Orages dans la nuit… au réveil, quand le café a commencé à faire son effet, constaté que mon rideau avait été en partie fortement imbibé par l’eau venant de la petite dalle de verre entre la terrasse supérieure et ma chambre… Comme la pluie semblait être un peu affaiblie j’ai classé cela dans un coin de mon crâne, enfilé mon imperméable, enfoncé le chapeau de pluie comme à la diable, empoigné ma canne et un gros sac d’ordures
que je suis allée jeter aux remparts, tentant d’éviter les mares d’eau et les camionnettes qui se succédaient
avant, par la rue Saint Etienne et la rue de la Petite Fustrerie et ses mares noires (un garçon sortait des matelas mouillés et les posait absurdement sous la pluie sur le trottoir trempé) mais aussi quelques vitrines pour éclairer ma vue, de gagner la rue Saint Agricol et La Tropézienne pour acheter un cookie auquel s’est ajouté (curiosité et flemme) une grosse barquette de boeuf bourguignon.
Suis revenue vers ma place, ai continué jusqu’au petit Carrefour pour six rouleaux de papier toilette et une barre de chocolat, ai mis à sécher le chapeau et l’imperméable, regardé avec désespoir le rideau et la petite marre dans un coin de la chambre, pensé que je devais signaler la chose, tenté de joindre mon propriétaire mais son téléphone était très provisoirement en dérangement, suis montée jusqu’à la porte de l’appartement qui me surplombe à laquelle j’ai frappé trop timidement… ai décidé de prendre les choses avec calme, ouvert la barquette de boeuf bourguignon aux tagliatelles l’ai trouvée énorme et décourageante, suis revenue à internet… avant une demi-heure plus tard d’entendre (le son de la pluie avait diminué) bouger au dessus, de re-monter, de re-frapper en insistant assez pour que les deux malheureux qui se battaient avec une terrasse pleine d’eau, comme un petit lac ou le coin bain de pied d’une piscine, m’entendent et m’ouvrent, avons échangé, ils venaient d’avoir le propriétaire au téléphone , et la jeune femme lui commentait les actions, nous avons organisé la vidange via de grands seaux jetés dans ma cour et victoire au bout d’un quart d’heure le garçon a vaincu et l’évacuation a été débouchée (j’en ai profité pour leur proposer la barquette…ce qui les a dépannés et m’a soulagée). Le propriétaire m’a appelé pour comprendre ce qui s’était passé, a prévu de demander à un plombier de passer…ai tenté à un moment de pluie pas trop forte de nettoyer ma cour en évacuant les mares noires qu’elle avait reçue de l’étage supérieur… avec un assez bon résultat, j’ai bouchonné mes cheveux et je suis devenue doucement foldingue en écoutant le bruit de l’eau dans les canalisations. Il y a plus grave, je sais.























































