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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, juillet 30, 2006

quand je suis censée faire les honneurs de ma ville, je me fais inviter; non sans une certaine honte.
Charme des rencontres - déjeuner agréable place de l'Horloge et nous nous sommes bornées à une vision succinte - un café et un pot rue Joseph Vernet, encadrant une visite à Calvet où j'ai constaté qu'alors que je crois aimer ce tableau, j'avais, une fois encore, oublié que s'y trouve la mort de Barat de David - pale chair adolescente, blondeur, sur un merveilleux fond blanc-beige.
Le soleil brille et chauffe, mais la température redevient raisonnable et un petit vent jouait avec les feuilles des arbres, et les papiers, en douceur.
Je voulais aller à 19 heures 30 au Centre Européen de la poésie, pour la dernière du spectacle Dubillard, mais je me suis endormie comme un bébé. Réveillée en entendant Ravi Shankar sur France Culture. Alors, même s'il n'y a que peu de chance pour que cela ait fait partie du spectacle, j'ai dégusté la lecture, re-entendant en imagination les voix, des diablogues présents sur le site Dubillard,
1 Un compte-gouttes, c'est comme une trompette. Pour jouer de la trompette, il faut une trompette et un trompette.
2 Une trompette et un trompette, ça fait deux trompettes.
1 Non.
2 Non ! Alors si vous-même ne savez pas compter ! Une trompette et un trompette, ça fait quoi ?
1 Ça fait de la musique"
Je suis ressortie, dans des rues calmes de ville d'été, pour aller voir toujours au Théâtre des Halles le venin du théâtre de Rodolf Sirera. Bien joué, mais pièce à thèse un peu trop attendue. Un marquis épris de science et ayant une conception "révolutionnaire"du théâtre, convoque un comédien pour lui faire jouer, non plus avec une voix placée et une technique, mais avec "vérité" une unique représentation de la mort de Socrate, jouant en passant un petit jeu de travestissement devant illustrer les rapports de pouvoir, et ce qu'ils déterminent dans la langue et le comportement.
Posted by Picasa On voit venir, et malgré la chaleur et la souplesse de la voix et du jeu de Jean Claude Bourbault, cela reste schématique et naïvement pervers. Niveaux de langue: un auteur catalan du 20ème, voulant imiter une langue 18ème, passant de plus par la traduction en français, cela donne du 19ème de bonne tenue. Et l'attente des derniers moments d'une vie amène à une certaine vacuité.
Une petite scène amusante et sur-jouée dans la rue des derniers instants du Festival, entre deux membres d'une troupe, un groupe d'avignonnais mécontents de la pollution de leurs rues par les affiches, et moi dans le rôle du choeur.
Selon http://raje.fr/ la baisse de fréquentation dans le off a été d'environ 30% et si chacune des deux associations trouve son bilan satisfaisant, il n'est pas certain (du tout) qu'il en soit de même pour les quelques 600 spectacles qui ont du s'inscrire dans les deux programmes.

samedi, juillet 29, 2006

Billet dilaté par la chaleur ? En principe la fraîcheur arrive - pluie ce matin, et lavage de cheveux qui m'ont permis de franchir l'étape repassage.
Mais si les festivaliers se font de plus en plus rares, remplacés par des touriste purs jus, la chaleur, cette après-midi place de l'Horloge, était toujours là et de belle facture. On n'a plus l'impression qu'elle met la main sur vous, ni de se heurter à un mur, mais je ruisselle toujours. J'en ai profité pour simplifier les corvées, avant de partir assister, au Théâtre du Fubambule, à la dernière d'une pièce japonaise choisie au pif, Dors Paris, de Juichiro Takeuchi (compagnie Tokyo Kadenchi).
Scène recouverte d'un tissu soyeux pouvant être sol ou draps. Une soeur gentille poupée, l'autre plus mince, sentencieuse, remarquable pitre - coup de téléphone à la mère et rire, de Dieu ?, dans l'appareil - projets - début de délire à propos d'un Monsieur X, dont je ne comprends pas bien qui il est. Peu à peu, des crises de panique très démonstratives - peur d'un tremblement de terre, de la foudre, du père - prières - évocation lyrique (assez belle d'après la traduction) de la région maritime d'où venait la mère morte (ah ?) - confection d'innombrables origamis, comme un rite - calfeutrement.
Et brusquement, le Monsieur X devant une petite table, sur le sol nu, le tissu roulé dans un coin, racontant la découverte des deux corps morts, dans une pièce sur-fermée, où ?, pleine de déchets. Et arrivée de deux charmants fantômes ? Le tout en cinquante minutes. De bonnes actrices, spectacle sympathique, mais, est-ce un léger décalage de point de vue entre civilisations, ou fatigue, l'absurde japonais m'est plus hermétique que l'absurde français.
Renoncé à des projets impliquant une trotte à pieds - je suis restée, perplexe, dans l'allée pour revoir, un quart d'heures plus tard, le spectacle d'Acide Lyrique que j'avais déjà vu il y a un an. Quatre bons artistes, du rythme, Mise en pièce de grands airs de Carmen, de la Flûte... ou assaisonnement "grande musique" chamboulée de chansons. Hilarant, et jamais réellement de mauvais goût. Les rires rebondissaient dans la salle, et pas uniquement parce que nous étions là pour ça.
Dans l'après-midi je m'étais amusée à pister, dans des numéros de la revue du Théâtre de la Colline, ce que des auteurs ont écrit sur leur théâtre. Sans suite logique.
Bond, toujours : "Je veux vous rappeler/ Ce que vous avez oublié de voir/ En venant ici./ Vous rappeler d'écouter ce que/ Vous étiez trop occupés pour entendre..."
Valletti : "deux personnages parlent pendant exactement quatorze répliques puis arrive un autre personnage.. A moi de le faire parler, sans autre raison que la structure imposée. Me voilà dirigeant une troupe de marionnettes qui n'en font qu'à leur tête". un peu cruel, mais je ne veux pas le savoir, j'aime généralement le résultat.
Heiner Muller : "je suis l'ange du désespoir. De mes mains, je distribue l'ivresse, la stupeur, l'oubli, jouissance et tourment des corps. Mon discours est le silence, mon chant le cri".
Christine Angot (triché, je ne connais pas son théâtre) : "le théâtre c'est quelqu'un qui se détache du groupe aussi, qui se détache du choeur et qui dit : voilà ce qui m'arrive. Quelqu'un se détache enfin. Aux autres il n'arrive rien, ou alors ils ne le disent pas"..
Jean Luc Lagarce (que j'aime) : "ça pourrait avancer. Fragile, fragile. Ne pas retomber inévitablement dans l'intemporel le vague (termes russes ou "conte"). Essayer de parler d'aujoud'hui... et puis se laisser aller à son propre sentiment : parler à la salle, regarder le public, et parler, tout droit".
Bon, stop ! Aujourd'hui déjeuner avec deux blogueuses, à l'extérieur, je suis bien trop intimidée pour imposer en plus ma cuisine. Posted by Picasa

