Ai enfoui mes cheveux dans la cloche en laine, ai mis dans la poche de ma longue veste en jean, ai hissé sur mon épaule le sac contenant les deux draps que venais d’enlever en refaisant mon lit (avec un effort compliqué par le drap housse gris très clair de popeline acheté l’autre jour qui cette fois est bien destiné à un lit une place mais avec un matelas nettement plus épais et plus long que le mien… je désespère, sourire), suis sortie vers dix heures vingt sous ce ciel morne
et m’en suis allée dans les rues peu animées vers la blanchisserie/teinturerie.
Avec les draps propres dans mon sac je suis revenue en revenant par la rue des Marchands et le magasin U où j’ai acheté deux paquets de crevettes (sans regarder les dates.. je vais devoir les manger assez vite) un petit cookie et un plat de rigatone, petits morceaux de poulet grillé et sauce tomate à réchauffer dans les prochains jours dans son écuelle… la place de l’horloge, la rue Saint Agricol avec un arrêt chez La Tropézienne pour un plat à réchauffer à midi de longues et larges tagliatelle et de trop gros bouts de blancs de poulet en sauce crème que j’ai eu toutes les peines du monde à absorber à midi… une lourde sieste, la vie tranquille.
Me suis changée (une robe bleue et la veste) et suis partie à temps pour être un peu avant vingt heures au théâtre des Halles pour assister à « Ma pensée creuse » de Cécile Raulet-Descombey et Kristina Chaumont (interprété par elles et Loïc Renard)
Sous une image de la petite vidéo de présentation figurant sur le site, je reprends la présentation qui est faite de cette pièce
Ma pensée creuse explore cet acte si curieux que l’on appelle penser. Trois êtres se débattent avec la place dévorante que mémoire et pensée occupent chez eux, dans une existence travaillée par la fin et la trace. Et si un jour je n’arrivais plus à penser ? Comment faire confiance à mon cerveau et à ses chemins ? L’oubli n’est-il qu’un ennemi ? Comment ne pas être en lutte contre le temps ? Ces trois chercheurs clownesques, pas sérieux, passionnés et bancals embarquent les spectateurs dans l’aventure de leur quête de sens, leurs épiphanies et leurs fausses routes. La pièce célèbre la pensée qui naît du corps et de l’émotion, celle qui fait la part belle au déséquilibre pour défendre la poésie de l’altérité et du temps qui passe.
Il y a Barthes, Nietsche, Deleuze, il y a une chercheuse, une actrice, un acteur/danseur, il y a une plateau recouvert de bandes de papier blanc, des livres en pile, deux tables, une poubelle, des filins permettant de bouger , faire monter les objets, il y a une petite spirale comme la pensée qui doit avancer mais pas en ligne droite, il y a un panneau disant le pansement théâtral, il y a un peu de bouffon,, une catastrophe, un peu de fumigène, il y a « c’est pas mal du tout »… il y a ce qui n’est pas dit et qui planait dans mon crâne : qu’importe nous ne sommes pas sensés penser, comme les autres ou individuellement, il y a l’ia et la société n’en demande pas plus.


























































































