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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, juillet 31, 2008

n'importe quoi - petit pois ballottant dans boite crânienne
Second réveil le matin du 30 avec manque d’enthousiasme condamnable et une idée ferme : train demain après-midi vers Toulon, plaisir du jardin et de l’amour (je les crois) familial, crainte de montrer ma gueule actuelle en dehors de ce cercle bienveillant - pied posé fermement sur les mauvaises raisons (lassitude) invoquées par ma paresse - programme : achat de collants et teinturier le matin - corbeille de repassage et pré-valise l’après midi, peut être spectacle le soir dans le off
Trajet plein de pauses - contemplation de cette ouverture sur chantier de rénovation, et je me promenais, je vivais dans la pièce
Billets en main devant la machine qui venait de les extraire, baignée de chaleur, sentiment de bonheur, quiétude, ronronnement, envie de piler et de rester là.
Attente chez le teinturier et pour m’occuper sorti l’appareil et fixé une partie de ce que je venais de déverser de mon sac.
Seule pause fonctionnelle, laisser mon bras qui se lamentait, oublier provisoirement le poids de ce que je lui avais confié.
Après le déjeuner, café dans la fournaise de la cour, en écoutant du coin d’une oreille les contrebasses du disque acheté aux Carmes (Crossing life and strings - Jean Sébastien Simonoviez, quatre contrebassistes, une guitare, quatuor à cordes), petite pause consentie avant le repassage.
Et puis coup de chaleur, vertige, suée… et , en rentrant vers la tiédeur de mon antre, une lumière éblouissante, un réveil rapide et fugace de ma raison : le 1er août, mon départ, ce n’était que le surlendemain.
Bec ouvert, vertige devant les possibilités, et toujours suée, migraine etc… douche, sommeil lourd, façon de simplifier le choix.
Partie tout de même, en forçant carcasse qui tient à s’engourdir totalement, en début de soirée vers le Gilgamesh théâre (clin d’œil, en attendant d'entrer dans la salle, à certain local), voir ce spectacle que, sans aucune raison autre qu’une impulsion, peut-être l’esthétisme de l’affiche, et plus tard une rencontre avec leur parade, j’avais décidé être pour moi . « Don Qui » (sous titré théâtre physique) par la Compagnie Pas de deux
Et je l’ai aimé et je n’étais pas seule,. « une création contemporaine originale basée sur des expérimentations vocale et corporelles; inspirée de l’œuvre de Cervantès… Le résultat est un mélange des cultures : française, brésilienne, américano-coréenne, catalane et indienne…. » bon à vrai dire l’influence asiatique en général est nettement prédominante.
Plus danse que mime sauf peut-être pour le plus grand, plus mince, Sergi Emiliano, qui joue Sancho avec une stylisation moins aboutie, accentuant la face burlesque, et l'attendrissement.
Dans le reste de la distribution, Yuka Fukuhima, Won Kim et Sajeev Purushotama et je suppose, dans mon ignorance grande, que c’ est-ce dernier qui est Cervantès, mais plus encore le meneur de jeu, le démon qui fait naître les réactions, parfois les sentiments des protagonistes (et que j’ai surtout aimé et regardé, tête ronde au menton aigu, yeux malicieux, grâce, force), un Don Quichotte un peu rond comme un jeune premier, gestes maîtrisés et une Dulcinée (et autres personnages) belle comme un rêve.
Silence, onomatopées, quelques mots venant d’une ancienne chanson populaire japonaise pour vocaliser, quelques percussions généralement en contrepoint malicieux, et quelques phrases en français, voix off, reprenant Cervantès;
Des épisodes reconnaissables, mais aussi rendre sensible (et pas seulement par le grand livre feuilleté), le fait qu’il s’agit surtout de la langue, des images, d’une vision du monde, et plus souterrainement d’une philosophie. Ce n’est pas le Quichotte mais ça porte trace de l’esprit, sans trahison ni lourdeur. C’est très beau visuellement et passablement intelligent. En une heure.