vendredi, juillet 28, 2006

Les quelques commentaires au billet du 27 semblent indiquer que ma colère frustration devant le rôle prépondérant pris par mon animalité était efficacement voilée. Pour jeudi : plaisir et colère encore mais non plus contre moi (en deux billets je suis toujours bavarde).
J'ai vu une petite merveille chez les belges, au théâtre du Dom, A quelques pas d'elle de et par Michèle Nguyen.
Évocation : une poignée de thé déposée dans une fleur de lotus, qui se ferme et garde le thé jusqu'au matin.
Une silhouette en noir, une jolie voix un peu fluette et des enregistrements de dialogues et bruits lors des voyages au Vietnam. "Parler d'une petite musique". Peu à peu de beaux gestes prolongés, provenant de la danse.
Le père vietnamien venant voir le spectacle et disant "tu m'as fait honneur en jouant, je t'ai fait honneur en venant t'écouter" et la fille s'inclinant. Redécouvrant ce père et découvrant le pays, la langue, une façon de vivre, de concevoir le monde, et les bruits (onomatopées, sans méchanceté). Humour, tendresse.
Posted by Picasa Le conte de la fille du mandarin, de l'aigrette blanche et du pêcheur sur son sampan, se mêlant au récit de ce voyage, en se modifiant peu à peu. Le pêcheur se révèle laid - sa peine - son coeur transformé en un bloc de santal. Et la déclaration implicite d'amour au père retrouvé.
Le lien créé par sa toute petite fille.
En fait, ceci ne peut rendre ce qui tient dans la fluidité de la langue et des gestes qui permet de traverser sans peine la rue de Hanoï. Et j'aurai voulu avoir le texte que je ne sais reproduire.
Colère : en déjeunant j'écoute sur France Culture l'intéressant feuilleton sur le procès de Nuremberg, et le rôle qui joua l'image, et je rale en constatant une fois de plus que Radio France n'imagine pas que nous puissions parler une autre langue que l'anglais ou plutôt l'américain, et à la rigueur le français.
Plaisir : écouté toujours sur France Culture, le soir tombant, un merveilleux pharmacien de Jaffa interwievé par Kravetz, et plus tard Pierre Vidal Naquet, non moins merveilleux.
partie dire adieu au mur pour cette année et entendre le montage par Olivier Py de textes de Vilar, puisque le peu que j'en avais, "du tableau de service au théâtre - notes de service de Jean Vilar" aux Cahiers théâtre de Louvain, a été noyé sous du sirop et jeté. Les rues se vident, les terrasses de restaurant sont toujours pleines, le public a changé.
La chose s'intitulait "l'enigme Vilar - impromptu" et était destinée semble-t-il à une réflexion célébration à propos du Théâtre Populaire.
Controverse entamée dans la queue par une pancarte proclamant que la théâtre populaire à 36 euros était un scandale et une imposture. Indignation qui m'a parue rafraîchissante, d'autant que le public du dernier spectacle dans la cour est traditionnellement composé pour une bonne partie de la bourgeoisie avignonnaise reprenant possession de sa ville (c'est une chose admise - il fut un temps où c'était un ballet classique ou néo moderne de bonne qualité).
Mais j'ai ressenti une petite, puis grandissante, puis certaine colère et je semble avoir été seule dans ce cas.
Le montage de Py est habile, assez varié, et les écrits de Vilar, de Jeanne Laurent etc.. gardent leur force qui arrive à passer malgré la voix sentimentale, précieuse et un certain maniérisme dans le jeu des gradins sur roulettes, qui peut être mis sur le compte de la difficulté de l'entreprise - au meilleurs moments un honnête devoir.
Restent les textes sur le rôle de l'acteur, la discipline de la troupe, la foi en l'importance du théâtre, le refus d'assimiler théâtre populaire à théâtre ouvrier, l'exigence que l'on doit avoir vis à vis du public et l'exigence dans ce qu'on lui propose.
Mais : le Vilar de Py a au début des accents de petit marquis, fasciné par les noms et la gloire de ceux qui, pour Vilar, étaient des partenaires - le passage sur les auteurs est traité en pantalonnade minable (bon, ils avaient un coté cabotin bien sur) et indigne, surtout Beckett et Genet, en rupture de style. et Vilar, lorsqu'il a quitté le TNP était un homme blessé, mais la dignité lui était constitutive. Je suis sortie avant de voir le traitement de 1968.
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mercredi, juillet 26, 2006


