commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est jean christophe bailly. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jean christophe bailly. Afficher tous les articles

samedi, juin 29, 2013

Trop longue dérive en effleurant villes


regarder du sommet de ma ville, petite, moyenne plutôt, ancienne, la campagne d'au delà du fleuve, le territoire de France, et tourner autour du rocher pour voir l'arrière pays – se dire que faute de savoir marcher comme le savais un peu autrefois, comme cela se faisait en temps reculés, faute de véhicule, faute même de savoir conduire – oui suis diplodocus -, ne connaîtrai jamais la chair de ces noms : Tarascon, Cavaillon, Morière, Cordes, les dentelles de Montmirail, Apt, Sault, Caderousse, Grillon, la fontaine Vaucluse, Oppède, Robion et Roussillon qui resteront objets de rêves vagues bellement sonores, que n'aurai que souvenirs plus ou moins furtifs de Sylvacane, Vaisons-la-Romaine (pas si furtif, là), Châteauneuf du Pape, Entraigue et son charme discret...

penser ville, les villes italiennes où ai tant marché il y a bien trop longtemps, qui ont été peu nombreuses mais très aimées (figées par mon souvenir, dans des printemps qui n'étaient pas encore envahis) Florence et Sienne d'abord (Sienne retrouvée dans le Condottière de Suarès : On incline d'abord à croire que Sienne est toute franciscaine... Non, elle est bien plutôt à Dominique. Elle est trop amoureuse pour être sous la seule loi de l'amour. Elle a besoin d'une règle plus ferme. "
"Blanc et Noir, les deux couleurs de Sienne : blanc comme la Vierge ; noir comme la pénitence. Et le champ de l'écu est rouge comme le sang des passions et puis mes lectures, sur le parvis de Santa Maria dei Servi de l'Inferno de Dante, enfin surtout de la traduction), Venise, sauter tous mes regrets rêvés, arriver à mes séjours romains, entre exaltation fatigue et nonchalance hors circuits, cet accord moins immédiat qu'avec d'autres, ces petits coups de coeur, les pizzas mangées en marchant, plus carnées et grasses qu'en Toscane, comme l'architecture, une saveur plus agressivement opulente, plus populaire, et ce moment où elle est devenue la plus goûteuse, aimée, les jeux du baroque, ces habitudes prises, la chambre d'une pension minable près de la gare, le sol inégal et la fenêtre sur une friche romantique, le raffinement de celle du Sofitel et la vue sur les arbres de la ville Médicis... 

passer en petits sauts rapides à la richesse plus violemment marchande de Barcelone, et au parfum de la mer,
_hésiter entre deux cafés perdus, celui avec carte coupée, chaises en formica et azulejos près de la Plaça Sant Jaume ou l’autre avec stores entrouverts et banquettes en sky dans la galerie marchande, Carrer l’Argenteria (Christophe Grossi http://deboitements.net/spip.php?article351)

on était venus là il y a deux ans deux jours seulement comme cette fois deux jours pour parcourir la ville voir comment la mer s'y cogne découvrir un peu des gens en somme et sur la peau le vent alors on était partis tôt ciel dégagé présage d'une belle journée l'autoroute d'un trait comme un alcool fort ne pas trainer et reprenant souffle et couleurs on s'était garés rue du centre juste à son bord il pleuvait (Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/2013/04/a-en-tio.html )
Tu te souviens que tu sortais vers minuit, et que tu savourais, distraite, concentrée sur ton plaisir simple, une crème catalane dans un bar trop éclairé – un décor froid de moleskine et formica – en regardant la nuit derrière les grandes vitres, et cette rue que tu suivais, le matin, pour une pause dans le parc de la Citadelle, près de l’amical squelette métallique de l’Umbracle. (Brigitte Célérier http://deboitements.net/spip.php?article350)

battre des ailes et se retrouver sur la grande place ouverte sur le Tage à Lisbonne, s'y attarder, grimper vers jardins suspendus, manger soupes dans la rue, aller des azulejos décrépits aux belles façades restaurées, dégringoler vers le musée, se griser avec étonnement des exubérances de Belem, avoir tant envie de vivre là, prendre petit train vers Sintra, descendre la petite route, voir les cônes blancs dépasser des chênes et des pins, retrouver recul devant troupeau de touristes français et petite complicité avec guide, des gâteaux idéalement sucrés.... chercher les orangers de Séville dans les patios à Noël

