lundi, septembre 21, 2020

Juste cela

(photo empruntée à https://pixabay.com/fr/photos/la-foudre-tempête-météo-nuit-3684240/)

dans la nuit, un brusque paquet d'eau s'écrasant sur le sol de la cour, sursauter, pousser les volets bleus sur un brusque éblouissement striant le noir, et à tâtons, assez maladroitement et donc longuement pour que les épaules, la jupe longue, les cheveux embrouillés se gorgent d'eau remplacer la grille bouchant l'évacuation par un treillis un peu tordu... rentrer, se bouchonner, rester tremblante comme un petit animal terrorisé pendant que le ciel couvre par ses grondements le chahut de l'averse, chaque illumination devinée à travers la vitre que refuse de couvrir le volet de la chambre me faisant sursauter puis rire de moi... regarder Météo Franc qui annonce orage jusqu'à cinq heures du matin, me coucher un peu après une heure, tête sous couette, résolue à ne rien entendre juste au moment où cela s'arrête.

Météo France, décidément pessimiste, annonçait de la pluie pour le dimanche matin et des orages dans l'après midi. Il a plu en effet, par moments, avec quelques grondements lointains vers midi, pendant que je vaquais puis écoutais vidéos amies mais une tache de lumière s'est posée sur le haut du mur et quand suis sortie pour aller aux remparts jeter ordures, bocaux, bouteille d'huile et un grand sac de papiers divers, le bleu dominait, et la chaleur traversait mon petit chandail.


Cependant, abandonnant mes hésitations entre plusieurs visites pour l'après-midi, j'ai photographié les seules petites roses fanées d'un jardin pour mon mail quotidien, et suis restée coite, cachée dans l'antre, pensant aux habitants du Gard et de l'Hérault, terminant la lecture d'un livre de Nathalie Quintanne oublié dans ma pile de lectures en attente « les enfants vont bien » (lire présentation P.O.L. http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-4883-2 les 237 pages se lisant assez vite, parce qu'intérêt, parce que ma foi pas totalement découverte pour moi (même si « la chronologie et la stratification des discours ne peut que montrer l’impitoyable engrenage qui va débouter, puis expulser ceux qui n’auront pas compris que, pour le pouvoir, avoir un cœur intelligent veut dire ne pas en avoir du tout. »), 

parce qu'aussi sur chaque page ne figure qu'une ou plusieurs lignes occupant une position correspondant au statut de celui ou ceux à qui elle est empruntée, écrite dans des caractères qui varient selon même règle 

soit (c'est le hasard qui a procédé au choix, en avançant dans le livre chaque fois, à ceci près que, paresse ou non, j'ai évité les quelques longs textes et tant pis si ce sont souvent les plus éclairants ou humains)

"Tout en haut", dans un gros corps typographique, le discours politique. » comme :

  • « Il faut bien comprendre que les solutions gentillettes, les demi-mesures ne règleront plus rien » ou

  • « Ce qui monte , c'est l'exaspération des braves gens, de ces gens bien élevés qui n'en peuvent plus »

un peu plus bas et en petites italiques, « l'apparente neutralité des textes de loi »

  • « Les procédures contentieuses sont également revues, notamment par la création d'une procédure de recours suspensif, procédure accélérée devant un juge unique de la CNDA en cinq semaines » ou

  • « Le a du 2° du I, dans un objectif de simplification administrative et de célérité des procédures, autorise l'OFPRA à adresser la convocation à l'entretien individuel par tout moyen » imagination requise pour évaluer ce que recouvrent ces dispositions

un peu au dessus du milieu de la page « la gestion administrative à la fois débonnaire et implacablement bureaucratique et dirigiste des centres d'accueil » je dirais officiels... quelque chose du ton se retrouvant dans les formulations de certains des responsables, souvent formés à l'animation, qui ne sont plus très présents sur le terrain même si fortement engagés, mais assument la responsabilité face aux autorités, et puis peu à peu ce ton se simplifie

  • « Par ailleurs, les résidents ont du mal à se motiver seuls pour aller jouer au foot, mais si quelqu'un vient leur proposer et les stimuler, il trouvera sans doute suffisamment de volontaires pour faire une bonne partie. » ou

  • « Aucun doute sur ton objectivité et ton impartialité Hortense. Merci d'avoir éclairé cette situation »

