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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, mars 31, 2025

Il faiblit ... et le ciel de Ponge


Matin sur la cour,

en son mitan, plaque bleue

et trace du vent

minime il est vrai



et quand un peu avant cinq heures m’en suis allée  dans la lumière voyant les branches du laurier ne plus fouetter l’air mais se balancer doucement, il ne clamait plus mais chantait, un petit nuage blanc flottait au dessus d’une tour, j’ai pu traverser l’espace vers les remparts sans panique et avancer vers la place sans m’assurer, dos contre les murs entre deux séries de pas précipités dans les instants de calme, ma résistance… ce ne furent que deux pas « chassés » un peu désordonnés et une crispation raide des jambes…

la place n’était plus espace voué au flux de l’air, la petite vieille se détendait presque, ne s’est retenue que deux fois… 



et j’ai négocié mon aller et retour rue de la République et la descente vers l’antre à pas presque assurés et souples en balançant ma canne.


Enregistrant mes photos sans éprouver le besoin d’en atténuer les couleurs, repensant au ciel d’avril près d’Aix en Provence qui émut Ponge, ai repris la lecture de « La Mounine — ou note après coup sur un ciel de Provence », et honte à moi, je m’accorde le droit d’une trop longue citation un peu avant la fin de sa recherche des mots traduisant son émotion en tentant de cerner la cause de la violence de ce ciel

L’abîme supérieur (zénithal). Le soleil est fait pour nous aveugler, il transforme le ciel en un verre dépoli à travers quoi l’on ne voit plus la réalité : celle qui apparaît de nuit, celle de la « considération »

Mais dans certaines régions la transparence, la tranquillité (sérénité) de l’atmosphère est telle que la présence de cet abîme est sensible en plein jour. C’est le cas de la Provence. Le ciel au-dessus de la Provence présente constamment une clairière, comme une fenêtre de vitre claire dans un plafonnier dépoli. 

Certes le soleil empêche qu’on voit les étoiles en plein jour, mais l’on devine la nuit intersidérale, qui fonce le ciel, qui lui donne cette apparence plombée….

Ce qui donne ce second quatrain du poème abouti

L’on eût dit que la nuit rancunière

Pour venger son recul d’au-dessus ces régions

Avait voulu vider d’encre à style bleue noire

Son coeur de poulpe à cette occasion..


vendredi, avril 12, 2024

Marche matinale, poème, non-bibliothèques



Sous brise fraiche

dans lumière gourmande

ma courte errance.

Sourire à cette gloire

malgré laideur de l’âge.






Pour le poème du jour choisir Ponge en version moyennement concentrée


L’oeillet


Papillote chiffon frisé

Torchon de luxe satin froid

Chiffon de luxe à belles dents

Torchon frisé de satin froid

Mouchoir de luxe à belles dents

Fripes de luxe en satin froid

De luxe


pour lutter contre la longueur de ma contribution au #1 (sur le thème du classement de nos bibliothèques) de l’atelier en cours du tiers livre, puisque suis parvenue, vaille que vaille, à écrire un texte pour la #3


