mardi, mars 19, 2019

Deux haïkus, un tanka et musique pour un lundi


nez contre le vent
naviguent les nuages
le cou frissonne


à l'orée de nuit
la lumière balayée
visage rosi


jeune et beau il joue
le basson est beau velours
tendre et chaude voix
dessinant sur le piano
et le musicien danse
velours ou miel de sapin ou caramel brun ou soupe de poisson de roche, mais aussi la douceur de la voix de ténor de l'instrument
concert d'un ancien élève du conservatoire, Axel Benoît, premier basson solo de l'Orchestre de chambre de Lausanne, qui donne pendant deux jours, si j'ai bien compris, une master-classe au conservatoire, entre deux représentations avec ledit orchestre d'Ariane à Naxos (pour sa déjà belle carrière https://www.facebook.com/ConservatoireGrandAvignon/posts/2357718494278782 )
au programme humour, romantisme, virtuosité et harmonie avec Eugène Bozza (récit, sicilienne et rondo) Glinka (premier mouvement arrangé de la sonate en ré mineur pour alto) Weber (andante et rondo hongrois op.35) et sonatine-tango de Pierre Max Dubois
fierté des parents, fierté du professeur qui présentait le concert et a joué avec son élève l'air du barbier de Rossini, avant de souhaiter, tout deux, en musique, un bon anniversaire (qui sait Axel était peut-être dans notre ville un petit peu pour cela) au père du héros, Michel…
amitié chaleureuse du public et grand plaisir (plus encore que je ne m'y attendais) de Brigitte.

lundi, mars 18, 2019

dans le vide

Le printemps s'en vient
et sa bénévolence
descend jusqu'à moi
m'effleurant avec douceur
n'étais pas à l'unisson

dimanche, mars 17, 2019

Non à la dérégulation (économique ou climatique)

pour que les oliviers nous restent - et la vigne - ne deviennent pas nordiques...
pour que la nature nous aime et reste sage, que l'eau reste là où elle se doit d'être etc...
Bon, ça démarrait mal, me suis réveillée à six heures, rendormie très vite, n'ai émergé qu'à dix heures et quelques, si on peut dire émerger... carcasse avait opté pour ses ennuis habituels (que je ne saurais dire, mais qui rendent sortie prolongée un peu anxieuse) tout en gardant un peu de sa nouvelle lubie jambes... remise en marche du tout appliquée, un peu de présence internet, le ménage nécessaire
et m'en suis allée, chandail et manteau parce que frissonnante, pour trouver la ville éblouie et baignée d'air tendre... ouvert manteau, ronronné de plaisir, c'était juste délicieux
ai résolument refusé toutes les tentations de la braderie, aidée par mon côté futifu – ai grossi mais pas assez pour les tailles offertes -
et m'en suis allée dans le calme qui régnait rue Joseph Vernet une fois passée les boutiques, me battant avec mon appareil pour régler la vitesse de prise de vue...
Ma foi, étions assez nombreux, et bien sympathiques, ma foi j'ai tenu, en marchant de temps en temps sur le côté parce que le pas lent d'un cortège ne me valait rien.
Et puis m'en suis revenue, parce que arrivée sur la place, les jambes reprenaient le dessus sur la volonté et me donnaient un petit côté femme soule... mais bien contente.
C'était aussi joyeux qu'ensoleillé..
Viens de lire que Macron a décidé, après être allé au peuple, de se donner un côté légèrement vert... mais mon cher les paroles ne suffisent pas et votre peuple, je l'espère commence à comprendre que les discours et engagements n'ont aucun effet sur la dérégulation du climat. (Bon, moi ne me suis toujours pas décidée à ne plus passer mon temps sur internet, ne plus remplir Picasa de photos- tout ce qui va sur twitter est automatiquement stocké – à ne plus regarder de vidéos et même pas à ne plus en commettre – piteuses en plus – à garder une lampe allumée tout le jour pour ne pas vivre dans la pénombre fraiche de mes vieux murs, alors même si je ne pars pas en vacances à l'autre bout du monde, si je n'ai ni smartphone ni voiture et ne monte dans un véhicule qu'une vingtaine de fois par an en comptant large, si je tente de consommer local... ben je ne peux poser à la vertu, d'autant plus que c'est par goût)

