mais d'un véritable
auteur, auquel j'ai rendu visite en fin d'une journée où le temps
hésitait à se souvenir que le printemps nous était venu, faisant
succéder à la pluie de la nuit des clins d'oeil de la lumière
entre masses blanches
Après le thé de l'après
midi, après un petit salut au bouton présomptueux d'un rosier,
m'en suis allée dans la
ville trempée vers Utopia pour voir Taxi Téhéran,
puisqu'après les articles sortis au moment de Cannes, je rencontre
ce film à tous les coins du web, puisqu'en parlaient des articles,
des radios, Dominique Hasselmann
https://hadominique75.wordpress.com/2015/04/21/taxi-filmeur-taxi-teheran/,
et plus récemment Frank Queyraud
https://flaneriequotidienne.wordpress.com
qui m'a dirigée vers un billet critique
http://veraicona.hypotheses.org/489#more-489
(où j'ai pris le terme de selfie, même si la prise de vue gomme un
peu les distorsions inévitables dues à la proximité).
Contrairement à mon
réflexe qui est de m'abstenir quand le bruit se fait un peu trop
insistant, j'ai eu envie de saluer ce geste de défi, envie aussi de
cueillir un peu de l'air de vivre à Téhéran, même si les
passagers sont en fait des amis du cinéaste, des personnalités, et
si ce n'est pas un documentaire mais un film construit.
Et, oui, j'ai aimé cette
liberté née de la contrainte, j'ai ri en entendant les limites pour
la création d'un court métrage énumérées par la nièce, j'ai ri
des deux femmes et du poisson, de la verve du marchand de DVD (qui,
seul en ce cas du moins dans la fiction du film, reconnaît Jafar
Panahi, en bon cinéphile), j'ai admiré la femme aux roses, frémi
devant le sang de l'homme et souri que sa femme attentionnée le soit
surtout pour sa crainte de le voir mourir intestat (et de se voir
jetée dans le néant) etc... souri aussi, comme demandé, de la
gourderie de ce faux chauffeur de taxi pour se repérer dans les
itinéraires, et j'ai admiré cette façon d'être totalement
auteur/sujet de son film, omniprésent même si c'est dans
l'écoute...
Ai même accepté qu'à la
fin les noms de ces acteurs d'occasion ne soient pas cités pour
éviter des poursuites, alors qu'il suffit certainement à des
policiers-censeurs de visionner le film pour les identifier assez
facilement.
Et j'ai découvert que les
avignonnais s'ébattaient depuis des années en terrain dangereux.