ayant renoncé au spectacle de Brook pour transport insupportable, j'ai pris un billet pour aller entendre un de ses interprètes, Pitcho, rapeur, que dans mon ignorance j'imaginais sud-africain, et qui est en fait arrivé du Congo en Belgique à cinq ans.
Dans une inconscience volontaire, je me suis embarquée, en médiocre état, au long des rues et, parvenue dans l'effervescence
joyeuse de la rue des Teinturiers, qui joue avec brio la résistance à la tendance "fin de partie", je me suis retrouvée en déroute, panique totale, apercevant au loin, après une dizaine de marchands de colifichets, une masse, qui arrivait à être plus compacte que la foule environnante, devant la porte du gymnase Saint Joseph.
Une marchande de jupons, voyant mon air, m'a interpellée ; nous avons plaisanté, dos à la Sorgue, et je me suis lancée en sens opposé, jugeant préférable de rapatrier la grand-mère.
Arrivée à bon port, j'ai écouté ledit Pitcho au hasard du web, et découvert sa bouille ronde et sa vision relativement optimiste
(je sais, je suis vieille, et le rap pour moi se limite à peu près à Massilia, aux Fabulous Troubadours dont je suis fan, et à la fête de la musique aux abords de la Bastille)
"Comment sortir de là entier (là je me suis sentie touchée)../le monde de demain/ La vie nous appartient/ la puissance est dans nos mains" si j'ai bien compris
"Les mots et les lettres ont fait naître en moi l'envie de devenir le maître de cérémonie" Très bien tout ça, et la musique offre une tentative de complexité.
Mais je me suis installée à plat dos pour écouter, sur France Musique, Bajazet d'Antonio Vivaldi, en attendant qu'une ébauche de serein descende nous bénir.
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mardi, juillet 25, 2006

Mais ce n'est pas, ou pas encore, la fin à Avignon je veux dire pour le Festival.
Lundi matin, en allant faire ce que je pouvais comme courses, les halles étant fermées, les rues m'ont semblées presque vides, et j'ai rencontré des bourgeois avignonnais se racontant leurs vacances-fuites du Festival.
Journée de baleine échouée, et en sortant, un peu avant six heures, je suis tombée sur mon toubib : "je ne vous demande pas comment vous allez, ma chère, nous sommes tous cuits et recuits". (J'ai vérifié dans une
vitrine, ça allait encore). Je suis surtout tête en l'air, et j'avais pris un billet pour un concert à Saint Agricole à 18 heures et pour les marchands de Pommerat à 19 heures, tout à coté heureusement, à l'opéra.

Du concert, qui tardait à commencer, je n'ai entendu que la fantaisie et fugue sur le choral "ad nos, ad salutarem undam" de Liszt, qui dure une demi-heure et n'ai pas eu droit à ce qui m'avait attiré : des moments musicaux de Kurtag et un quatuor de Bartok. Mais j'avoue que c'était assez superbe, même si les grands mouvements résonnaient sur ma migraine avec une efficacité redoutable. De belles masses, superpositions de tons. - des modulations - de petites vrilles légères entre les blocs - une montée, comme de marches - le motif simple du choral etc.. trop foisonnant pour que mon ignorance me permette d'en parler. En même temps, malgré la relative fraîcheur de l'église, je me sentais, dans mon ensemble blanc, aussi sale que la ville.
Posted by Picasa Le raccourci vers l'opéra, pris en contravention une photo que je garde, quelle que soit sa qualité, parce qu'elle m'a valu une réprimande. Négocié un strapontin haut perché et dégusté le spectacle qui est, comme on le disait, très réussi (je deviens d'un consensuel !).
Une femme dans un appartement vide, "ensevelie sous les dettes", la chance de son amie qui travaille dans l'usine chimique (vision de la chaîne, par le seul mouvement des bras des femmes, le reste se perdant dans le noir) et son mal de dos horrifiant, la menace de fermeture après une explosion, et la peur du chômage. Mais aussi, "le monde vrai" qui est le monde des morts, la foi en eux qui peut entraîner à sacrifier le fils pour sauver l'usine - la conception d'un enfant sans être sure d'avoir fait ce qu'il fallait pour cela - le faux fils, la jeune fille dévouée on ne sait pourquoi - et par moment une déconnection entre le verbe et les actes mimés. Tout un irrationnel qui empêche la thèse. Une langue à la simplicité travaillée, efficace, pour des idées un peu imprécises parfois.
Voix off, sauf un court dialogue - espace dessiné par de belles lumières, et jeux de pénombres, tons froids, un peu à la Hopper ou la mise en scène de Bob Wilson pour Orlando, au moins formellement. Fragilité extrême des êtres, vus un peu comme des silhouettes - femmes toutes en jambes, non de manière sensuelle, mais un peu comme des insectes. Relations d'argent. Rapport au travail ou à son absence. Nous vendons notre temps, notre force, notre vie, nous sommes des marchands de nous-mêmes et c'est ce qui nous constitue et nous tient debout. Parenté revendiquée mais refusée avec la prostituée. Et je me suis demandée : l'usine est-elle sauvée par le scandale de la mort de l'enfant ou par le début de la guerre.
Pas si vide que ça la ville en sortant. Et de bonnes critiques pour Gens de Séoul. Tant pis, ma foi.

