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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, janvier 28, 2011

Il se tenait fier, sans raideur. Il se concentrait sur son but. Il sentait en lui ce besoin irrésistible de faire émerger, de donner forme, et belle, pas de façon éclatante, mais belle parce qu'au plus près du sens, et mené naturellement – ce qui était peut-être le plus dur -, de faire exister ce qui le hantait, qui s'était construit et exigeait d'être exprimé, et exprimé par lui. Il en ignorait ce qui l'entourait, qui faisait effort pour le protéger, ces barrages, de bric et de broc mais solides, érigés par ses proches pour préserver sa solitude au milieu du monde. Sans arrogance, simplement il ne s'en apercevait pas. Il ne le voulait pas, juste un peu conscient que cela existait, mais que se l'avouer serait en être irrité, détourné, gêné.

Un paragraphe issu d'un convoi http://leconvoidesglossolales.blogspot.com/ pour avoir illusion d'être capable d'autre chose que d'hébétude un peu douloureuse, ce jeudi matin, et puis, en pagaille ou plutôt sans autre ordre que celui de la découverte, et des bifurcations ou sauts que cela entraîne, des phrases issues de mes lectures sporadiques pendant que j'essayais de me décider, et renonçais, à aller faire un marché (j'engraisse de toute façon et avais l'indispensable pour tenter de nourrir, assimiler etc... faire mon devoir envers carcasse)

« je préfère écrire - avant tout pour moi même - directement dans une langue étrangère. c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour assumer le fait d'écrire. » Jean-Marc Undriener

http://entrenoir.blogspot.com/2011/01/ecrire-pour-soi-dans-une-langue.html

« Effacements du temps mais de ses bords seulement à sa jointure avec le monde nos vies à nous ces lieux étranges où nous nous martelons… » Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/2011/01/27/effacement/

« ta surcharge pondérale

ton étrangeté visible

ton sexe faible

ta petite vertu

trop de gras trop de cul

trop de périphrases » Murièle Modély http://l-oeil-bande.blogspot.com/2011/01/credit-photo-dolarz-tu-es-noire-tu-es.html#loeilbande

« un peu de caviar

pour les idées

du rouge

et de la fumée » Guillaume Siaudeau http://lameduseetlerenard.blogspot.com/2011/01/du-caviar-pour-les-idees.html

« Décrire la fuite à défaut d'autre chose, décrire le mouvement et sa tendresse, la sentir sans savoir la montrer aux autres, même à renfort de mèches de rondeur et d'inclinaison douce, rester muet à la périphérie, repousser, repoussé. Ne plus chercher à en dire davantage, pas plus que savoir dire un paysage, l'hiver, le matin. » Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/visage-a2677049

« Il ne faut pas moins de tout l'univers pour qu'un rayon de soleil vienne faire briller tout le miel de tes yeux. » Frédéric Rauss http://tresors-infimes.blogspot.com/2011/01/il-ne-faut-pas-moins-de-tout-lunivers.html?utm_medium=twitter&utm_source=twitterfeed

« le soir la tour de Nesles est prise par la pluie, le flash, le reflet de la chambre, son tableau au mur »

Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com/2011/01/fenetre-de-la-rochelle.html (me demande ce qu'Èric Pessan pourra dire dans sa chambre d'hôtel en quittant notre ville)

« Grand vent. Il a bu presque toute l’eau du ruisseau qui ne transportera bientôt plus que sa sécheresse bien aimée, le ruisseau est un oued, grand vent, il déploie le ciel, bleu à mourir, et rapproche de nous la mer que la montagne, entre elle et nous, interdit. Un coup d’aile soutenu par le vent, un coup d’aile par-dessus la montagne, et la mer nous est rendue. » Marilyn Desbiolles via Florence Trocmé http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/01/anthologie-permanente-marilyne-desbiolles.html

« L’océan s’est éloigné en images, les marais aussi. Les images n’ont ni odeur ni rumeur. Je ne sais plus trop ce que je désigne par «La France».


La métonymie n’a plus la saveur exquise de la mémoire. Il me faut une autre figure de style. » Bertrand Redonnet http://lexildesmots.hautetfort.com/archive/2011/01/27/metonymie-natale.html et tant d'autres choses, mais j'en reste là

En fin d'après midi, je suis partie, clopin clopant, sourire décidé et carcasse bridée, vers la place des trois pilats et le théâtre de l'Isle 80

pour écouter une lecture de « moi, je suis quand même passé » d'Éric Pessan, http://www.babelio.com/livres/Pessan-Moi-je-suis-quand-meme-passe/227587

- devant une assemblée chaleureuse (pas uniquement pour lui) dont son éditrice Caroline Gérard -

cette épopée, en twitts, avec livre (qu'il faut bien entendu lire à l'envers, en commençant pas la fin, le plus ancien, ordre que je suis en recopiant pour votre confort, ô lecteur éventuel !)

