commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est vincent tholomé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vincent tholomé. Afficher tous les articles

dimanche, avril 04, 2021

Vent fouettant et lectures



le printemps tendre

ne gardait que lumière

dans les rues fouettées

par les rafales du vent

avançais en chancelant


ai retrouvé l'antre, et j'en suis restée à dresser pour Paumée l'inventaire du paquet reçu d'une amie, paquet d'abondance, plus grande que ne le suggère l'éventail de livres ici montré...

(je supplie les bonnes âmes de ne plus jamais céder à semblable générosité, j'avais une pile à liquider avant de pouvoir assouvir le besoin de re-lecture que je ressens et surtout j'évite autant que le puis d'ajouter livres-papier à ceux qui débordent, s'entassent sur le sol ou dans des paniers... ce qui ne facilite pas la recherche du livre où dort le passage que voudrais retrouver – sourire)

Il est vrai que la lecture de certains des livrets m'a procuré le plaisir coupable d'interrompre la lecture d'un livre dont je me demande quelle idée j'avais en tête en l'achetant : « en marche » de Benoît Duteurtre, non pas tant que je désapprouve la caricature qu'il donne de notre époque, avec laquelle je suis partiellement d'accord, mais parce qu'il le fait avec une violence et surtout une lourdeur qui ne va pas avec le sous-titre « conte philosophique » (parmi les re-lectures désirées : une profonde plongée dans l'immense correspondance de Voltaire dont j'ai la nostalgie » et que je m'ennuie fort en suivant son héros dans son imaginaire pays vertueux, malgré la verve de certains passages, comme la description où je me retrouve un peu de la circulation dans les rues où les cyclistes devenus rois et prioritaires sur les véhicules deviennent une plaie pour les plus faibles. « Rapides et silencieux, ils ne semblaient guère s'aviser que leurs engins, déboulant parmi les promeneurs, semaient l'inquiétude. Surgissant à chaque instant, ils filaient à vive allure, slalomaient entre les piétons, faisaient du lèche vitrine au milieu des poussettes... »


Vais reprendre, ponctués par des arbres rencontrés ce matin, des passages des petits livres qui sont venus s'intercaler, comme, pour débuter, deux « bookleg » édités, comme éla fabrique des cercueils » de Jérémie Tholomé https://brigetoun.blogspot.com/2021/02/ciel-absent-et-fabrique-de-cercueils.html par MaelstrÖm ReEvolution https://www.maelstromreevolution.org/

« Re-né, qu'est-ce qui te fait vivre »livret d'une performane ce Laurence Vielle à partir des paroles de patients hospitalisés en psychiatrie du Centre hospitalier de la Chartreuse de Dijon

« La chanson de Camille

Tout ce qui me dépasse et que je n'peux toucher

une plume qui s'envole que je n'peux attraper

un mendiant me regarde, je lui touche la main

cela me fera vivre jusqu'à demaib matin... »

et « Arcane XI La Force ou le secret de l'escarboucle dévoilé » de Serge Pey, en prenant un paragraphe au milieu, après la bouche en lien avec le vagin, l'excision, la peur masculine, les règles ou ourses, etc.. et avant Samson et la chevelure

« Pour lire le 11e arcane, il ne faut pas s'immobiliser devant le geste de la Vierge. Il s'agit de le poursuivre et de le perpétuer. Il faut aller plus loin, et voir ce que cette femme cherche, explore, fouille à l'intérieur de la gueule du lion. C'est ce que nous dit la carte. Il faut creuser et s'approfondir à l'intérieur de la gueule du monstre et donc vaibncre sa peur. Ce qu'on va donner à manger à la peur est la condition de notre courage de connaissance. Ce n'est qu'à cette condition qu'on peut trouver, deviner et comprendre la pierre philosophale. La tâche, imposée et exigée, est de fouiller à l'intérieur de son propre monstre. Le monstre extérieur est aussi un monde intérieur... »


Toujours chez Maelström un livre presque carré de Vincent Tholomé dans une mise en page de Patrice Masson « Vuaz » https://www.maelstromreevolution.org/catalogue/item/128-compact-28-vuaz (expliquant le « mode d'emploi »)... mais vais me contenter, tournant le livre à 90°, et ne respectant pas la mise en page (sauf les retours à la ligne, mais alignés) de recopier un tout petit passage de cd « livre écrit dans le Jura, né de la friction avec la neige et le froid. Un livre tirant son chapeau à ces gaillards, à ces nanas de jadis, obsédés, dans de rudes conditions, par le manger et le boire »

« Avons laissé nos chiens mâtins patauger.......

