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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, février 02, 2018

"Spleen"

averse au petit matin, ciel blanc gris et carreaux roses et verts d'humidité, Brigetoun sans envie de rentrer dans le jour et l'action, frissonnant dans une fraîcheur toute relative sous deux gros pulls de laine superposés, carcasse jouant avec petites douleurs sans grande puissance mais fort entêtées...
le mot spleen venant à la conscience, mais sans s'appliquer à ce jour, cet état d'atone, loin du cachot humide
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide de Baudelaire, plus encore de la fin du poème et des longs corbillards défilant lentement dans l'âme, de
l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,..
pourtant en rapport sans doute avec la fin de ce jeudi, le spleen noir, le spectacle prévu, le premier des deux spectacles du Fest'hiver (il y en a cinq, ne verrai que les deux programmés par les théâtres auxquels suis habitués et qui sont les plus proches de l'antre) intitulé Spleen un spectacle de la compagnie on n'est pas là pour se faire engueuler, et, pour me fortifier dans mon envie d'y assister et de secouer avant la fin d'après-midi ce bof qui m'investissait, après un peu de ménage, après avoir sorti une vieille photo en triant celles de 2015, avoir eu une idée, nette, forte, pensais-je, pour, éventuellement les cosaques, mais sans trouver la forme à donner à ce qui se dessinait dans mon crâne, ai cherché ce que je pouvais trouver sur ce Spleen.
Ce qui a consisté à lire, sur le site du Théâtre du Chêne noir, sous cette photo (auteur Alain Mouton)
Il va mourir ce soir. Il le sait. Il l’attend. Il profite de ce temps pour faire le point sur sa vie, sur la vie, ses ratés surtout. Comme si sa vie en dilettante l’avait emprisonné, l’avait empêché d’être acteur de son destin.
Et il parle. Beaucoup. À se dégoûter de la parole. À vomir ses mots qui l’encombrent. Le mot dit appelle la parole, la langue se délie et on entre dans l’intime. Et puis ça recommence, il est toujours là, c’est pour ce soir encore, il le sait. Un jour après l’autre, toujours le dernier, un purgatoire à s’épancher sur tout ce qu’il n’aurait pas fait de toutes façons.
Il s’appelle Étienne, Vincent, Paul, Julien, Olivier. Il est tous ces hommes qui ont oublié d’en être un. Et il y a “elle”, cette femme qui est toutes les femmes. Il n’a pas su les retenir de son vivant, pas plus qu’il ne pourra la toucher à sa mort.
Et puis écouter, regarder, en repassant, une interview de l'auteur, metteur en scène, directrice de compagnie Laetitia Mazzoleni https://fr.wikipedia.org/wiki/Laetitia_Mazzoleni, racontant l'écriture du spectacle, avec les allers-et-retours entre elle et l'auteur de la vidéo, Alain Mouton http://alainmouton.berta.me ou le musicien Sebum, leur inter-action, la seconde phase d'écriture avec l'acteur Paul Camus pour lequel elle avait pensé ce texte, puis l'élaboration du spectacle.
et trois vidéos d'une interview de Paul Camus – préférait que ce ne soit pas un monologue, et puis finalement grâce à la vidéo ce n'en était pas vraiment un, pensait qu'il serait prêt, difficultés de ce texte qui le désorientait parfois, en mai, seulement l'invitation du Chêne noir était une chance... et puis la façon dont il a travaillé etc... https://youtu.be/HJTNV5Xeakc et un court extrait de la dernière pour écouter les premiers mots de la pièce
Or donc m'en suis allée sur les trottoirs et calades de la ville qui finissait de sécher, dans le début de nuit, vers la rue Sainte Catherine, résolue à ne pas trop tenir compte de ce que j'avais écouté et de la sympathie que j'avais eue pour Laetitia Mazzoleni...
j'ai reconnu le directeur du théâtre du Balcon (qui héberge un des cinq spectacles) échangé un «re-bonjour» avec Alain Timar (qui en héberge un autre, auquel si carcasse veut, j'assisterai demain soir), ai pu changer de place parce que nous n'étions pas fort nombreux et attendu un peu...
Je me suis dit que c'était un peu long à démarrer, que le début qui se donne devant la salle faiblement éclairée, devrait être coupé... j'ai aimé parfois (et assez les vidéos, assez rares finalement qui jouent à le dédoubler, ou à la fin à le reproduire en quatre exemplaires sur les petits panneaux verticaux, venant vers nous ou s'éloignant, en décalage)
j'ai dit «il lui aurait fallu un peu plus de temps pour bien pénétrer le texte», mais finalement en rentrant, frissonnant un peu, je pensais ce n'est pas cela, ou pas uniquement, d'ailleurs il s'emparait fort bien d'un beau morceau à la fin, mais que c'était dans l'ensemble une tentative inaboutie, malgré les qualités et le travail. Le but qu'elle poursuivait, rendre ce qui peut se produire dans un être au moment d'une mort brutale, puisque c'était l'équation posée (et qui ne peut être la vie remémorée par un mourant dans son lit ou au cours d'une agonie, mais ce qui survient brusquement), s'il se passe quelque chose, et qui, s'il s'agit de revivre sa vie se trouve condensé, compressé (un peu comme les compressions de César où on ne retrouve pas l'objet ou la voiture initiale, en prenant le temps de contempler) en une seconde ou moins, est impossible ou demanderait beaucoup plus de ruse ou de roublardise qu'elle n'en disposait, malgré les reprises de groupes de mots, les phrases de plus en plus hachées, et l'imprécision sur le prénom...