En sortant sur la place des Carmes, pas mal de tables occupées tout de même.
Les marchands de glaces pris d’assaut, et j’étais assez tentée. Retour par la rue de la Croix et les arrières du palais, même si la rue Carnot est devenue maintenant moins oppressante.
Rencontré une ruine de porte transformant les affiches en ruines, et j’aurais aimé l’emmener si j’avais un mur assez grand (plus assez d’incivisme et surtout de force)
un bonhomme et son monde, entre deux représentations, et me suis appuyée au rocher pour entendre les plaisanteries du groupe (carcasse ankylosée à me faire peur)
deux orchestres fraternisant, saisis au moment où ils se séparaient.
Et j’ai rentré carcasse, renoncé à la ressortir, me suis plongée platement (?) dans Cervantès et le débat entre le chanoine et don Quichotte : »Voilà qui est bon ! Répondit don Quichotte. Donc les livres qui sont imprimés avec la licence des rois et l’approbation de ceux à qui on les a soumis, ces livres qui, à la satisfaction générale, sont lus et vantés des grands et des petits, des riches et des pauvres, des lettrés et des ignorants, des vilains et des gentilshommes, enfin de toute espèce de gens… ces livres ne sont que mensonge, alors qu’ils ont si bien l’apparence de la vérité qu’on y raconte quels furent le père, la mère… » et il me semble que plutôt que de vouloir le retenir, et détruire ses livres, il aurait fallu inciter don Quichotte a s’asseoir sur les bancs de l’université de Salamanque.
Mais qui peut me dire quel est l’imbécile qui a laissé entrer ces chevaux ?
Je vous prie de m’excuser, l’ordinateur et moi nous avons bien trop chaud pour rester longtemps face à face. Billet par petites touches, piètre excuse pour sa longueur décousue, et peu de lecture de blogs ou autres.

mercredi, juillet 30, 2008

Mardi, un peu après midi, la cour du Petit Louvre bouffée par la lumière, et une des innombrables traces d’arcature de cette ville
Pour voir Product de Mark Ravenhill, désolée de ne pas assister (c’est sans doute la fin pour moi) à d’autres spectacles « off » pour que les troupes se consolent d’être restée alors que selon un dialogue surpris la fréquentation a baissé de 30% depuis la fin du « in ».
Une salle à la climatisation douce, qui se fait oublier, aux fauteuils neufs et confortables, avec une petite odeur de bois vernis, et un spectacle « bon boulevard » réussi.
Christian Benedetti joue avec une belle énergie, et assez formidablement, un producteur qui tente de convaincre une actrice (charmant profil immobile sous une tignasse dont j’enviais l’ordre et la souplesse) de jouer dans son (je pense) téléfilm, et peu à peu il prend tous les rôles, mais s’il le fait avec passion (jouée, avec le soupçon de sincérité, ce qu’il en faut pour se mettre en branle) il reste toujours celui qui montre, grâce à de petits apartés cyniques. Ce qui s’impose avec cette histoire, qui reprend tous les poncifs nécessaires, la fille seule avec un bon métier et un adorable et immense loft, essayant de se remettre de la disparition de son bonhomme dans les tours, tombant amoureuse d’un basané avec tapis de prière et couteau, Ben Laden dans le loft, la petite fille qui détourne notre héroïne de son acte de kamikaze, l’explosion, Guantanamo, etc.… et bien sur beaucoup de psychologie et d’amour, parce que le tout devrait se vendre.
Un texte au petit cynisme aussi roublard que son héros. Un bon numéro d’acteur. Assez rapide pour qu’on se laisse agréablement glisser.
Deux courses rapides et retour pour cuisine vers deux heures. Rues où l’on peut marcher mais encore assez peuplées.
