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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, janvier 18, 2024

Petits ennuis mais poètes Tang

 


Mauvaise nuit au sommeil très rare et haché, se lever dans un monde humide, venir à bout comme le permettaient mains et idées du #1 du nouvel atelier de François Bon qui attendait depuis un début rapide dimanche que je m’intéresse à lui… résultat hum, mais mis en ligne et puis, après courte sieste, mon iMac,  comme la veille,  s’est bloqué… sortir à la hussarde, rouvrir comme peux… penser que risque fort de vivre ses derniers moments et ne pas savoir comment le remplacerai (si je disparais d’internet ne vous inquiétez pas, ce sera cela, tant pis… le plus ennuyeux : les formalités, banque, impôts, etc…)  





Commencer à préparer ceci et puis partir poster une grande enveloppe, passer au bureau de tabac, chez un pharmacien et vers Rosmerta même si j’ai dit adieu à mon rôle de bénévole, juste parce qu’en avais besoin et pour parler de la manifestation de dimanche)… mais en fait j’ai renoncé en chemin à cette réunion de bénévoles, certaine de l’inutilité quasi ridicule de la chose (et j’ai été raccompagnée par le retour de la pluie)






Hier, avant que notre prince donne sa conférence de presse et que je lui préfère la quatrième conférence du cycle « Gestes critiques » de Georges Didi-Huberman https://www.youtube.com/live/_S_0EHsQtho?si=_2b-WHCTBK-NC-P4,  je m’étais re-plongée, pour continuer avec l’idée de « retrait » dans le beau livre « Ombre de Chine », recueil de poèmes choisis et traduits par André Markowicz (chez Inculte) mais après avoir sélectionné un long passage vers la fin du « dur voyage » de plus ancien, Lu Zhaolin (634-684) https://en.wikipedia.org/wiki/Lu_Zhaolin 

« … Dans notre vie nos désirs et nos gloires

      tout est soumis au temps qui se déroule;

Passés en un éclair en un instant

     se reposer sur eux est impossible.

Quelqu’un peut-il arpenter le soleil 

     quand il passe au-dessus des Monts de l’Ouest ?

Quelqu’un peut-il arrêter le courant

     quand il s’écoule vers les mers de l’Est ?

Sur les tombes des Hans les arbres poussent 

     comme ils recouvrent le pays de Qin.

Tous ils arrivent passent disparaissent

     tous méritant une lamentation.

Depuis toujours chaque année les grands princes

     ont amassé des montagnes de riz.

Et chacun d’eux prévoyait que sa gloire

     devrait briller jusqu’à la fin des temps.

Où voyez-vous leurs lèvres écarlates 

     où à présent la beauté de leurs traits !

Qu’entendez-vous à part les sources jaunes

     et les buissons d’épines de leurs tombes ?

Un jour viendra votre or vos zibelines

     seront vendus pour acheter du vin

Les fleurs flocons de jade se répandent

      en mille et mille pièces dans le vent.

Ce qui est dit est pressé à vous

     qui officiez dans les palais des dieux.

C’est au moment où votre vie bascule 

      que vous verrez qui sont vos vrais amis :

Ne violez pas l’enceinte du palais

      restez loin de l’entrée du Dragon Bleu.

Ce que soi-même on a de mieux à faire

     c’est de se retirer dans la montagne.

Toucher les cieux les îles immortelles

     aucun espoir — trop haut beaucoup trop loin… »


Mais comme seuls des poèmes trop longs approchaient vaguement du thème, comme par contre ils sont très beaux dans l’ensemble ai retenu pour accompagner ce grand ancien, un court poème de chacun de ses cadets, de ceux qu’André Marcowicz réunit sous l’appellation dr « la grande triade » :


« Le lac Yi » de Wang Wei  (701-761)

« Des flûtes sonnent loin sur l’autre rive

Le crépuscule l’heure de l’adieu

Au bord du lac il a tourné la tête

Montagnes bleues vers les nuages blancs. »


« Assis seul devant le Mont Respect » de Li Po (701 761)

« Une volée d’oiseaux a disparu

Indolent dans le ciel — un seul nuage

Nous regardant tous deux sans nous lasser

Tant qu’il ne reste plus que la montagne »


« Pensées en voyageant la nuit » de Tu Fu (712-720)

« Brise douce sur l’hère de la rive

Le long mât de la barque seul la nuit.

Touchant la plaine immense les étoiles

La lune sur les vagues du grand fleuve.

La gloire — écrire n’en apporte aucune.

L’office — la santé l’a retiré.

Flottant de place en place — la semblance :

Une mouette des sables ciel et terre. »

samedi, décembre 16, 2023

Une séance et un poème

 

M'en suis allée dans le bruit et contre la force du vent, courbée en deux et jambes raidies pour garder ligne droite jusqu'à la place de l'horloge,


redressée sur jambes épuisées dans le calme relatif de la ville, vers le Théâtre des Halles


(assez épuisée pour accepter un siège face aux œuvres récentes plus colorées d'Alain Timar pour assister à La Séance.. passant du bruit des foucades du vent au bruissement des conversations civilisées puis aux éclairs et au chahut d'un orage fictif mais fortement rendu dans la salle, pendant que le public s'installait (salle pleine) et le début du spectacle.

une photo © Léa Bousquet provenant de la page Facebook du théâtre

Difficile d'en parler, je recopie la présentation =

« La Séance, c’est une cérémonie dans laquelle on invite les spectateurs à assister à un désenvoûtement, peut-être à se désenvoûter eux-mêmes. L’idée est que le capitalisme est une idéologie dans laquelle nous sommes nés, une aliénation aussi bien désirée que subie. La cérémonie accueille rituels, parades, numéros.