penser vite aux villes du nord, aux kilomètres ravis dans Anvers, à l'amitié à Amsterdam, et à Utrecht avec son quant-à-soi et ses petits recoins sales, à Gand, à Bruges qui avait convoqué une douce brume vespérale sur le grand béguinage et à la chambre meublée d'osier et de cretonnes sur l'angle d'un canal, et au goût de dépaysement admiratif de la petite latine à Strasbourg et Colmar... et bien entendu, mais là c'est déjà un monde, à Londres.
penser ville, penser Lyon et cette surprise chaque fois de s'y sentir tellement chez soi, penser Lyon et ne presque pas avoir besoin d'y être pour la vivre un peu, faire petit saut dans va t'en va t'en c'est mieux pour tout le monde de Christophe Grossi http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504936/va-t-en-va-t-en-c-est-mieux-pour-tout-le-monde pour retrouver En face de moi une fresque en trompe-l’œil : hommage aux écrivains de Rhône-Alpes, bibliothécaires, imprimeurs. Une citation parmi des dizaines : Lyon plus doux que cent pucelles...une terrasse dans la nuit, des voix et rires jeunes, la saveur d'une grosse coupe glacée

... laisser toutes villes visitées, habitées brièvement, admirées, rentrer chez soi, un chez soi qui s'efface qui devient regret plus que besoin, avec Paris.. et ranger dans un panier, lu avec des retours, longuement et lentement la phrase urbaine de Bailly, les banlieues, les villes nouvelles, ce qu'il faudrait pour y recréer un phrasé, ranger avec le livre l'idée des délaissés : Ce suspens même dans lequel on le découvre, le délaissé l'occupe en vérité avec des graines et des croissances, des improvisations, exactement comme s'il y avait sous la ville, et avec elle, tenue par elle, en retrait, toute une dormance prête à s'éveiller à la moindre faute d'attention. Là encore, bien sûr, c'est une question de temps et de dimensions,... Mais globalement, c'est à peu près à toutes les échelles que s'insinue puis s'impose la reprise végétale...
et retrouver, par chance, facilement, ce merveilleux (un) livre blanc de Philippe Vasset : Borné au nord par la zone industrielle du Val-de-Seine, au sud par l'A86 et à l'est par les voies du RER C, le site est très sauvage : les herbes montent jusqu'à l'épaule, il y a des mares asséchées et des bouquets de roseaux. Lors de ma première visite, je suis même tombé nez-à-nez avec un renard....
Et voilà que Brigetoun relève le nez, un peu troublée, découragée,par tout autre chose que ce billet, réalise l'importance assez extravagante de cette dérive... arrête.
Avais en tête Paris et des blogs, avais en tête les grandes villes d'outre océan et les gigantesques villes contemporaines, des textes.... on verra peut-être peu à peu, plus tard.
Me déconnecte après avoir posé ceci, sans relire, sur Paumée.

dimanche, mai 26, 2013

Petites informations sans importance d'une tousseuse ensuquée


Suis devant Paumée, me réveillant d'une sieste lourde, après la caresse du soleil qui traversait l'air encore frais, venait se briser sur cette sacrée toux profonde qui me semble venue du coeur, petite douleur, légère angoisse qui me fait éteindre immédiatement le cigare allumé mécaniquement, suis donc devant Paumée, quelques photos et un non désir... (photo à six heures du soir, en l'absence du soleil, qui avait poursuivi sa route)

Alors juste pour marquer jours, bribes sans importance, sans signification, juste l'ordinaire d'une vie tranquillement végétative
comme le camion que l'on déchargeait vendredi matin (pourquoi diable l'ai-je photographié?)