mes non-bibliothèques

« Et j’ai semé je ne sais combien de bibliothèques au cours de ma vie » disant cela en passant le long des piles de livres encadrant les petits casiers de provenances diverses entassés et pleins de livres me suis dit que c’était idiot puisque livres j’ai et j’ai eu oui mais de bibliothèque point. De l’enfance, de l’adolescence ne sais plus rien si ce n’est les livres omniprésents pourtant aimés pour l’isolement les rêves qu’ils m’apportaient livres qui me semblent flotter de passage qui pourtant au moins pour certains ont dû être pensionnaires proches un temps dans mon coin qui pour certains les mêmes ou autres sont restés en moi les meilleurs ou non de ces livres offerts et partagés mes trésors ces livres accompagnant la découverte de l’écriture qui souvent se limitaient aux classiques Garnier et aux livres partagés avec ou sans autorisation avec ma mère oui ne sais plus sauf pour ces derniers visualiser leurs emplacements. Me souviens davantage de ceux de Paris… de ceux que j’achetais lorsque pour la classe de philo suis sortie des mains des religieuses et de la fratrie et que j’ai eu quelques sous à moi ne sais ce que j’en faisais où les gardais n’ai souvenir que des rayons tapissant deux murs avec des romans ou livres d’histoire et puis des deux rayons du bas avec les cahiers des mémoires de mon grand père dans le bureau sien où j’avais mon lit d’hébergée ainsi que de la petite bibliothèque basse sous les fusils à pierre et les sagaies avec les numéros de la Revue des deux mondes et les livres de Sade que j’empruntais et qui m’ennuyaient. Me souviens des livres de poche que me permettaient mon argent du même nom trouvés au rayon librairie des grands magasins parce que les libraires m’intimidaient et que leurs possibles conseils m’étaient recul comme tout ce qui était plus ou prou prescription sans pour autant savoir ce qu’en faisais. Rue de Sévigné dans mon premier antre personnel l’invasion des livres et revues s’entassaient au sol et pour ceux que voulais garder m’accompagnaient vers Cholet ma petite chambre sous le toit familial et les deux rayonnages que j’ai toujours fabriqués en belles planches épaisses par mon père qui renouait avec ses ancêtres grand-maternels menuisiers et calfats rayonnages qui m’ont suivi vers l’antre/pagaille de la rue de la Roquette et mes achats compulsifs dans les solderies, les bouquinistes quelques incursions dans des librairies ou plutôt leurs tables extérieures timide j’étais toujours et plus intéressée par les livres de poche pour leur moindre encombrement et mon dédain de l’actualité du livre qu’il Faut avoir lu… le surplus qui ne trouvait place ni sous la planche table basse sous la fenêtre de ma chambre ni dans les rayonnages paternels ni dans les deux achetées en kit et mal montées descendant dans des petits sacs plastiques pour s’entasser dans la cave où ils ont pourri tranquillement. De mon antre me souviens qu’après le moment de plaisir quand retrouvant un peu de force et de tonus au bout de quelques jours découvrant les piles telles que ma soeur venue m’aider les avait disposées en vidant les cartons passé le moment d’effarement ai entrepris puis abandonné de les trier par ordre alphabétique renonçant assez rapidement les alignant sur les rayonnages qui avaient trouvé leur place d’emblée en saluant quelques uns comme des amis oubliés m’agaçant de ne pas en retrouver d’autres qui n’ont pas tous refait surface commandant une haute colonne et au fil des mois suivants quelques casiers au gré de rencontres dans des catalogues sans tenir compte de la teinte des bois guidée uniquement par les dimensions des impulsions plus ou moins explicables l’inutilité de toute intervention mienne pour les monter… et au fil des années qui ont suivi dirai que suis dépassée par la marée décidée à ne plus y faire entrer quelque livre que ce soit…  que les deux ou trois tentatives de classement ont tout de suite été perturbées et détruites par les arrivés prenant place où elles pouvaient ou ne pouvaient pas… que ceux qui sont rangés c’est à dire posés dans un cadre de bois officiel ou même dans un des nombreux casiers d’osier de carton gainé de tissu ou de bois qui sont venus les rejoindre parce que pouvais les porter y sont tant serrés qu’il est pratiquement presque impossible de les en sortir… que lorsque désirant relire enfin je découvre derrière le premier rang ou perdus dans une pile des livres ceux que je ne me souviens plus d’avoir lus ni possédés… qu’il y a tous ceux dont je ne suis pas certaine qu’ils soient arrivés dans l’antre et placés quelque part ou que je crois avoir mais qui trainent dans un coin de mon cerveau semblables et différents de ce que je redécouvre en les relisant quand tombe sur eux. Finalement les livres avec lesquels je cohabite se doublent d’une bibliothèque aussi riche et belle qu’imaginaire recrée de mauvaise et bonne mémoire ou se limitant à des titres et des échos.

