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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, février 07, 2026

La brume et des pas chez Lambert

 


Matin, sortir dans la brume et simplement parce que seul besoin poser au petit Carrefour/City de ma place pour du faux Sopalin et quelques chips (éventuellement consommés en souvenir de Grignan)



Et comme je l’avais prévu départ un peu avant seize heures vers la Collection Lambert pour les deux expositions en cours(visitées après avoir racheté une carte de membre parce que tel était mon désir, sourire) dont je ne retiens ici que la première, je garde la seconde pour dimanche je pense) avec quelques images (trop sans doute) parce que fort difficiles à capter (il s’agit de vidéos dans des pièces obscures accompagnés de peintures et dessins dans les mêmes pièces le tout longuement contemplé mais se refusant, assez logiquement à mon appareil)…



 j’ai aimé presque tout (sauf les moments ou mon esprit s’absentait) mais parce que ne saurais faire autrement, je me contente, sous cette petite ribambelle, de reprendre la presque totalité du texte figurant sur le site de la Collection,


L’artiste-réalisateur américano-portugais est invité à la Collection Lambert pour sa première grande exposition en France.

Internationalement reconnu pour ses films (Grand prix de la Semaine de la critique au festival de Cannes pour le long métrage Diamentino en 2018) il présentera à Avignon toute la richesse d’un travail où se mêlent installations vidéos, films, peintures et dessins, où les nouvelles technologies rencontrent la poésie avec force et élégance… Il présentera une série de dessins, peintures et vidéos récentes, dont la grande installation Bardo Loops commandée en 2024 par le CAM Gulbenkian à Lisbonne et exposée à l’occasion de la réouverture de son centre d’art moderne…

Le vocabulaire formel issu d’un monde numérique et de la 3D telle qu’elle est utilisée par les grandes firmes de divertissement (Pixar, Disney) se déploie d’une salle à l’autre, d’un dessin à une peinture ou à une installation vidéo, de sorte qu’il devient le seul et unique moyen de représenter le monde de demain. La figure humaine en est presque absente, remplacée par des rats, des fantômes. 

Enfermés dans les limbes du décor apocalyptique, les personnages sont engagés dans des conversations impossibles dont les dialogues semblent puisés à même les controverses et discussions clivantes que l’on trouve sur les réseaux sociaux (en version bien mal embouchée) ou les chaines d’information en continu. On les voit se disputer ou chanter le désespoir engendré par la solitude ou la fin d’un amour impensable, flottant sur les ruines d’un monde que le climat, la violence ou les révolutions digitales ont transformé irrémédiablement. 

Ils nous apparaissent seuls, piégés dans des boucles numériques sans fin, en proie à des questionnements existentiels où l’intime se mêle au politique, où la tragédie et la force s’imbriquent continuellement. Pourtant la noirceur est en permanence nuancée par la poésie qui se dégage de ces êtres vulnérables et sensibles que nous suivons avec une empathie naturelle.

Car là réside l’intelligence de l’artiste : inventer des situations dans lesquelles l’acuité d’un regard implacable porté sur le monde contemporain se déploie dans une mise à distance savante où l’optimisme nous embarque avec grâce dans une réflexion existentielle qui pourrait nous rassembler. Si seulement.



et, après avoir parcouru l’autre exposition, dans le couloir suivant les dernières salles de Gabriel Abrantes et au troisième étage de l’Hôtel de Montfaucon, que je garde pour un autre jour, je suis rentrée vers l’antre en traînant un peu la jambe le long de la rue de la République.

vendredi, février 06, 2026

Charroi draps et autres

 


Matin réveil en grande lassitude (perte de poids et surtout reste de la réaction au « recours refusé, votre compte est supprimé définitivement » envoyé par Facebook à  ma boite mail que j’ai trouvé en rentrant du ciné que j’ai avec application et force refoulé pour finir de parler du film (je vous le conseille) et qui me revenait en vertige. Comme me l’a conseillé un ami j’ai tenté d’ouvrir un nouveau compte Facebook mais ça ne marchait pas. Ils étaient censé m’envoyer un mail avec un code à recopier, code que n’ai jamais reçu… ai ouvert un compte Google annexe (pour cela j’ai du changer mon code en espérant que je me prendrai pas les pieds dans… ne sais quoi) et ça ne marchait toujours pas. Alors me suis persuadée qu’une douche et un peu de confiture de fraises de Carpentras me donneraient force, et, dûment vêtue, ai ouvert volets sut dalles humides (un reste) et ciel bleu pale 