Départ, un peu avant huit heures, sous un ciel qui, avec le soir, se décolorait, vers le cloître des Carmes.
De pauvres parades dans le désert de la rue des marchands.
Arrivée trop tôt et ils commencent en retard. Pour nous faire attendre, sur la place aux quelques tables occupées, un orchestre jouant, bien, des standards.
Et un public qui arrive peu à peu (mais le cloître sera plein) en bonne partie avignonnais, sympathique, des têtes connues, une attente détendue, bavarde et bon enfant.
En m’asseyant, remarqué pour la première fois la petite terrasse qui surplombe le cloître, eu le temps de me dire que j’aimerais habiter là, quand derrière les branchages, un bonhomme (professeur au conservatoire) se met à jouer pendant que le ciel vire au rose très pale.
Une présentation sympathique, une assistance qui réagit, une programmation par Gérard de Harlo du studio de la Buissonne - un premier concert intimiste, que j’ai assez aimé pour acheter un disque mais pour lequel je ne reprends pas mes notes maladroites parce que j’ai pitié de vous et que j’ai faim et sommeil, avec le beau piano de Jean Sébastien Simonoviez et son dialogue, contrepoint, divergences, avec Jean Jacques Avenel à la contrebasse. Pendant que la nuit s’installait peu à peu, autour du cloître et du clocher et nous atteignait. Assez magique.
Une piètre photo prise pendant le très agréable entracte (l’ambiance était certainement la plus sympathique que j’ai connue pendant le festival, simple, détendue, de gens heureux) avant que la batterie de mon appareil ne meure.
Et puis, avec un public qui manifestait son plaisir, le MegaOctet d’Andy Emler, joyeux, déconnant, et faisant de la bonne musique. Entente, et beaux soli.
L’épatant Médéric Colignon formidable dans son utilisation du triangle,du cornet, et surtout du bugle et de sa voix.
Belle contrebasse de Claude Tchamtchan, le saxo ténor de Philippe Sellam qui prend le premier solo, le piano d’Andy Emler, le percussionniste et le batteur qui avaient leurs fans dans le public (et le méritaient plutôt), Laurent Dehors qui partageait avec Médéric Collignon le rôle de pitre, très bon avec une cornemuse parée de guipure, épatant au saxophone ténor.
Ils saluent, et puis, et j’ai pris cela pour une grâce personnelle parce que j’adore cet instrument, retour de François Thuillier pour un solo de tuba, rejoint par les autres, et une intervention de Thomas de Pourquery, virtuose avec son saxophone alto avant de le faire chanter et pleurer.
Départ d’un public ravi un peu après minuit dans des rues où il n’y a plus que des îlots d’animation.
J’ai perdu la ceinture de ma saharienne préférée et je regrette de ne pouvoir assister aux concerts gratuits dans le jardin des Carme et au concours.

lundi, juillet 28, 2008

«A L’AUBE, ATTAQUES, ENTAMES, vieillis par la nuit…
On se tient encore attachés, mais la mort, la vieillesse, la déchéance sont déjà en cours pourtant… dans nos poumons l’air, dans nos muscles l’enthousiasme… »
Fred Griot, lignes lues au petit matin et honteusement détournées de « Visions » - publi-net http://www.publie.net/tnc/spip.php?article83 (tant de retard dans mes lectures, malgré l’envie, sans doute pas assez pressante)
Passer - debout sur le seuil de la cuisine, le jour étant venu, lever les yeux - entrer - un peu de difficulté à le vouloir… et puis
Matinée calme et radieuse - lavage de cheveux - des tours sur la toile pour ne trouver que trop intelligent pour mon petit pois actuel (non qu’il soit jamais très gros, mais j’ai une tendance à considérer mon intellect du moment, ou de tout temps, avec une humilité lucide et navrée). Sortie en fin d’après-midi après encore une immense sieste effacement , et , pour aller à coté aux Funambules voir « Médée-Kali » de Laurent Gaudé.
