vendredi, novembre 27, 2020

Frémissements


Les cafés et restaurants, sur mon chemin ce matin, affichaient différemment leur détresse plus ou moins résignée – la Petite Pêche, en haut de la petite côte raide de la rue Saint Etienne, qui lors du premier confinement avait opté pour un menu très réduit livré par les plateformes, présente cette fois une vitrine vantant ce qu'elle ne peut plus offrir pendant un provisoire qui se prolonge et des stèles à l'attente qui varient de temps à autre leur forme... et après les trois restaurants de la rue Racine qui avaient sorti la table vouée à la vente à emporter, la place de l'horloge n'était occupée que par le régiment désolé des grands parasols repliés sur leur inutilité.


Les nuages blancs, en petites boules serrées au dessus de ma rue, laissaient la place au ciel bleu au dessus de Saint Didier, souriant aux ouvriers qui commençaient à installer le décor de Noël (assez laid pour l'instant... a besoin d'enfants et de lumière)


Rue du Vieux Sextier, le tonneau et les bouteilles d'un caviste maintenaient un peu de vie près d'une des boutiques qui ne rouvriront pas,


et quand suis arrivée, à bout de force (m'ennuie cette fatigue qui s'installe) ai trouvé un avis de passage d'un colissimo à aller chercher (un pantalon dadame commandé en début de semaine, en partie pour soutenir une boutique qui, zut, rouvrira la semaine prochaine) mais aussi ma gentille voisine qui m'a confié sa jolie petite chienne, à la grande déception de celle-ci, a empoigné ma charge malcommode (un manteau, deux vestons, une jupe et des carottes) et l'a hissée jusqu'à ma porte.


jeudi, novembre 26, 2020

promenade

 


Sous un ciel qui se chargeait avec bonhomie...


j'ai, pour faire comme si,

promené ma valise dans les rues presque vides

qu'elle peuplait d'un bruit de petit char...


et puis l'ai ramenée sous un clin d'oeil bleu.

mercredi, novembre 25, 2020

Fleuve et ruminations


depuis des siècles

il coule inlassablement

l'admire, ne puis


j'avais pris goût à la vie qui m'a longtemps insupporté quand ne lui étais pas indifférente... mais je suis lasse maintenant (enfin j'ai de brusques émerveillements qui me font oublier cela) – pourtant chanceuse suis si je pense :


à mes sœurs, mon frère, leurs conjoints qui n'auront pas leurs enfants et petits enfants pour les fêtes (le sourire résigné des beaux vieux de Grignan dans leur grande maison capable d'abriter leur nombreuse descendance... les toulonnais même si pour eux les distances sont moins grandes, le corrézien et les presque jeunes du Pecq)



aux garçons installés par l'ASE dans des hôtels et qui, confinement oblige, y sont isolés sans lien avec leurs camarades de Rosmerta ni avec qui que ce soit sans doute


et tous les autres pour qui ces regroupements ont tant d'importance


(moi j'y suis habituée depuis longtemps et c'était un choix).

mardi, novembre 24, 2020

L'heure de marche


or plaqué sur bleu

et une brume jaune

arbres d'automne


et le plaisir de quatre ou quarante mots et un peu davantage de sourires échangés sur le seuil de Rosmerta en amenant cinq poulets (moyens de gamme), six blancs et des bouillons cube – ne pouvais d'avantage (sourire).

lundi, novembre 23, 2020

Feuilles, fleurs et fruits ou dernières traces de la Drôme

petites choses

ou dernières images

de l'ami jardin

en ce jour de l'au-revoir

sous un ciel d'un gris tendre


et puis, gardée avec une petit rancune, l'image de mon adversaire qui a transformé, pendant que recueillais des plantes coupées pour le compost, à travers pantalon et collant de laine, le bas de l'arrière de mes cuisses en pelotte d'aiguilles serrées 

mais le lendemain, le lundi un ciel si bleu... comme celui qui régnait sur ma cour ce dimanche, avec un air qui gardait encore de la douceur.

dimanche, novembre 22, 2020

En courte marche

sous un grand beau ciel

où flottaient des nuages

coulait le fleuve

gisaient les feuilles tombées

une branche, un oiseau



et quelques masques

samedi, novembre 21, 2020

Pour information

 

un réveil tardif

en ridicule tension

à faire taire

grâce à la marche vers bus

contre un solide vent bleu


et la transformer en m'amusant de mes petites sottises, la légère pagaille en sautant les étapes pour passer au service pneumo déposer ma modeste demande-d'excuses-et-hommage-reconnaissant... d'où la nécessité, après longue attente dans la salle à cela consacrée de reprendre le circuit admission accompagnée par des rires (je peux confirmer au ministre que sans être totalement serein, l'hôpital avait retrouvé ce matin un semblant de normalité), de pousser petit cri de joie discrète en entendant que les biopsies n'avaient rien révélé d'anormal, et cachant le petit agacement ironique en apprenant que, comme les pneumologues ne peuvent admettre que des poumons aussi abimés depuis longtemps par un usage très immodéré du tabac restaient épargnés par le cancer, je serai convoquée pour un nouveau scanner suivi d'une consultation...


et m'en suis revenue... téléphone famille, bon solide déjeuner (j'atteins presque les 38 kilos) longue et forte sieste, suivre un moment des débat de la mauvaise loi à l'assemblée, récolte des feuilles envahissant la cour, regarder/écouter un opéra, « le messie du peuple chauve » d'Eric Breton, pour lequel j'avais un billet et dont la représentation, sans public, était diffusée sur YouTube. (http://www.operagrandavignon.fr/spectacles/le-messie-du-peuple-chauve/ https://youtu.be/0NkVapvL-to)