samedi, mars 16, 2019

Poésie et autras cosas

pendant que le ciel jouait avec des nuages au dessus de la ville, de la cour, ménage, un peu de Marc Aurèle, un gros peu d'un numéro spécial d'Alternative économique sur l'économie en 2019 et la discussion de l'article 44 (ADP) de la loi Pacte à l'Assemblée.
Et départ, vers huit heures pour la Maison de la poésie, où j'ai attendu dans ces deux pièces qui paraissent plus vides depuis le changement de direction et le départ des étagères surchargées de livres, 
où je tournais en rond, feuilletant des recueils de tankas de Français, et regardant la petite exposition « océans de demain » qui s'y tient actuellement (j'ai, me cachant un peu pour ne pas me singulariser et faire remarquer, pris deux photos des haïkus de Marie-Jeanne Sakhinis de Meis et d'une peinture d'Hervé Querrien)
Je venais écouter une lecture-représentation par Marie-Audrey Simoneau et Laure Donnat de la compagnie KaThéatre, dans une mise en scène de Chistine Matos du doux parfum des temps à venir de Lyonel Trouillot, dans le cadre du Printemps des Poètes https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/le-doux-parfum-des-temps-venir
(au début un passage des premières pages données en PDF sur le site d'Actes Sud)
Pas besoin du vieux mythe d’une instance supérieure
ni de tierces personnes
pour sceller le pacte entre nous.

Il t’engage à très peu de chose :
Tu mettras mes yeux morts face à la mer.
La marée haute viendra et me recouvrira.
Voilà pour ce qui me concerne.

Pour ce qui te concerne,
que tu fasses serment de désobéissance à tout obstacle
ou convention
qui t’éloignerait de ton essence.
Spectacle de petits moyens efficaces, hamac, draperie, filets et lumière... le rôle de la mère joué par Marie-Audrey Simoneau, une très belle diction qui fait passer chaque mot, sans aucune emphase, et un jeu qui même quand elle doit mimer la douleur garde la distance nécessaire, au pire, parfois, se tient juste sur la crête à la limite du moment où une grandiloquence trop grande dans l'intimité de cette petite salle et à contre sens de l'élégante douleur du texte risquerait d'effleurer le ridicule – texte soutenu, rythmé par la musique, le chant (des chansons en espagnol sud-américain ou en créole et une ou deux prises de parole ou répétition des mots maternels) de Laure Donnat
pour donner idée de sa voix, je viens de chercher et de trouver cette courte interprétation d'un standard de jazz.


Retour dans la nuit... me demandant comment mes jambes qui, sur ce court trajet, étaient passées en mode douleur/refus me permettront d'accompagner un tant soit peu la marche demain.. on verra.

