me plaît (arbres et ciel) et pour ceux qui le veulent en harmonie avec le calendrier religieux.Je découvre avec un tel plaisir que je me suis endormie dessus cette nuit, trouant le livre et brûlant mon petit meuble , un auteur que je ne connaissais pas, Colum Mac Cann, à travers douze nouvelles regroupées sous le titre de "La rivière de l'exil"
"Leurs bateaux quittent le quai en formation déployée avant le lever du soleil ; ils reviennent vers le milieu de la matinée avec d'énormes bacs en plastique pleins de poissons, prêts pour que nous les vidions. Ils tirent fort sur leurs cigarettes sans filtre, passent leurs grosses mains dans leur barbe poivre et sel ... Quand la pêche a été pesée, on les voit regagner, lentement leur bateau, pareils à des mouettes, en piétinant un fouillis de filets et de cordages"
et j'ai rêvé au Conquet de mon enfance, le petit port dans l'embouchure de la rivière, les sabots que nous abandonnions en arrivant en classe pour nous asseoir à nos tables en chaussons et sarraux, les mottes de beurre de la ferme d'un jaune d'or avec leurs jolies décorations, les vieilles en noir avec des coiffes en très léger tissu blanc et qui ne parlaient que le breton, le recteur qui nous faisait peur en nous racontant des histoires de korrigans au cours de catéchisme, la pêche aux chevrettes que je mangeais crues à marée basse, la laide église de granit, la pointe Saint Mathieu et la plage des Blancs Sablons.
Il y a des histoires de maris trompés, d'une jeune aveugle qui épouse un mutilé ancien du viet-nam, en gros ce n'est pas d'une gaieté extraordinaire mais il y a toujours une grande tendresse, des sourires, une sensualité. Il y a l'histoire de deux soeurs et "Ma soeur aînée, Brigid, nous concoctait une anorexie spectaculaire. Après les cours, elle se faufilait vers la tourbière et un gros rocher... Là, elle se perchait de guingois, comme un rouge-gorge, et morceau par morceau elle déchirait le pain tel un sacrement et le jetait autour d'elle" Bon la Brigid reste anorexique et devient religieuse dévouée. Je crains de ne pas donner envie de le lire.