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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, octobre 28, 2010

Fenêtres d'Avignon

pour attendre qu'avec les heures, la lumière entre dans la chambre, la baigne, après avoir caressé la plante et son pot, au dessus des façades ombreuses

pour se souvenir qu'ouvertures avaient été pensées par le mur, pour le rythme, pour la vie, mais que point trop n'en faut et que l'intérieur a préféré rester clos, s'admirer en belles surfaces, à la lumière des lampes – et rien ne saurons des pièces, des trésors, de la médiocrité, de la splendeur, des tableaux, des livres, des riens qui se sont calfeutrés, des vies qui circulent entre les cloisons, du jardin, peut-être, qui se cache comme un noyau de vie dans cet espace inconnu.

pour pas de vrai, pour se raconter des histoires de grand jardin, de soleil qui tourne, de famille et de lessives – et il y aurait une grande cuisine et une femme qui ne saurait pas faire des confitures

pour imaginer que mon antre s'ouvrirait, un peu, très peu, sur la rue, et que le long des murs, à l'intérieur, seraient de longs rayonnages, montant jusqu'aux poutres, et que j'y aurai rangé, au matin, «Kyôto» de Kawabata que j'aurais (et cela c'est vrai) fini de lire dans la nuit

«Naeko acquiesça de la tête, Chieko, agrippée à la porte ocre de la claire-voie, la suivit longtemps du regard. Naeko ne se retourna pas. Sur les cheveux de Chieko tomba, légère, un peu de neige qui aussitôt disparut. La ville, évidemment, baignait encore dans le sommeil.»

mercredi, octobre 27, 2010


Recyclages

Amis, bien mal puis mener
ma vie selon la raison
ma voie de trous est minée

Ma vie selon la raison,
y ai renoncé vraiment,
j'y chemine sans façon.

Y ai renoncé vraiment,
et point ne résiste au sort.
J'en fait mon bien gentement.

Oui, point ne résiste au sort,
le courbe pour m'y couler
bien je m'en trouve dès lors,

Courbe sort pour m'y couler

ébauche, mise en train, abandonnée, pour le prochain vase communicant
Je suis bien mais fiu, me laisse vivre, cultive mon embonpoint naissant, et vide mes fichiers, comme aussi avec ce paragraphe d'un convoi des glossolales http://leconvoidesglossolales.blogspot.com/

Ils étaient arrivés un matin au bureau, cinquantenaires, moyennement larges, neutres. Ils avaient demandé à me voir, «à propos de Madame Benoit» et j'avais hésité un peu sur le nom. Une de ces locataires sans histoire, une ligne sur des stencils, une silhouette croisée un jour en faisant visiter un appartement, souvenir vague d'une grandeur décharnée, impression d'un sourire fugitif. Ils venaient déposer les clés, notre tante est morte, vous ne saviez pas ? (et j'ai pensé que la concierge aurait, en effet, pu me prévenir) nous avons pu venir pour deux jours, nous ne pouvons rester, les affaires vous comprenez, elle avait beaucoup de choses, mais nous n'en avons pas l'utilité, nous comprenons que ce n'est pas facile mais nous n'avons pas le temps de nous en occuper. Et comme je leur répondais qu'ils devraient se mettre en rapport avec un commissaire priseur, non, il n'y a rien de valeur, des objets, juste,quelques uns, des souvenirs, que nous avons pris, et elle d'une voix haute, une voix de chanteuse des années 40, je pensais que vous pourriez prendre rendez-vous avec Emmaüs. Après discussion j'avais accepté de m'en charger, pas Emmaüs bien sûr, ils ne se seraient pas dérangés d'après le mari, rien d'intéressant, mais une entreprise de débarras, et oui le dépôt de garantie, et si cela ne suffisait pas il me donnait leur adresse. Et je me retrouvais là, attendant le bonhomme qui devait établir un devis, la gardienne partie, un peu vexée peut-être que je n'ai pas besoin d'elle, que je ne veuille pas lui faire perdre son temps. Et je n'osais bouger. L'horreur de pénétrer par effraction dans cette vie, ce qu'il en restait, l'obligation de regarder cependant, d'évaluer, la gêne. L'envie d'aimer cette femme dont je ne savais rien, dont je sentais la présence, l'envie d'être en colère.

