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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, mai 21, 2009

bien trop long méli-mélo dans la fin de l'une des premières journées de chaleur. Pas encore la chaleur féroce qui nous guette sans doute au coeur de juillet, mais un bien-être qui baignait les rues d'Avignon et donnait aux passants un air de vacance.
Et en revenant des Halles, (les photos de ma déambulation tombant ici au hasard de mon trajet matinal) après les pâtes et une nouvelle tentative infructueuse pour dégager le tube mort de la salle d'eau (et je continuerai à me laver, à laver, à nettoyer dans le noir jusqu'à la venue improbable de plus fort que moi), me souvenant du billet lu aux petites heures sur les lignes de fuite http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/05/20/la-liberte-de-trouver-a-redire , me suis installée contre le mur de la cour (et j'étais obligée de rentrer de temps en temps pour mouiller mes poignets, mes tempes et la pliure des bras) avec quelques poètes, à la recherche de leurs mots sur la poésie.

Yves Bonnefoy "dans le leurre des mots"
"Ô poésie,
Je ne puis m'empêcher de te nommer
Par ton nom que l'on n'aime plus parmi ceux qui errent
Aujourd'hui dans les ruines de la parole.
Je prends le risque de m'adreser à toi, directement,
Comme dans l'éloquence des époques
Où l'on plaçait, la veille des jours de fête,
Au plus haut des colonnes des grandes salles,
Des guirlandes de feuilles et de fruits
."
en contrepoint, mais non sans exigence, Francis Ponge (lettre du 22 juillet 1941)
"J'ai besoin du magma poétique mais c'est pour m'en débarrasser.
Je désire violemment (et patiemment) en débarrasser l'esprit. C'est en ce sens que je me prétends combattant dans les rangs du parti des lumières, comme on disait au grand siècle (XVIIIème). Il s'agit, une fois de plus, de cueillir le fruit défendu, n'en déplaise aux puissances de l'ombre, à Dieu l'ignoble
en particulier."

Philippe Jacccottet "paysages avec figures absentes"
"sous ce vent doux, lointain, continu..
Ce qui distingue la poésie de l'histoire, d'une certaine histoire, et de toute science est là. Dans mon saisissement, le vol de l'aigrette avait au moins autant de part que le bruit du vent et ces remparts d'un dessin si pur ou ces tombes plus barbares. C'était leur rencontre qui suscitait une phrase encore vivante
."

Jean-Michel Maulpoix "l'instinct du ciel"
"Poéte, par quoi d'autre le devient-on que sa propre disparition ? Une espèce d'absence, là ou d'autres s'empressent et trouvent quantité de choses à leur goût. Ces enfants sont sans mère. qui dans la langue cherchent leur refuge. Quelqu'un leur a manqué. Quelqu'un qui leur ressemble. Ils tissent de tout leur corps sur le papier d'inutiles toiles d'encre avec l'espoir insensé que cet autre-là s'y laissera prendre. Alors peut-être sauront-ils de quelle nuit ils sont eux-mêmes venus."

Je suis rentrée, j'ai lu des blogs et des articles, et puis ai continué un petit moment, dans les textes de publie-net emmagasinés, http://www.publie.net/tnc/ , en m'aidant à vrai dire de l'outil "notes" de l'épatante liseuse de "l'Immatériel"
Proust '"à propos de Baudelaire"
"Je suppose surtout que le vers de Baudelaire était tellement fort, tellement vigoureux, tellement beau, que le poète passait la mesure sans le savoir. Il écrivait sur ces malheureuses petites vieilles les vers les plus vigoureux que la langue française ait connus, sans songer plus à adoucir sa parole, pour ne pas flageller les mourantes, que Beethoven dans sa surdité ne comprenait, en écrivant la Symphonie avec chœurs, que les notes n'en sont pas toujours écrites pour des gosiers humains, audibles à des oreilles humaines, que cela aura toujours l'air d'être chanté faux." ouai

Olivier Rolin "la chambre des cartes"
"Diriez-vous que la poésie est très utile, assez utile, plutôt inutile, carrément inutile, ne sait pas. Laissez-moi consulter mon écran. Eh bien dites donc... Les chiffres parlent d'eux-mêmes... Les chiffres, eux, ne mentent pas. C'est comme la terre. Non, excusez-moi, c'était une plaisanterie. Et pourquoi ce désaveu, selon vous ? Non Mademoiselle, je sais ce que vous allez me dire, mais je vous arrête. Le public est roi. Un roi démocratique, parfaitement. Moi j'appelle ça le marché, mais appelez ça le peuple si vous voulez : ça revient au même. Or, que veut le peuple ? Que dis-je, qu'est-ce qu'il exige ? Qu'on le distraie, pas qu'on lui farcisse la tête. Il a assez d'emmerdements comme ça, le marché. Le peuple plutôt. C'est aussi
simple que ça".
Philippe Berthaut "seau rouge, seau bleu"
"Ensuite cela déborde
Imaginons ces mots débordant de leurs récipients
Seau rouge, seau bleu
Se répandant en flaques tout autour
La poésie même comme un trop-plein de langage dans le corps
Et la page comme une flaque s’incurvant
Dans son ventre accueillant les gouttes de lettres
Tout cela si clair si limpide
Comme est toujours la poésie malgré les images qui l’encombrent"

et puis, en trichant un peu, puisque le mot manque, Fred Griot "Plateau"
"parole c’est émerge d’un matériau brut, puissant. mots à matière souffe respire. mots appuyés condensés pesants. la parole a un poids dans le jeté souffe fux
un poids dans l’appui. dans l’appui du souffe sur l’air de l’entendre"

Mes compliments aux passants.