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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, février 26, 2011

Trop long, beaucoup trop long, ce qui suit, préparation pour une inscription sur Babelio, en essayant d'être concise (je sais...) après un rempotage aléatoire dans la douceur ventée de la cour, au lieu de m'attaquer à la pile de repassage.

Florence Trocmé et Poezibao sont pousse au crime auquel je résiste heureusement la plupart un temps, me contentant de respirer les mots dont elle parle. Mais suis restée en arrêt devant http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/02/inter-de-pascal-quignard-par-florence-trocmé.html et, après avoir résisté un, peu j'ai commandé « Inter », le livre construit par Bénédicte Gorrillot autour d' « Inter aeris fagos » de Pascal Quignard.

Trois parties, et une courte annexe :

1- une longue et très belle lettre de Pascal Quignard à Bénédicte Gorrillot, en réponse à une question à laquelle il n'avait pas pu répondre oralement, rapidement : l'histoire du poème latin - son état en l'écrivant - et de la première traduction par Emmanuel Hocquard en accord avec lui, et puis un commentaire, à la fois méditatif et précis, que j'ai relu à la fin comme une huitième version.

2 – le poème latin de 1976 (que j'ai lu en premier, essayant de saisir, avec mes bribes de latin surnageant de quarante ans d'oubli, de humer, d'approcher avec petites incursions dans le Gaffiot en ligne et c'était à la fois frustrant - mais avec certitude que j'en aurai rapidement interprétations - et finalement pas si éloigné du tremblement, mot qui surnageait le plus aisément, du texte – avec cette interrogation sur le saltus qui en fait n'était pas si déplacée) et les sept traductions recueillies, sollicitées pour certaines, par Bénédicte Gorrillot (dont sa version), traductions qui devaient être interprétation, passage par la voix poétique de chacun

3 – une belle (encore) réflexion-théorie de Bénédicte Gorrillot sur la traduction, précédée du récit de la naissance de ce livre

L'annexe : courtes notices biographiques des auteurs : Pierre Alfieri, Éric Clemens, Michel Deguy, Bénédicte Gorrillot, Emmanuel Hocquard, Christian Prigent, Judes Stéfan et bien entendu Pascal Quignard.

Citer aussi Catherine Flohic, éditrice attentive, et la beauté de l'objet-livre.

Lecture pas si exigeante que cela, émerveillante.

Et le petit regret, juste le plaisir du regret, de ne pas avoir vu, de ne voir sans doute jamais « ces deus petits livres distincts (« Inter aeria fagos paraît enfin, avec la traduction d'Emmanuel Hocquard, Dans l'air entre les branches des hêtres, au printemps 1979), aux couvertures pâles et distinctes, .. juxtaposés dans une boîte en carton blanc. Ils sont vraiment très beaux. » et encore plus, les six planches d'Adami.

« C'est si rare, en Occident, les grandes calligraphies. « Une callifrafia, écrit Adami, alla ricerca del latino rimasto nella memoria del ostri occhi, del moderno scrivere, del tratto inciso » Une calligraphie, écrit-il, à la recherche de ce latin dont notre regard, dont notre langue moderne, jusque dans les traits des lettres que nous inscrivons sur le papier, garde sans le savoir la mémoire » et Quignard donne là un bel exemple de ce que peut être une traduction.

Sous le texte, le désarroi, et Ovide, et Jérôme le traducteur et son lion, et l'arrachement à celle qui donna le lait et la langue.

« C'était cela le but de mes « cut up ». Cela se déchirait. Le chant hélait enfin quelque chose. Bien sûr, les modes différaient, les rythmes chevauchaient, les attentes disposaient leurs abîmes mais tout à coup cela s'entrouvrait. C'est cela écrire. C'est extatique. »

« Il faut revenir à l'étape d'avant. Il faut revenir à l'étape d'avant « dans la vie » veut dire il faut revenir au savage, au nu, au rudiment, au rudis, à l'aparlance, au silence, à l'ombre. Il faut revenir à l'étape d'avant « dans la langue » veut dire il faut revenir au latin. Car on ne peut faire autrement dans la détresse que de revenir sur ses pas.. »

Cela, dans le texte de Bénédicte Gorrillot, qui est résumé (un peu sec, il manque tout le dépliement) de l'intention du livre :