La place n’est plus peuplée en dehors des heures de repas, et j’ai l’impression que, au moins dans mon quartier, bon nombre d’affiches ont été enlevées, en avance.
Attente avec les »mange pas cher » de Thom as Bernhard dans lequel j’avance lentement, de pauses en pauses.
Et déception (quelle part a mon humeur, je ne pense pas qu’elle soit primordiale).J’aime bien le texte de Gaudé, cette femme qui unit Gorgo (Méduse), Médée et Kali, une sauvagerie, un amour de l’homme, le rythme du récit qui s’adresse à l’homme qui la suit, et dont son dos devine la beauté, ou à elle-même. «Tu me suis toujours. Tu veux savoir qui je suis. Tu veux savoir d’où vient cet effroi que j’ai au fond des yeux et qui contamine, d’un seul regard, ceux que je croise. Regarde. Nous sommes arrivés. Je t’ai amené jusqu’à lui : Jason, le premier homme que j’ai aimé, le premier homme aussi que mon regard a pétrifié. Tu ne l’imaginais pas ainsi. Il est là. Il n’a pas bougé. Un petit homme desséché. Il n’est pas mort – ne crois pas qu’il soit mort – il est juste épuisé et inerte. Il est resté là, les yeux vides, le corps amaigri, incapable de bouger. Il ne s’est pas nourri depuis des années, il n’a pas parlé ni pleuré. Le sang ne coule plus dans son corps, il est sec et épuisé. Je ne veux pas de sa mort, je veux qu ‘il dure inutile et seul, contemplant à l’infini le tombeau de ses enfants » (pas le mieux, mais seul passage que j’ai trouvé), l’évogation de la pauvreté au bord du Gange etc…
Une scénographie très réussie, avec quelques tentures bleues et un sol rouge, comme la tunique et le drapé de Médée, une mise en scène intelligente et la gestuelle de la belle actrice, et puis cela ne suffit pas, il sagit de dire et faire passer un texte. Ne tolérerait pas de grands effets, mais nous avons eu un exercice. Elle a trouvé une petite raucité, une façon de détailler les mots, et cela se déroule sans aucune inflexion; gommant, banalisant le texte jusqu’à le rendre parfois presque risible. D’autant plus dommage qu’à un ou deux furtifs moments elle a su approcher d’un jeu.
Rentrée, fait la cuisine, renoncé à ressortir : mal aux jambes, soupçon que mon moi du moment intervient dans mes insatisfactions.

dimanche, juillet 27, 2008

Pris un kilo et des tonnes de paresse
Incursion sous joli ciel pour prendre un billet pour le premier concert du « Tremplin jazz » et du produit vaisselle, dans une ville en voie de très relative désertification
Gavage et sieste assez démobilisante pour qu’au moment de me changer pour aller regarder et écouter « Erase-E(X) parts 1, 2, 3,3, 5, 6 » je referme l‘œil entrouvert, avec finalement un très relatif regret sauf pour la première strate et, plus loin, pour la musique d’Aperghis (je n’aurai pas du jeter un œil sur les critiques) et me suis renfoncée dans le neutre, sans en profiter pour le lavage de cheveux ou le repassage - meilleur moyen pour se réveiller migraineuse et œil en berne.
Avignon ne s'est vidée qu'en partie, et les tables de la place étaient encore pleines (et occupées en partie à minuit à mon retour) quand je suis partie, avec un vrai désir d’apprécier pour le lycée Mistral et « secret » le spectacle de Johann Le Guillerm
Un peu mise de mauvaise humeur par l’insistance de mon voisin à s’indigner de la vacuité, la prétention, le coût, le recours aux seules images de l’Inferno et des spectacles du « in » en général (mais sans que je puisse savoir ce qui l’avait tant enthousiasmé dans le off, à part le fait que les spectacles sont fauchés, ce qui pour des productions provisoirement exportées n’est pas toujours évident), j’ai stupidement eu tendance à un léger recul, puisque là, comme il ne s’agissait pas de Dante (ne sais s’il l’avait lu, puisqu’il n’avait pas supporté non plus la façon dont il avait été dit dans la cour), il appréciait.
