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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, avril 24, 2009

Je vous en prie, ne me jugez pas. Je suis né, lentement et péniblement, de l'assemblage et du malaxage de petites boules d'argile dure arrachées à un bloc qu'elle n'a pas pris le temps d'essayer de préparer. Et j'ai fait effort pour advenir, elle a fait effort pour que je devienne l'idée de ce que je pourrais être - et puis; comme elle était fatiguée elle m'a laissé rêver un peu à l'avenir sous un horrible tissu mouillé qui me colle à la terre - et s'est attaquée à tenter de stopper la dégradation de la table de la cour qui, à force de pluies, évoque de plus en plus une station thermale après une catastrophe de fin du monde humain, à l'aide d'un vieux vernis agressivement odorant, durci par l'âge et qu'elle assouplissait avec un bâton. La table semble toujours aussi lasse, plus foncée peut-être et elle, elle est rentrée avec un début de migraine, l'odeur du vernis plein le nez et la tête, son hypocondrie en roue libre. A lavé ses mains, les a brossées, les a relavées, les a poncées, s'est fait mal à la peau, s'est rincée la bouche, s'est souvenue qu'il y avait, dans le début de la soirée qui allait venir, une performance à Villeneuve, partie de cette sonde sur la création sur internet à laquelle elle devrait pourtant assister, au moins en partie (et pour soigner par indifférence son mélange de timidité et de flemme elle a pensé qu'elle n'avait pas de voiture) http://sondes.chartreuse.org/document.php?r=8&id=6 - ou, plus proche, plus tentant, un concert de guitare organisé par l'Ajmi à la Mirande.
Au lieu de quoi elle a ouvert à nouveau le premier numéro de la revue de Publie.net "d'ici là", parce que le titre lui allait si bien "Nous dormons notre vie d'un sommeil sans rêves" http://www.publie.net/tnc/spip.php?article184 (pour présentation, téléchargement éventuel, et puis il y a le numéro deux)
et il y avait des photos, des dessins, des textes, le jeu des uns et des autres, et Déborah Heissler
"Fragments de rêves. C’est un nuage d’abricotiers en fleurs, jaunes ou ivoires, comme mille petits papillons mêlés à l’herbe fraîche, mobiles, dans la lueur des lampes quand la nuit monte ; on voit le soleil rouge descendre sur le feuillage, comme une énorme masse d’acier incandescent.
......
Tout était devenu chant ; la courbe du chemin sous les nuages ici, et là les touches de terre sombre, le vert et le gris, le rose déchiré de la glaise et du gravier sous la pointe des doigts. L’accord surtout était celui de l’ombre et du gazon, feutrés, jusqu’au plus profond du ciel où frémissait un battement de plumes heureuses...."
ou Thibaud de Vivies
"cette première nuit de sommeil les rêves clairs d’une immensité verte qui peine à se régénérer alors comme on peut on achemine l’eau pour éviter que le vert ne se transforme en jaune et que la vie déserte totalement les lieux, je dors en profondeur et n’entends pas l’agitation importante d’un environnement en mutation constante c’est que la nuit est plus fraîche que le jour dans la lande alors on s’agite pour ne pas sombrer et se laisser envahir par les mauvais esprits du froid qui paralysent les bonnes pensées il est dit"