Ravager.............................................................

Dévaster les troupeaux de poissons-cerfs …....

Beaux poissons en rut.......................................

Remontant les rivières et les flaques................

de VUAZ..........................................................

Cherchant au fond............................................

Tout au fond.....................................................

Dans la faille....................................................

Les plis de la terre............................................

Les beaux endroits........................................... »

et en tête d'une revue « VA » de poésie comme les poèmes, exercices, petits dessins etc... ne sauraient être reproduits le début de l'Edi'TO de Fabienne Swiatly

« Veux rester solide

Veux pas être avalée par les sables mouvants

Veux croire que lire, veux croire que partager, veux croire que rêver

Veux croire que la poésie... »


dimanche, mars 07, 2021

Ciel mort, une éclaircie, Rosmerta, une épopée sans aucun rapport


Matin presque tôt, partir en quête cigarillos et diverses autres choses... ma place, la ville envahies de grisaille froide.

Mais quand m'en suis allée un peu après quinze heures, un ciel bleu pur éclatait au dessus du portail de l'hôtel d'Europe et surplombait mon cheminement vers Rosmerta



avec un petit détour pour trouver un canard de bois à traîner... l'offrir au tout jeune et impérial Mamadou de deux ans qui s'en désintéresse parfaitement, préférant sa patinette.



Regarder plombiers à l'oeuvre, reconnaître, ne pas reconnaître les visages, découvrir des habitants arrivés pendant ma longue absence, discuter avec une charmante nouvelle bénévole, piquer une fritte, désapprouver les touffes noires et d'un brun orangé sur le crâne de mon cher Y. qui se trouve très beau ainsi.

Et rentrer pendant que les nuages finissent de se ré-installer


pour découvrir ce qu'était ce paquet (enfin je me doutais que c'était un des livres commandés) que j'avais repérés dans la niche à courrier en partant, l'ouvrir

« Mon épopée n'est pas mon épopée. Mon épopée est l'épopée de Konstantin Peterzhak. Elle constitue le volume 13 des propos tenus des années durant au quotidien par Konstantin Peterzhak. De Konstantin Peterzhak je ne sais pas grand-chose. Je sais qu'il a tenu des propos. Au quotidien. Des années durant. Je sais qu'il tenait ses propos le matin à la cafétéria du centre atomique de... »

et plus loin

« MON EPOPEE . CHANT 1 / COMMENT KONSTANTIN PATERZHAK A DES FOIS UN VISAGE /


///


un jour

une fois / c'est à dubina / c'est au centre atomique / c'est à la cafétéria / c'est tôt le matin. Avant le travail /


sans raison konstantin paterzhak dit :


ceci est ce qui se passe dans mon ventre

ceci est mon épopée / ma friction avec le monde /

... »

Vincent Tholomé https://www.editions-lanskine.fr/livre/mon-epopee

samedi, août 21, 2010

Vendredi matin, sous un ciel que je prends pour une injure personnelle, persuadée que je suis qu'il a choisi cette grisaille depuis deux jours pour être plus bleu, plus étincelant, plus terrible la semaine prochaine, les jours où je lui abandonnerai (à lui et à la chaleur qui l'accompagnera, à nouveau), sans arrosage acharné pour les maintenir en vie, mes pauvres plantes), suis partie pour aller acheter un billet de train, afin de graver, de rendre certain, obligatoire, ma petite virée dimanche en pays dromois contrairement à ce que j'avais décidé, avec un entêtement bien buté (voir des gens que j'aime mais, ouin, pourraient venir, ouin, j'ai pas envie, ouin, j'ai pas de courage pour train et car, mais le car sera auto)

et avec le blanc grisaillou ou le gris blanchâtre du ciel, j'ai réalisé que le vert des platanes perdait de sa fermeté, se teintait d'une promesse de roux, et que le sol recevait ses premières feuilles brunes et retroussées.

Même le bleu qui s'installait, au retour, au dessus de l'oratoire et des remparts, était d'un pâleur irréelle (l'après midi il avait retrouvé sa virulence)

En chemin, j'ai choisi, parce que ça m'amusait, tenues improbables, par leur élégance ou le montant de leur étiquette,

et une robe et un manteau qui me faisaient vraiment envie (le manteau sur moi serait comique, et son prix l'était indubitablement, mais c'est sans importance).

Suis revenue avec une partie des livres qui me tentaient (librairies fermées et livres commentés sur des blogs mais non arrivés), et je me demande où vais-je les mettre, eux et ceux qui viendront presque certainement les rejoindre, puisque internet a bouleversé ma splendide indifférence à «l'actualité du livre» et que j'ai dressé, avec retenue, une assez jolie liste.