« INTER privilégie le sujet humain sur le traduit – autrement dit la conscience traduisante et l'énonciation sur l'énoncé traduit. En effet, des hommes marquent la langue latine de Pascal Quignard et la langue traduisante (le français hérité de leurs pères) du contrepoint inimitable de leurs accents propres (ponctuations, respirations, syntaxe, lexique). Comme le souligne Henri Meschonnic « le grand transformateur du traduire n'est pas le sens... C'est le rythme... comme organisation d'un discours par un sujet et mouvement de la parole dans l'écriture, prosodie personnelle »

Et je sais, je suis trop longue, alors juste le début, en ses différentes versions, parce que, après avoir lu, un soir, le poème et la lettre, et en être restée là, pour savourer et laisser cela faire son oeuvre, après avoir le lendemain lu les poèmes en respectant leur intégralité, et le texte sur la traduction, je suis revenue à cette comparaison, par blocs, entre le latin, et chacune des interprétations. Avec le regret, là, de la trahison que m'impose Blogger qui refuse de respecter la disposition des mots dans la page adoptée par chacun.


TERROR. Dico lacrimas et irascens : « Saltus ! »


(In saltibus, NON SILEN-

TIUM, non tumulus.) - Pascal Quignard


Terreur – je m'écrie

pleurant de rage :

une friche !

- dans la friche ni silence

ni fracas – Pierre Alféri


Terreur. Dis

pleurant et colérant :


« danse ! »

(par bonds. Ni silence,

ni tumulte.) - Éric Clémens


une terreur. Et je dis :

en larmes et la colère montant

«saillies ! »

(dans les failles. Pas de silence

pas de tumulte) – Michel Deguy


TERREUR PLAQUE A TERRE.

Je les larmes les nerfs à vif s'écrie :

« Le salut dans le bois, dans la gorge sauvage ! »


Dans les gorges sauvages, ce n'est NI

le SILENCE, ni le tumulte. - Bénédicte Gorrillot


Être sujet à la peur. (Je parle en larmes. Avec

Colère. « Le dehors ! Le sans langage! »)


Plus loin que le bout du champ.

(En forêt. Pas de silence.

Pas de tumulte.) - Emmanuel Hocquard


Terreur. Je dis

(larmes, rage)


« l'ouvert ! »

(dans l'ouvert. Silence : non

tumulte : non) – Christian Prigent


Terreur. Je dis

pleurant & encoléré

« Forêts » !

(en Forêts non le Silence

non le Tumulte)

terreur – Jude Stéfan


«In saltibus, dans ce qui n'est pas encore foulé par l'homme, dans ce qui n'est ni forêt ni champ ni jungle, dans l'indéfriché préhumain aucun silence n'existe encore.... De même qu'il faut une cité pour qu'une jungle apparaisse comme son autre, de même il faut une langue pour que le silence apparaisse comme son autre. Pas de silence dans le préhumain et pas davantage de tumulte. Peur pure, désertique, lumineuse, détresse lumineuse du premier jour. » Pascal Quignard dans la lettre

samedi, novembre 27, 2010

Hibernante et pilleuselonguet (prévenir)

Je suis réellement une ourse, simplement légèrement insomniaque, ce qui a mis provisoirement fin à mon profond sommeil un peu avant dix heures (et internet, lui aussi tout engourdi de désirs de langueurs, faseillait) – en tentant désespérément d'émerger de mon coton, parce qu'on nous a appris que le nirvana, s'il n'est pas spirituel, est condamnable, en jetant un coup d'oeil sur twitter, avant de voir que fidèlement elle me citait, avant de rêver aux découvertes superposées de la fichaise du jour http://tentatives.eklablog.fr/fichaises-c399152, j'ai découvert ce que Christine Jeanney avait vu en ouvrant les yeux de sa maison. Et me suis rencognée, engourdie, enfouie.

