Je redoutais les appartenances et legs mais : je suis une barbare, et cette pierre m'importe, m'accompagne, me charme, m'est nécessaire. Je peux me baigner dans le jeu de la couleur, et je peux l'oublier, tant que je la sais là.Victor Segalen - Stèles - éloge du jade:
"Si le Sage, faisant peut de cas de l'albâtre, vénère le pur Jade onctueux, ce n'est point que l'albâtre soit commun et l'autre rare : Sachez plutôt que le Jade est bon,
Parce qu'il est doux au toucher - mais inflexible. Qu'il est prudent : ses veines sont fines, compactes et solides.
Qu'il est juste puisqu'il a des angles et ne blesse pas. Qu'il est plein d'urbanité quand, pendu de la ceinture, il se penche et touche terre.
Qu'il est musical : sa voix s'élève, prolongée jusqu'à la chute brève. Qu'il est sincère, car son éclat n'est pas voilé par ses défauts ni ses défauts par son éclat.
Comme la vertu, dans le Sage, n'a besoin d'aucune parure, le Jade seul peut décemment se présenter seul.
Son éloge est donc l'éloge même de la vertu."
Le sage ne dit pas, cependant, si la vertu du jade se transmet au porteur, même quand ce dernier lui a fait perdre sa profondeur sur une photo.
J'y pense : pendant la révolution Vivien a fait fortune, de palefrenier à entrepreneur de transport. Quand Angélique-Marie est rentrée avec Jean-Gaston, il a acheté leur maison et celle du père, qu'il leur loue. On parle de mariage entre les deux familles. Jean-Gaston vient d'être nommé préfet, et le jeune ménage pourra s'installer dans le petit hôtel ainsi libéré.