lundi, juillet 24, 2006

début de la fin - du Festival s'entend - et ma fête vient de finir avec la journée, en bien et en mal.
En mal : réveil trop tard et trop dolent pour les Halles, un remède : dessaler de la morue.
En bien : un déjeuner amical place de l'Horloge, tables non prises d'assaut et troupes venant solliciter l'attention en mineur.
En mal : flemme en rentrant, écouté distraitement France Musique et départ, dans un Avignon qui se vide à vue d'oeil, pour une pièce à laquelle ma carcasse ne m'a permis d'assister, attention absente, que trois quart d'heure.
La cour de Saint Charles et l'école d'art sont fermées. La pièce était Gens de Séoul d'Oriza Hirata, mise en scène par Frédéric Fisbach. Lu des avis mitigés, reprochant au metteur en scène un ton trop tchékhovien, une trop grande solennité. J'en ai retenu la beauté du dispositif, ce plateau surélevé auquel les acteurs parviennent en gravissant un plan incliné, avant de s'asseoir sur leurs talons, en tailleur ou jambes pendantes dans le vide qui traverse en diagonale ce petit massif, pour prendre le thé et discuter (ceci du moins pour ce que j'en ai vu), et les deux grands panneaux latéraux sur lesquels on colle des affiches. Un reproche : la traduction est graphiquement élégante mais située un peu trop bas pour être facilement lisible. Comme pour Copi le public est divisé en deux gradins se faisant face par dessus l'aire de jeu.
J'ai eu le temps de commencer à m'intéresser aux différents personnages et à la façon dont ils sont incarnés, mais j'étais tellement plus intéressée par l'état de mon moi que j'ai préféré m'éclipser aussi discrètement que possible un peu avant le quart du spectacle. Rentrée doucement, en regardant le sol, jusqu'à mon havre. Arrosé les plantes qui se fanent en douceur, bu trois grands verres d'orgeat, avant de m'effondrer.
Me parvenait, par brides, une émission sur Pic de la Mirandole sur France Culture. "Si nous ne t'avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c'est afin que doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aurait ta préférence. Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales ; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures, qui sont divines". - pensé paresseusement que notre responsabilité était grande, ce que je savais déjà - attention éveillée en entendant lui appliquer les mots "platonisme symphonique". A défaut de concevoir, je ne pouvais que goûter cette idée, et j'ai écouté vraiment la suite, que je ne saurais résumer.
En fait, occasions inabouties. Que me réserve la nouvelle journée ?
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dimanche, juillet 23, 2006

DELICES EN AVIGNON mais en fin de journée. Ce n'est pas vraiment fleurin cette chaleur m'a dit mon gardénia dont les fleurs éclosent et meurent en une journée, et mes mains embaument quand je les détache pour les jeter. Matinée de lavage de cheveux prétexte à paresse et lectures politiques.
Sur le chemin du cloître Saint Louis où j'allais retirer un billet, je me suis arrêtée chez les théâtreux catholiques installés à l'Oratoire, qui donnent depuis deux ans le Prophète de Gilbran dit par Michel Le Royer avec les percussions de Francesco Agnello. De bons avis mais je n'ai jamais pu me décider. Était affichée Claire d'Assise avec le même musicien et j'ai été tentée sans réaliser qu'en fait j'avais lu Catherine de Sienne. J'attendais des textes du père de l'église féminin et c'était une hagiographie, de bonne tenue, mais un peu niaise, avec une actrice claire à souhait. Joli et frais (grâce au lieu et à un certain talent ?), mais la pauvreté en esprit ne suffit pas. Agnello assurait le service minimum.
Du coup j'ai senti que j'avais mal et me suis évadée. Rentrée du périple devenu pénible vers Saint Louis et après une ébauche de ménage qui m'a transformée en fontaine bouillante, j'ai cherché et retrouvé, à défaut de Catherine, une Claire de meilleure facture chez André Suarès : "Claire, princesse dans le royaume des saintes femmes, miracle de la profonde connaissance que l'amour seul et le zèle dévorant de servir donnent à la jeune femme, elle que la nature a faite plus fermée sur soi que l'oeuf et plus égoïste que le sillon... Elle était toujours palpitante, sinon malade. Elle vivait de rien". Athée ou pas, je ne peux que l'admirer, l'admirer aussi pour son coté cabochard, et peut-être pour avoir su trouver une forme assez parfaite de sublimation.
Et puis ce soir, au jardin de Mons (une parade place de l'Horloge en passant), Depuis hier. 4 habitants de Michel Laubu et son Turak Théâtre. Pas vraiment des marionnettes mais du "théâtre d'objets" dit Laubu. Il crée le décor fou et ses personnages avec des bois flottés et délavés, des matériaux de récupération et des bouts de tissu. Son visage intervient et exprime les sentiments mimés par ses personnages. Au début, on s'installe face à une construction genre Tinguely, avec des bouts de miroir, des instruments de musique, des robinets gouttant dans des moules à charlotte, des poulies, des cordes, des objets indéfinissables, des ventilateurs. Il y a un musicien qui joue des instruments problématiques et une manipulatrice pour actionner les cordes, amener des objets, déclencher les ventilateurs. Des archets en éventail, mus par des rouages ou des ventilateurs, pour jouer des violons posés à terre ou suspendus. Il y a les personnages, le premier avec une tête en fer cabossée qu'après s'être peigné avec un balai, il remet en état de service à coups de marteau - un oiseau fait d'une cisaille munie d'ailes - un moule à gaufres qui vole puisqu'il abrite un canard - un personnage fait d'un masque surmontant une très grande chemise d'homme s'extirpant difficilement d'une valise, qui est perpétuellement effrayé par les actes de sa propre main. Le premier part à la recherche de la propriétaire d'un chausson de danse, tenant en main un mat chargé de voiles, est pris dans une tempête, s'envole sur le moule à gaufres, trouve de belles fleurs rouges que refuse une donzelle émergeant d'un sac à provisions ... le tout avec une musique faussement aléatoire. Le jardin rit, d'un rire qui n'est pas méchant, poétique ou intelligent, mais de pur ravissement. Les pauvres personnages vivent de petits drames, mais ça n'a pas d'importance, nous sommes dans la douceur. Cela finit sur la noce d'une épaulette et d'une vache faite d'un bidon peint, d'une galoche, et de bois flottés. Posted by Picasa

