir nous n'avions
plus besoin de suivre rapidement le flot des visiteurs du palais à
travers les différents escaliers, les méandres de la bouteillerie et
de la boutique de souvenirs, pour déboucher derrière le palais..
mais, par un ascenseur – j'ai grimacé ma légère déception à
mon image – nous débouchions à l'entrée du Centre de Congrès,
sur la place... à côté de la file d'attente, nettement plus
importante à cette heure là.
Et ma foi les rosiers de
la rue Saint Agricol était plus épanouis que ceux du Palais.














