mardi, novembre 12, 2019

jour sans

jour sans connexion ou presque
jour où elle est revenue à 22 heures 15 et où je n'ai pas envie de me lancer dans la visite même de quelques salles de l'exposition Viva Villa !
Jour où je me suis énervée, et puis où je suis partie curieuse et résignée, pour poster une lettre à la grande poste, où j'ai constaté que Monoprix était ouvert, et H & M aussi, où suis passée prendre jeune ami, où nous avons acheté un chapeau pour moi et un blouson et des gants, et qu'importe s'ils n'étaient pas de très belle qualité ils nous plaisaient, où suis revenue, ai regardé "la toile d'araignée" de Minelli (ou plutôt  "thé cobweb")
où je suis retournée vers 6 heures et demi rue Pasteur pour compter les pieds d'alexandrins, décasyllabes ou pentasyllabes, aidé à reconnaître un quatrain, un distique et un tercet, à barrer les e muets qu'on ne prononce pas et souligner ceux qu'on prononce pour que le vers proféré tienne sur ses pieds, ce que sont les diérèses et les synérèses (là j'ai dû rapprendre le mot) en y ajoutant parce que tant pis j'en avais envie des bidules sur les précieux, sur Beaudelaire, Hugo, Aubigné (qui prend des libertés avec l'alexandrin parfois), Verlaine et Valéry, où je me suis tellement amusée que je ne me suis rendue compte qu'en fermant la porte de l'antre que j'avais mes lunettes de sac sur le nez et que ma canne était restée rue Pasteur (première chose à faire demain matin)
où je me suis promenée, après avoir posé ceci, à travers vos internets (et navrée pour tout ce que j'ai négligé)

lundi, novembre 11, 2019

Était encore temps

Vaquer, petit moral, petite forme, et puis me rendre compte que l'exposition qui se tient à la collection Lambert depuis le 11 octobre qui était assortie de lectures, films, danse etc... pour lesquels je recevais des mails que je mettais à la poubelle (faute de tonus et un peu de flouze... et je réalise que faute d'attention j'ai ainsi loupé le passage, notamment, d'Olivia Rosenthal et de Arnaud Rykner – pour lui entendu un court texte faute de temps – sans compter danse et musique ) se terminait ce 10 novembre et qu'il était peut-être temps de m'y intéresser... ai ouvert le site Viva Villa ! https://vivavilla.info/artistes ai appris que c'était la troisième édition (la première en 2017 à Paris, la seconde en 2018 à la Villa Méditerranée à Marseille – qui donc a servi au moins une fois, quoique l'on en dise) de ce festival, et non simplement exposition.. bon pour le festival c'était un peu tard, en ai cueilli des miettes, festival qui sous la houlette de Cécile Debra réunit des artistes en résidence à la Villa Kujoyam a, à la Casa Velàsquez, à la Villa Médicis, et d'invités, qui cette année s'articulait autour du thème la fin des forêts et donc m'en suis allée... aimé ou me suis intéressée, ai monté, descendu escaliers, ne me suis pas énervée contre ceux qui voulaient m'aider, mais à vrai dire mon oeil a décidé de refaire des siennes pour la lecture des cartouches, et les petits efforts de mise au point/migraine m'ont un rien fatiguée, alors suis un peu flemmarde ce soir... je vais en rester aux trois premières salles du rez-de-chaussée, celles prises sur l'hôtel de Caumont, à la fin de l'accrochage actuel de la collection permanente et la jonction avec l'hôtel de Montfaucon,
commençant donc, après la première salle derrière la billetterie, occupée par deux grandes toiles et un collage et dessin d'Allan d'Arcangelo, qui en fait font partie de l'accrochage, par la grande vidéo d'Ange Leccia les pins de la Villa Médicis puisque «Cet hiver sont tombés les pins parasols centenaires et les arbres du Bosco de la Villa Médicis. Signe brutal et fédérateur, les cimes ancestrales de ces arbres disparus projettent leur ombre mélancolique, inspirante et tutélaire sur l’édition 2019 de ¡ Viva Villa ! La figure de l’arbre hante l’imaginaire et la pensée actuelle comme la rémanence d’un monde en passe de disparaître» (Cécile Debray)
avec, sur l'un des murs de la salle qui s'ouvre sur le boulevard Raspail, la présence de Ricardo Venturi https://vivavilla.info/artistes/riccardo-venturi/ (historien, Villa Médicis Son projet mené en résidence à la Villa Médicis intitulé Porosité. La crise du modernisme italien à la lumière de l’Anthropocène se veut une reconsidération de l’art et de la culture visuelle italiens des années 1960 et 1970 à travers la notion de “porosité”, entre humanités visuelles et humanités environnementales.) par une série de photos, qui ont été exposées à l'époque à la galerie L'Attico à Rome, de Let Asphalt Flow de Robert Smithson, action qui eu lieu près de Rome en 1969 : masse d'asphalte déversée depuis un camion du haut d'une colline dans un environnement de zones industrielles abandonnées.
Et l'exposition commence vraiment par l'hésitation plus ou moins évidente (affichée sans complexe par un enfant alors que nous tentions de ne pas avoir l'air...) avant de poser le pied dans la salle de l'articulation entre les deux hôtels sur le sol en trompe-l'oeil, entourant les débris dont on ne sait toujours s'ils sont minéraux ou végétaux, de Warpaint l'installation (moquette imprimée, bois, peinture, hydrographie) de Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard du Studio GGSV https://vivavilla.info/artistes/gaelle-gabillet-et-stephane-villard/ (design, métiers d'art, Villa Médicis) en hommage aux arbres morts...