samedi, juillet 22, 2006

Je me souviens que l'année de la canicule (part de notre nouveau corps de légendes), une de mes nièces, rentrant de coopération en Afrique, nous traitait de mauviettes égoïstes, avec infiniment plus de courtoisie mais c'était le sens. Je me pénètre de cette évidence, mais ça ne m'empêche pas d'avoir chaud, et de trouver que ça m'enlaidit. En tenir compte, freiner encore mes sorties : je suppose que c'est une partie de ce que venait me dire Madame notre maire, dans le message enregistré qui m'a été délivré par téléphone et que j'ai interrompu en raccrochant. Mais je me suis sentie une vraie avignonnaise.
M'en suis tout de même allée, en fin de matinée, en passant par les rues vides, mal connues des "estrangers", vers le jardin de la Vierge du Lycée Saint Joseph, où je suis arrivée en même temps que Nadj.
Deux courtes oeuvres en collaboration
Contigo - un "circassien au mât chinois" Joào Pereira dos Santos, chorégraphié par Rui Horta - très portugais, moyen, un peu aigu, brun à en être le symbole du brun, enfantin et déterminé. De fausses maladresses, puis, quand il monte sur son mât, grâce de son jeu avec une bille et de sa course avec elle, en dégringolant. Des moments d'effroi, lorsque, debout sur une chaise métallique accrochée tout en haut, en légère pente, il pagaie avec une barre de fer ou semblant telle.

En seconde partie, Nunakt, dansé par deux chorégraphes belges, Karine Pontiès et Nicole Mossoux, un duo de belles ourses brunes. De très beaux masques et des fourrures qui ont l'ampleur de l'animal mais qui, non rembourrées, suivent les mouvements des danseuses perdues dedans, comme le ferait un voile de mousseline (dommage pour les danseuses que ce ne soit pas le cas). Avec cela elles sautent, se déhanchent, avec un charme attendrissant. Séries de coups de feux, de blessures, de morts, de réactions devant lesdites morts, et de retours à la vie. Une gentillesse qui faisait rire le public et les artistes, à la fin.
Posted by PicasaEt, en début de soirée, j'ai repris le même chemin pour aller, en face, à la chapelle du Verbe Incarné, voir Les soldats inconnus (s'agissant de tirailleurs sénégalais, de goumiers et d'un pieds-noir d'origine espagnole, ils ne m'étaient pas si inconnus que cela), d'après des textes d'auteurs européens et africains. En exergue sur le tract-programme, un passage de Tardi "Il n'y a pas de "héros" dans cette lamentable "aventure" collective de la guerre. Rien qu'un gigantesque et anonyme cri d'agonie". Un peu simplifié (en un peu moins d'une heure) mais efficace, bien jouée ; même les quelques maladresses de deux des acteurs sont sympathiques. Une scénographie très simple, cinq grands panneaux de bois sur roulettes pouvant constituer un mur et cinq caisses de bois pouvant devenir un camion, une haie ...
Et, alors qu'il n'est pas signalé dans les auteurs ayant servi de base, le beau poème dit au début par le meilleur et plus bel acteur, était de Senghor, et je l'ai retrouvé en rentrant "Prisonniers noirs je dis bien prisonniers français/..... Non, vous n'êtes pas morts gratuits ô Morts/ Ce sang/ N'est pas de l'eau tépide./ Il arrose épais notre espoir qui fleurira au crépuscule./ Il est notre soif notre faim d'honneur, ces grandes reines/ Absolues.."
Dommage que cela ait été trahi, ou faussé à la base. Mais j'aime bien que, quelques puissent être les arrières pensées politiques, on réveille ainsi la mémoire des français.