jeudi, mai 21, 2009

bien trop long méli-mélo dans la fin de l'une des premières journées de chaleur. Pas encore la chaleur féroce qui nous guette sans doute au coeur de juillet, mais un bien-être qui baignait les rues d'Avignon et donnait aux passants un air de vacance.
Et en revenant des Halles, (les photos de ma déambulation tombant ici au hasard de mon trajet matinal) après les pâtes et une nouvelle tentative infructueuse pour dégager le tube mort de la salle d'eau (et je continuerai à me laver, à laver, à nettoyer dans le noir jusqu'à la venue improbable de plus fort que moi), me souvenant du billet lu aux petites heures sur les lignes de fuite http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/05/20/la-liberte-de-trouver-a-redire , me suis installée contre le mur de la cour (et j'étais obligée de rentrer de temps en temps pour mouiller mes poignets, mes tempes et la pliure des bras) avec quelques poètes, à la recherche de leurs mots sur la poésie.

Yves Bonnefoy "dans le leurre des mots"
"Ô poésie,
Je ne puis m'empêcher de te nommer
Par ton nom que l'on n'aime plus parmi ceux qui errent
Aujourd'hui dans les ruines de la parole.
Je prends le risque de m'adreser à toi, directement,
Comme dans l'éloquence des époques
Où l'on plaçait, la veille des jours de fête,
Au plus haut des colonnes des grandes salles,
Des guirlandes de feuilles et de fruits
."
en contrepoint, mais non sans exigence, Francis Ponge (lettre du 22 juillet 1941)
"J'ai besoin du magma poétique mais c'est pour m'en débarrasser.
Je désire violemment (et patiemment) en débarrasser l'esprit. C'est en ce sens que je me prétends combattant dans les rangs du parti des lumières, comme on disait au grand siècle (XVIIIème). Il s'agit, une fois de plus, de cueillir le fruit défendu, n'en déplaise aux puissances de l'ombre, à Dieu l'ignoble
en particulier."

Philippe Jacccottet "paysages avec figures absentes"
"sous ce vent doux, lointain, continu..
Ce qui distingue la poésie de l'histoire, d'une certaine histoire, et de toute science est là. Dans mon saisissement, le vol de l'aigrette avait au moins autant de part que le bruit du vent et ces remparts d'un dessin si pur ou ces tombes plus barbares. C'était leur rencontre qui suscitait une phrase encore vivante
."

Jean-Michel Maulpoix "l'instinct du ciel"
"Poéte, par quoi d'autre le devient-on que sa propre disparition ? Une espèce d'absence, là ou d'autres s'empressent et trouvent quantité de choses à leur goût. Ces enfants sont sans mère. qui dans la langue cherchent leur refuge. Quelqu'un leur a manqué. Quelqu'un qui leur ressemble. Ils tissent de tout leur corps sur le papier d'inutiles toiles d'encre avec l'espoir insensé que cet autre-là s'y laissera prendre. Alors peut-être sauront-ils de quelle nuit ils sont eux-mêmes venus."

Je suis rentrée, j'ai lu des blogs et des articles, et puis ai continué un petit moment, dans les textes de publie-net emmagasinés, http://www.publie.net/tnc/ , en m'aidant à vrai dire de l'outil "notes" de l'épatante liseuse de "l'Immatériel"
Proust '"à propos de Baudelaire"
"Je suppose surtout que le vers de Baudelaire était tellement fort, tellement vigoureux, tellement beau, que le poète passait la mesure sans le savoir. Il écrivait sur ces malheureuses petites vieilles les vers les plus vigoureux que la langue française ait connus, sans songer plus à adoucir sa parole, pour ne pas flageller les mourantes, que Beethoven dans sa surdité ne comprenait, en écrivant la Symphonie avec chœurs, que les notes n'en sont pas toujours écrites pour des gosiers humains, audibles à des oreilles humaines, que cela aura toujours l'air d'être chanté faux." ouai