comme les enfants qui s'essayaient au handicap, aux handicaps, sur la place

la ville donne, et j'aime ça, beaucoup d'importance au sport pour handicapés

une jolie ambiance, une façon simple de familiariser les enfants, de gommer les différences, et cette constatation comme chaque fois : les aveugles étaient évoqués, mais pas les sourds, et bien entendu était totalement absent le handicap mental, celui qui fait peur.
Grommellement navré devant ce mot «handicapé» qui couvre tout et n'importe quoi, qui permet de préconiser vertueusement la scolarisation de tous (serait presque drôle) et de se croire quitte avec des plans inclinés (bien entendu indispensables – ce n'est pas ce que veux dire)

Pour suivre les petites notations, (qui me semblent, d'un éternuement à l'autre, vouloir se décider à se faire torrent de mots) ai retiré du sac où ils aidaient les piètres tomates de Carrefour à prendre un peu de souplesse, les livres achetés sans trop réfléchir budget, parce que peine un peu sur les contributions à propos de Benjamin, parce que j'ai lu, à moitié, le numéro deux des Cahiers Claude Simon (il faudrait que je parle de ma découverte très très tardive de cette revue) choisi pour le plaisir des contributeurs à ce qui pourrait être un tombeau pour Simon, parce que j'avais envie, l'ayant entendu l'évoquer, de la phrase urbaine de Jean-Christophe Bailly
page 70 :... Que l'on arrive par la porte d'Orléans, par la porte d'Auteuil ou par la porte Dorée, ce qui se déclare aussitôt, c'est un style, et qui tranche parfois abruptement avec la banlieue que l'on vient de quitter. La sensation de franchir une passe et l'effet de muraille invisible de la double ceinture sont tels que c'est comme si quelque chose du statut de la ville médiévale s'était malgré tout maintenu, quelle qu'ait été par ailleurs la force de la poussée centrifuge.
parce qu'en le cherchant (il était à villes) suis tombée sur leçons de solfège et de piano de Pascal Quignard
page 7 (sa beauté s'énonce brièvement) … Les oeuvres de Des Forêts et de Gracq ne sont pas si éloignées qu'il semble. C'est le même monde. C'est la même beauté de la langue, la même perfection du style, le même univers romantique, la même passion de l'opéra.
sur Sylvain Tesson et Dans les forêts de Sibérie
page 71 (pas de 70 et le 71 en est, je le sens en carcasse, très proche) Anniversaire de mon père. J'imagine leur dîner, là-bas, près de Guise. Comme chaque année, la famille s'est retrouvée dans ces écuries du XVIIIe siècle transformées en restaurant. Les cousins belges, la bière, le vin, la viande et la lumière tombée des voûtes en briques...
et puis (vérifier si je retrouve un peu de ce très fort goût que j'ai eu pour lui en des temps anciens, mais ses livres faisaient partie du magma entassé dans la cave dont me suis débarrassée en quittant Paris) Rétif de La Bretonne et La Dernière Aventure d'un homme de quarante-cinq ans (ne connaissais que les passages correspondants dans Monsieur Nicolas lu en très faible partie)
page 71 (même raison, sur la page 70 est une gravure : rencontre entre une belle et un protecteur éventuel) Hélas ! quand on a passé l'âge d'être aimable, l'amour n'est plus un plaisir, c'est un tourment. Temps heureux de ma jeunesse où mon âme ouverte à l'espoir trouvait un charme jusque dans ses peines !

Broutille, encore, de ces jours, la saleté de l'argenterie devenue assez insupportable pour que passe une bonne demie-heure, ou plus, acharnée, à la «ravoir» n'abandonnant, exaspérée qu'après les ciselures du plateau de cuivre imparfaitement débarrassées de leur oxyde noir, comme depuis toujours... depuis que m'y attache.. et puis, pendant deux fois plus de temps, nettoyage maniaque, régulier, répété, des mains pour que ne subsiste plus trace noirâtre, plus aucun souvenir de cette affreuse odeur... (j'aime bien regarder cette photo pour mesurer le travail fait)
Petites lectures, sieste – l'ai dit – nada... un nada démesuré ma foi, pardon..
mais rien pour les deux textes auxquels je songe.
Et la pluie, fine et douce, est arrivée quand suis sortie pour arroser.. lui ai souri.