et la suite en plusieurs prochains numéros

dimanche, novembre 10, 2019

Quelques images

ciel pur, froid sans excès, vent modéré, m'en suis allée vers Rosmerta, trop tard pour rencontrer ceux que voulais, mais ce n'était pas grave, ai déposé mes vingt paires de chaussettes, servi les présents, exigé que les autres soient mises au pot commun (l'importance des petites choses), salué les responsables en réunion
et m'en suis allée avançant dans le vide des rues de ce début de long week-end d'hiver ou presque à la friperie où tous se servent pour déposer deux manteaux en état fort correct m'a dit la dame

et puis j'ai erré un peu entre petit marché des Carmes, feuillage s'essayant à la rousseur, terrasses de café qui se résignaient à ne plus attendre la moindre animation, petit jeu habituel des ombres et monstres résolument endormis.

samedi, novembre 09, 2019

Lumière revenue et opéra comique

Matin sur le chemin du teinturier et de la recherche de chaussettes chaudes et pas trop chères (suis très limitée provisoirement et en reste aux petites choses, mais en ai 20 paires de tailles variées) un ciel en gaité bleue
des petits jeux de lumière et d'ombres à nouveau, et parfois, à un coin de rue, la caresse de l'air attiédi...
repassage et inventaire des chaudes vêtures...
et puis, comme j'ai mon petit tas de billets de spectacles pour soutenir mon égoïsme,
attendre navette
vers l'opéra Confluence pour la dernière création de l'opéra d'Avignon, une nouvelle production de la Périchole, le plaisir d'Offenbach, sans comparaison puisque n'avait jamais vu/entendu cette oeuvre dans une production plus prestigieuse. http://www.operagrandavignon.fr/spectacles/la-perichole/
(photos provenant du compte Facebook de l'opéra)
mis en scène par Eric Chevalier : envie de raconter l’histoire de cette chanteuse des rues qui séduit un homme de pouvoir, une situation dont elle profite largement. Ce qui m’intéresse également dans cette histoire, c’est qu’elle a un fond historique, c’est un personnage de roman mais d’après une personne réelle puisque la Périchole a vécu quatorze années avec son vice-roi… Ce qui m’intéresse ici, c’est le rapport entre l’artiste et le pouvoir, ce mélange de fascination que l’artiste peut exercer sur le pouvoir politique et en même temps de haine. Jean Renoir a su mettre cet aspect ambivalent de manière remarquable avec cette idée géniale de commencer et de finir dans un théâtre, c’est un chef-d’œuvre absolu, Anna Magnani y est prodigieuse ! Très humblement, j’ai gardé un peu à l’esprit ce film comme la pièce de Mérimée mais il y a aussi d’autres romanciers que ce personnage a subjugués. et puis ce soir il y avait Offenbach, même si le comique est moins évident que dans d'autres opéras, sommes plus dans l'ironie que dans la bouffonnerie
Première partie : aimé les voix des principaux solistes (surtout Maria Karall qui chantait la Perichole même si dans « je suis grise » les inflexions étaient un chouya moins spirituelles que celles de Felicity Lott, mais juste un peu et suis de parti pris) mais j'ai trouvé que deux ou trois jeux de scènes flirtaient un peu trop avec la bouffonnerie justement et que surtout l'ensemble manquait de vivacité
un entracte
et le plaisir vrai ensuite (découvert aussi à ce moment la très ronde, belle, voix de Pierre Derhet (Pedrillo) et toujours bien aimé les autres solistes, et puis la mise en scène avait trouvé son rythme