Olivier Rolin "la chambre des cartes"
"Diriez-vous que la poésie est très utile, assez utile, plutôt inutile, carrément inutile, ne sait pas. Laissez-moi consulter mon écran. Eh bien dites donc... Les chiffres parlent d'eux-mêmes... Les chiffres, eux, ne mentent pas. C'est comme la terre. Non, excusez-moi, c'était une plaisanterie. Et pourquoi ce désaveu, selon vous ? Non Mademoiselle, je sais ce que vous allez me dire, mais je vous arrête. Le public est roi. Un roi démocratique, parfaitement. Moi j'appelle ça le marché, mais appelez ça le peuple si vous voulez : ça revient au même. Or, que veut le peuple ? Que dis-je, qu'est-ce qu'il exige ? Qu'on le distraie, pas qu'on lui farcisse la tête. Il a assez d'emmerdements comme ça, le marché. Le peuple plutôt. C'est aussi
simple que ça".
Philippe Berthaut "seau rouge, seau bleu"
"Ensuite cela déborde
Imaginons ces mots débordant de leurs récipients
Seau rouge, seau bleu
Se répandant en flaques tout autour
La poésie même comme un trop-plein de langage dans le corps
Et la page comme une flaque s’incurvant
Dans son ventre accueillant les gouttes de lettres
Tout cela si clair si limpide
Comme est toujours la poésie malgré les images qui l’encombrent"

et puis, en trichant un peu, puisque le mot manque, Fred Griot "Plateau"
"parole c’est émerge d’un matériau brut, puissant. mots à matière souffe respire. mots appuyés condensés pesants. la parole a un poids dans le jeté souffe fux
un poids dans l’appui. dans l’appui du souffe sur l’air de l’entendre"

Mes compliments aux passants.

vendredi, janvier 23, 2009

parasitisme admiratif - pardonnable ?
"Il pleut, sur le ravin, sur le monde. Les huppes
Se sont posées sur notre grange, cimes
De colonnes errantes de fumée.
Aube, consens à nous aujourd'hui encore"
- Yves Bonnefoy "les planches courbes"
et pendant que quelques gouttes s'écrasent mollement sur les carreaux de ma cour, à défaut de terre profonde, sous un ciel de blancheur uniforme, et que mes orteils se recroquevillent dans mes bottes, je suis, loin des murs de ma petite ville, dans cette campagne travaillée, où je peux dire "nous". Une illusion de familiarité, non pas de rêve, mais d'un monde qui pourrait tant être vrai, grâce à l'amour tranquille de ces mots, que je suis dans sa réalité comme dans mon corps assis devant ma table
.
"L'orage s'en est allé.
J'entends les oiseaux s'éjouir, et la poule
Revenue sur la route
Recommencer son cri. A l'occident, là-bas,
L'éclaircie se déchire au dessus des montagnes."
- Giacordo Leopardi "Canti"

Tranquillement, en ouvrant ce livre là; qui était rangé près de l'autre, je reste dans le chant de la nature - infligeant aux intentions des textes un peu de mon paganisme -, mais comme je me souviens que ces mots ne sont qu'une belle approche, et que la langue en laquelle ces images sont venues est un bel italien, personnel, l'envie de partir à la recherche de l'original - que je ne saisirais que dans le souvenir de cette traduction par Georges Nicole, révisée par Jaccottet - s'interpose entre ces lignes et moi.
"c'est le passé, épais, c'est le sombre; l'immémorial ; c'est comme un monument de pierre qui, au lieu de s'élever, pour imposer, se réduirait à une immense et profonde assise qu'il faudrait se pencher pour honorer ... au-dessus de quoi l'espace s'est fait d'autant plus vaste, d'autant plus ouvert..." - Philippe Jaccottet, justement, parlant de l'hiver dans son paysage, voisin de celui-ci qui est hors de mes murs, avec juste un peu plus d'ampleur et de rudesse qui lui viennent de la campagne, du plateau de la petite montagne, une terre moins pétrie d'histoire écrite, mais où les nymphes pouvaient plus facilement être rencontrées au détour d'un bois d'yeuses ou d'une oliveraie, avant que l'endroit ne devienne une banlieue luxueuse.
"Convalescence du bleu après l'averse...
Le ciel se recolore. Les arbres s'égouttent et le pavé boit. La ville aussi essaie des phrases. Rires mouillés et pluie de pieds nus. On dirait que le paysage est tout éclaboussé de croyance."
- Jean-Michel Maulpoix "une histoire de ciel" - et je rentre chez moi, pour me trouver dans le bonheur de sa vision et de sa langue, dans ses ébauches d'histoires, sa quète d'exactitude, sa rigueur simple qui m'est aimable, et dans l'amour de la mer, et le plaisir d'y penser dans une chambre, et du bleu - de tous les bleus, du transparent irisé d'humidité, jusqu'à la terrible plaque irradiante qui nous surmonte lorsque le vent ou l'août nous colonisent
.

