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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, janvier 29, 2016

Gris sempiternel, fascination et oloé


Quand me suis redressée après avoir vidé mes sacs dans les divers bacs à déchets près des remparts, un petit trou bleu, comme un accroc, dérivait lentement..
Y ai mis un peu d'espoir, avant de souhaiter avec ferveur que Mon platane bien aimé ne soit pas touché par cette satanée épidémie de chancre coloré qui atteint maintenant des platanes de la place Pie et surtout, plus près de lui, de l'allée de l'Oulle..
et au pigeon qui prenait son envol depuis le toit de l'hôtel d'Europe ai demandé d'aller me cueillir la petite tache d'azur égarée au dessus de la rue, mais il a foncé dans le gris.
Avais des projets, mais suis restée en écoute presque toujours attentive du débat en commission sur les termes de l'ajout de l'état d'urgence dans la constitution, cette idée inutile et dangeureuse (une majorité à venir pourrait être encore pire que l'actuelle), sauf à le faire pour contraindre le gouvernement qui voudrait l'instaurer, ce qu'il peut faire actuellement, par des règles et selon des modalités aussi précises que possible, et de la déchéance nationale, avec quelques surprises dans les positions personnelles.
Et pour sortir sans effort de mon petit marasme, je recopie le dernier oloé publié qu'ont accueilli les oloés du monde entier http://relire.net/oloe/
Une cuisine dans la nuit au Revest
La nuit est tombée sur le jardin, sur le village, la pente à laquelle il s'adosse, les bois et leur couronne de calcaire.
Je ne peux pas dormir, malgré le changement de rythme, il est encore trop tôt.
J'ai regardé par la fenêtre de ma chambre les lumières dans la plaine, le réverbère au coin du jardin et les formes indécises des arbustes. L'envie de fumer se faisait pressante, comme un petit adieu au jour, et comme suis dans une maison de non fumeurs, comme maison prêtée est maison respectée, même en l'absence de ses occupants, au risque d'un inconfortable sentiment de culpabilité, ai pris mon sac, suis descendue, ai rôdé un moment sur le gravier, à la lisière de la lumière venant de la cuisine, avant d'écraser mon petit cigare parce que je m'ennuie, de rentrer et puis, comme le sommeil ne vient toujours pas, comme la pièce est claire et chaleureuse de toute la vie qui s'y déroule d'ordinaire, j'ai tiré une des chaises de paille, ai posé sur la table, à côté de la petite coupe – dans notre enfance on appelait ça compotier – où s'entassent en un assemblage esthétique et légèrement inhabituel un petit butternut rose, des oranges et les courbes jaunes de deux bananes, mon petit carnet et un Masque que j'ai cueilli sur un rayonnage du palier.
Le frais de la nuit passe par la porte entrebaillée, une voiture passe, un chien la salue... je note ma journée - ce qui précède -, je regarde la nuit, j'ouvre le livre, m'installe dans un village anglais, fais connaissance avec les personnages et quand je sens que prends goût à l'intrigue, je ferme la porte sur le jardin, je tourne la clé, mais en montant terminer ma lecture dans la chambre, un scrupule me vient, je redescends pour fermer le volet.

lundi, août 25, 2014

D'un agréable oloé-faute-de-mieux et de l'été 2014

Matin ciel bleu ferme et soleil pendant que vaquais
à l'heure de la sieste j'ai voulu aller, à côté, sur le chemin de berge de la Barthelasse, comme vrais et faux bourgeois des temps anciens à l'île de la Jatte, mais le ciel s'était légèrement voilé, brouillé, la flemme mienne était grande, et surtout j'étais si bien, debout contre le mur de la cour, oubliant que la lumière ne daignait plus toucher mes pieds, dans les odeurs discrètes des feuilles, et la tiédeur, juste la douce tiédeur, maintenant que l'été en sa grande virulence ne m'en chasse plus en tentant de me carboniser, qu'y suis restée pour avancer dans ma lecture actuelle, où j'oscille entre intérêt, plaisir, parfois admiration, et agacement navré, jusqu'à y renoncer provisoirement pour rêver, chercher une idée, et tenter d'obéir aux indications de François Bon pour la huitième proposition d'écriture pour l'été 2014, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4012, en lien avec ma tentative pour le troisième puisque, indépendamment de la qualité ou non qualité de ce qu'ai pondu, je ne suis pas partie, comme c'était prévu, de l'idée d'un virtuel texte de roman en projet mais de petites idées séparées, mais même ainsi ce qui m'est venu, malgré mes essais, était vraiment par trop nul... tenterai peut-être une autre fois, même si les textes, acceptables ou non, ne trouvent finalement pas de place sur le tiers.livre.

