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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, août 25, 2024

Dans les rues d’Avignon, et retraites en montagne

 



La chaleur douce,

lumière dorée, ombres,

sagesse de l’air.




En rentrant avec petite charge, ai trouvé dans la niche à courrier une petite enveloppe kraft avec un beau timbre, ai souri dans l’attente de savoir ce que disait ce vingt-et-unième numéro des Fragments de la source de Laurent Margantin.




Et c’était « quand Ginsberg et Kerouac s’écrivaient » dot je prélève ces courts passages en dialogue

« … Vivre comme Jésus et Thoreau, sauf pour les femmes…J’achèterai un brave canasson pour 30 dollars, une vieille selle sur Larimer St., un sac de couchage au surplus de l’armée, une poêle à frire, une gamelle, du bacon, du café en grains, du levain, des allumettes, etc. ; et une carabine de chasse. Et me retirer pour toujours dans les montagnes. Dans le Montana l’été et au Texas ou au Mexique l’hiver… » Jack (note brigetounienne : les montagnes au Texas ? Suis nulle en géographie) 



« Pour parfaite solitude Bhikku près de Palenque, lisière forêt Peten intérieur du Guatemala. Là où j’ai habité finca Shields, tu peux y aller eau de montagne limpide et solitude et hamac et hutte de paille pour rien, nourriture gratuite peut-être aussi. Le moment venu tiens-moi au courant. J’écrirais à la Signora…. » Allen

bon, il n’y a pas que ça.

vendredi, mars 10, 2023

Un mieux dont j'ai abusé (et un pillage)

Corps qui gueule et température qui se refuse, sauf quelques heures mardi, à descendre au dessous de 38 5... ce qui me restait de tonus exigeant une rouspétance que je justifiait en suivant les manœuvres des LR au Sénat... et ce jeudi matin un petit 37 6 que j'ai mis à profit pour sortir, soigneusement masquée, en début d'après midi, empoigner poubelle et sac de linge, et m'en aller, saluant le bleu qui commençait à attaquer la couverture blanche qui nous pesait dessus sans vraie pluie, pour un périple un rien trop long : 


pharmacie, teinturier, retoucheuse pour récupérer un pantalon dadame raccourci, un peu de baguenaudage, des yaourts (et la nuque, les reins, les jambes qui ont déclaré on ne veut plus et ont obéi à mes injures informulées)


mais, comme avais commencé à trouver ma porte d'entrée dans le 8 de l'atelier du tiers livre, comme même après une grande tasse d'infusion de thym, deux pastilles de miel et un carré de chocolat je n'étais pas au mieux de ma faible provision d'énergie, n'avait pas envie de soigner Paumée, ni de pousser la porte du 8 me contente de musique et de reprendre, presque à la première page, le « Livre des esquisses » de Kerouac traduit par Lucien Suel que n'ai qu'effleuré cette nuit après avoir fini un très joli livre d'Inoué « Lou-Lan »... me livrant à un trop long pillage parce qu'il est difficile de couper cela, qui commence par la naissance du fils prématuré de Paul


« ...il pesait 2 livres

autant qu'un chapelet de

saucisses ou une modeste mortadelle

de Boulogne : l'épreuve avait couté

1 000 $ à Paul – qu'il

n'avait pas – De toute façon

seul un miracle pouvait sauver la Mère &

le Fils. Le jeune docteur avait pontifié

« Bien longtemps avant le Christ

il y a eu un Grec qui

comprit pourquoi les mères

meurent du choc – »

il insistait « bien long-

temps avant le Christ » dans ce pimpant

Duke Medical Center d'un million de

dollars où la seule allusion indirecte

au Christ se voyait dans

le style anglais du foyer

pastoral (des étudiants

pasteurs jouaient

au ping-pong avec leurs fiancées

dans un sous-sol fraîchement

peint, le vide de

la vie américaine moderne dans

le Sud) – « bien longtemps avant le Christ »

disait le jeune docteur – alors que

Carolyn gisait dans le coma

dans la chambre aux rideaux tirés

de la salle de repos – & la présence

de sa Douce & Mélancolique

Humilité imprégnait l'air

comme de la mélasse – »

samedi, juin 19, 2010

Trajet bien plus court qu'il n'y paraît, mais j'avais mon appareil en main, et j'étais en avance, et ensuite il y a mon verbiage impénitent – z êtes prévenus

N'en pouvais plus d'improviser un traitement bricolé pour parer au manque de médicaments sur ordonnance, et suis partie, dans la gloire de la fin de matinée, le long de la rue Joseph Vernet vers le spécialiste au beau crâne et nos agréables entretiens gentiment mondains.

La lumière me faisait aimer, l'exagérant encore, la trop somptueuse restauration de la grille de Calvet (je pense toujours à un fermier général à la panse sanglée dans un gilet de taffetas brodé) et jouait avec la géométrie douce des ailes contre le bleu, et de l'air qui glisse sur elles.

Je me suis arrêtée une minute en muet hommage à cette façade que j'aime et qui, incroyablement, va être détruite pour être remplacée par une «résidence de prestige» (à cette adresse c'est évident, ce qui le sera moins c'est le faux classicisme bourgeois que cela implique)


j'ai salué les deux petites terrasses que j'aimerais miennes, surtout la première, plus retirée, plus humble, dans une maison qui frôle dangereusement la décrépitude - la seconde, ne sais pourquoi, me faisant toujours penser, certainement à tort, à ma mère jeune-fille à Hanoï.