J'ai fait un demi pas dans la cour, pris la gloire dans les yeux, frissonné de tout mon corps, suis rentrée, ai fermé, me suis massé pensivement le bas du dos au dessus du radiateur, suis revenue avec un toast au miel sur internet, ai trouvé encore de la neige, plusieurs fois, et puis j'ai lu les premières contributions à la construction fictive d'une rue lors de « Livre au centre », http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2354, et, en écho, l'après-midi, chez Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/spip.php?article1180&var_mode=calcul, ai admiré souvent, ai renoncé à tirer des mots de moi, suis revenue sur mes dernières lectures, ai établi un long pillage, (tant pis pour les visiteurs), un peu au hasard, et l'ai posé, tout cru, comme ça, paresseusement, sans ordre autre que la chronologie de mes découvertes ou re-lectures, ni tentative de présentation, en ponctuant d'un peu de notre ciel, tel que le voyais ce vendredi matin, ou les jours récents quand la lumière nous visitait

« Elle balbutia à travers ses larmes :

– C’est... c’est... c’est donc fini d’être une honnête femme !

Certes, je fus à ce moment sur le point de faire une bêtise, une grande bêtise !... Je ne la fis pas.

Je quittai Berthe en rentrant à Paris. J’aurais peut-être été trop faible, plus tard. »

Maupassant - « Joseph et autres coquineries » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503809/joseph-et-autres-coquineries

« Jamais il n’avait cessé d’écrire et de dialoguer avec ses lecteurs. Il était devenu l’animateur d’un réseau de chercheurs de vie, toujours insatisfaits, toujours en mouvement. Ils ne partageaient aucune idée particulière, sinon la certitude qu’il ne fallait pas s’enfermer. »

Thierry Crouzet «La thune dans le caniveau» http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782919248360/la-tune-dans-le-caniveau

«Le champ s'étendait devant eux. Rien n'y poussait, rien d'utile aux hommes c'est-à-dire. On ne voyait pas très bien non plus en quoi ce champ pouvait intéresser les animaux. Les oiseaux devaient y trouver des lombrics. Il était de forme fort irrégulière et entourée de haies malingres, composées de vieilles souches d'arbres et de fourrés de ronces. Il y avait peut-être quelques mûres sauvages en automne. Une herbe bleue et aigre disputait le sol aux chardons et aux orties. Ces dernières auraient pu servir de fourrage, à la rigueur. »

Beckett - « Mercier et Cadmier », si contente de les rencontrer à nouveau ces deux là, et j'ai déjà évoqué ces retrouvailles http://brigetoun.blogspot.com/2010/11/je-suis-allee-chez-le-pharmacien-ce.html

« Une jeune fille grandit dans mes yeux. Plus je les ouvre, plus elle s’étend, se déploie comme un long et large fleuve qui les irrigue. Mes regards purs et pleins d’eau inondent le monde et les choses mouillées ramollissent, prenant leur forme vraie. »

Nikòlas Evandinos – ne sais pourquoi celui-ci parmi les « douze jeunes poètes traduits du grec » par Michel Volkovitch http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503755/douze-jeunes-poètes

« Au coin de la rue Louis-Blanc, les autopompes de la ville de Paris déchargent les excréments dans les égouts. Les employés sont africains. À cent mètres au nord, ils peuvent apercevoir la coupole blanche de la nécropole étrusque du colonel Fabien qui accueille parfois des défilés de haute couture. Le nom de Louis Blanc ne peut plus réveiller mon père malgré leur commune passion pour l'utopie. Sinon il l'entendrait rappeler que la foule est devenue peuple et ajouter deux, trois phrases bien senties. Voilà qui est décidé : le peuple ne se battra plus si le lendemain doit ressembler à la veille. Préparer le lendemain est donc la préoccupation invinciblement commandée aux gens de bien. »

Bernard Chambaz - « Ghetto » cet hommage/discussion

«Sortie de chez soi et de soi ;

Obligation de se détacher de ses préoccupations

Refus de céder à la pression de la rumeur (une communauté fabriquée par les marchands et la réclame) ;

Entrée dans le monde de la discussion, du dialogue qui fait jouer les rapprochements et les éloignements. »

Christian Ruby «Notes sur le travail du spectateur et sur le spectateur au travail de soi» http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501935/notes-sur-le-travail-du-spectateur-et-sur-le-spectateur-au-travail-de-soi

« - Tu touches ici à la thèse opposée, lui dit l'abbé. Certains commentateurs déclarent en effet que l'histoire ne donne à personne le droit de juger le portier. Quel qu'il nous apparaisse, il n'en reste pas moins un serviteur de la Loi ; il appartient donc à la Loi ; il échappe donc au jugement humain. Et dans ce cas on doit cesser aussi de le croire inférieur à l'homme. »

Franz Kafka – « le procès »