Par contre, j'avais essayé pour la proposition n°7 http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4009 un lien avec http://brigetoun.blogspot.fr/2014/08/solder-juillet.html ma tentative pour le 4ème et le 6ème exercices, ce qui a donné
Sur deux mains

Main noircie de tant de soleils, main perlée de sueur, la lumière du matin filtrée par les rideaux posée sur son abandon. Se lève lentement et sort de la tache de clarté, les veines apparentes crument, comme un treillis de cordages, tout à l'heure, s'effaçant dans cette plongée en pénombre. Revient, les perles de sueurs maintenant noyées par l'eau d'un pot renversé, se poser sur le front, et la peau est craquelée, parsemée de marques, de taches, d'on ne sait quoi, de fatigue, un peu verte dans le creux qui s'ouvre à la base du pouce. Une voix qui marmonne, un peu haletante, un nom inaudible, et un petit rire de dérision. Une seconde main, ferme, sèche, un peu jaune plutôt que brunie, se pose délicatement sur la première, pour la retirer, et, s'armant d'un linge humide, caresser le front. Main féminine qui garde, dans sa maigreur énergique, un peu du souvenir potelé de l'enfance, les doigts longs, qui pourraient être de pianiste, seuls frappés de fouet par la lumière. Le dos de la main, le poignet, se dissimulent, se devinent, dans l'ombre de la grande manche, quand ils ne sont pas masqués par l'épaule qui se penche. Silence, heures glissent avec lenteur infinie ; dans la chambre, la lumière de l'après-midi, qui arde par la fenêtre dont les rideaux ont été tirés, heurte la main du gisant posée comme une pierre ponce, fermée, sombre, terne et légère, sur la poitrine, sous le cou tendu à la recherche de l'air. Silence peuplé de légers bruissements, feuilles, pas glissants, jour déclinant. Nuit, une lanterne, que porte un serviteur invisible, éclairant le lit, vers lequel se tend, entrant dans la lumière, la main féminine qui porte une tasse aux lèvres avides de l'homme malade, qui la repose, qui se tient suspendue au dessus du drap – calme de la voix qui rassure ou le tente pour l'entrée dans le sommeil, main, bras qui se retirent, et dans l'obscurité revenue, posée sur le drap en sagesse appliquée, la main du malade, sombre, noueuse, cherche l'abandon, l'absence, comme pour laisser venir ce sommeil qui se refuse, et puis se crispe dans son refus tendu de céder au désir de presser, griffer, la gorge nouée.