Et si j’ai aimé la danse-bagarre avec une longue tige, les machines (un petit souvenir de la mosaïque de « locus solus » en plus fruste), leurs imperfections qu’il sur-joue, la musique et les bruitages, et le son de ses poulaines d’armure (ne trouve plus le nom), un rappel de la construction exposée dans la cour de l’école d’art transformée en oiseau, les lumières, j’ai eu tendance à trouver que pour les images poétiques il lui manque la bonhomie d’un Verdonck, et que les assistants étaient vraiment très fermement maintenus dans leur rôle.
En fait j’ai apprécié, et même beaucoup, (le domptage de paillassons ou de bassines) mais sans jamais m’émerveiller comme j’en avais envie. Sauf peut être dans la construction finale, en acrobate, d’une tour à base de poutres et de câble comme celle qu’il exposait à la chapelle des miracles, beauté technique sans prétention à la poésie.
Beauté que j’ai retrouvé en sortant en passant devant sa construction de l’école d’art, magnifiée par l’éclairage

samedi, juillet 26, 2008

Longue, très longue, et encore plus, sans soucis d’ennuyer, les éventuels lecteurs étant sur la route ou dans les valises.
Journée flageolante mais pleine. Matinée en belgitude. Partis vers le théâtre des Doms, chez les wallons, pour voir « Dialogue d'un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis » dont j’attendais, arbitrairement de l’amusement, je me suis trouvée confrontée à une liste d’attente
Me suis engouffrée, aussi rapidement que possible, dans les rues étroites, tentant de visualiser le trajet le plus court vers le théâtre des Halles et les méditations de Descartes mon autre envie, qui débutait dix minutes plus tard. Renoncé en regardant ma montre en débouchant sur la rue Carreterie et me suis retrouvé chez les wallons au Gilgamesh pour voir « tout au bord » de Bernard Cognieux et Marie-Paule Kumps. (délicieuse voix et accent presque léger)
Décor de petits bourgeois encombré, qu’ils transforment au gré de leur jeu
« les enfants sont partis… Pendant des années, le quotidien les a envahis, leur tenant lieu de boussole. Aujourd’hui un vague malaise s’empare d’eux… D’introspections maladroites en changement de vies hasardeux, ils glissent doucement (pas tant que ça ils commencent presque d’emblée à ne plus aller travailler) de situations cocasses en épisodes plus graves, trébuchent, perdent pied, touchent le fond et refont surface » et bien entendu c’est pour la naissance d’un petit fils - on annonçait bien une « comédie familiale » - avant il a entrepris d’apprendre à jouer de la clarinette, elle a acheté un vélo et passé deux jours avec des sans logis, sans papier, jusqu’à se retrouver au poste, ils se sont installés dans un parc de loisir abandonné etc… Je n’aurais pas eu l’idée d’aller voir cela, mais c’est mieux qu’un moment agréable. Amusement de voir que le public avait l’âge requis.
Retour dans des rues où il redevient presque possible de marcher, et où les parades ont la place de se faire voir.
Et départ en fin d’après-midi vers le gymnase du lycée Mistral pour « Ricercar » de François Tanguy et le théâtre du radeau, carcasse mécontente, entre une envie de voir et entendre cette « forme contrapuntique moins élaborée que la fugue.. » qui « enchaîne des épisodes différents qui peuvent être sans lien thématique… mouvements d’entrelacs., de reprises, de diversités des sources et des dynamismes » - et la petite envie de critiquer puisque ce spectacle est encensé, demandé et que nous ne sommes qu’une station dans une tournée (comme « 2008 Vallée » est une reprise, et « je tremble » une amplification ».