Comme je continue ma lecture, avant que ces mots m'emportent, je justifie ce presque jeu de pillarde par l'exercice
77 - citations (Michel - Faux rêveur) d'écriture ludique
http://www.ecritureludique.net/article-26556985.html :
.... "le principe de cet exercice est de reprendre une ou plusieurs citations et de vous en servir pour construire un texte, de manière à ce qu'à chacune des citations corresponde une partie bien distincte de votre texte, qui l'illustrera.Toutes les parties de votre texte doivent avoir approximativement la même longueur.
Il peut n'y avoir qu'une seule partie s'il n'y a qu'une seule citation.
En début de chaque partie, indiquez la citation complète qui lui correspond, avec le nom de son auteur. Elle n'a pas à faire partie du texte, mais vous pouvez l'y intégrer, si vous le désirez..."
et cela m'a servi de prétexte à une longue promenade dans ces recueils, avec un peu de Char aussi, et du Ponge de "la Mounine" dont un peu du ciel s'est retrouvé à la fin : "Quelque chose d'éclatant voilé, de splendide voilé, d'étincelant voilé, de radieux voilé.
Ce qui est curieux, c'est que la chose éclatante en question soit voilée par l'excès même de son éclat".

vendredi, avril 04, 2008

Longuissime puisque un peu frissonnante et vide je pille, sans avoir même envie de me forcer trop à élaguer.
Rien – des projets – de la paresse – du mal être – l’un ou l’autre ou les deux – de la maladresse. Ce que j’ai fait de plus utile et très provisoirement marquant : la chasse, non plus seulement aux chatons et leur rousseur mais aux blanches invasions de pollen qui s’installent pour un grand mois. J’arrive à en saisir sans les écraser, et j’imagine les cristaux de neige que je ne connais guère que par des photos.
Comme je me sens un peu plus stable, un peu moins migraineuse, en écoutant le cirque à l’assemblée (avec une impression de revivre à propos de l’amendement 252 protégeant les territoires et AOC, le lendemain du vote de la licence globale) accompagné par le chant du vent, pas impérial mais joliment joufflu, j’ai « feuilleté » (il faut trouver un terme équivalent) des textes de Publie-net http://www.publie.net/ en attente, et j’ai trouvé l’écriture

« Les mots sont importants car ils constituent les couleurs de l’écrivain classique ; on n’insiste pas assez sur le temps passé par les grands peintres à préparer leurs couleurs, à les choisir, à les atteindre. Une fois qu’on a la bonne couleur, le reste vient tout seul. La note de couleur commande à tout le tableau, elle l’oriente comme il faut ; même chose pour le mot et la page, sauf que les mots d’une langue n’existent qu’en nombre limité. Au total, ils sont environ soixante mille, et seuls dix mille d’entre eux seront vraiment compris par tous les gens, et seuls cinq mille seront utilisés dans un récit de fiction. L’écrivain classique, une fois qu’il a ses mots, doit encore respecter la mesure, la cadence, l’exacte musique. Cela vient tout seul, mais il faut quand même faire attention parfois. »« la vie des écrivains classique »Marc Pautrel
"S'obstiner à travailler dans de telles conditions, c'est sûrement maladif, de même que de faire feu de tout bois, et pourtant les mots sont là, comme la parole est aux bavards, un flot mal contenu dans lequel on trouve de tout, le plus difficile en somme c'est de séparer le grain de l'ivraie, c'est-à-dire de retenir les pépites dans un torrent de boue. Je n'en trouve pas si souvent des pépites, je n'appartiens pas au clan serré des chercheurs d'or heureux, plutôt au groupe indistinct et sans grade des chercheurs d'or pauvres." – « Désordre, un journal » Philippe de Jonckheere