  • « Nos amis transférés. A Vxxxxxxxxx et Gxxxxxx, ils sont hébergés dans un hôtel Formule 1 non aménagé, où ils doivent pourtant se débrouiller pour se faire à manger et acheter de quoi se nourrir et être propres. »

un peu plus bas, en gras, « la routine éditoriale de la presse quotidienne »

  • « La municipalité a écrit à la population pour éviter toutes tensions et incompréhensions » ou

  • « Effrayés par le bruit, six migrants ont pris la fuite et sont tombés dans une buse d'évacuation d'eaux pluviales, située quelques mètres plus bas. »

et tout en bas, en petits caractères « un peu à part – parce que le vocabulaire, la syntaxe, la ponctuation n'ont pas le même ton et témoignent d'une vision réellement différente de la situation (Brigetoun émet quelques réserves, la vision, tue, peut dans certains autres des cas ne pas être si totalement différente) – l'expression de la ténacité, de la fatigue, du découragement des réseaux d'aide » en y ajoutant des petits éclats de joie tout de même, sur fond de rage silencieuse et souriante... bon là j'aimerais plus encore que vous lisiez le livre, mais piochons

  • « Pour la famille arménienne de Dxxxx, la DDCSPP leur a donné un bon de transport pour qu'ils aillent à Mxxxxxxxxx au PADA se faire enregistrer, ce qui leur est impossible par manque de renseignements. » ou

  • « La famille T. toujours dans l'attente de l'aboutissement de son dossier. Déposé le 15 février ils ont reçu plusieurs courriers leur demandant toujours des papiers supplémentaires : justificatifs de preuves de recherche de logement autonome, de travail. L'absence de logique dans le traitement des procédures concernant cette famille (en France depuis 5ans et demi) est insupportable, sachant qu'ils seront régularisés de toute façon »

Pardon demandé... me reste à espérer que carcasse se réveillera à temps et en ordre de marche à peu près satisfaisant, dois prendre un train tôt pour aller faire acte de présence devant le Tribunal de Nîmes où sera décidé le sort donné à l'appel de l'évêché contre le délai de trois ans avant évacuation qu'à accordé le Tribunal d'Avignon à Rosmerta.

dimanche, septembre 20, 2020

Un orteil dans le patrimoine


Puisque les garçons, sauf un, très amical et très beau, qui avait mal au genou et m'en voulait un peu de ne pouvoir rien pour lui (il n'a pas l'AME et je voulais, avant d'acheter un liniment quelconque, l'avis du médecin bénévole qui passe une fois par semaine), n'étaient pas très chauds pour une visite du Palais, puisque mes jambes l'étaient encore moins, puisque j'étais d'humeur casanière, puisque n'avais aucune envie de forcer le mouvement des "jeunes" (pourtant le souvenir des deux passionnés par le petit Palais, mais c'étaient eux), ai décidé journée égoïste, et comme n'avais retenu nulle part, ce qui était, Corona oblige, exigé pour la plupart des lieux, comme n'avais pas envie de longue sortie, comme étais une assidue, lorsqu'elles étaient ouvertes, des salles de vases grecs du Louvre, et même si je savais que n'aurais pas telle mine de beautés et richesses de renseignements et comparaisons sous les yeux, suis partie tout doux, sous un ciel qui oubliait ses pleurs du petit matin,


(m'arrêtant au passage pour acheter, à prix vraiment très cassé, une jupe sage, légèrement froncée, de flanelle grise, avec grandes poches pour le confort des mains, laquelle a attendu mon retour), 

vers le Musée lapidaire qui avait choisi, le thème des musées de la ville étant cette année les ateliers d'artistes, d'insister, par l'ajout d'aquarelles de détails et par une lecture de textes anciens et de visites guidées auxquelles n'ai pas assisté, sur ce qu'il avait intitulé « la chanson du potier » et en ai ramené quelques images, au gré de mon humeur, de mon habilité ou non à me pencher, me courber, en appui sur une jambe et ma canne, pas forcément des pièces les plus importantes, ni des toutes petites réunies en séries, ce qui en fait encore largement trop, pardon requis, 

en commençant, à côté des très grands vases à figures rouges, par un petit cratère à colonnettes à décor linéaire (Grande Grèce, Peucétie, 4ème siècle av. JC)

une élégante coupe à vernis noir (Athènes, fin du premier quart du 4ème siècle av. JC)

une petite statuette de femme aux cheveux ondulés (origine inconnue, sans doute Campanie, 3ème siècle av. JC)

dans une vitrine réunissant des petites pièces campaniennes du 6ème siècle av. JC (majoritairement me semble-t-il) me séduisait le vase aux anses en oreillettes (second plan à droite - merci Marlen j'avais dû croiser mes mains - plaisanterie faniliale - et pris la droite pour la gauche)


deux cols de grands vases à figures rouges (Apulie 4ème siècle av. JC)