vendredi, juillet 21, 2006

récompenses le 20 - tout me coûtait et je serais restée allongée si je n'avais été contrainte. Rendez vous à 16 heures avec une quasi inconnue rencontrée en Lozère, vraie festivalière qui, pour cinq jours de festival dans Avignon où elle vient chaque jour en car d'un village voisin (chambres trop rares et chères en ville), a prévu, réservé trois ou quatre spectacles par jour. Admiration qui m'a aidée à rejoindre le théâtre du Bourg Neuf alors que j'avais mal, pour une pièce de Duringer que je n'avais pas repérée dans la masse, Au fond ce n'est pas si grave, jouée par Dominique Chevaucher et Bénédicte Lafond. Spectacle sur les femmes, souffrance, solitude dit le programme, peut-être mais à travers humour, énergie, petits gags ultra féminins, et notre manie de recommencer éternellement. Actrices belles et drôles, spectacle enlevé, bien réglé et visuellement agréable. Les femmes riaient beaucoup, les hommes je ne sais pas.
Mais était-ce le rire, la discussion prolongée devant un verre d'orgeat, je me suis traînée pour rentrer, et pour une fois renoncé à tout ménage et toute navigation dans les blogs. Sur le chemin j'ai constaté, sur le parvis de Saint Agricol, qu'il y a des troupes de tout âge.

Me suis forcée pour me changer et partir vers le cloître des Célestins. Vieille, un peu plus que le monde. Mais Guy Cassiers et son acteur Dirk Roofthooft ont fait de la lecture de Rouge décanté, roman de Jeroen Brouwers, une chose splendide qui a transformé ma voisine hargneuse en un être humain rayonnant à la fin du spectacle.
Posted by PicasaIl y a le cadre merveilleux du cloître, une immense vidéo reprenant l'acteur, qu'en réalité je voyais mal, et un peu de musique mais en fait c'est la voix et le corps de l'acteur qui créent une mise en scène. Les horreurs vues par l'enfant de cinq ans dans le camp japonais, où il était interné avec sa mère, sa soeur et sa grand-mère, ont fait de lui un être inapte à la vie affective pense-t-il. Description du visage angoissé "transformé par liquéfaction en une sorte de bouillie.. dégouline en grumeaux le long de mon corps". Mais, malgré la séparation revendiquée avec sa mère qu'il n'a plus vue depuis longtemps au moment de sa mort, qu'il ne va pas enterrer, son refus de voir ce qu'il a aimé et qui a été blessé, c'est un profond chant d'amour. On vit les violences et, la voix devenant hésitante, l'homme qu'il est devenu. "Qu'est ce que je dois sentir ?" - En sortant, astucieusement, on vendait le livre que j'ai acheté.

jeudi, juillet 20, 2006

retour à la réalité du Festival le 19 - Je suis passée dans la matinée, à la Maison de Jean Vilar, pour voir une exposition de Joseph Nadj. Je suis, ma foi, en train de devenir groupie, expérience neuve. J'aime son goût pour les musiciens, même si j'ai loupé les concerts de jazz programmés par lui, j'aime ses spectacles et son univers visuel, même s'il m'est totalement étranger, ses amitiés avec des poètes et peintres. Fierté humble, gentillesse, une certaine fragilité dans cette grande carcasse, détermination, intelligence, j'invente peut-être.
La climatisation était délicieuse, sans agressivité, l'accrochage géométriquement satisfaisant, mais mes photos cachent ses photos du dessous de la scène du théâtre de Saratov, murs, tuyaux, salissures, traces de l'homme et de son travail. Tolnaï sur cette série "Cette lumière nous inonde aussi oui, en plongeant, il trouvé ces rayons obscurs et maintenant voilà, il a retiré des catacombes les archives d'un spectacle du spectacle... Et mieux encore, c'est comme s'il en avait remonté une certaine musique".
Vu également l'un des deux films portraits, le journal d'un inconnu de Tolnaï, dans lequel on retrouve les images d'hommes en noir, du bateau portant la grande poupée emmaillotée, glissant sur la Tizla, qui étaient projetées sur le mur de la cour d'honneur. Mélange de belles vues et d'images vidéos un peu sales, brouillardeuses. Il faudra que je revienne voir les vidéos de spectacles (je n'en ai vu que trois).
Prévu à mon programme, les récits de juin de Pippo Delbono, dans la cour de Calvet. Je n'ai jamais vu ses spectacles. Ils sont sans doute aussi forts que le veulent les critiques et la rumeur. Et mon insatisfaction ne lui enlève rien, nul n'étant à l'abri d'une baisse de forme. En principe c'était séduisant : lui seul, avec sa chaise, et un mélange de confessions et de passages de ses spectacles, reprenant son enfance, le premier amour et l'entraînement dans la drogue, la politique (un peu), la religion étouffante, le monde du théâtre, le sida et les médecins et psychiatres, le suicide de l'ami.. Mais pour moi : la douleur de cette mort est si distanciée, et a tellement servi, qu'on n'y croit plus. La narration est pleine d'un humour un peu désespéré, les passages de spectacles m'ont donné le plaisir de l'italien, et son jeu était alors d'une belle force, juste sur le fil de la grandiloquence, mais je n'en étais pas touchée. Peu à peu je suis tout de même entrée un peu dans son jeu, et il est difficile de ne pas l'aimer. Enfin, somme toute, je me suis ennuyée. Je crois qu'il se nourrit de ses souvenirs et de ses amitiés jusqu'à les phagocyter.
Je ne pouvais en rester là, et je suis allée voir, à 22 heures 45, par 28 degrés encore, un riche, trois pauvres de Louis Calaferte, par les Crieurs de nuit, au Gilgamesh. Spectacle un peu fauché - les fards des acteurs dégoulinant entre efforts et température - et réussite. Notre vie, sur un rythme endiablé - jolie idée du jeu de cordes auxquelles s'accrochent les acteurs, très bons tous les trois, et fins sous l'emplâtre. Tragique quotidien et rires. Et un percussionniste humoriste. Retour ragaillardie, mais j'aimerais que la nuit fraichisse.
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mardi, juillet 18, 2006