Jean-François Copé est venu surveiller ses troupes, a tonné contre l'opposition et s'en est allé
"Raconter des histoires, transmettre des idées, témoigner, des tas d’institutions bavardes s’occupent de ça, les grands-mères (du temps au moins qu’elles savaient « raconter des histoires »), l’université, les médias, le cinéma, même les partis politiques. Tramer de la beauté avec les mots, en revanche, est proprement l’objet de la littérature. Seulement on ne sait pas du tout en quoi consiste cette « beauté » verbale. On cherche à tâtons, obstinément, quelque chose qu’on ne connaît pas, ou plutôt quelque chose qu’on a souvent éprouvé, lecteur (et alors cela donne envie d’interrompre sa lecture pour se lever et tourner en rond en répétant, en ressassant la phrase qui vous a balancé comme une décharge électrique), mais que pour autant on ne sait pas définir." "Littérature, politique" Olivier Rolin
Le Président a annoncé qu’une conférence des présidents de groupe était convoquée et a annoncé une suspension de séance (ils vont laisser reposer la tempête vraie ou non après la séance de ce jeudi soir). Ce qui m’a envoyé, sur un rayonnage à :
« Mon sacré nom de Dieu de roman me donne des sueurs froides…. J’ai relu tout cela avant-hier, et j’ai été effrayé du peu que ça est et du temps que ça m’a coûté (je ne compte pas le mal). Chaque paragraphe est bon en soi, et il y a des pages, j’en suis sûr, parfaites. Mais précisément à cause de cela, ça ne marche pas. C’est une série de paragraphes tournés, arrêtés, et qui ne dévalent pas les uns sur les autres. Il va falloir les dévisser, lâcher les joints, comme on fait aux mâts de navire quand on veut que les voiles prennent plus de vent. » «lettre du 29 janvier 1853 à Louise Collet » Gustave Flaubert que je trouve tout de même plutôt content de lui, là. (pas à tort, mais inhabituel


Je suis sortie jeter des papiers aux remparts, et en ai ramené un peu du ciel de fin d’après midi (et les nuages qui animaient le bleu, et le bleu pur au dessus de ma rue)
Et pendant la poursuite du débat, je n’ai pas trouvé derrière quel livre se cachait la correspondance de Mallarmé, que je cherchais, mais
« Et me voilà tâtonnant à nouveau, trébuchant, accueillant les images pour les écarter ensuite, cherchant à dépouiller le signe de tout ce qui ne lui serait pas rigoureusement intérieur ;mais craignant aussi qu’une fois dépouillé de la sorte, il ne se retranche que lieux dans son secret.
Ce matin l’eau voile l’herbe
l’écume revient aux roseaux,
plume par le vent poussée ! »
« paysages avec figures absentes » Philippe Jaccottet

et parce que le choix dans ma réserve de photos du ciel m’avait été dicté par le souvenir que j’en avais, un peu de « la Mounine » de Francis Ponge et les tentatives entêtées de description de ce ciel et le paysage « il faut d’abord que je le saisisse, que j’en lie en bouquet, pouvant être tenu à la main…. »« Sur la campagne de Provence
rêgne un pétale de pervenche
Ce jour bleu de cendres vaut nuit
Qui pèse sur la Provence….
.. »Le jour qui luit sur la Provence
est un azur à mine de plomb
ce jour bleu de cendres-là vaut nuit »
… »l’immensité intersidérale est vue ici par transparence et c’est grandiose (aperçu sur l’infini). »

samedi, août 26, 2006

je vois mal Angélique(Marie, Aurélie et Vivien ces jours derniers à Frangy ou Fouras, maintenant à La Rochelle, ni moi non plus, au moins physiquement, et je les laisse dans le salon boire (un peu !) du vin d'orange, et regarder le soleil dans les arbres du jardin de derrière, en cherchant comment aborder ou éluder leurs problèmes et, pour moi, me restent les blogs - tenter de mettre en marche ce qui me sert d'entendement.

Je me contente des arbres, ma nouvelle passion, de l'envie de mettre des noms sur les sept espères de conifères du jardin d'A.