Parmi les figures noires pour lesquelles j'ai prédilection, une amphore (Attique vers 525 av. JC) 

et une coupe à tige (Athènes vers 480 av. JC)

et puis, parmi les pièces corinthiennes, cette petite coupe à boire (cotyle) au décor en parti effacé (ce qui convient à mon goût pour les amochés en général, sourire) du premier quart du 6ème siècle av. JC (le carton ajoutant un ?)


comme le disais, pour que cela constitue, au milieu des statues, reliefs, de toutes provenances et styles,  une exposition particulière sont présentes des aquarelles de détails, œuvres de Marie Portefaix (j'ai gardé la seconde, témoin de mon goût inconscient pour ce cygne, alors qu'il y avait d'autres sujets possibles, témoin aussi de la fidélité de l'artiste)

et deux tableaux du dix neuvième siècle, pour évoquer la vogue des vases grecs cette époque, dont un légèrement boueux évoquant un atelier et puis, lumineuse et plus libre, ce tirage photographique de « fleurs dans une urne grecque » (1829) d'Anne-Ernestine Panckoucke

et puis après un salut à l'art des premiers siècles du christianisme (dans une des petites sacristies)

et, aux régionaux, la tarasque de Noves, bien entendu

la scène de halage (2ème, 3ème ap. JC) provenant de Cabrières-d'Aygues,

m'en suis revenue sous un ciel qui avait opté pour la lumière (cela a varié dans le cours du jour, de moi ne dirai rien, si ce n'est que ce ne fut pas l'atelier du tiers.livre, manquais de sérieux et de capacité d'attention)

samedi, septembre 19, 2020

petites notes


Après avoir lu l'ami lointain noter, dans son billet https://laurentmargantin.com/2020/09/18/carnets-268/, que « Le jour se lève plus tôt : je me lève plus tôt. », ouvrir volets bleus sur ce qui n'est pas encore l'aurore


A treize heures le soleil ne descend plus que furtivement vers moi et se contente d'effleurer mes épaules.


fleurs délicates

ponctuation éphémère

posée sur le dur

sur mon chemin, à 3 heures et demi vers Rosmerta pour tenir une promesse, la fausse nature rajeunie par les jardiniers faisait un contrepoint aux rangées de rousseurs mortes qui commencent à s'affirmer, s'accordait à la chaleur légèrement adoucie, au ciel doucement incertain.


Je passais pour tenir promesse à un absent, mais j'ai trouvé des candidats (nettement plus experts) et la demi-heure prévue s'est transformée en deux heures

avec un retour las, conscience presque tranquille.

vendredi, septembre 18, 2020

Dans les rues


 

marcher trop longtemps

pour noyer petits ennuis

dans la lumière


puis, un petit piapia, une heure avec Y en dérivant du calcul trop aisé à des problèmes de logique qu'il devait lire, une demi-heure de sociologie/philosophie avec Ma en dehors de toute scolarité, trois quart d'heure avec P pour corriger et finir la leçon dont il sortait, lui demandant de faire travailler Mo qui se cachait, et un retour si fatiguée que j'ai cédé à la braderie qui avait lieu dans mon quartier (un gros chandail pas terrible mais très bien pour les leçons, une veste ¾ inutile mais qui m'allait si bien... stupide suis) et puis plus rien ou quasi plus rien.



jeudi, septembre 17, 2020

Ombres, rousseurs, et autres choses

 les mots sont trop délicats, fragiles, ne prendrai pas le risque de les malmener (ou plus exactement mon esprit paresse)




sur mon chemin matin, pour régler ou ne pas régler quelques uns de mes menus problèmes, il y avait de jolies ombres ;


les premières rousseurs se multiplient ;


la lanterne est libérée mais Molière ne s'inquiète pas, il garde sa capsule protectrice ;



et les fauteuils des terrasses, installées ou en attente sont aussi enveloppants, si ce n'est aussi beaux, que leurs frères attendant à la porte de l'antiquaire.