J'ai jeté un coup d'oeil par la porte de la société d'archéologie que j'avais toujours vue fermée, et puis j'ai constaté que mon avance n'existait plus et j'ai pressé le pas.

Je suis ressortie, trois quart d'heure plus tard, sourire flottant encore sur mes lèvres, ai retrouvé les platanes et leurs regains déchaînés cette année, parure à peine excentrique.

et la bignone chantonnant avant son plein éclat.

J'ai fait un détour par la pharmacie - Saint Agricol se baignait dans le ciel qui prend sa force du plein été -

et en fourrageant dans mon sac pour trouver mes clés, j'ai remarqué pour la première fois que la ville, dans un souci didactique, prenait soin de m'indiquer où je pose mes pieds lorsque je sors chez elle.

Me suis gorgée de soleil, pour profiter des quelques jours où la cour est presque à moitié visitée par lui, et point encore trop chaude, suis rentrée, ai siesté, lu à l'heure du thé, pendant que cuisaient morue et patates du souper, des choses à survoler, ou intéressantes, ou belles, ou belles et intéressantes comme, sur remue-net un billet sur les actualités de Jack Kerouac, «sur la route, le rouleau original» et «le livre des esquisses», avec ce premier fragment
" La terre altérée puis 

rafraîchie exhale un 

soupir frais de concombre 

mêlé à des vapeurs 

de goudron & limon 

de bois moisi. "

À 19 heures, je suis partie sous de lumineux nuages vers la mairie,

j'ai regardé de beaux panneaux vantant le futur tramway qui doit être désiré par les habitants de l'agglomération avignonnaise à la fin d'une enquête à venir,

et suis allée assister, en trop moyen comité, à une réunion dans les bleus, les roses et les ors de la salle des fêtes, organisée par l'antenne locale de «terra nova» (très moyennement amie au niveau national, des individus amis localement) avec Paul Hermelin (PS Strauskanien) et André Castelli (PC, ami).
Un échange d'où est ressorti
  • que le tramway n'en était qu'à l'affichage, peut être pour bloquer d'autres projets s'appuyant sur l'existant, était trop cher et surtout qu'il faudrait au moins qu'il desserve les quartiers très peuplés et très défavorisés plutôt que Villeneuve (équivalent Neuilly, habitée entre autres par Madame le Maire)
  • qu'un accord pourrait être trouvé sur un programme tenant compte des besoins de la population et de l'économie en capilotade de l'agglomération entre les présents et le collectif «urgence climatique et justice sociale» regroupant des associatifs, des verts, des socialistes et des communistes qui a déjà avancé dans ses études (avec l'inconvénient que nous sommes sur trois départements et deux régions)
  • qu'il fallait améliorer l'existant et la circulation des cars, et prévoir un mode de déplacement en site propre mais moins onéreux (peut être trolley)
En fait c'était assez intéressant (beaucoup plus fouillé que ça) et sans doute un premier pas vers une mise en commun des idées et forces. Juste une intervention filandreuse et arrogante d'Europe Ecologie, se faisant fort d'empêcher l'éternel projet de détournement des poids lourds qui rendent impossible la vie des riverains de la Rocade (rien, vraiment rien pour la route) et qui adore le tramway pour le tramway avec peut être tout de même une prise en compte des besoins.

En sortant, les nuages s'effilochaient. Il y avait au dessus des remparts et de la place Crillon une merveilleuse lumière, et le son d'un piano-jazz.

jeudi, janvier 11, 2007

le reste des photos de la rue des Teinturiers mardi matin. Mercredi, la callade m'a été moins rude, et l'air était encore plus léger. Il piquait un peu - une vague odeur de printemps et beaucoup de gaieté dans la lumière.
Je devrais en être navrée (réchauffement, canadiens privés de froid etc...) mais j'aime laisser cette douceur m'entourer.
Et ce ne sont pas ces lignes de Kérouac, dont je relis Vanité de Duluoz, qui me feront changer

... sud du Groendland" - pas encore dans le Cercle polaire, mais quelques jours plus tard... - "Nous y voilà. Ce vent était un vent étrange ; il venait du Nord reculé et blanc, porteur d'un message de désolation nue, et murmurant : "L'Homme ne doit pas venir jusqu'à moi, car je suis sans pitié, indifférent comme la mer, et ne serai ni son ami ni sa chaude lumière. Je suis le Nord, et je n'existe que pour moi-même."
il est vrai qu'un peu plus loin, on trouve : Et ces falaises sont absolument fabuleuses... comme des falaises rêvées par un enfant, ou le sanctuaire de l'âme de la musique de Wagner... massives, raides, semblables à des forteresses..
Posted by PicasaEt tant pis, je me contenterai des aimables forteresses d'Avignon (qui ont vu plus de combats).
Je me demande seulement si le temps était aussi doux lorsque René Icart est venu chez Madame de Chavanne, saluer sa belle-soeur Cécile, avant de regagner Marseille et le bureau de l'armateur pour lequel il travaille, ce qui lui permet de faire ses adieux à Mathilde devant sa mère. Anne-Françoise, avec une certaine appréhension, voit la nuque de sa fille rosir sous le chignon croulant.
(entre autres, le 7 janvier).