Mais je n'avais plus du tout le spleen même dans sa forme abâtardie. 

vendredi, décembre 25, 2015

Petites vieilles et petits vieux - suite

Dans l'avant petit-jour, ai fait place pour les santons, et comme toujours les bonnes femmes regroupées ont appelé la mater qui vieille sur l'ordinateur.
Et après douche, friction, grattage crâne et bas du dos, ai entrepris le rite crèche.
En sortant mon petit peuple, en tentant de les photographier par groupes, les ancêtres ou approchant d'abord, les jeunes et du mitan de vie ensuite, en les massacrant aussi - étaient pudiques - avais vague envie de chercher des vieillards littéraires dans ma mémoire.
Et pour les hommes est venu, tout de suite, Nestor, mais finalement, en reprenant l'Iliade et l'Odyssée j'ai découvert que sa drue sagesse qu'aime tant se manifestait surtout dans ses discours, admonestations, accueils, et qu'il y avait peu d'indications sur son apparence. Juste, ou presque, ceci, au début de l'Iliade
devant eux se leva Nestor au doux parler, le clair orateur des Pyliens, dont la langue laissait couler une voix plus douce que le miel. Il avait vu deux générations déjà disparues d'hommes mortels, qui étaient nés avant ce temps et avaient été nourris avec lui dans Pylos toute divine. Il régnait parmi ceux de la troisième... (traduction Louis Bardollet)
Pour les femmes, celle-ci, qu'ai toujours aimée, malgré tout, dans les Géorgiques de Claude Simon
Et une fois par mois, la vieille dame (la vieille veuve toujours habillée de noir, au visage de bougie, perpétuellement éplorée, perpétuellement larmoyante, aux corsages ténébreux fermés sous les vieux tendons, les flasques replis de vielle peau, par le même camée ovale où se détachait sur un fond parme comme une blancheur de linceul ou d'ossements la draperie flottante, ectoplasmique et mousseuse de quelque tambourinaire pompéienne et qu'elle semblait porter par une sorte de fidélité comme une relique profane transmise de génération en génération depuis peut-être avant l'Empire, suspendant paradoxalement en place de la traditionnelle croix de grenats aux cous flétris de successives aïeules l'équivoque et éolienne évocation d'hétaïres ou de danseuses aux corps à peine voilés et gravés en taille douce…)
S'imposaient ensuite Baudelaire, les tableaux parisiens dans les Fleurs du mal et...
Il n’était pas voûté, mais cassé, son échine
Faisant avec sa jambe un parfait angle droit,
Si bien que son bâton, parachevant sa mine,
Lui donnait la tournure et le pas maladroit

D’un quadrupède infirme ou d’un juif à trois pattes.
Dans la neige et la boue il allait s’empêtrant,
Comme s’il écrasait des morts sous ses savates,
Hostile à l’univers plutôt qu’indifférent.
(les sept vieillards)
ou, venant juste à la suite
Ces monstres disloqués furent jadis des femmes,
Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossus
Ou tordus, aimons-les ! ce sont encor des âmes.
Sous des jupons troués et sous de froids tissus