et j'ai loupé mon billet qui se trouve scindé, la fin passant en tête. Ttant pis, j'ai faim et sommeil. Je pensais retrouver les intermittents lors de la représentation des Barbares de Gorki dans la cour d'honneur, ce qui en effet était le cas.
Le ministre devait se trouver vers le centre puisque tous les bras, ponctuant les "menteur, menteur" étaient tournés dans cette direction. Un peu avant le retour au calme j'ai indiqué au bonhomme assis sur le strapontin face à moi, au premier rang, qu'il occupait ma place. Discussion courtoise, considérations sur la mauvaise organisation, et découverte d'un détail qui avait échappé tant au contrôle qu'à moi. Nous étions le 17 et mon billet portait la mention mardi 18. Les portes étaient fermées et trois personnes se sont relayées pour me trouver une place.
J'ai beaucoup aimé toute la première partie, la mise en scène d'Eric Lacascade, et tous les acteurs. Après l'entracte, étais-je fatiguée ? il m'a semblé que, par moments, un goût un peu excessif des belles images retardait et brouillait un peu le déroulement de la fable. Bonne, très bonne soirée quand même. Sortie vers deux heures du matin. Donnedieu de Vabres ou un autre officiel doit dormir à l'hôtel d'Europe : les grilles étaient fermées et deux policiers flânaient dans ma rue.
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19 juillet : selon les journaux Donnedieu a renoncé à la Cour d'honneur - nous avons crié dans le vide, ce qui compte tenu de ses capacités d'écoute ne change pas grand chose - et les critiques sont dures avec Lacascade
mon Avignon du 17 juillet - ratages et fraude involontaire
J'ai loupé : les journées du parti socialiste auxquelles il fallait s'inscrire, ce que j'avais oublié de faire.
Par contre je savais que le 16 et le 17 étaient journées en l'honneur de la décentralisation, que Donnedieu de Vabres devait y faire acte de présence le 17, ce qui entraînait manifestations des intermittents et grêve pour ceux qui le pouvaient. Ne lisant pas la presse locale ces jours ci je n'ai pas assisté :
- à la manifestation dont j'ai découvert l'existence en rentrant de mes courses vers 12 heures 30
- à l'éventuelle confrontation entre le ministre et les artistes au Verger d'Urbain V
J'y ai fait un passage l'après midi, tourné un peu en rond, constaté que les débats ne différaient guère de ceux d'il y a 35 ans et décidé de rentrer faire du ménage (ce qui par cette chaleur m'a mise sur le flanc) juste avant le passage prévu du ministre (ne sait s'il a eu lieu, c'était très calme)
Il semble d'ailleurs que très peu de troupes ont pu se permettre de faire grève.
J'ai découvert que le matin il y avait eu un débat intéressant, tout comme samedi à la maison de Jean Villar. Je suis très mauvaise festivalière.
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lundi, juillet 17, 2006

La chaleur semblait tombée dans la nuit de samedi, mais elle est revenue sur Avignon et ses festivaliers, un cran au dessous, alors que mon corps est désagréable avec moi. Avant de partir pour un concert à Calvet, j'ai préparée une tenue qui m'euphorise pour aller plus tard, à la carrière de Boulbon, voir ce qui Vassiliev fait de la mort de Patrocle, une petite voix me susurrant que je n'irai pas.
Entre la climatisation redoutable et mon léger énervement contre le clan "musique contemporaine" d'Avignon, que je n'arrive pas à intégrer (devrais-je me parer indûment des amiraux de la famille, en marchant sur quelques pieds, lors du pot suivant le premier concert saisi cet hiver ?), j'étais fort mal. Me suis décoincée vers la moitié de l'introduction et allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes de Ravel, que je ne connaissais pas et qui a évoqué pour moi (à cause de mon état ruisselant ?) un monde liquide - des gouttes de harpe et des jeux de vagues recommencées. Pourtant je n'aime guère la harpe et ses faciles descentes.