Ah et puis, ce sur quoi je me suis endormie aux premières heures de mardi
«Les larmes de la jeune fille, venue de Kitayama étaient, bien sûr, des larmes de joie. Qu'elles cessent et son visage rayonnait.
Chieko, de son côté, était si bouleversée que ses jambes, fermement plantées sur le sol, se mirent à trembler. Elle ne pouvait pour l'instant rien y faire. Sa seule force semblait lui venir de la saine beauté de cette jeune fille. Rien de comparable à la joie spontanée de cette dernière. Comme si la détresse coulait ses teintes au fond de ses yeux.» - Kawabata «Kyôto»

P.S. Et puis, si vous avez temps, et je vous le souhaite, http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article498 un texte d'Arnaud Maïsetti, un texte de Christian Corouge, un extrait d'entretien et, à la fin (tout en bas du billet) ce film dont j'avais entendu parler, que je n'avais jamais vu, beau et important « avec le sang des autres »

jeudi, août 27, 2009

Paresse, donc très long - en exploration
Quelques nuages et presque de la fraîcheur mercredi matin, (et un orage un peu avant cinq heures, aura-t-il amené le petit peu d’eau qu’espéraient les vignerons pour parfaire le raisin, juste avant les vendanges imminentes ?)
Suis partie en quête d’un journal et d’un nouveau lave-pont, et suis revenue, des heures plus tard, avec un mélange balais-pâtes-livres, où manque « la vengeance du traducteur », non encore paru, remplacé par un petit tas de poches.
Et, paresseusement, longuement, je reprends, en attendant d’y mettre le nez, la première phrase, et un passage de la page 67 de chacun d’eux.

« -Ah ! les voilà.
Le père pose son stylo et se lève…. » (triché)
« La tortue sombra dans les profondeurs. Urashima se ressaisit, étendit les bras, fit un pas en dehors de la passerelle et se sentit agréablement aspiré vers le bas, les joues caressées par une brise rafraîchissante. »
Dazai Osamu « le Mont Crépitant »
« Madrid est plein de garçons nommés Paco (Paco est le diminutif de Francisco) et l’on raconte en ville l’histoire d’un père qui vint à Madrid et fit paraître dans les petites annonces du journal El Liberal les lignes suivantes : « Paco, vient me voir hôtel Montana mardi midi. »..
« Macomber restait là, envahi par une légère sensation de nausée, et ses mains, qui tenaient le Springfield toujours armé, tremblaient ; sa femme et Robert Wilson l’avaient rejoint. »

Ernest Hemingway « la capitale du monde »
« Dans leur petit pavillon de banlieue, les Claxton menaient une vie de la plus haute spiritualité. »…
« Enfin, nous découvrîmes que le seul moyen de communiquer avec nos propriétaires, qui vivaient dans la même maison que nous, était de descendre à Florence et de leur envoyer une lettre recommandée par exprès. »
Aldous Huxley « le jeune Archimède »
« Le téléphone a pu sonner deux fois, Vito savait qu’il ne décrocherait pas »…..
« Hors du circuit des hôtels habituels, le Parc Palace est une résidence calme et retirée, souvent fréquentée par des clients incognito, trop riches et trop puissants de toute façon pour être connus du grand public. »…

Jean Echenoz "Lac"
« « Je peux te prêter mon bras droit pour un soir » dit la fille »…
« C’est vrai. Quand j’essaie de le lire, ça me paraît très cru, et j’ai envie de le laisser de côté, comme un type qui aurait écrit son journal n’importe comment sans rien comprendre à la vie. Les aveux de Saburo Yamabe ne sont que vantardise, je trouve.»
Yasunari Kawabata « La Beauté, tôt vouée à se défaire.
« Décapsule-t-on un œuf, ou quoi, comment nommer l’opération délicate qui consiste à faire sauter le quart supérieur, prétendu supérieur, à l’aide d’une cuiller à café ? »….
« La harde n’était plus très loin ; les ronces s’offrirent à nous accompagner, comment dire non et surtout que prétexter ? Les chevreuils nous échappaient. D’une certaine façon l’ex-Chancelade paya pour eux
. »
Eric Chevillard « Palafox »
« J’ai un doute tout de même. »…
« Il n’y a plus de sens maintenant, mais, maintenant, je sais que la vie n’a aucun sens.
Sous l’impulsion de Montaigne, j’ai aussi repeint le plafond de mon appartement. »….
Vincent Delecroix « La chaussure sur le toit »
«Tu vas avoir quatre-vingt deux ans »….
« Peu après notre emménagement dans la maisonnette, tu as adopté un chat gris tigré qui, visiblement affamé, attendait toujours devant notre porte. Nous l’avons guéri de la gale. »…
André Gorz « Lettre à D. »
« AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES LE VENDREDI 5 AOÛT 2005 »…
« Alors que je traverse le petit village de Nea Makri, des personnes âgées installées dans un café en plein air, occupées à boire lentement leur café du matin dans des tasses minuscules, me regardent en silence lorsque je passe à côté d’elles en courant. Comme si elles assistaient à une scène historique pas très brillante. »…