Me suis amusée, dans la fin de l'après-midi, au lieu de frotter les meubles, à noter une phrase de chaque page 68, parce que c'est mon âge, parce que dans "grains de pollen", de Novalis, traduit par Laurent Margantin, que j'ai finalement lu jeudi soir, y trouvant le calme que je cherchais, peu à peu, en lecture lente, http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503496/les-grains-de-pollen, sur lequel j'ai essayé ce chiffre, le texte de la page 68, pas un des plus fulgurant, m'a sauté aux yeux, là, tout de suite, me convenait :

"Est-ce qu’il n’y aurait pas quelque chose à dire en faveur des hommes ordinaires, si maltraités dernièrement ? La force la plus grande n’est-elle pas du côté de la médiocrité opiniâtre ? Et est-ce que l’homme doit être davantage qu’un homme du peuple ?» - et tant pis si ce n'est pas «le grain» n°68

Donc :

«À la Vie ou la Mort on sort les vieux trucs, une technique de fabricant de tonneaux, le bois est brûlé après le cerclage.

Dur avec effet d'absorption.

C'est quand même étrange.» - Un mage en été – Olivier Cadiot

«22 mai : cipolin, orphite, sérancolin, serpentin, cannelle, dauphin, porphyre, brocatin, obsidien, cinatique. Que de noms, de couleurs, de matières, alors que le plus beau, le seul qui vaille, est blanc, blanc, blanc, sans veines, rainures ni colorations.

Le marbre lui manque.» - Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants – Mathias Enard

«L'instant d'avant, la Méchante Sorcière de l'Est sifflait et crachait, désignant de son doigt manucuré ceux d'entre nous dont elle voulait grignoter l'âme. C'était un rituel comme un autre, avec ses avancées et ses reculs, ses refus et ses sacrifices, un vrai carrousel d'attitudes éprouvées dont nous maîtrisions à la perfection la mécanique.

L'instant d'après, un aérolithe gris écrasait notre reine abeille et il en sortait une jouvencelle hébétée, assortie d'un petit corniaud qui ne se gêna pas pour mordre les mollets d'Ethel et les talons de Ruth.» - CosmoZ – Claro (zut qu'il est grand !)

et puis, là ce ne sont pas des nouveautés, mais ils ont attiré ma main :

«Ainsi la nuit terrifiante, la nuit inapprochable qui est à leur source, est aussi leur destin. Même le désir qui croit désirer un corps visible est voué à cette nuit. C'est leur défaut qu'il désire dans les corps qu'il étreint. C'est cette nuit que fixe le regard de celui qui a un nom sur le bout de la langue. Il guette son rêve.» - Le nom sur le boit de la langue – Pascal Quignard

«J'étais assis dans ma cabane sur la véranda couverte. L'un des murs était remplacé par une moustiquaire extrêmement fine que je m'étais procurée grâce à l'entremise de l'un des contremaîtres, chef d'une tribu dont le territoire devait être traversé par notre chemin de fer. Une moustiquaire de chanvre à la fois très solide et très fine comme jamais on ne pourrait en fabriquer en Europe. C'était ma grande fierté et beaucoup me l'enviaient.» - Cahiers in-octavo (1916-1918) – Franz Kafka (parce que je cherchais «les aphorismes de Züran» du même Kafka)

Et j'y ajoute, parce que je vais sans doute m'y plonger demain, ou cette nuit (dès que j'aurais fini ma relecture de «Maîtres et serviteurs» de Michon : «L'ombre rose du pommier se penchait sur lui ; et d'autres doucement l'entouraient pommés, vastes et ffrissonnants comme des robes peintes...»), en sautant à la page 68, cette surprise merveilleuse qui nous attendait ce matin sur Publie.net : «Histoire secrète des prairies du Nord-Est asiatique» de Vincent Tholomé, http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503564/histoire-secrète-des-prairies-du-nord-est-asiatique dont j'ai lu, frissonnant dans le petit matin, un peu plus de 40 pages, dégustant l'emportement de ses courtes phrases

«nous ; petites voix ; petites voix de types et de nanas ; petites voix minuscules de types et de nanas; petites voix minuscules émergeant du noir, voix de types et de nanas ; flots fluets de petites voix minuscules émergeant du noir et dans le noir, voix cassées de types et de nanas ; flots fluets de petites voix s'écoulant, minuscules.....»

Pardon humblement demandé aux éventuels passants, (et j'ai pris mon balai)