Juste assez ragaillardie pour déguster l'interprétation par Emmanuelle Ophèle des roucoulements de Syrinx de Debussy et les stridences variées, ruptures de phrases etc.. totalement délicieuses de Densité 21,5 de Varèse, que je n'avais jamais entendu. J'ai bien aimé et je découvrais aussi Psy d'Eötvos pour flûte, alto et harpe - plus ample - là arrivant à donner une impression d'énergie, unissons de l'alto et du piccolo, etc...
Et j'ai été conquise par la version pour alto d'Anthème 1 de Boulez, créé par Odile Auboin - début classique, des sons ténus puis des cris se modulant en chant, puis j'ai écouté sans rien noter, prise dans le déroulement de l'oeuvre "surprise et reconnaissance" des entités comme le veut Boulez (derniers mots pompés du programme).
J'ai renoncé à la seconde partie du concert (encore Debussy, des extraits du livre pour quatuor de Boulez et présentation par ce dernier d'Anthème) et j'ai donné à une jeune femme mon billet pour Vasiliev.
Posted by Picasa Et finalement je suis ressortie pour aller à l'hôtel de Sade où, dans une fournaise effarante, j'ai assisté à un petit spectacle le cabaret républicain dans une ambiance sympathique et chaleureuse au début, sympathique et écrasée à la fin. Mise en scène plus que sommaire, des bouts de discours dits par Serge Barbuscia (un faux air de Féré) et des chansons plus ou moins révolutionnaires (les canuts, le temps des cerises, la butte rouge..) très bien chantées par Aïni Iften. Il était temps que ça finisse, mon crâne prenait feu et public et acteurs revenaient au stade liquide.
Pour Vassiliev j'imagine, sans doute à tort, des hommes en blanc avec de longs bâtons (selon une photo), dans les belles carrières que je ne connais pas, mimant et psalmodiant le chant XVII de l'Iliade - peut-être : "Un lion, nourri dans la montagne, enlève, confiant dans sa force, la meilleure vache d'un troupeau à la pâture. De ses dents puissantes il la saisie et lui a d'abord mis le coup en pièces. Puis, tandis qu'il la déchire goulûment, il avale le sang et les entrailles toutes entières" illustration de l'ardeur du blond Ménélas. Allez en paix.
d'après les premiers compte rendus il semble que je n'avais pas si mal imaginé le spectacle de Vasiliev, je pense que j'aurais fait partie des fascinés, avec en même temps lanscinante l'idée de tenir jusqu'à la navette de retour

dimanche, juillet 16, 2006

le festival d'Avignon, et nous avec lui, sommes esclaves du temps (climat, non durée). Ce matin (samedi 15), avec ciel clair et dans un air pas trop chaud, je suis allée au Théâtre Golovine assister à une pièce jouée par des sourds et des entendants Un signe d'amour - à vrai dire l'histoire (une apprentie comédienne sourde et un metteur en scène tombent amoureux - réactions du père sourd et de la mère entendante) est un peu mince et la distribution inégale (la mère surtout), mais le coté fauché, le désir de faire passer la langue des signes (culpabilité des familles auxquelles on avait inculpé que cela n'était pas souhaitable) et le charme et le talent des jeunes acteurs ont fait que j'en suis sortie guillerette mais grave.
L'après midi, au moment de partir à Calvet pour le début d'une série sur Genet, orage de belle ampleur, qui s'est calmé un peu près six heures. La dernière partie, des lectures de passages de Genet par André Wims commençant à 19 heures 30 j'ai retrouvé un groupe devant les grilles qui sont restées fermées.
Les critiques de Naître de Bond mis en scène par Françon étaient catastrophiques mais j'ai beaucoup aimé les précédentes mises en scène du premier par le second, et il y a la troupe avec Dominique Valadié et Carlo Brandt que j'aime beaucoup. En attendant de sortir je relisais la lettre de d'Alembert à Rousseau sur le théâtre "ces mouvements sont des secousses par lesquelles le sentiment de la vertu a besoin d'être réveillé dans nous : c'est un feu qu'il faut de temps en temps ranimer et nourrir pour l'empêcher de s'éteindre"

Je suis partie dans un ciel humide, gouttelettes vaguement présentes (d'où la qualité étrange de la photo du coin de la rue des Teinturiers). Pour que la scène soit à peu près sèche nous avons attendu dehors où dans les couloirs d'accès et mon agoraphobie était aux anges. Solution des compagnons de "misère" sympathiques.

Posted by Picasa Pendant la première heure et demie, tandis que les sorties se faisaient pas paquets, j'étais tout à fait dans le spectacle. Dire la monstruosité dont est capable l'être humain et tenter d'en cerner la source. Pour le fils découvrir ce que sentent au dernier moment ceux qu'il tue. Sa violence. Pour le père le souci prépondérant de créer ou recréer un cadre structurant... Mais je dois avouer que cette fois ci il y a une bonne demie-heure de corps morts, gisants mais encore vivants etc... qui aurait sans doute gagné à être resserrée.
deux passages des poèmes de Bond cités dans le programme
"Vous avez vu des enfants fuir devant vous dans la rue tandis que vous leur tiriez dans le dos/ Avez vous vu que les rides sur leurs chevilles là où la chaussure tient le pied étaient aussi droites que celles qui parcourent le front des philosophes ?/ Et avez vous vu tandis que les enfants fuyaient et que vous leur tiriez dans le dos que leurs ombres cueillaient des fleurs ?"
"L'horreur sévit et puis - soudain - on sait/ Les héros et héroïnes de la tragédie commettent leur crime pour prouver qu'ils sont innocents/ Les dieux détalent saisis de peur/ Leur talon se prenant dans l'ourlet de leur robe".
Et c'est un peu ce qui m'est arrivé, en prenant cela au sens le plus prosaïque. Après avoir arpenté les rues en discutant, j'ai en tournant vers la rue Saint Etienne fait un très bel accroc à ma robe neuve et trop chère pour moi, en l'accrochant à un 4/4 agressif. La laisser ainsi et lui conférer un charme encore plus déstructuré ?