applaudissements, sortie souriante mais attente longuette de la navette qui pour une fois ne nous attendait pas... heureusement avais de bons compagnons...

vendredi, novembre 08, 2019

un peu de Camus

après être sortie avec du linge et rentrée aussitôt devant la force soudain réveillée d'une averse, n'ai plus bougée, cherchant comment pourrais contribuer aux besoins (vestes ou doudounes, chaussettes etc…) qui surgissent rue Pasteur avec l'arrivée un peu brutale de l'hiver, sans solution immédiate par la faute de cette sacrée fichue banque, et puis, le soir venant, mis bonnet, doudoune, pris parapluie et suis partie un peu après six heures me sentant coupable...
pour assister au Chêne noir, avec un petit détour écourté par la pluie qui s'intensifiait à nouveau, à l'adaptation, mise en scène et interprétation par Stéphane Olivié Bisson d'un choix de textes (non un florilège disait-il mais un montage) pris dans les carnets d'Albert Camus.
Ce spectacle fait entendre un Camus moins connu. Il suit le fil d’une inquiétude lumineuse parcourant sa vie. Stéphane Olivié-Bisson fait preuve à tout moment d’un discret jeu original. Il suffit de quelques facettes de Camus, si bien saisies dans un théâtre ample et miniature, pour que soit là tout Camus, ce Camus dont nous aimons qu’il nous accompagne encore et toujours.(Gilles Costaz)
Nombre de fragments font allusion à son anarchie profonde, à son «désordre affreux», nous sommes là au coeur du chaos d'un homme et au centre de la fabrique d'une oeuvre qui, par la simplicité de sa tension vers soi et vers l'autre, a tant modifié la littérature mondiale et les lecteurs. (Stéphane Olivié Bisson)
oui, mais j'ai honte de le dire parce que mon avis semble très personnel, je pensais «quel dommage que cette voix soit si laide» et j'en étais réduite souvent à me dire en esprit certaines des phrases pour en goûter la saveur.
La bande annonce

retour avec détours itou, rues désertes ou presque, et sans pluie (croisant trois fois le même homme qui promenait avec résignation son chien comme moi mes jambes qui s'étaient engourdies)

jeudi, novembre 07, 2019

renouer

En fraicheur claire
verdure hésitante
liée par l'hiver
matin, petite démarche infructueuse... sans grande gravité si ce n'est que suis encore contrainte à être économe, mettre ma rage dans la contemplation des arbres, du bleu..
Et m'en aller à six heures vers Rosmerta pour avoir mon temps de marche, pour reprendre la prononciation des ch des j et des s sans oublier les e qui définitivement ne sont pas des é avec un jeune ami qui en a une conception passablement anarchique, pour expérimenter divers niveaux de langue, pour me disputer en riant avec Youssouf et prendre rendez-vous, pour faire aussi connaissance de trois jeunes et sympathiques bénévoles «scolarité» qui ont la grâce de ne pas être trop sérieux,

et rentrer raffermie, requinquée, même s'il faut que je reprenne l'habitude des bonnets (on ne sort pas tête nue en hiver passé un certain âge)

mercredi, novembre 06, 2019

mardi matin

gentils nuages
bleu gorgé de lumière
mes corps et coeur froids

à restaurer dit le bonhomme entraperçu