samedi, août 16, 2014

Recherche d'oloé pour une assomption


Matin, saluer la toute petite rose qui me fait l'honneur d'arriver à s'ouvrir dans la cour, regarder le ciel, le voir bleu, décider de sortir en quête d'un oloé aux Doms dans l'après-midi, puisque le soleil ne descend plus guère jusqu'à moi
et, malgré le vent qui nous ramenait sans cesse des nuages, malgré la tout juste tiédeur, du moins à mon goût, y suis montée, parce que c'était son jour à la dame dorée – eu grande envie de lui dire mais monte donc au ciel... ce qui prouve que, ne l'aimant guère, trouvant qu'elle oppresse la tour de notre toute petite cathédrale, je ne suis pas une vraie avignonnaise... même si elle m'amuse parfois en marchant sur les toits des rues - parce qu'elle donc, parce qu'aussi le billet de Dominique Hasselmann le matin http://hadominique75.wordpress.com/2014/08/15/persistances-retiniennes-uzetiennes-et-autres-8/ m'en avait donné envie... malheureusement le temps était moins radieux.
Suis montée, ai tourné un peu, dans la petite affluence calme et familiale d'un jour férié, ai salué les différentes vues,
ai eu envie d'un oloé dans les fleurs, dans passage mais sans que ce soit génant, pendant une période de soleil dardé, me suis repliée devant mon arbre habituel ensuite, me retenant de grogner contre la trop faible chaleur,
en dégustant le faiseur de théâtre de Thomas Bernhard, pas une de ses meilleures pièces, mais Bernhardissime
L'écrivain est mensonge
les interprêtes sont mensonges
et les spectateurs aussi sont mensonges
et le tout rassemblé est une absurdité unique
sans même parler du fait
qu'il s'agit d'une perversité
qui a déjà des milliers d'années... (scène 1.. mais les jugements du faiseur de théâtre ne s'améliorent guère par la suite, et s'expriment souvent en phrases propulsées de redites en redites, comme il se doit)
Et puis, flânant, tournant, essayant, soupirant, repartant, me suis finalement installée sur la rambarde de la première rampe de la descente vers l'église pour tenter de m'inspirer de la septième proposition d'écriture de François Bon pour l'été 2014, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4009, abandonnant en route ma première idée, qui était de me fixer à un bout de peau à travers les heures etc... et trichant, ce qui fait que j'hésite à l'envoyer pour que François Bon quand il le pourra la joigne aux autres participations.
Comme je n'aime guère celle que j'ai envoyée pour le n°6 ce que personne ne saura du personnage http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4002 du moins pas assez pour ne pas craindre qu'elle soit déplacée sur le tiers.livre. Par contre, la reproduit ici
Americano Bossi, le commandant
Là, à ce moment, en 1912, il a cinquante cinq ans..
pas très grand, jambes courtes, large d'épaules, face rouge sombre, yeux noirs enfoncés sous des paupières blessées, sourcils protecteurs, nez droit, cheveux légèrement crépus d'un brun grisonnant, barbe qui va et vient selon les saisons, grande bouche mince, comme une balafre, large cou ridé.
Italien échoué sur cette côte, armateur en faillite, n'a plus que ce commandement, un gros boutre qui navigue entre Garoowe, Obock, Djibouti, Port-Saïd.
Boutre ou plutôt baggala, de construction récente, grand et beau, bien entretenu, avec une cabine de poupe aux belles boiseries inspirées de celles des derniers grands voiliers européens..
un peu de sel, ce qui n'est pas acheminé par le nouveau chemin de fer, surtout cabotage, se charge de marchandises diverses sous la responsabilité de la chambre de commerce, ce qui n'est pas transporté par les vapeurs de la Compagnie de l'Afrique Orientale – un peu de chargement plus ou moins déclaré et déclarable pour des négociants.
S'est chargé du recrutement de l'équipage de son nouveau bateau, en laisse depuis la responsabilité à son second yéménite embarqué avec lui depuis des années.
Il n'est plus retourné en Italie depuis 1885 – il a eu, il a, une femme, là bas, qu'il n'a guère eu le temps de connaître, devenue souvenir coupable - mais il se tranquillise rapidement quand par hasard un souvenir se risque, en pensant qu'elle est de famille riche.. pour le reste espère vaguement qu'elle a trouvé une façon de se faire vie heureuse, une vie autre sans que pèse le jugement de leur petite ville et des prêtres, ils ont correspondu pendant quelques années, mais c'est il y a maintenant longtemps – il a une femme, sa femme, ses enfants issas, et une maison près du Khor Bouhane.
Orgueilleux, se veut notable, est toléré comme tel... serviable et assez charmant.
Il parle arabe, afar et somali, et bien entendu italien et français.
Sobre mais gourmand, autrefois alcoolique, insiste sur l'autrefois, quitte à se dépeindre un peu, très peu, sous un mauvais jour pour plaider l'abstinence, un rien rigide en ce qui concerne la boisson, ami d'un imam - il s'intéresse au Coran, sans se convertir - ami aussi - goût partagé pour certains livres, plaisir de l'écouter jouer du violon - de Madame X, qui, chez elle, dans sa grande maison sur le plateau, a créé, à la mort de son mari, qui lui a laissé participations dans factorerie et diverses boutiques, une école pour quelques filles d'européens et de commerçants issas, et un petit dispensaire.
C'est à la demande de celle-ci qu'il a accepté de prendre pour passager vers Port Saïd, pour le rapatrier et peut-être l'éloigner plus rapidement, le plus jeune des deux ingénieurs des salines du lac Assal, celui qui a été blessé dans une rixe qu'il aurait provoquée. Il les avait d'ailleurs rencontrés chez elle et avait sympathisé avec l'aîné, victime d'une grave crise de paludisme.
Tolère avec courtoisie et tient poliment à distance son passager.