« saisit sans ménagement une phrase, s'étonne de ce qu'elle soit dure et résistante. C'est pourtant bien lui qui l'a formée. »

« se demande s'il ne manque pas d'un peu de confiance »

« plonge la phrase dans l'eau ; elle ne se délite pas. En empoigne une seconde et se trouve muni de rames. Peut diriger son embarcation. »

et l'entendre dit, ce texte que j'avais aimé, était une autre découverte

puis Éric nous a lu un (très beau) texte écrit en réaction/complément de « interdiction absolue de toucher aux filles même tombées au sol » de Claude Favre -

texte que j'aimerais pouvoir relire,

avant que nous partagions gâteaux et boissons. Un accueil, des échanges avant et après qui m'ont mis le coeur en joie.

M'en suis revenue dans la nuit fraiche, ai jeté un coup d'oeil sur l'atelier d'écriture de François Bon à la BUA, et ma foi j'ai risqué, trop vite, pas tout à fait selon les indications je le crains, mais parce que « musique » sans parler rigoureusement de la musique ça m'avait provoqué, une participation, puis j'ai lu avec admiration, souvent, les autres http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2417#forum5241

mardi, novembre 09, 2010

Matin, frissons des épaules, les pieds qui dansent sur les carreaux au bout de mes jambes étendues sous la table – et puis sentiment de tiédeur en voyant, pour la première fois, de la buée sur les vitres. Honte fugitive - ouvrir la porte fenêtre, et se décider à se risquer (exploit !) dans les rues pour un aller et retour teinturier.

La dernière fois que j'étais passée sur la place de l'horloge, les tables, dans la douceur qui nous était accordée ce jour là, était regroupées en petits ilots flottant dans le vide de la place dégagée pour installer, déjà, les chalets de Noël, et j'avais grimacé devant la laideur (la mocheté plutôt) du nouveau modèle adopté, en voyant les deux premières, grandes, posées devant la mairie.

Lundi matin l'installation battait son plein, avec une prestesse mesurée, mais revendiquée, pour tenir compte de l'urgence.

J'ai trouvé sur mon chemin une barre de Bounty qui m'a rempli la bouche, par étapes, au long de mon chemin, a stabilisé le monde, allégé le paquet de vêtement qui pendait à mes bras, a persuadé carcasse que les espaces devant elle n'était pas un appel à la chute. Ai traversé, regard fixé sur le but, la place, entre les camions, pour retrouver l'antre, une activité molle, l'écoute de l'examen par l'assemblée des projets attribués aux socialistes à l'occasion de l'examen du budget (devrait intéresser plus de gens, le budget s'entend) et des promenades attentives sur internet.

Avec, parmi ce qui m'a le plus retenu dans la matinée, sur Poezibao – dans l'anthologie permanente – des poèmes de Michael Gizzi, qui vient de mourir

«..A quoi ça sert de vouloir se planquer

y a du vent dans les voiles tout par tout

Chantez-nous la chanson des plaies ouvertes

Chantez-nous la chanson des Bouffis Pleins de Soupe»

et pour le reste, et la mise en page (je me méfie de blogger) reportez vous donc à ma source http://poezibao.typepad.com/poezibao/2010/11/anthologie-permanente-michael-gizzi.html


et puis, sur « la méduse et le renard », chez Guillaume Siaudeau http://lameduseetlerenard.blogspot.com/2010/11/nouveaux-jours.html :

« Dans les yeux du clochard

les cuisses rondes de la passante

un second lever de soleil »

Avec, aussi, au petit matin, sur oeuvres ouvertes (en plus des découvertes qu'il me fait faire, pas ce matin, mais avec Novalis, Kleist, certains Bernhard, Kofler etc.. il dilate mon ego régulièrement, mais ce n'est réellement, pas pour cela que suis fidèle) cette petite fable de Kafka

« Ah, disait la souris, le monde devient plus étroit chaque jour. Au début il était si large que j’avais peur, je continuais à avancer et étais heureux de voir enfin des murs au loin, à droite et à gauche. Mais ces longs murs se rapprochent si vite les uns des autres que je suis dans la dernière pièce, et là-bas dans un coin il y a le piège dans lequel je tombe ». « Il te suffit de changer de direction », dit le chat avant de la manger. » http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article676

et tant d'autres que devrais citer au même titre, il me semble.

Mais, tout de même, elles sont bien laides.

Oh ! J'y pense, si vous jouissez d'une crise d'euphorie légère, profitez-en, mais si un rien de perversité fait que vous vous sentiez honteusement coupable de cela (et ce serait stupide, les froncements de visage et vague dolorisme des consciences n'arrangeant rien), j'ai peut-être un remède, et, je ne devrais pas, mais voilà l'adresse : http://blog.mondediplo.net/2010-11-07-Crise-europeenne-deuxieme-service et, comme toujours avec Lordon, la potion est administrée avec le sourire.