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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mercredi, novembre 30, 2022

variations du ciel et laïcité

 


Volets ouverts sur dalles humides... et coin de ciel bleu dur au dessus de la cour. M'en suis allée dans un froid de gueux (au moins de gueux d'ici), sous un ciel partagé entre douceur bleu et fins nuages (qui ont pris le dessus peu à peu), ai pensé devant certains décors qu'il était dommage que n'ai plus âme d'enfant, même si alors je ne croyais pas au Père Noël mais au petit Jésus (question de civilisation ambiante), acheté du pain, suis passée près d'une fleuriste...


et au retour me suis servie de cette fleuriste (fermée ce matin) pour inventer la petite histoire du carnet tiers.livre (ne le dites pas, mais mes rencontres du matin sortaient du cadre prévu)... Bruits divers du chantier mais sans nouvelle poussière, écouté débat d'hier à l'assemblée (première séance d'une proposition de loi pour punir d'une peine de prison les squatteurs).



Dans le début de nuit, un peu après six heures pour respecter le délai nécessaire pour retirer mon billet, suis partie vers le Théâtre des Halles |constatant en passant qu'à part le Père Noël et les lourds portiques de la rue de la République les décors sur mon chemin étaient plutôt réussis et m'étonnant de voir la fleuriste que j'avais vu fermée le matin était en train de fermer | pour écouter une conférence d'Henri Pena-Ruiz « Culture et laïcité »

La laïcité n’est pas seulement un cadre juridique et politique propre à faire vivre ensemble, paisiblement, des personnes de convictions différentes, qu’elles soient religieuses ou philosophiques, en leur assurant la liberté de conscience, la stricte égalité des droits, et le bénéfice partagé d’une puissance publique tournée vers l’intérêt général. 
Elle vise l’émergence d’un monde commun de sens, nourri de la culture universelle et des œuvres du génie humain. La laïcité émancipe la sphère culturelle de toute tutelle. Elle libère ainsi les arts, la science, la technique, la philosophie, mais aussi la spiritualité religieuse des croyants et l’humanisme sans dieu des athées ou des agnostiques. La culture devient alors l’apanage de tous les êtres humains, appelés à choisir eux-mêmes, en connaissance de cause et librement, leurs références culturelles. C’est ce rapport extraordinaire entre la culture et la laïcité, qui est à la fois le résultat remarquable de la culture et son meilleur instrument de promotion, que la conférence entend illustrer.

Au préalable, une mise au point sur les deux sens du mot culture sera nécessaire pour lever toute équivoque. Au sens ethnographique, les cultures sont des ensembles d’usages et de coutumes codifiés par les traditions particulières des différents groupes humains. Au sens philosophique humaniste, la culture se définit par la créativité de l’esprit humain qui s’objective dans des œuvres et s’accomplit par la vigilance d’une pensée critique multiforme, à distance de tout conformisme. Ce processus dynamique est en phase avec la nature de l’être humain, homo sapiens qui se produit en se dépassant. Il peut conduire à la remise en question des usages traditionnels, interrogés au nom de droits humains conçus à rebours des pratiques oppressives. La culture dénonce alors l’intolérance, l’homophobie, la domination sexiste, les mutilations. Comme l’a montré la philosophie des Lumières, la culture ainsi comprise impulse l’évolution voire les révolutions. Elle se met donc à distance des cultures particulières pour les délivrer des injustices qu’elles hébergent. 
La littérature, la science, et la philosophie, entre autres, sont parties prenantes d’un tel effort, qui est la condition d’un progrès humain authentique. Lucrèce dénonçant la superstition religieuse, Copernic revendiquant la liberté du savant, Montaigne critiquant le dogmatisme, Montesquieu et Rousseau rejetant l’intolérance et imaginant une refondation de la politique, Hugo militant pour la République sociale et l’État laïque, sont des exemples célèbres d’engagements culturels en faveur du progrès de l’Humanité. Vecteur d’émancipation, la laïcité délivre la sphère culturelle de toute pression, et en féconde ainsi le libre dynamisme....

Salle pleine et à une exception près pas de dérapage dans les questions. Un plaisir.



