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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, novembre 30, 2013

Nous glissions


Nous glissions, suspendus dans l'étrange, deux pirogues glissant à travers ce qui n'était pas le fleuve. 
J'étais couchée au fond de la seconde, je regardais le ciel, juste le ciel, où passaient des nuages éternellement changeants. Je ne voulais pas savoir ce qui nous entourait, que mon pagayeur commentait, parfois - une tête énorme, des pierres liquides, le flanc gigantesque d'un chat noir – je demandais : effrayant ? Il répondait : c'est curieux, non, c'est là, c'est ainsi. Et il se taisait à nouveau pendant un long temps. Je m'en moquais un peu, en réalité, je ne faisais attention qu'au ciel, comme je l'ai dit, je crois, au ciel et puis aux voix des deux garçons, devant.
Ils étaient grands, jeunes, beaux, et ils échangeaient, en cette navigation baroque, des bribes de poèmes
Celui qui regardait, à la proue, qui nous guidait :
Je t'écris de loin, depuis les bords du Congo
Devant l'île Mbamou ; c'est une motte verte
Qui s'est réfugiée au milieu des eaux
Pour éviter de tourner avec la terre
La rue n'est pas loin : elle passe comme le fleuve
Là, derrière l'herbe qui semble plus haute
À cause du bruit des cigales...
et dans le ciel froid, avec les nuages, glissent l'herbe et le crissement des cigales
Mais, le second, celui qui regarde comme dans le vide ce monde où nous glissons
...Nous n'inventons rien de neuf
Voyez les os se désosser
Voyez les remonter leur cours
Le fleuve conte son histoire
Et les années à qui mieux mieux
Défilent dans le salon de modes...
et le son a sauté d'une pirogue à l'autre vers l'homme qui manoeuvrait la seconde, la nôtre
Fleuve essentiel
Me voici
Debout
Entre deux âges
…. Tu me connus
Espiègle à la pêche
Debout sur ton dos
Tes allées de roseaux
Escortant ma pirogue
Dans le parc de tes eaux...
alors, pour les remercier, je me redresse
J'ai bu le soleil
Comme un rayon de miel
Il m'a effleuré au réveil
Comme une plume d'oiseau...

P.S. que soient remerciés de leur assistance involontaire ces voix du Congo : Jean-Baptiste Tati Loutard, Maxime N'Débéka, Théophile Obenga, Marie-Léontine Tsibinda