Ne devrais plus sortir, pour le plaisir d'une rage, ou le risque, devant l'occupation, qui devient banale, par des caisses à moteur, des dalles de notre pauvre place. Et m'en vais bougonnant, amusant galeristes et marchands de fringue, en dérisoire Don Quichotte.

J'aimerais que vienne la saison de l'envahissement par des tables et parasols, mais il est bien trop tôt, comme me l'a rappelé cette installation, sculpture, logo, symbole de la froidure.

M'en suis allée tout de même, regardant avec respect les boutiques vides rue Josph Vernet, derrière leurs papillons annonçant de beaux pourcentages de rabais sur rabais, et me sentant vertueuse j'ai fait un achat stupide à Monoprix (puisque « c'était donné ») avant de m'en revenir dans la douceur encore bleue vers mon quartier, et les dessous de l'hôtel, et le trottoir-détente peu fréquenté à cette heure de gros travail pour les cuisines.

Voilà, voilà – et dans l'après-midi, écoutant d'un lambeau d'oreille Mendelssohn et Guillaume de Machaut, j'ai fini « c'est physique écrire » d'Annie Mignard : en 61 pages d'une écriture claire le désir d'écrire, la pulsion, le travail, les abandons, reprises, l'édition et spécialement de nouvelles.
Et puis comment apprendre ou s'apprendre à écrire, comment transmettre le goût de lire vraiment à travers les ateliers d'écriture, et pour finir ses "conseils aux jeunes écrivains" qui sont le constat que ce n'est pas de cela qu'ils ont besoin, mais d'être lus. http://www.publie.net/tnc/spip.php?article236#forum495

« Le travail, c’est comme une bonne terre, ce qu’on lui donne, il le rend encore plus. Je n’ai jamais vu quelqu’un travailler plus que moi. Le jour, la nuit, le samedi, le dimanche, je ne prends jamais de vacances. C’est mon bonheur, pourquoi faudrait-il que j’arrête ? «
« Si écrire vient de lire, écrire aide en retour à mieux lire, à mieux écouter, parler, observer, sentir. À mieux aimer sa langue à mesure qu’on travaille dedans et qu’on la tâte et qu’on la touche. »