PS pour qui est arrivé jusqu'ici
Si vous avez du temps que l'on dit à perdre, si vous voulez vivre ce temps et ce qui reste de ce qu'on nomme l'environnement, lisez donc, vraiment, le syndrome GI Joe de Benoît Vincent, l'ami – je me veux cette chance - il y a son travail, il y a la foi perdue dans le sauvetage du vivant, il y a une rage assumée, il y a aussi le plaisir d'énumérations qui me sont chanson étrangère, il y a aussi qu'il écrit bien cet homme http://remue.net/spip.php?article6897 et puis le sanglier, puisque sanglier se sent, termine ainsi je me dirai Il y a encore de la vie sur cette planète.

lundi, juin 30, 2014

oloés abandonnées, oloé réel


Réveil, regarder le livre posé à la tête du lit, sentir mes épaules frissonner, voir la cour trempée en poussant les volets, et penser avec regret au projet fait, dans la nuit, de continuer ma lecture sous les arbres du jardin du Dom, au dessus du Rhône, de tourner autour du rocher, pour m'établir un moment au dessus de l'ancienne prison, en accord décalé dans le temps, puisqu'elle n'existait pas encore à l'époque, avec le désordre des familles d'Arlette Farge et Michel Foucault, et, si l'escalier est ouvert, descendre en fin d'après-midi pour aller enfin voir les cellules du deuxième étage, dont j'ai loupé l'accès le jour du vernissage, celles avec Serrano et le Ku Klux Klan, Genet, Basquiat, Boetti, Garcia Torres etc...
renoncer devant ce jour trop morne, le refuser et me laver les cheveux...
tartine en mains voir que la lumière semble vouloir se frayer un passage
après les pâtes, le fenouil, la pommade de tomate verte, dans la tiédeur revenue, sous le ciel qui a repris sa dureté bleue, penser à prendre ce livre, ou un autre, et un carnet avec le début, les deux premières phases de ma participation à la proposition n°3 de François Bon pour l'été 2014, l'action est une brève folie, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3987, et partir à la recherche d'un oloé, sur la pelouse de la Barthelasse au débarquement de la navette, ou simplement, entre les crottes de chien, sur un petit coin de la pente herbue descendant, sous les arbres, vers le fleuve, voitures et rocher dans le dos, après le pont.
Et puis lâchement m'allonger, m'absenter,
avant de profiter des derniers rayons de soleil dans la cour, finalement mon meilleur oloé, pour, fesses sur la table, lire quelques pages et choisir un passage pour http://brigetoun.wordpress.com, pour rêver un peu, dos contre le mur, dans la bande de lumière forte, pour, le soleil étant parti plus loin, me pencher sur le carnet, écrire, tant bien que mal, la fin de mon truc, sans trop de ratures étonnamment, peut-être à tort, rentrer, recopier, faire un tour sur internet, me relire, dire bah, envoyer.... oser l'indulgence.