Je peux identifier un cyprès (mais quel ?), déterminer que l'étonnante grosse boule assez foncée, avec ses petites balles blanc sale, est de la même famille, que deux des grands arbres du fond sont des érables, sans autre précision - mais il y a tous les autres - je peux surtout savoir qu'à gauche, près de la maison c'est un pin qui domine un des lauriers, la masse boule, et un espace de terre nue, juste à côté des plans de thym.

Et j'arrive, laborieusement, à ma lecture, esprit rétif, dans ce jardin de la rage de l'expression de Ponge, et, après les efforts un peu arides, des notes prises pour un oiseau, au carnet du bois de pin.
Accord avec les premiers jets : le pin... est l'idée élémentaire de l'arbre... C'est que seule importe la tige, toute droite, élancée, naïve... (Dans un élan sans repentir, tout simple et droit) et Rien de riant, mais de quel confort salubre... quel salon de musique sobrement parfumé, sobrement adorné, bien fait pour la promenade sérieuse et la méditation.
Mais il dit aux bois de pins Ce n'est pas pour rien que vous avez été remarqués par Ponge. et, avec ma mauvaise grâce, je ne l'ai plus suivi dans son admirable mais laborieuse quête. Je n'ai pas reconnu les pins dans cette brosserie haute touffue de poils verts.
Les seules pinèdes dont je peux retrouver la sensation sont celles de Gien (qu'en reste-t-il ?) ou Porquerolles quand, après avoir mouillé devant la grande plage, on gagnait à pied le village, ou Brégançon, en bordure de l'Estagnol. Et me reviennent l'odeur et le possible recueillement, la lumière qui filtre - plus prosaïquement, la nécessité de mettre des tatanes, à cause de la petite douleur agaçante d'une aiguille de pin entre la corne des pieds et leur chair.
Et, tout de même, j'admire : il s'agit, au coin de ce bois, bien moins de la naissance d'un poème que d'une tentative... d'assassinat d'un poème par son objet et je désire violemment (et patiemment) en débarrasser l'esprit. C'est en ce sens que je me prétends combattant dans le rang du parti des lumières, comme on disait au grand siècle (le XVIIIe)...
Ce n'est pas pour rien que la bourgeoisie dans SON COMBAT au XXe siècle nous prône le retour au moyen âge.Posted by Picasa

jeudi, juillet 13, 2006

somme toute, ce ne fut pas un excellent 13 juillet. Je me suis armée de calme, nippée, et partie en souriant vers l'exposition Barcelo. Agréable, quelques terres assez belles, des graffitis juste assez désinvoltes sur les vieilles pierres de la belle chapelle des Cordeliers, éternellement en projet de restauration (un peu une version avignonnaise et gothique des Bouffes du Nord ou du menton de Gainsbourg) - des vidéos sur lesquelles je l'ai regardé, avec fascination et envie, malaxer, piétiner, griffer une immense plaque de terre, tirer profit et orienter les gonflements, comme dans un pain qui lève.
découvert cette fontaine que je ne connaissais pas, dans le jardin ou je me répétais que je n'attendais rien de cette journée et cherchais que faire pour ne pas rentrer, maintenir cette tranquille vacuité. J'ai opté pour la conférence à Calvet, me trompant de jour (il faudrait tout de même que je lise un peu mieux les programmes) et l'idée d'entendre disserter sur l'"affaire Handke" m'a insupporté.
Rentrée calmement, en admirant une fois de plus cette commode, rêvant un peu que quelqu'un me l'offrait, que j'avais une maison assez grande et peuplée pour justifier sa présence.
Posted by Picasa petit exorcisme pendant les vacances des blogueurs -Et je me suis effritée de façon indigne. Sachant que "comme on fait son lit on se couche", que l'on n'a aucun droit et qu'encombrer autrui de son blues, sans attendre vraiment que lui, autrui, se manifeste, au risque de le culpabiliser n'est pas acceptable, je l'ai pourtant fait au téléphone. Sans résorber ledit blues. J'ai regardé mes fleurs se flétrir dans la chaleur, refusé de prendre les nouvelles du monde comme alibi, et décidé que tant pis, c'est bien dommage, mais il n'était pas question d'entreprendre le trajet vers le spectacle Brook. A midi, j'avais 64 ans.
La pluie arrivant j'en ai profité pour faire, en évitant de mouiller les tissus, le repassage en retard.
Et j'ai relu, sous notre ciel passé du blanc au presque noir, le texte de Ponge intitulé la Mounine, essais répétés de description d'une impression lors d'un trajet vers Aix, et de l'élaboration d'une éthique qui soit propre à son oeuvre. Je m'arrête aux premières notations qui m'ont plu, sans rapport avec mon état du jour, peut-être au contraire pour la simple joie de la justesse.
"autorité terrible des ciels. Valeurs très foncées. Moins d'azur que de pétales de violettes bleues. Azur cendré. Impression tragique, quasi funèbre."
"Campagne à végétation grise, avec du vert jaune d'émail perçant malgré tout, sous un ciel d'un bleu plombé (entre la pervenche et la mine de crayon), d'une immobilité, d'une autorité terribles.."
"Ailleurs, la nature respire vers des cieux qui s'occupent d'autre chose, par exemple de voiturer les nuages. Ici, les cieux s'occupent décidément d'étouffer la nature. Il est clair, ici, que la nature étouffe".
Et maintenant, on continue.

