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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, juin 25, 2012

Un dimanche ordinaire


yaourt, miel, confiture de cédrat, et voilà qu'avec, enfin, les premiers vrais et visibles cheveux gris, me viennent presque des rondeurs de mamie
lavage de cheveux, s'énerver sur vitres, repassage de la semaine

ciel mouvant dehors, bleu pour accueillir, gris moutonneux au mitan du jour, azur dans le soir calme
tri des chemisiers et tee-shirt, décider quels mettre en service, repassage d'une première quinzaine

la vapeur du fer jusqu'aux joues - installation réserve en accès aisé

profiter d'une flaque de soleil dans la cour, sans la touffeur des derniers jours, couper quelques têtes trop lourdes de l'hortensia avant qu'elles ne fanent

savourer la renaissance de la collection Orphée
regrouper les deux seuls rescapés des temps anciens
Tourgueniev
Les derniers jours d'août... L'automne approchait.
Le soleil se couchait. Une ondée subite, violente, sans tonnerre, sans éclair, venait de passer au-dessus de notre large plaine.
Le jardin, devant la maison, brûlait et fumait, tout inondé par les feux du ciel et le déluge de la pluie.
Elle était assise au salon, à la table, et, s'obstinant dans son rêve, elle regardait le jardin, à travers la porte entrouverte...
et ce cher Etienne Jodelle
Je me trouve et me perds, je m'assure et m'effroie,
En ma mort je revis, je vois sans penser voir,
Car tu as d'éclairer et d'obscurcir pouvoir,
Mais tout orage noir et rouge éclair flamboie.
et les deux nouveaux, premiers entrés, parce que les ai rencontrés sur des blogs (je regarderai plus tard le catalogue) Thomas Bernhard, parce que j'ignorais totalement sa poésie, Garcia Lorca parce que fut un temps où m'était familier (enfin surtout le romancero gitan)

les feuilleter, après charroi papiers et verres aux remparts
picorer dans «sur la terre comme en enfer» de Bernhard
Derrière les arbres est un autre monde,
le fleuve me porte les plaintes,
le fleuve me porte les rêves,
le fleuve se tait, quand le soir dans les forêts
je rêve du Nord.... et le mettre en réserve
et puis errer dans «la désillusion du monde» de Garcia Lorca, retrouver les petits chevaux, l'ode à Walt Whitman, la mort d'Antonio el Camborio, d'autres, et brusquement, vers le début
Verde que te quiero verde
Verde vento, verdes ramas,
El barco sopre la mar
y el caballo en la montana (renonce au tilde)
et me revoie, longues longues années il y a, marchant sur la terre des trottoirs du Mourillon, les tatanes à la main, récitant en duo ces quatre seuls vers, quand ils étaient devenus notre mantra, ou plus simplement tic, bouche trou, remplaçant le sempiternel dialogue : non solum – sed etiam..

mercredi, février 13, 2008

Boustée hors du lit à 7 heures et demie du matin (je sais, mais privilège préféré de la retraite, pas de lever définitif avant 9 heures) par des coups de masse, très proches, puis une conversation tonitruante qui descendait vers ma fenêtre. Une Brigetoun en pyjama et cheveux dans les yeux, sortie dans la fraîcheur de la cour, pour interroger le maître d’ouvrage qui la dominait, debout sur le toit plat au fond de la seconde cour. Crainte d’un étage et de fenêtres me dominant. Idées de déménagement. Tranquillisée par un vieux kabyle chef de chantier, les importants étant partis sans répondre à mon interrogation, au ton sans doute trop courtoisement bas. Ils faisaient sauter la génoise.
J’ai profité de cette matinée plus longue pour m’escrimer, dans la cour, sur les visages de mes femmes nues, sans grand succès sauf des mains et pieds transis, et une conscience en paix.
Déjeuner avec « le journal d’un homme de trop » de Tourgueniev, le charme de cette histoire romantique investissant la description de cette destinée « de trop », et toujours sa façon de parler de la nature, et de la faire parler en fusion avec les sentiments
« A peine sortis du bois, nous nous arrêtâmes et fermâmes l’un et l’autre à demi les yeux malgré nous : en plein devant nous, au sein d’un nuage comme chauffé au rouge, un énorme soleil pourpre était en train de se coucher. Toute une moitié du ciel flamboyait, rougeoyante ; des rayons rouges et obliques effleuraient les prés, jetant un reflet vermeil même sur le côté des ravins qui étaient dans l’ombre, posaient sur la rivière des touches de plomb incandescent…
»
Et suis sortie dans la ville, où des petits bouts de nature s’insinuent, tout spécialement petits et emprisonnés sur mon trajet de ce jour (mais ce n’était pas le reflet de mon humeur plutôt guillerette, comme la jupe courte et les talons – on a les correspondances que l’on peut).
Cadeau de mariage, et passage coup de tête à la FNAC pour trouver un Cendrars que j’aime « Bourlinguer » et Celan

« la rose de personne » que je lisais en marchant, malgré mes deux sacs
« Les soirs se creusent
sous ton œil. Recueillies
avec la lèvre, des syllabes – beau
cercle en silence –
guident l’étoile qui rampe
vers leur centre. La pierre,
autrefois proche des tempes, ici s’ouvre… »
et tout le reste qui est très grave, et beau.
journée de rien, et non de trop.