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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, juin 21, 2013

Le jour passé


troisième réveil en humeur charmante, yeux encore flous, un peu, cervelle qui s'aiguise, petit appétit pour le jour...
enfilé, contre petit frais et bras trop fripés et étiques, veste de toile vert de gris,
levé les yeux sur ce que voyais de ciel, cru distinguer masses gris sombres glissants sur blancheurs, remplacé veste par petit imper...
ouvrir porte rue, pester une fois de plus contre les premières motos (l'autre soir j'ai eu du mal à sortir et me faufiler) 

et pris dans l'oeil la grosse déchirure de lumière sur la place.

Avancer à la suite des groupes de touristes de mon âge sur les dalles luisantes, croiser de longues ou moins longues jambes nues... 

patates, légumes, poissons... se diriger vers la sortie des halles, vers la place terne, et voir le soleil avancer à même vitesse que moi et la baigner pour saluer mon arrivée

pensé que le ciel voulait me rendre ridicule, lui ai pardonné en faveur de son sourire

En tournant, descendant dans la rue Saint Etienne, mort passagère de la lumière qui ne transfigure plus l'ombre posée par les maisons sur l'aimable mascaron.
Une journée entre petites tâches et moments un peu hébétés (caprice passager de carcasse), entre lumière et masses nuageuses dès que sortais dans la cour.
Petite gaieté vague, maladresses sans gravité.... tiédeur de l'air, presque fraîcheur, brise..

Arroser, puisque le ciel ne voulait s'en charger, sourire aux efforts de la toute petite rose miraculeuse éclose sur un bâton oublié dans un pot

et, avec l'aide du thé, reprendre la réfection totale de mon netvibes abandonné depuis des années, tenter d'éviter doublons, de faciliter ma consultation, d'oublier le moins possible de blogs pour ce premier jour, cueillir des mots
comme, pour en rester au temps, des bribes de beaux billets, qui parlent de toute autre chose (mais le temps s'y invite)
C’est la seconde fois cette année que je sors avant six heures en bras de chemise, la fraîcheur a pris les devants et hydrate mon visage. Partirais volontiers sur les berges de la Broye ou sur les rives du Léman, sur la terrasse du café du village ou plus haut, du côté des Vanils, ou plus loin, là où la marrée monte. Avant qu'il ne fasse trop chaud. Chez Jean Prod'hom http://www.lesmarges.net/files/cac981dcf363e01062e4072a5c284e0a-2164.html
et au ciel il y avait ces lignes, il y avait cette lune
cette lumière
il avait commencé à faire beau, c’était l’été, le soir, au loin, le type en rouge était à sa fenêtre chez Pierre Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/2013/06/ciels/
La lumière est étrange, le ciel est d’un bleu très clair presque lessivé avec de gros nuages blancs joufflus comme les meringues gourmandes de notre enfance, sans une ombre de gris, de menace d’orage, apportant leur espace d’ombre, bercés par le vent, chez Pierre Ménard http://liminaire.fr/journal-1/article/la-petite-seconde-d-eternite)

jeudi, avril 11, 2013

Ai rencontré


le vilain canard, toujours élégant, encore impassible en apparence, ou inconscient, l'oeil vide, le bec muet
ai hoché la tête, en salut minimal, suis passée, colère au ventre
l'aimais pas, et même son langage soigneusement un peu désuet, un peu décalé, faussement élégant, ne m'amusais plus
mais pensais
que l'indignation quand elle s'arrêtait sur les yeux dans les yeux m'étonnait... me suis toujours méfié des yeux affirmatifs et des franches poignées de main
que l'indignation quand elle portait sur le monde politique était un peu courte... le canard et ses frères nous trahissent et sont détestables, mais sont une partie, contaminée un peu par l'esprit du temps, beaucoup par les corrupteurs
que l'indignation quand elle portait sur le monde politique était outrageusement étendue, et pensais à la rage et au désarroi de tous les dévoués, simplement honnêtes, tous ces nombreux imbéciles voués à leur vision d'un idéal
et puis repensais à ces articles, à l'exploitation du disque dur et des papiers d'identité, listings, courriers etc... dont on parle tellement moins qu'on ne le devrait, parce que, comme je l'ai lu, il n'y avait pas assez de noms marquants pour que cela en vaille la peine, alors que c'était justement l'énormité des sommes résultant de la triche de nombreux anonymes ou presque, de gens ordinaires (avec tout de même des moyens) qui est effarante
comme est effarante cette idée indéracinable, courant sous les protestations vertueuses, que l'impôt est spoliation, que les ruses malines pour diminuer sa part sont de bonne guerre, et – mais ça on ne le dit pas, on le montre d'un sourire – amusantes, que l'argent amène la prospérité générale (même placé et jouant) et qu'il faut que l'état, les salaires, les biens communs y soient sacrifiés.
Et j'avançais me sentant coupable et impuissante, mais avec un petit espoir.. je n'avais pas encore entendu que notre président n'entendait pas assouplir l'effort/saignée qu'il impose au pays, sur ordre..

Et ne sais si c'est pour cela, ou par ma sottise naturelle, ou pour un manque de fer ou de magnésium ou de... mais suis idiotement susceptible, je laisse mon ego jouer l'imbécile... alors, sans fierté, avec une lâche résignation, en reste à paumée, parce que le pauvre cher m'est habitude, et ne me promènerai plus qu'en silence sur les réseaux sociaux (éventuellement liens vers textes ou photos aimés sur Facebook média froid)
Seulement, comme citer ce que j'ai aimé me manque trop, m'offrirai le plaisir de mettre ici trois ou quatre liens chaque jour, en variant un peu, au risque d'injustice, pour ne pas me borner toujours aux cinq ou six qui me sont indispensables... disons que laisserai une part au hasard, (retenir le premier, le cinquième, le dixième dans l'ordre de lecture à l'avenir ?) - donc, pour aujourd'hui, infime part des richesses vues :
http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/2013/04/un-deux-trois-quatre-mille.html la vidéo d'Olivier Hodasava pour le 1000e jour de son voyage sur Google-street-view, en la bloquant de temps en temps pour savourer un numéro
http://fonsbandusiae.over-blog.com/article-virgile-eneide-ii-v-228-249-la-machine-de-mort-avance-116971919.html comme chaque jour (ou presque, quand elle le peut, disons) la traduction, documentée, de l'Énéide par Danielle Carles et suivre, cette fois, l'avancée du cheval de bois
http://www.lesmarges.net/files/0c77bdc383805667f0f1a5990a8deca0-2078.html pour continuer le voyage à Naples, témoin ravie, à la suite des yeux, de la pensée, des mots de Jean Prod'hom
http://christinejeanney.net/spip.php?article637 la livraison du jour du projet Ronchamp de Christine Jeanney, mais là ce sont uniquement de délicates images, comme une invitation faite à suivre les liens qui figurent au début pour découvrir les textes (où chaque mot, précis, contribue à tisser la recherche, comme ici les fragments d'images posés sur du vide, de l'effacé)
et je regrette déjà ceux que je n'ai pas retenus.