avant de me battre pour changer mes draps avec l’énorme couverture pour lit de deux personnes et mon petit lit que ne peux pas tirer complètement … les ai mis dans un sac avec le pantalon de lainage qui est mon pantalon dadame et après dix minutes de repos m’en suis allée vers le banchisseur/teinturier en passant par la Pharmacie Grégoire pour acheter des gellules-remplaçant-intestins et, au retour, aux Délices du Lubéron pour un pot de confiture d’orange amère… ayant décidé finalement de laisser définitives fermée ma page Facebook navrée de ne plus avoir accès aux textes et photos des amis sauf ceux qui ont un blog enregistré sur mon Feedly, et un peu de me dire que de moins en moins de personnes passeront sur Paumée (ce qui visiblement est le cas) mais je veux me souvenir que je l’ai ouvert au départ comme une médecine, une obligation, pour ne pas me laisser aller.



Ceci dit malgré un bon déjeuner et l’absorption avec dix heures de retard le petit traitement destiné à me donner pep pour aborder le jour, la pluie et l’humeur m’ont dissuadé de partir à cinq heures vers le cinéma…

jeudi, février 05, 2026

Mercredi

 


Cafouillage matin (me trompais dans les heures me pensant nettement moins en retard que le pensais) je me suis confirmée que je n’avais pas le temps de préparer le charroi vers le blanchisseur/teinturier et j’ai renoncé à changer ce matin mes draps et m’en suis allée sous un ciel indifférent à la ville 




vers le Carrefour de la rue de la République avant de revenir sur mes pas pour passer à la Fnac prendre livraison des livres de Gracia Bejjani et Daniel Bourrion, achetant au passage le Canard Enchainé avant de continuer jusqu’à l’antre en circulant entre les barrières qui entravent un peu partout la circulation des piétons, pour l’aménagement de la ville.




Parvenue à mon immeuble, ai hissé, déballé et rangé mon chargement (me battant en rageant contre la boite de Colissimo contenant les livres.. mais heureuse devant son contenu) - dénuer, petite sieste et un retour sur internet (m’emmêlant les doigts ce qui a éveillé les soupçons de Facebook qui a bloqué à nouveau mon compte, ai bricolé l’épreuve imposée, espérant que le piètre résultat l’inciterait à me rendre possible l’accès ce qui selon l’avis affiché devrait prendre une dizaine d’heures)



En attendant m’en suis allée avançant dans un léger crachin, après une petite tasse de thé, vers 17 heures 45 vers l’Utopia Manutention pour voir « le chant des forêts » de Vincent Munier (le réalisateur de « La Panthère des neiges ») un des films que je veux voir (désir spécialement fort en l’occurence)  ... ci-dessous une photo du film provenant du site du cinéma comme le petit texte, montage de passages de la présentation et critique)