dimanche, juillet 02, 2006

Bouteilles à la mer (si seulement je pouvais)
Contente de constater que j'ai pu supporter plus ou moins facilement un début de foule (très faible, on s'entraîne) dans une chaleur dingue - et que les premières affiches s'installent, encore timidement - et souvenir de cette boutique, l'été dernier, dont la porte était condamnée par la superposition des-dites.

Un peu trop conquise par quelques pages du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes de Rousseau, me souvenir que je ne l'aime pas et reprendre, avec mauvaise foi, la lettre de d'Alembert à Jean Jacques Rousseau sur l'article Genève ... "On va, selon vous, au spectacle, on y va oublier ses proches, ses concitoyens et ses amis. Le spectacle est au contraire celui de tous nos plaisirs qui nous rappelle le plus aux autres hommes par l'image qu'il nous présente de la vie humaine". un peu faible.

Jean Pol (http://porte-paroles.blogspot.com), je ne saurais, même en cadeau d'anniversaire, jeune-homme, vous faire l'histoire de mon plus beau concert. Ou peut-être, au hasard : installée dans le déambulatoire, en haut de la salle de la Cité de la Musique, face à William Christie, bien immobile pour ne pas le gêner, selon les recommandations, le regarder diriger les Arts Florissants et de jeunes et beaux chanteurs et chanteuses, vêtus comme dans un rêve, dans des airs d'opéras baroques - pensé que les musiciens avaient bien de la chance d'être pris dans le rayonnement joyeux de cet homme-musique, et dégusté ce bonbon tout de raffinement et de justesse.


En souvenir du billet de François Bon (désolée de le piller encore http://www.tierslivre.net) sur le portrait de Ponge par Dubuffet, repris, dans la presque fraîcheur de la nuit, les textes de ce dernier et, dans Causette d'autres passages : "Un monsieur, la personne physique d'un monsieur, c'est un petit monde comme un autre, un pays, avec ses bourgs et faubourgs, et ses foires, ses champs et ses bois sauvages, mares croupissantes et escarpements peu fréquentés, et il y gîte toute une vie grouillante comme dans n'importe quelle contrée, les trains qui arrivent, les vents qui tournent, les ensoleillements et les tempêtes. On peut passer une bonne vilégiature danq la figure d'un monsieur, y demeurer un temps, s'y promener et y voyager.." et "Pour qu'un portrait me fonctionne vraiment bien j'ai besoin que ça soit à peine un portrait... C'est à l'instant de disparaître que le cygne chante".

Ensuite, cernée par des clameurs, des changements de vitesse et des klaxons, noté ceci en attendant que cela se calme. A deux heures comme cela s'espaçait décidé de dormir en constatant que réellement, profondément, même si cela n'est pas populaire, je déteste les supporters de foot et la sorte de vulgarité qui leur est propre. Posted by Picasa