jeudi, avril 16, 2009

Mon ami, revenez !
Je m'ennuie tant !
Je promets de rester sage en écoutant le feu roulant de vos idées, le jaillissement de vos fusées, docilement ravie sans m'écrier "oh la belle rouge ! oh la belle bleue !"
Je pourrais même, qu'en savons-nous ? être tentée d'y croire.
pour les impromptus littéraires
http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/ dont le sujet était "feu d'artifices"
L'est-il pas beau ? - point et tirets
après un matin radieux, vent qui peu à peu amène une ébauche de pluie - paresse - nouvelle petite incursion dans le "roman du monde" de Pena-Ruiz que je lis par séquences d'une trentaine de pages, interruption pour vie courante, rangement, délaissement pour d'autres lectures et reprises avec une attention pleine, jusqu'à ce qu'un élément extérieur me relance dans ce petit cycle.
"... La démarche matérialiste, en l'occurrence, consiste à rappeler cette réalité première. Elle ne conduit pas à récuser le rôle des idées, mais à en restituer le sens et le contexte effectif.
L'esprit critique ne doit pas ignorer la part de leurre et d'idéalisation, de justification, ou tout simplement de bonne conscience, qui intervient souvent. On ne peut connaître ni juger un homme, ou un moment de l'histoire, en prenant pour seule référence l'idée qu'il se fait de lui-même. Du ciel des idées ou des représentations humaines à la terre des pratiques réelles, la conséquence n'est pas toujours bonne, si du moins l'on veut comprendre le ressort effectif des actions au lieu de leur supposer d'emblée des sources imaginaires.
Ainsi une certaine façon de philosopher peut conduire à oublier la réalité, voire à l'évoquer sans tenir compte de ce qu'elle est effectivement.C'est le cas lorsque les représentations des hommes, et notamment leurs idées, sont prises comme point de départ de la théorie. Devenues références plus ou moins arbitraires, elles acquièrent une valeur explicative..."

et puis :
"Un homme libre, qu’est-ce que c’est ?
.....
c’est Bartleby le copiste de Melville qui un jour arrête tout en disant, I would prefer not to, Je préfère ne pas. Quand on finit par le mettre en prison et que son ancien patron vient le consoler, Regarde le ciel bleu, regarde l’herbe verte, il répond seulement, I know where I am, Je sais où je suis.
;;;;;;;
c’est Franz Kafka qui n’a jamais réussi à se marier mais qui peut, en imaginant la Statue de la Liberté, voir, à la place de la torche, un glaive ;
c’est un homme qui dit, alors qu’il est enfermé à Dachau, « La nuit était belle ». Robert Antelme.
.....
c’est une vieille dame à qui deux jeunes gens viennent de prendre tous ses bijoux et qui dit, Peut-être ils ne savent faire que ça ......"
"les mots" Leslie Kaplan - http://www.publie.net/tnc/spip.php?article226 (pour présentation, lecture partielle et éventuellement téléchargement)

et lui, que vient-il faire ? prendre la parole ? revendiquer le billet ? ne le sais - mais ne le lui demandons pas, parce qu'il a beau être bellement usé, gentiment arrondi, presque patelin, réduit, ramené, et cela lui donne fureur contenue ou indifférence résignée, au rôle de banc, parmi d'autres plus pacifiques, sous le grain usé de son apparence et le ciseau rêveur de son créateur il est un peu de la puissance mauvaise qui règne sur ou sous le monde, ou en l'homme, et qui fut évoqué pour le neutraliser - ne risquons rien et tapotons lui le museau en partant - d'autant qu'en vérité il m'est sympathique.
Paumée en est à trois fois moins de visiteurs, j'ai beau me raisonner cela m'agace stupidement - passer au journal secret ?

mardi, février 10, 2009

cette arche, toujours, qui détourne mes pas, appel pendant un instant vers l'inconnu, un enfoncement bref avant de rejaillir, et en m'y engageant je sais que je vais simplement retrouver un cheminement parallèle à celui que je suivais vers le castellet, la porte sur le Rhône, le pont Bénezet et les touristes, mais cela ne m'arrête pas, comme si mes jambes ne voulaient pas entendre ce que dit ma mémoire, ces jambes qui hésiteront pourtant devant l'autre possibilité, la petite montée raide entre deux murs neutres, avec juste ce haut tronc un peu penché que j'aime bien, vers la bande d'immeubles idiots, immeubles d'accompagnement, modernité qui ne s'assume pas, copropriétés qui se barricadent, barrière à franchir avant les raidillons pavés qui s'humanisent peu à peu, pierres et belles portes de bois ou jardins devinés, marches usées et rampe métallique qui éveille un vague souvenir de dégringolade vers la mer, mais qui là me hisse vers la grande plaque de la place du palais.
Et je ne sais plus pourquoi je l'avais associée, avant de noter cela, au passage que je viens de lire dans le "roman du monde" de Pena-Ruiz dans lequel j'avance par quelques pages de temps en temps, en bouche creux, mise en train avant une tâche matérielle, et qui, là, s'attachait, dans ce qui suit la construction de l'homme, au temps de vivre, au temps de l'aurore.
"D'hier et des souffrances, il reste la mémoire inquiète, qu'assume une nouvelle confiance. De demain, l'espérance hésite à s'esquisser, qui reste suspendue au présent incertain d'une lueur timide, surgie à peine de la nuit. Les temps de l'aurore s'accomplissent dans une annonce ensoleillée, où brille midi le juste."



