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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, septembre 23, 2024

Dimanche, quelques artisans et quelques notes de musique


Dalles de la cour humides quand j’ai ouvert les volets bleus - lavage de cheveux… me suis enfin attelée au moment où la proposition pour le #4 de l’atelier de François Bon (cycle écopoétique) est parue (ne l’ai pas encore vue et entendue) au #3, bien trop longuement et peut-être un peu hors sujet au moins en partie (relu et publié avec un vaille que vaille intérieur ce dimanche soir), une averse, un bref passage de bleu




et des montagnes grises quand m’en suis allée vers quatre heures et quart, un peu en retard, franchissant le reste de la braderie, le long de la rue Joseph Vernet pour le plaisir de m’asseoir sous les voutes de Saint Martial chez les protestants dans la bonne ambiance du lieu pour écouter un peu de musique… mais en passant devant l’Hôtel d’Espine (siège de la Chambre des métiers et de l’Artisanat) ai réalisé qu’il s’y tenait pour ces deux journées u patrimoine une petite exposition d’artisans d’art de la proche région… et j’ai passé le nez, écoutant les échanges avec des visiteurs/clients éventuels et prenant/loupant des photos à la sauvette devant 



les séduisants chapeaux de Margotulle (Saignon) me faisant expliquer leur fabrication en tissant du tulle et du raphia (très tentée mais pas la saison et pas le budget actuel)



devant les carnages et paillages de Sylvie Cop (Bedoin) … elle j’en aurais vraiment besoin vu l’état d’un fauteuil et d’une chaise mais l’éternel problème du transport…



et pour la suite mon intérêt s’est fait plus purement platonique, me bornant à regarder les compagnes destinées à désennuyer la fille de Coralie Devaux, délicate vannière (L’Isle sur la Sorgue)



à jeter en entrant dans ce qui reste de la chapelle Sainte-Praxède un coup d’oeil plus ou moins approbateur sur les « peintures poétiques sur bois recyclés » d’Agnès Capeau (Oppède)



à m’attarder devant les petits objets en mosaïque (aimais, ai loupé les photos, les ai gardées) de Marie-Hélène Brissonnet (Rustrel) en l’écoutant discuter tout en travaillant avec un visiteur



à garder trace des luminaires créés par Agnès Bourayne (Avignon) 



du beau travail d’Olivier Michel ferronnier (Lourmarin)



des petits vitraux (témoignant de plus grandes oeuvres) de Frédéric Schendel (atelier Chefraied in vitraux - Monteux)



et de l’assemblée de flûtes et flageolets (plaisir déjà visuel, et plaisir de circuler un long moment sur son site vieillot mais riche) de Philippe Bolton (Villes sur Auzon)



Du coup, je suis arrivée à Saint Martial au moment où l’organiste jouait ses dernières notes…



et m’en suis revenue vers l’antre.

vendredi, décembre 15, 2017

des lumières et Daeninckx

En début de soirée m'en suis allée, de lumières en presque lumière,
vers le Chêne noir
pour un «cabaret littéraire» avec Didier Daeninckx animé par Gérard Audax
En attendant de voir comment le public se distribuait autour des tables, en attendant qu'il se fasse servir (liquide et pour certains solide), en attendant mon café et de choisir ma table me suis, avec ma retenue actuelle, et parce que j'en avais entendu parler ou lu un passage ces jours-ci, offert son petit livre sur Saint-Alban (parce que Saint Alban, aussi) Bonnafé, Eluard et Denise Glaser, Caché dans la maison des fous.
Comme bel hors-d'oeuvre il y a eu la lecture par Aurélie Audax, à laquelle je venais d'acheter mon petit souvenir, d'une nouvelle inédite, commençant par le souvenir des camps pour les roms pendant la guerre (mais jusqu'en 1946) et de l'oncle du narrateur, un peu fou, ou plus étrange et audacieux, jouant avec obstination jusqu'à gagner une très grosse somme à je ne sais plus quel jeu de grattage et l'investissant dans un geste superbe : un 31 décembre des remorques entrant dans Paris, se répartissant, et à minuit l'ouverture des portes desdites remorques d'où sortent de milliers de poules et poulets pendant que l'oncle avec un porte-voix crie aux passants et fêtards «voilà on vous les rends toutes les poules volées».. enfin c'est beaucoup mieux que ça bien entendu.
Et puis pendant plus de deux heures écouter Daenickx, relancé, interrogé par Gérard Audax... et juste quelques mots qui ne peuvent rendre tout ce qu'il a évoqué, avec humour, colère sourde et souvenir des luttes, des admirations et compagnonnages, le premier livre, Charonne et Papon, la Corvée de bois, toute cette époque que les plus jeunes ne peuvent connaître, que j'ai vécue, en marge (j'étais en chemin, tout près, en émancipation - amour intact - de ma famille et mon milieu), que j'ai côtoyé de plus ou moins loin ou que j'aurais aimé connaître, les ouvriers du livre, la banlieue nord, la famille paternelle proche de l'anarchie de banlieue et la famille maternelle communiste, les rencontres, le Masque après la mort de Pigasse, la Série noir et ses fondateurs, Détective dans les années 30, Pasqua, Prague, les chars, et le trou dans lequel se sont senti tomber des militants, Manoukian, l'écriture avec au détour d'une phrase sur la position de l'écrivain, vu de l'enfer si me souviens bien, François Bon, la littérature jeunesse et sa mue, Manchette, Steinbeck, Dos Passos et Echenoz, les dirigeants communistes en banlieue et leur double langage en 1981, la Nouvelle Calédonie et les cases-bibliothèques, tant et tant d'autres choses... un livre prévu pour l'année prochaine réunissant en mille pages des nouvelles déjà publiées, alliant récit policier et histoire, dans l'ordre chronologique des faits, dressant ainsi une histoire de France depuis les années 1890.
Et puis après la lecture d'une autre nouvelle par la jeune femme, en clôture, un échange entre les deux hommes, à partir justement de Caché dans la maison des fous, et l'histoire de Saint Alban, avec une allusion à l'actuel retour en arrière, là j'ai aimé, reconnu, découvert mais rien noté... et puis ma pagailleuse évocation est bien assez longue.
Je me suis extirpé deux ou trois phrases pour le remercier, au passage, d'avoir réveillé ces années anciennes (60-70 et puis la suite), le public s'est fait servir de nouveau, des groupes se sont formés, discutant, ai fait – première fois que ça m'arrive – dédicacer mon livre (son écriture est plus belle que mes gribouillis bien cachés sur les dernières pages – en marge de «du même auteur» - d'où j'ai essayé de tirer ce qui précède, sauf que ne pouvais me relire) ai échangé quelques mots avec un groupe de fumeurs

et puis m'en suis revenue bien sagement.