Ils rampent, flagellés par les bises iniques,
Frémissant au fracas roulant des omnibus,
Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,
Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus
(les petites vieilles)
s'imposaient, et en outre étaient faciles à trouver puisque publiés par publie.net http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814501508
Il y a aussi, bien sûr, évidents, le vieil homme et la mer et Miss Havisham dans les grandes espérances de Dickens.. mais j'avais la flemme de les chercher, le billet s'allongeait par trop.. vous laisse le soin de choisir vos petits vieux et petites vieilles, et quand s'est présenté à ma mémoire, venu je ne sais comment, pas encore vétuste, encore moins vénérable, mais légèrement chenu, Casagrande en son château de Quelle, j'ai pris l'Iris de Suse de Giono au début.. même si je savais qu'il intervenait bien plus tard dans le récit, et suis tombée, quand Tringlot monte de Toulon vers la montagne, sur un passage qui tant me plaisait que j'ai entrepris de le recopier pour http://brigetoun.wordpress.com et que j'en suis restée là.
Si m'avez suivie, soufflez, c'est fini.

mardi, mai 27, 2008

J’avais décidé de sauter cette journée. Mais il y a le plaisir de recopier cela (qui est de Baudelaire introduisant à Poe), et de m‘y attarder ce faisant :
« ..ce qui exaspère surtout l’homme de goût dans le spectacle du vice, c’est sa difformité, sa disproportion. Le vice porte atteinte au juste et au vrai; révolte l’intellect et la conscience ; mais, comme outrage à l’harmonie, comme dissonance, il blessera plus particulièrement certains esprits poétiques ; et je ne crois pas qu’il soit scandalisant de considérer toute infraction à la morale, au beau moral, comme une espèce de faute contre le rythme et la prosodie universelle. »
Et comme je n’ai pas grand-chose en réserve cette façade, parce que même déformée par mon regard, ou l’angle de mon appareil, elle me semble posséder une belle probité (je lui fais la grâce de supposer qu’elle ne triche pas sur la distribution intérieure)

mardi, mai 30, 2006

perplexité Il y a si longtemps que je n'avais pas lu les petits poèmes en prose de Baudelaire qu'au fond je ne les ai peut-être jamais lus (pas très prisé par les bonnes soeurs). J'en ai acheté une édition de poche et ça donne ça
LES FOULES - Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude 1 L'expression se trouvait d'abord chez Thomas De Quincey et sera repris dans "les Paradis artificiels" (page 195). Voir également une lettre de Baudelaire à Sainte Beuve, 4 mai 1865 : "j'ai besoin de ce fameux bain de multitude dont l'incorrection vous avait justement choqué" (C,II, p.493). On lit aussi ans "le Peintre de la vie moderne" (chap.III) cette remarque attribuée à Constantin Guys lui-même : "Tout homme {... ] qui s'ennuie au sein de la multitude, est un sot ! un sot ! et je le méprise !" ; jouir de la foule est un art, et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote 2 C'est-à-dire une orgie. Voir au cinquième alinéa "cette ineffable orgie". de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau 3 Voir "Les dons des fées" (p.114). le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.
Multitude, solitude 4 On lit dans le poème "Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire ..." [F.M., p.91] la même alternative : "Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,/ Que ce soit dans la rue et dans la multitude [...]". , termes égaux et convertibles par le poète actif et fécond 5 Vauguenargues parle, quant à lui, du "génie actif, fécond" de l'artiste. Qui ne sait pas peupler sa solitude ...
Bien sur, les notes sont en bas de page mais, c'est plus fort que moi, je ne peux continuer le fil de ma lecture quand mon oeil a attrapé un chiffre renvoyant à quelque chose d'aussi proche. En fin de livre c'est autre chose. Est-ce que cela peut donner le goût de la lecture ? Et les petits classiques Garnier étaient ils ainsi ? L'esprit perd-t-il de sa souplesse avec l'âge.
Perplexe pour la photo, j'ai cherché en vain dans ma réserve. Je trouve que cela peut évoquer l'Opéra comique et les boulevards.
Dernière perplexité : que les gens découvrent le rôle des armées d'Afrique dans la campagne d'Italie et la libération (enfin je simplifie le nom des corps) et petit sursaut en entendant chanter "les Africains".
Posted by Picasa