Il était une fois un enfant (Simon, le fils de Vincent), son père et son grand-père, réunis au cœur d’une cabane perdue au fond des bois. Alors que la nuit tombe, les deux hommes chuchotent à l’oreille du garçon des histoires de rencontres furtives avec des animaux fantômes, apparus tels des mirages. Commençons par celle avec le Grand Tétras, gallinacé des aubes brumeuses, relique de l’âge de glace, qui fuit dès qu’on le dérange… Bien plus qu’un oiseau, il est l’animal totem qui a façonné la vie de Michel, puis de Vincent. Pour surprendre son apparition, il faut savoir repérer ses traces, rester immobile pendant des heures dans le silence de la forêt, guetter l’invisible en se rendant invisible soi-même, tout un art qui s’apprend et se transmet dans l’intimité d’affûts partagés. L’enjeu du film réside dans la transmission de cette fascination pour le vivant et dans la volonté de donner la parole à la forêt, elle qui a son propre chant, subtil, discret et parfois si inquiétant. Car à l’affût, on entend avant de voir. La nuit surtout, les sons dessinent les présences. Nous voici nous aussi, spectateurs, aux aguets grâce au dispositif sonore immersif (fruit de nombreuses années d’enregistrements), prêts à entendre tous « ces petits cœurs cachés » qui battent au milieu des arbres : caquètements gutturaux caractéristiques du Grand Tétras, mais aussi chants, cris, bruissements d’ailes, grognements, brames, souffles, craquements… des autres habitants des lieux, que vous découvrirez au fil des expéditions du trio. Le Chant des forêts, c’est donc une symphonie sauvage composée par le monde animal, végétal, minéral et aérien qui se répondent en écho, et dans laquelle s’incorporent avec justesse les musiques originales de Warren Ellis, Dom la Nena et Rosemary Stanley…. Il filme la forêt comme un temple sacré où se produisent chaque matin des résurrections, où des arbres-colonnes tombent mais deviennent terreau pour d’autres vies. Il capte la fragilité du monde et son impermanence au travers des vies minuscules tissées, de brumes menaçantes qui se forment et s’évanouissent. Il produit surtout devant nos yeux émerveillés le miracle de dépasser la furtivité des rencontres avec le monde animal en les figeant davantage qu’un instant : il nous offre ainsi quelques visions magiques, fruit de sa patience extrême, magnifiant le Grand Tétras mais aussi le Grand-Duc « dont les yeux reflètent l’éclat du feuillage et des siècles ». Ces apparitions surprenantes et ces regards troublants des bêtes qui guettent le guetteur resteront longtemps dans nos mémoires. On se délecte aussi des plans d’estampes japonaises dans des séquences intemporelles, comme celle où il réussit à métamorphoser un nuage d’étourneaux en tempête de neige. D’autres moments de grâce surgissent au cœur d’un lac (surprise !) immortalisant « ce sauvage qui nous échappe »….



La salle (la 4 qui commence à m’agacer… j’y suis abonnée) était quasi plaine pour une fois…. Et j’en étais heureuse parce que c’est un émerveillement constant que ne peux détailler même si vais le tenter par petites touches incomplètes, la beauté des images, du son, la sophistication du traitement des images qui illustrent la sauvagerie, les arbres qui nagent sur les nuages mouvants, les canards et autres oiseaux aquatiques qui traversent l’écran en se suivant à la surface de l’eau, les nuées d’oiseaux, les tableaux de Le Nain des visages autour des braseros ou dans les cabanes, l’amour qui souligne le visage du petit fils, l’amour muet et discret qui lie les trois générations, la malice des humains et des animaux, les merveilleuses petites chouettes et le pointillé de leur chant, les envols, l’idéation des images qui requiert la même attention que celle des observateurs, la violence des luttes de cornes, des brames, des chants des grands oiseaux nocturnes, la beauté de la Norvège où s’en viennent pour juguler la tristesse du grand père qui aimait tant les grands tétras et se navre de leur disparition dans la forêt vosgienne à cause du réchauffement climatique et l’émotion en les retrouvant, presque dépassée par le vol et la beauté des grues, la philosophie de cette acceptation, la volonté de protéger la splendeur du sauvage, celle aussi comme une consolation de prêter attention aux plus petits (j’ai oublié le nom du plus minuscule des oiseaux), la transmission qui fonctionne et l’évolution du petit fils  etc… à vrai dire on est tellement attentif et emporté avec eux qu’il est difficile de poser des mots… ah si,  cette petite ironie bien de notre temps : la richesse, la sophistication des appareils qui permettent de capter cette sauvagerie et du traitement des images et sons. 



mercredi, février 04, 2026

Mardi matin

 


Ciel presque tendre

Dans les rues de la ville

Un jour gentillet



Je m’en suis allée matin à la Fnac pour commander (ils seront là en principe demain) deux livres d’amis : « Sobhiyé - corps des femmes » de Gracia Bejjani et « le pays dont tu as marché la terre » de Daniel Bourrion (ce dernier pour la seconde fois car je désespère de recevoir enfin l’exemplaire commandé et payé il y a plusieurs mois, coincé dans un mystère/Colisimo)… puis à Monoprix en quête de petites serviettes en papier franchement colorées et de dentifrice




et suis revenue en petite errance pour le plaisir et la santé de mes jambes… et j’en suis restée là.