samedi, mars 22, 2014

Un oloé imaginaire (reprise) en attendant la nuit, la musique, le romantisme, une voix


oloé imaginaire ou presque, dans le passé
On dirait que ce serait l'été, ou plutôt sa fin, un peu avant la rentrée des classes, il y a longtemps, à côté d'une maison amie...
on serait monté sur les pentes du Faron, en suivant l'ânesse chargée de provisions pour le dîner, puisqu'il n'y avait pas encore de route, juste un chemin aussi caillouteux qu'un torrent,
on aurait suivi le Colonel dans les restanques, on l'aurait écouté raconter comment il les avait construites avec un voisin, et nous expliquer, trop vaguement, parce qu'il savait que nous ne comprendrions pas, la construction des murs de pierres sèches,
et après le goûter, avant que la nuit tombe et qu'on allume les lampes à pétrole, j'aurais laissé les autres jouer ou discuter et je serais sortie avec un livre et une machine à lire qui ne serait pas encore imaginée, pour découvrir, en levant de temps en temps les yeux pour rêver devant la vue, des textes qui ne seraient pas encore écrits.
Ce serait sur le Faron, à La Valette
….
Avignon, ce jeudi : vague au coeur en petites nausées, ciel bleu, ciel blanc, qui vit comme veut, sur la cour, se lancer un peu trop sans contrôle dans des souvenirs recréés pour les cosaques, écrire cinq lignes pour le vase d'avril, se sentir piètre en lisant (devrais sélectionner nouveaux blogs, sites, «amis» de moindre science, force d'écriture, fantaisie, etc...)
vaquer un poco
reprendre ce petit oloé refaçonné et publié sur http://relire.net/oloe/

et la nuit venant, remettre velours noir et petite redingote grise, bottes, et monter vers le romantisme tel que l'aime (du moins je le pensais), vers l'opéra, Mendelssohn, Berlioz, Nora Gubisch et l'orchestre dirigé par Pascal Rophé

dans un programme qui comportait
la marche de la belle Melusine de Mendelssohn, une musique de scène agréable, ouverture roucoulante, avant un emportement général, le rythme de grandes vagues de musique, une mélodieuse marche un rien sinueuse, qui s'intensifie, une atmosphère de forêt, d'oiseaux dans les arbres etc... (du moins c'est ce que j'ai cru entendre)
suivie par le plaisir toujours grand les nuits d'été de Berlioz – entrée de Nora Gubish, chevelure abondante, fourreau décolleté en lamé noir, porté avec une simplicité parfaite, aisance de sa présence en scène, sensibilité sans outrance ni affectation, et souplesse, expressivité de la voix chaude, douce, profonde
Quand viendra la saison nouvelle..., l'allègre villanelle, staccatto des vents, le chant qui se déploie, rejoint par le basson, et puis le canon entre cordes et voix –
le spectre de la rose où intervient (dans ce seul air) la harpe pour dire le parfum de la rose –
la tristesse de sur les lagunes, le cor, la mélancolie, le soupir final
sur moi la nuit immense
s'étend comme un linceul ;
je chante ma romance
que le ciel entend seul. -
la douleur de l'absence et la dissonance du refrain
reviens, reviens ma bien-aimée !... -
au cimetière la mélodie, les cordes qui accompagnent les fantômes, la ponctuation des violoncelles sur les derniers vers -
avant le tutti joyeux du début de l'île inconnue, le rire des clarinettes
cette rive ma chère
on ne la connaît guère
au pays des amours

saluts, entracte, flâner avec détachement devant les tableaux d'Eva Vermeerbergen, attendre

l'orchestre seul, pour la symphonie n°5 de Mendelssohn, que parait-il il n'aimait pas (mais il s'est donné du mal pourtant pour qu'elle soit jouée) -
le très long, varié, riche, premier mouvement, que je renonce à détailler, dont je renonce à dire quoi que ce soit, d'autant qu'au milieu, dans une succession d'accords brutaux, j'ai senti monter une quinte de toux, telle que mon attention s'est détournée de cette musique où je n'arrivais pas à entrer et s'est fixée sur mes efforts pour garder cette éruption bien enfermée en moi... bon ma foi j'ai bien aimé le second mouvement, j'ai aimé certains passages, trouvé un peu lourds d'autres, mais je n'ai pas accroché à cette musique. Etait-ce la toux déconcentrante ? Est ce tout simplement une musique (que je n'avais jamais entendue) pour laquelle je peux éprouver de l'estime, goûter ce qu'elle garde de références aux musiques antérieures, qui me laisse passablement indifférente...

se dire ma foi tant pis, et regagner l'antre que frôlent des musiques lointaines, ou du moins un peu de boum boum boum, sans trop de virulence.