« Autrement dit un « mot » ne fut jamais isolé (on l'isole après coup au dictionnaire) mais toujours « total refait » (i.e. phrasé) et en formation, « expans-i-on » ouvrant, opérant, le champ figuratif en figures de son « pouvoir-dire quelque chose ; il peut dire « quelque chose » avec les autres : « toute chose », la « chose », n'est pas isolée, mais chose de choses, « nuage » »

Michel Deguy - « De l'illisibilité » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502178/de-l-illisibilité

« Un projet de roman attisait, si besoin était, ma curiosité du Pays des Aigles. Despotisme, dictature et décervelage serviraient de toile de fond à une intrigue ethno-socio-policière. Le héros, écrivain du dimanche, héritier d’une famille de haute noblesse et fonctionnaire au Ministère des affaires étrangères, allait être invité au colloque. Il y ferait convier son amant, un prolétaire de La Courneuve, deux cents mots de vocabulaire et une syntaxe bancale, en le présentant comme un homme de lettres terriblement taciturne»

Michèle Kahn - « les prunes de Tirana » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503823/les-prunes-de-tirana

«Nous admettrons cette hypothèse : que tout groupe cherche à se maintenir dans l'état dans lequel il se trouvait précédemment.»

Raymond Queneau «Une histoire modèle»

Vous n'avez pas un peu le mal de mer, avec ces sauts par dessus des vides, d'un monde à l'autre, vous qui avez suivi ? Je vous que ça tombe bien (pardon, mais c'est vraiment le hasard)

« S'arrêter face à la mer. Hésiter, un peu, au moment d'affronter les éclats de coquillage qui scintillent et menacent à l'intérieur des rouleaux. Se décider, enfin. Entrer dans l'eau chargée d'écume, forcer, sans tarder, jusqu'aux mollets, jusqu'à la taille, jusqu’aux frissons. Progresser, en sautillant, les mains appuyées sur la peau verte et mouvante. Guetter la prochaine vague, celle qui fera perdre contact avec le fond sableux»

Nicolas Bleusher - «Fictions et confidences » http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782919248209/fictions-et-confidences

« La mer commença de se pommeler d'écume alors que nous naviguions en vue de Butachauques, une grande île au pied de la cordillère des Andes, qui protège un groupe de ses petites soeurs.

Le Pumalin, notre goélette de trente tonneaux, était lourdement chargé de sacs d'huîtres, de moules, de cholgas et de choritos, que nous avions collectés au cours d'une tournée des parcs à coquillages des îles Chauques. »

Francisco Coloane - « le golfe des peines »

« Tels qu’un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.»

Arthur Rimbaud - « Les illuminations » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500051/les-illuminations

« J’ensevelis les morts dans mon ventre. Cris, tambour, danse, danse, danse, danse ! Je ne vois même pas l’heure où, les blancs débarquant, je tomberai au néant.

Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse ! »

Arthur Rimbaud - « Une saison en enfer » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500044/une-saison-en-enfer

« quand à la blancheur de cette feuille, c'est encore une épaisse couche de peinture comme celle de ce rectangle, au dos du livre que j'ai sous les yeux, au dos du livre que j'ai acheté en plein hiver dans une librairie d'occasion de Chapel Street ; mais ce qu'elle recouvre c'est un miroir, cette épaisse couche de peinture que ma plume gratte, telle une pointe de couteau, que ma plume fait s'écailler, telle une flamme de chalumeau, pour me révéler peu à peu, au travers de toutes ces craquelures que sont mes phrases, mon propre visage dont mes malheurs et mon acharnement lavent peu à peu le noyau de quartz hyalin, mon propre visage et le tien derrière lui, Bleston, le tien miné de guerre intime, le tien qui transparaîtra de plus en plus fortement, au point que l'on ne distinguera plus pour ainsi dire, de moi-même, que le brillement des iris autour des pupilles, et celui des dents autour de la langue, le tien se consumant enfin dans son incandescence amplifiée, cette blancheur que je dénonce, semblable au silence du dormeur que lézarde après coup le souvenir de ses rêves. »

Michel Butor - « L'emploi du temps » - pourquoi diable étais-je passée à côté ?

Bon, vous fais grâce de Lautréamont, parce que le passage merveilleusement éructant que j'avais choisi dans « Poésies » était tout de même vraiment trop long...