Haruki Murakami « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond »
« Cet incendie du Hilton comme allégorie de la ville, et la ville comme allégorie du monde : où étions-nous, quelle ville, quel monde, qui soudain basculait dans son envers ? » …
« Griserie de ces moments où un livre attrape tout, les rêves de la nuit, les insomnies qu’il provoque, ce qui t’arrive dans la journée et même ce type qui va venir te parler, là, sans que tu ais rien demandé. On marche dans une ville inconnue, et ce qu’on voit répond au livre, l’intègre. »…

François Bon « L’incendie du Hilton »
« Je pars. »….
« Nos vies sont ainsi faites que les livre, lorsqu’ils les affectent, ne les affectent que peu, happées qu’elles sont (nos vies) par mille choses hypnotiques qui nous prennent à leur piège.
Nos vies sont ainsi faites… »

Lydie Salvayre « BW »
Et les deux derniers ne sont pas sans lien, ne serait-ce que par la lecture enthousiaste du second par François Bon.
Mais, pour le moment, je viens de commencer, et j’ai encore envie d’y cheminer, « Le silence des chiens » de Jacques Ancet.
Comme les premières pages, et la présentation sont sur
http://www.publie.net/tnc/spip.php?article259, j’avance dans la longue phrase et je prélève, page 67, ceci :
« . la danse d'ombres sur le mur, plainte aussi, murmure, quelque chose d'indéfinissable, un peu comme le vent, un animal blessé, des pleurs ou, simplement, un son pur de tout sens ouvrant un espace vacant, grisaille lumineuse, écoute, basse lancinante à la racine du silence, tambour muet, rythmant quelle danse, apparitions, disparitions,… »
Et grand pardon vous demande, à vous, et au tas de chemises et jupes à repasser.

lundi, avril 17, 2006

Opus incertum
B chérie était triste hier, sans trop le dire, pour des tas de raisons sans doute, mais surtout parce que ses filles s'échappent. J'ai eu une pensée pour Toulon et Brives et j'ai rêvé au Poulguin. Quête dans le pré ou dans la cour autour de la fontaine ? Combien d'enfants ? Pluie ou soleil? merveilleux endroit pour grandir.
Je n'ai pas souvenir des cloches de mon enfance, ni de celles de mes neveux. Tout se télescope. Mais je retrouve les dernières pâques à Bougival. J'arrive avec un sac plein de friture et d'oeufs pour retrouver dans la cuisine blanche et jaune l'arrière grand-mère, la grand-mère, la ou les mères chargée chacune comme si elle était seule pourvoyeuse, on rentre les chiens, on cache toute cette abondance dans le jardin en pente, nous disputant en souriant les recoins puis on lache la gent enfantine. Il faut maintenant guider les plus petits pour qu'ils ne tombent pas et ne soient pas lésés, calmer les litiges, prévoir des réceptacles pour vider les paniers débordants et in fine les empêcher de manger cette manne pour les orienter vers le déjeuner et parce que ce n'est pas bon pour eux.
J'en ai fini avec Mac Cann et j'ai pêché la correspondance entre Mishima et Kawabata. Du premier au second : "Je me suis souvenu de cette peinture que fait Proust d'une cuisine (tiens !le lien) , vous savez : ce passage où il décrit dans les moindres détails un couteau dont la partie exposée aux rayons du soleil a l'air doublée de velours, ou encore des pointes d'asperges qui, avec leurs teintes irisées, semblent se fondre dans l'air." Je n'ai lu que deux Proust, au temps d'une maladie, et ne les ait plus et je ne vois pas de quel passage il s'agit, je suis bêtement allergique à Mishima à cause du personnage mais j'aime Kawabata depuis ma découverte à vingt ans. Ne m'en reste plus qu'un, pas le meilleur, Les servantes d'auberge où, à défaut du printemps, j'ai retrouvé une mer "Le car contournait un promontoire légèrement surélevé et, soudain, la couleur des buissons de camélias en pleine floraison le long de la mer, et le chatoiement des montagnes couvertes de mandarines, inondaient le regard.... Dans le port, il y avait trente à quarante bateaux joliment aménagés .. Entre les arbres, on n'apercevait que les grands toits de tuile et les murs blancs des hangars". Posted by Picasa