On vient confier des questions, des aveux, partager notre bile en somme. Pour exorciser des figures de notre monde contemporain, des bulles de spectacles surgissent : un Guignol fatigué d’être raillé, une danseuse de joie qui nous échappe, une maquilleuse qui prend le pouvoir… Une forme de théâtre propice à faire résonner les tremblements de notre époque. »

une mise en scène de Théodore Oliver, une écriture collective di MégaSuper Théâtre (Toulouse)

alors j'ai ri très souvent, souri le reste du temps.. un patchwork où entrait du beau et du violent emporté, après des langueurs méditatives et hésitantes au début, où se mimait l'improvisation du n'importe quoi (qui bien entendu n'était pas), enchaîné ensuite avec une allégresse qui nous faisait sauter sans peine d'un chant créole étiré à de la danse déjantée, un monologue de philosophie moins de bazar qu'elle le prétendait, à des plaisanteries grivoises, de la poésie, au tir à l'arc sur une grande tête de plâtre blanc dont le sang était doré...

Sur le chemin du retour le vent s'assoupissait.

Pour le poème du jour, un court poème de Lu Zhaolin '(614-684) choisi et traduit par André Markowicz pour son recueil «Ombres de Chine »

Chanson de la neige qui tombe

« … Sur la passe infinie paix de nuages

La neige est sombre – sable des Tartares

La glace brille – lune de la Chine

Les portes de la ville sont d'argent

Le Mur protège la Cité de jade

Tombées comme des feuilles les bannières

Le Fils du Ciel n'entendra pas un nom. »

dimanche, mars 06, 2016

Un samedi de mars

carreaux humides
traces de pluie à l'aube
guerre intérieure
guerre à tous, à moi même
se rencogner, attendre
petit sourire
du ciel entre les branches
bleu s'élargissant
détendre le visage
sur les épaules serrées
et puis vaquer, maladroitement, un peu, obstinée, lentement
et puis le plaisir de trouver une petite sélection des fichaises, du journal du rat:
jour _ trouvé la cuillère : chercher la tasse, imaginer le morceau de sucre qui va avec

nuit _ se creuser une fosse, y passer le temps nécessaire à apprendre le noir, ses nuances, et se remémorer le temps de la lumière avec plus d’acuité, le manque a rempli ma ratière
des todo-listes dans le journalier de leur auteur, Christine Jeanney http://christinejeanney.net/spip.php?article1221
le plaisir de vaguer un peu dans ombres de Chine le gros et beau recueil de poèmes chinois traduits (et choisis) par André Markowicz, passant au hasard, parmi les plus courts, pour un premier contact de Lu Zhaolin (634-684)
chanson de la neige
qui tombe
Chevaux nomades pendant trois automnes
Sur la passe infinie paix des nuages
La neige est sombre – sable des Tartares
Le glace brille – lune de Chine
Les portes de la ville sont d'argent
Le Mur protège la Coté de jade
Tombées comme des feuilles les bannières
Le Fils du Ciel n'entendra pas un nom.
à Li Po (701-761)
chanson du lac Ch'Tu-Pu
Blancs les cheveux longs de trente mille toises
C'est qu'ils ont la longueur de la tristesse
Face au miroir brillant on s'interroge :
Ce givre d'automne, d'où vient-il ?
ou, par exemple, Li Shang-Yin (812-858)
Le saule
Printemps la fièvre des milliers de feuilles
Branches sans fin qui font tanguer l'aurore.
Le saule est-il ou non doué d'amour ?
Ce qui est sûr c'est qu'il danse sans cesse.
Papillons blancs dans les duvets du vent
Orioles jaunes dans les branches souples.
D'une beauté à ruiner un empire
Qui donc ne chanterait que les sourcils !
plaisir enfin, de partir en début de soirée vers le théâtre du Chêne noir pour écouter les Poème d'exil, dits et chantés par Aïni Iften et Serge Barbuscia (bandonéon : Yvonne Hahn), textes de Brecht évoquant son périple du Danemark en Finlande et enfin aux Etats Unis, poèmes, chansons, anecdotes, témoignages, avec des musiques de Kurt Wiell et Astor Piazzola, traduits et mis en scène par Serge Barbuscia

plaisir anticipé de découvrir une facette de Brecht plus intime, plaisir de lire sur le programme que le choix du bandonéon vient de la parenté de destin, instrument né en Allemagne (ne savais pas) et parti trouver un nouveau pays, de lire Promu au noble titre d'artiste dégénéré, Brecht se prête volontiers au jeu du faux naïf auquel il donne le nomde Monsieur Keuner – un monsieur tout le monde incapable de penser comme tout le monde. L'aspect clownesque que revêt malgré lui l'artiste exilé constitue le fil rouge de ce spectacle.Plaisir un peu déçu, malgré la voix d'Aïni Iften, malgré de belles idées, les textes, par un manque de rythme qui surlignait un peu trop.. 
retour en maudissant silencieusement la mauvaise entente des cailloux de la calade et des talons de mes bottes.