Et puis, après une montagne (enfin une colline, un monticule, un tas) de repassage, et diverses autres choses, me suis endormie, ai eu envie de musique, ai regardé « la flûte enchantée », ai réalisé, juste un peu trop tard, avec une confusion à moitié sincère que j'avais un billet pour la représentation « tout public » d'un spectacle de danses pour enfants et plus « zafari et fantasmo ».

Me suis maudite, sans virulence.

mardi, octobre 23, 2007

J’attendais devant elle, et son rose, si rose qu’il ne pouvait l’être plus, un vrai rôôse, devant ses percements faussement réguliers mais que les étapes de la construction avaient rendus délicatement, presque secrètement, anarchiques. Elle était close sur elle-même, et le petit œil ouvert se cachait derrière un épais voile d’un rose un peu plus pale.
Ouverte cependant, par le cactus qui retroussait ce rideau pour regarder la rue, ou s’en faire admirer – par la voix qui a surgi derrière la fenêtre voisine, une voix dont j’ai su qu’elle était voix de vieille femme, et qui lançait une chanson qui m’a été familière sans que je la reconnaisse, une de ces chansons que les Gaby, en faisant la cuisine ou le ménage, chantaient et qu’elles avaient écoutées sur Radio Monte-Carlo, et elle a empli le coin de rue. Me suis retrouvée toute quiète et vaguement gaie. J’ai regardé ma montre. Le temps avait passé.

Vive le feu et Poezibao en un genre différent, mais qui peut ne pas l’être tant que ça, sont des mines, font du bien à notre cerveau en presque toutes ces zones. C’est sur le second http://poezibao.typepad.com, que j’ai trouvé ça : « On devrait parler de devoir de penser, non de devoir de mémoire. Peut-être même l'évitement de la pensée au profit de la mémoire, qui ressemble à une peur ou à un refus, monotone, tant le motif martelé prend le dessus (espèce de slogan que je rapprocherais du stéréotype médiatique du "faire son deuil", en style de "cellule psychologique" et de compagnie d'assurances, qui a évincé toute parole privée ou publique de la mort), cette obstination est de grave conséquence » et un peu plus loin « devenir capable de poser un objet pour lui-même, tout je éteint »
Michel Deguy, Réouverture après travaux, Galilée
Parfaitement adapté à cette journée où une révolte était instrumentalisée, et vidée par cette récupération même, résultat inévitable dès qu’un pouvoir la revendique, plus encore quand c’est non seulement en dehors de tout contexte, mais contre ce qu’elle représentait. Quand, oubliant ce que l’on sait de celui qui a écrit cette fameuse lettre, elle est prescrite par ceux qui soutiennent qu’aucune différence n’est évidente entre compagnon et camarade (pourquoi tant de haine alors pour ceux qui employaient ce mot), qui même en se référant au premier de ces mots ont entrepris une liquidation systématique de ce qu’avait pensé et des réalisations inspirées par le CNR. Quand elle est revendiquée par le pouvoir qui criminalise les refus et « entraves » lorsque ses actes blessent nos consciences (je n’ose dire résistances, je ne fais bien entendu plus là de rapprochement avec leur combat, ce serait indécent mais si l’époque n’est plus la même, moins tragiquement grave, la nécessité d’une rectitude morale demeure).
Le pouvoir incarné dans le Monsieur qui dit que « les français l’ont élu pour » ou « les français ne l’ont pas élu pour », qui prétend faire l’ouverture, idée qui pourrait être louable de la part de celui qui est sensé représenter toute un pays, mais le Monsieur qui oublie si peu qu’il n’en représente qu’une fraction qu’il reçoit ses adeptes à l’Elysée pour leur préciser ce qu’ils doivent penser et se déplace au siège de leur parti. La tâche est rude quand on voudrait respecter une fonction à travers un homme qui la et se respecte si peu.
Mauvaises pensées. Est-ce pour cela que j’ai été incapable d’aller à mon cours d’Italien. Me suis excusée. Il faudra que je négocie un statut de simple auditrice pour ne pas retarder les autres, pour lesquels ces cours ont un enjeu, travail ou vacances à venir. Moi c’est simple curiosité, un rien futile
Le bateau est un emprunt, et il est là par hasard, pour couper, peut-être par un goût atavique (un très ancien et humble ancêtre dont je suis fière sans raison) pour les charpentiers de marine..