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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, juin 18, 2009

Des lectures trop belles ou absorbantes depuis mardi après-midi pour parler d'autre chose, pour en parler aussi d'ailleurs, sauf pour donner des échantillons un peu au hasard, pas forcément représentatifs, correspondant à de petits éclairs.
J'ai commandé trois ou quatre textes de Publie.net hier dont, parce qu'une vague impression d'importance m'est venue, "la voix de la mer" de Jacques Ancet. http://www.publie.net/tnc/spip.php?article16
Et, ouvrant le fichier, j'ai vu qu'en fait je l'avais déjà acheté, lu, aimé à souffle retenu, enregistré sur un disque dur avant la mise en place de ma bibliothèque privée par l'éditeur. J'ai constaté mon erreur, mais emportée par le texte, j'ai continué pendant une quarantaine de pages ma lecture, avec, par exemple, le début d'"un bruit de source"
" Parler de sa vie aujourd'hui est, pour lui, un acte étrange et difficile. Dès qu'il essaie de fixer sur elle son regard mental, il la voit s'éloigner, s'éparpiller en un désordre d'images qui toutes viennent se dissoudre dans l'unique certitude qu'il peut en avoir, celle de son corps ici et maintenant : ce froid aux extrémités des doigts tandis qu'il écrit, la table, la lumière de la lampe et, dehors, un jour gris comme une photo en noir et blanc, un peu ternie... Tout le reste n'est qu'une histoire qui ne le concerne plus. Alors, parler du sens de sa vie ne peut être que plus difficile encore. Car il n'en voit aucun, lumineux et lointain, vers lequel s'en iraient ses jours comme le fleuve vers la mer. Á moins, bien sûr – et cette très vieille image du fleuve coulant vers la mer l'y conduit – de voir dans le non sens même – la mort –, le vecteur et le point de fuite de toute existence. "

et de la tombée à la profondeur de la nuit de mardi, plongée dans "les onze" de Pierre Michon, ce que j'avais lu sur ce livre, et qui me faisait craindre une déception, effacé par les mots, leur saveur, le rythme des phrases, leur précision et leur mouvement, leur emportement allègre, la façon dont elles s'imposaient à moi - et tout serait à citer (me restent trente pages ou à peu près pour cette nuit), alors cela, au début avec Corentin en aide de Tiepolo, portraituré en page sur un plafond
"Vous imaginez cela, Monsieur ? Le prince-évèque en bas sur sa canne folâtrant, argumentant, rimant, colérant, doutant, jetant un coup d'oeil à son image peinte se rassurant, le petit Français qui sera lui-même un jour de la carrure de Frédéric Barberousse, qui ne l'est pas encore, qui pour l'instant fait des niches au prince, tous les petits assistants avec leurs pots de rose, de bleu, leurs grimpettes aux échelles, parmi eux Domenico Tiepolo qui a vingt ans, qui apprend la magie, qui aura de la fortune et du mérite dans la magie, le petit Lorenzo Tiepolo son frère qui a quatorze ans, qui apprend la magie, qui jamais n'en pourra assimiler les détours ni la voie droite, qui aura de la fortune dans les bateaux, enfin peut-être le grand manteau mozartien jeté en bas sur une statue de Neumann et qui la coiffe comme d'une cagoule bleu nuit - et Tiepolo là-haut ne jugeant pas un instant de tout cela comme nous avons pris coutume d'en juger, ne tranchant pas des inadéquations des hommes avec leurs rôles, de la fortune et du mérite, du hasard et de la vérité, que sais-je encore, mais peignant..." parce que j'aime en recopiant retrouver mon goût pour les Tiepolo, et au delà des grands plafonds glorieux et blonds, des toiles, cet oiseau qui s'échappe d'un plafond d'une petite salle de je ne sais plus quel palais vénitien, et que le fils a posé juste contre le haut du mur, au delà des moulures.
Alors il y a la blondeur de la mère, les limousins dans la boue, les onze, ces limousins poètes manqués et hommes redoutables (le Comité de Salut Public) etc..
Pour avoir une idée, si vous n'en avez pas encore trop entendu parler, entre autres :
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/05/pierre-michon-les-onze.html
http://www.fabula.org/actualites/article30833.php (avec des liens)
et puis, cherchez, mais comme je vous veux du bien, je vous conseille de l'acheter ou l'emprunter, mais pas de le voler sauf si vous êtes très adroits.

et puis, dans mon petit tour sur le web, mercredi matin
"Cette lumière est celle de l’esprit, froide et planétaire,

Et bleue. Les arbres de l’esprit sont noirs.
L’herbe murmure son humilité, dépose son fardeau de peine
Sur mes pieds comme si j’étais Dieu.
Une brume capiteuse s’est installée en ce lieu
Qu’une rangée de pierres tombales sépare de ma maison.
Je ne vois pas du tout où cela peut mener".
début de "la lune et les cyprès" de Sylvia Plath, traduction Valérie Rouzeau chez Gallimard sur Poezibao http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/06/anthologie-permanente-sylvia-plath.html
bravo pour votre courage si vous arrivez ici, et pour vous aider à respirer, n'ayant rien qui corresponde nettement aux textes, j'ai posé deux vues de mon ciel mercredi matin, et des terrasses de café où l'on pourrait parler de ce qu'on a lu, ou d'autre chose, ou lire simplement.
P.S. A propos des "onze", lu mercredi soir
http://www.berlol.net/jlr2/?p=1602 qui part de ce que j'aurais voulu citer sur la richesse produite par le canal et sur les limousins