Des brides de notes et des bouts des textes dits (et qui figurent sur les feuillets qui nous sont donnés avec le programme) en désordre et sans rapport
« la marquise en voulait de la topaze, elle avait quelques verres dans le nez, elle criait, menaçait, trépignait ; la figure drôlement pâle, elle disait des coçonneries en patois vénitien, ou dans un patois espagnol, c’est plus probable ». Gadda (l’affreux pastis de la rue des merles) dont une autre page interviendra, comme plusieurs cantos de Pound, plusieurs passages du « purgatoire » et un du « paradis » de Dante, Pirandello et Walser
Plateau étiré qui limite les gradins, fractionné - plaisir des premières images et des costumes, les hommes en complets gris et chapeaux, deux femmes dans des flots de tulle ornant des costumes d’un dix-huitième revisité (à la Greenaway) - visages plâtrés.
« fausse beauté qui tant me coûte cher,/ Rude en effet, hypocrite douleur,/ Amour dure plus que fer à mâcher;/ Nommer que puis, de ma défaçon sœur… » Villon, reconnu au passage avec un plaisir de longue amitié.
Textes souvent proférés, souvent noyés dans la bande son (Domenico Scarlatti à Berio en passant par Verdi à vrai dire souvent difficilement identifiables pour moi, par ignorance souvent, par déplaisir plus souvent encore de la puissance qui dénature le son, qui le rend difficilement supportable, et sentir que cela est volontaire, pour créer ce léger inconfort nécessaire, ne m‘était pas une consolation),
« L’homme des champs quand le raisin brunit,/ bouche souvent d’une fourchée d’épines,/ dans une haie, un trou plus grand/ que n’était le chemin par où monta/ mon guide seul, et moi qui le suivais… » Purgatorio
Décor complexe et modelable par des panneaux que l ‘on amène ou enlève, par la lumière et souvent l'obscurité un peu modelée. Agitation et des îlots comme une plante se détachant dans un carré de lumière
« … Le Kakémo pousse sur la terre nue hors de la brume/ le soleil paraît d’un bon au dessus de la montagne/ de sorte que je me souviens du bruit dans la cheminée… » Erza Pound
Textes lancés, parfois avec un soupçon d ‘emphase pendant que des silhouettes passent lentement ou en courant (des robes très Zénaïde Floriot) autour de la diseuse. Musique omniprésente
« Già eran li occhi miei rifissi al volto/ déjà mes yeux étaient refixés au visage/ de ma dame, et avec eux mon âme,/ qui s’était détachée de toute autre pensée./ Elle ne riait pas ; mais : »Si je riais »,/ dit-elle, ‘tu deviendrais pareil/ à Sémélé réduite en cendre.. » le Paradisio
Passages au noir presque total, musique se faisant discrète pour que le texte, dit simplement, devienne intelligible
« …. J’ai pris sa veste qui est restée chez moi depuis son départ. Je l’ai mise sur le lit. Je suis sur le lit, à côté de la veste. C’est une veste. Oui je veux que ça soit une veste. C’est une veste longue, chaude. Quand je l’enfile parfois, elle m’arrive aux chevilles… » Danièle Collobert
Et l’actrice qui dit le texte dont viennent ces lignes enchaîne sur « contre tout espoir » de Nadejda Mandelstam
« Je n’ai effectivement pas dormi pendant cinq nuits, veillant le proscrit devenu fou. Mais… épuisée par une nuit blanche sans fin, je m’endors vers le matin d’un sommeil inquiet, transparent en quelque sorte, à travers lequel je vois Mandelstam assis sur le lit branlant, les jambes croisées et le veston déboutonné, prétant l’oreille au silence.. »
Violence d'opéra souvent. Et basta
Simplement j’ai plutôt adhéré. De tous ces artifices naît en effet une musique.
Mais me suis endormie au moment de repartir vers les Funambules et un petit spectacle dont j’ai rencontré les acteurs.