Un fascinant billet sur le blog d'Angèle Paoli, reflet du charme que doit exercer le livre évoqué "Léonard et Machiavel" de Patrick Boucheron http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/02/patrick-boucheron-l%C3%A9onard-et-machiavel.html
et puis, via Fabula, les articles du colloque "autour du Dictionnaire philosophique de Voltaire
http://www.fabula.org/colloques/sommaire1088.php et surtout l'article de Pierre Campion
« De la guerre dans les Lettres. Le Dictionnaire philosophique de Voltaire
http://pierre.campion2.free.fr/cvoltaire_dictionnphilo.htm

jeudi, janvier 22, 2009

"Vaincre la peur, non en niant le danger,mais en en prenant l'exacte mesure. Vaincre la mort , non en la taisant par l'ignorance délibérée de la fin qui attend tout homme, mais en dédramatisant le rapport que l'homme entretient avec elle : soigner pour cela la vie intérieure en la libérant des représentations sans réel fondement, des imaginations qui la troublent. "La mort n'est rien pour nous" , rappelle Épicure, qui s'en tient à ce dont l'homme peut vraiment avoir l'expérience. Vaincre la crainte des dieux, non en les niant nécessairement, mais en s'affranchissant de la fantasmagorie qui leur prête les pires travers humains, la puissance en plus, ce qui aggrave la peur. Tout le programme de la philosophie est là, qui accorde la raison et le désir, l'audace et la sagesse qu'on appelait prudence pour y voir la sagacité qui sait agir.
L'expérience, purifiée des obsessions tristes et des divagations, émancipées des servitudes que l'homme déraisonnable s'inflige à lui-même, émerge alors dans sa vive beauté, festival sensible qu'aucun soupçon ne trouble. Le regard est rendu à sa fraîcheur native et réinvente le monde...."
Henri Péna-Ruiz "le roman du monde", là où je l'ai laissé aux petites heures de mercredi, m’endormant sur cet accord.

coup de pied dans le derrière pour faire mon argenterie - plaisir d'un peu de rêve devant la joie des visages à Washington pendant qu'il en est temps - sortie dans un petit matin doux, café en main, pour sentir à travers la voilette du plus grand arbuste un contact évoquant de vieux papiers enfermant de vieilles pétales séchées; comme un missel d'arrière grand-mère, et constat que sous cette protection se cachait une assez parfaite décrépitude.

mercredi, janvier 21, 2009

un ciel changeant ce mardi matin, à mon image.
Comme la vie des blogs non spécialisés, avec des assoupissements ou fin, l'un parce qu'e son auteur est trop heureux pour perdre son temps, certains par lassitude ou interrogations.

et moi, j'oscille, entre une petite gratitude pour paumée qui m'a bien aidée, une navrance en constatant que mon ego s'est doucement épanoui jusqu'à s'agacer de son inexorable déclin, le constat que le monde virtuel étant animé, comme le monde dit réel, par des humains, il court le risque de reproduire les mêmes petites rivalités, les mêmes sincérités relatives, et mon refus de m'y laisser aller - un petit vent de lucidité glacée, un désir renaissant de me servir des mots, sans trop d'illusion, de vrais plaisirs, et chaleurs, mais de lecture - moi l’éternelle cyclothymique.
Dans le monde réel, m’en suis allée, dans une merveilleuse lumière,
m’enfermer un peu après 17 heures à la mairie pour le Conseil Municipal, ma rencontre avec André Castelli, le matin, m’ayant rappelé qu’entre autres il pouvait être décidé du financement des maraudes. http://brigetoun-avignonmu.blogspot.com/2009/01/casa-soutien-aux-sdf-avignonnais.html
Suis arrivée un peu en retard, et j’ai longuement écouté dans la petite communauté du public en trop, dans l’escalier d’accès à la tribune, à côté d’un des responsables de CASA et un petit brouhaha nous a fait hésiter à comprendre qu’en effet il y avait eu diminution du budget.
ce que m’a confirmé un de mes voisins quand, grâce à la fringale vers 20 heures d’une partie des dignes citoyens, j’ai pu accéder à la tribune. Comme le dernier conseil s’était interrompu brutalement il y avait environ 70 points à l’ordre du jour et je suis partie vers 21 heures 30 au moment où la moitié des votes avaient eu lieu. (pour la qualité des interventions de l’opposition assez contente de mon choix lors de municipales)
La vidéo du discours d'Obama sur le site du Monde, un petit tour sur CNN, un long tour très entrecoupé à l’assemblée (effrayant) et je feuillette « le roman du monde - légendes philosophiques » d’Henri Pena-Ruiz ramené avec mes courses du matin, et qui sera à déguster par petits bouts.
L'index pour "lucidité" me renvoie entre autres à la fin du chapitre "les hommes jugés nus"
..." le jugement que nous porterions sur nous-mêmes en tant qu'hommes, si nous pouvions prendre la mesure de vies complètes et délier toute appréciation d'une vision partielle, partiale aussi dès lors que la régit l'émotion du moment. Cette anticipation tragique habite la quête de lucidité. Elle consiste à placer tout choix dans l'horizon de la vie conclue, pour la mettre en préence de sa vie irrévocable. Et lui fournit ainsi sa référence la plus décisive, donc la plus exigeante". Oui da, m'en vais dîner
P.S. Je viens d'effacer seize spams, je dois remettre la vérification même si c'est casse-pieds