Tiens si, encore cela, du « De natura rerum » de Lucrèce
« De même du miroir, l’image à peine émise, en venant au regard chasse et pousse en avant tout air interposé entre les yeux et elle, et fait que nous pouvons percevoir tout cet air… » juste parce que cela m’avait frappé, pour une raison inconnue

vendredi, juillet 25, 2008

Le mistral n'a laissé qu'un petit souffle joliet - le soleil et la chaleur (supportable) reviennent - le festival vit ses derniers jours - ne puis plus, lasse et plus encore sotte
Jeudi matin, peu de piétons, début d’embouteillage,
débuts d’énervements
Le off va se retrouver seul
Les festivaliers resteront-ils ?
Cherché des lunettes et une montre pas trop laids, pas trop chers - pour remplacer les fugitifs
Et rencontré une jolie parade
pour un spectacle que je voulais voir, que je ne verrai pas
Fin d’après midi
J’ai cherché les élèves comédiens de Cadiot à Saint Charles - et n’ai trouvé que des pigeons
Et, tout au long de la rue Joseph Vernet, en pointillés de plus en plus importants parmi les arpenteurs en quête de spectacle, les visages, les pas assurés, lents, et possessifs des vieux avignonnais qui rentrent
Autre signe : le spectacle de danse relativement consensuel dans la cour d’honneur qui est traditionnellement prévu en partie pour leur plaire
Pensé que Saint Charles était Saint Louis - tension en berne aussi et besoin de siège
Une ambiance délicieusement détendue, quelques derniers arrivés cherchant des billets pour les derniers spectacles
Cherché, trouvé « frères et soeurs », mais derrière une porte qui est resté fermée (dix minutes de retard ou presque)
et retour en tenant les murs nobles de la rue Joseph Vernet, avec de longues pauses
et la rencontre d’une cabine de maquillage improvisée
A la tombée de la nuit, remis ma jupe préférée, pris mon barda et le petit blouson de soie (une photo loupée qui me plait bien - ce devrait être des gens attablés, mystère) et m’en suis allée vers le spectacle consensuel dans la cour d ‘honneur « 2008 vallée » de Mathilde Monnier et Philippe Katerine (plutôt l’inverse) - le plaisir de faire chanter (fort bien) des danseurs et danser (un peu) Katerine
La place de l’horloge était encore effervescente
mais l’entrée aimable et sans la bousculade des grands soirs.
Katerine commence en chantant « j’adore regarder danser les gens », repris par les danseurs, ponctué par des ooooh du public qui est conquis.
Et puis ça se complexifie légèrement.
Agréable soirée. J’aime ce qu’il fait de sa voix, les textes, son dandysme qui flatte mon petit faible - j’ai bien aimé la polyvalence des danseurs (voix acidulée de Julia Cima déjà vue dans le programme B de Sujets à vif), jeux des timbres de voix, danse apparemment désordonnée.
Un peu avant la fin, le sol gonfle et crève pour laisser la place à un gros boudin (encore - mais moins poétique que ceux ballottés par le vent de la mélancolie des dragons) éclairé par deux très grands portiques (ce que c’est que d’avoir des moyens). Ils montent dessus , trébuchent et petit souvenir nostalgique de la mouvante surface rouge de Lear. Et puis ça devient assez joli parce qu’ils sont agressés, repoussés comme par une lame dont-ils s’extirpent pour venir s’étendre en maillots devant nous, et c’est la fin.
En somme, agréable d’autant que j’ai rencontré des gens plutôt charmants - et d’une futilité totale. Je pense que j’aurais tout autant, ou plus, apprécié d ‘entendre Katerine sans tout cet appareil.
A la sortie, un peu après onze heures, toutes les tables du café de la place du palais étaient prises. Une agréable ambiance de soir d’été, mais les rues sont nettement plus vides que la semaine dernière