vendredi, mars 15, 2019

J'abuse

Matin entre supplique et petit espoir puisque la malade aimée étant, au prix de longs soins pénibles, arrivé à ce qu'une opération puisse raisonnablement être tentée, m'a envoyé un peu avant huit heures un message au moment où la préparation pour le bloc commençait... matin où toutes nouvelles me parvenant du monde appelaient pitié, navrance ou colère ou tout cela ensemble... ai fait ce que pouvais, remis deux fois un cigare dans la boite et me suis moquée de moi.
Eu le temps de constater que le soleil descendait presque jusqu'à mon crâne, enfin un presque de bonne taille.. avant que le ciel le voile, réalisé que le concert à dix neuf heures pour lequel je sortais jupe et fin chandail un peu plus raffinés que mon pantalon de velours et gros flocon jaune n'avait lieu que lundi... me suis moquée de moi
Mais, comme j'étais incapable de trouver, après deux tentatives avortées, une idée pour les cosaques des frontières, comme je doute de plus en plus de répondre à la dixième vidéo de l'atelier du tiers livre, ai regardé le reste des photos prises, un peu beaucoup à la va comme je pousse, dans le musée Vouland proprement dit, https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Louis_Vouland, en ai jeté la moitié qui faisaient vraiment trop injures aux bois, aux tapisseries, aux bronzes (voir le salon ci-dessus gardé comme témoin) pour les enregistrer dans un album, et puis finalement les colle ici...
pour les faux sacs de Yuan Chin-taa (2007) qu'il nomme «mode»
pour rien d'autre que le plaisir d'une essence de bois,
ou pour les ivoires d'un cabinet surmonté d'une nouvelle version (2013) de « la culture du thé » où les théières portent des as
pour les faïences (parce que si je le pouvais j'en aurais collection grande) de Moustiers ou autres (Marseille et Lyon), les vitrines des deux salons verts et le grand panneau « chaises musicales » de 1006 qui a squatté un panneau
pour le joli raffinement d'un déjeuner de voyage et la finesse de la feuille du « grignotage » de (1982)
pour, dans un autre salon, une nouvelle version de « culture du thé » et sur le bureau la version (2011) de Yuan Chin-taa du « nouveau classique des monts et des mers » - sur le catalogue de l'exposition de Lodève La lecture de ces textes anciens ainsi reprise est complétée par une incursion dans l’œuvre au lavis toujours aussi libre ; elle fait parfois apparaître, à sa façon, des séquences privées sur le corps. Geste d’artiste, ce livre est complètement pensé et construit. « Le format libre de la reliure en plis est tout à fait adapté à une lecture en séquences de mes œuvres » précise Yuan Jinta « tout comme chaque page ou diptyque se prête bien à l’indi- vidualisation d’un thème particulier ». Perfectionniste, Yuan a choisi dans la vaste gamme des papiers Chine, un support de type Xuan, qu’il a contrecollé sur deux épaisseurs
pour la présence, dans la chambre rouge, à côté du lit qui fait partie de la collection du musée (ne suis pas toujours d'accord avec les choix de Louis Vouland collectionneur quand il s'agit de l'extrême-orient... j'ai tendance, mon goût ayant été formé par ma grand-mère qui fut très jeune femme à Pékin en 1919-1920, à préférer des époques plus anciennes), de la belle sensualité de « tel le jade elle irradie le livre » de 2008
Et puis, après avoir ajouté une photo en souvenir du ciel qui régnait cet après-midi là sur la ville
je réalise que j'ai oublié ces deux petits panneaux, dans un coin, qui font partie de la donation au musée de Madame Françoise Dautresme d'une partie de la collection de son cousin François Dautresme, (comme à Lodève où les pièces données au centre culturel constituent depuis 2018 le musée chinois du quotidien) parce qu'ils m'ont arrêtée et que j'ai aimé le cartouche qui, sous l'intitulé « gebei, les collages de textile de rebut », précise
Lors de ses repérages pour l'acquisition destinées à la vente ou à ses collections FD a découvert le travail des femmes à partir de récupération de tissus de toute sorte, de bannières de propagande ou d'unité de travail chinoises à de somptueux morceaux de soie. Les fragments de tissus recyclés étaient collés sur plusieurs épaisseurs à la colle de riz, en rectangles semi-rigides.
Ces tableaux abstraits (à deux faces) aux yeux des occidentaux, étaient en réalité destinés à être découpés pour former des semelles. Mais le point d'exclamation qui suit me semble de trop, cette utilisation me paraissant parfaitement sensée, et non moins parfaitement digne de l'intelligence pratique et artistique des chinois.
Pardon demandé, promis j'en ai fini avec cette petite exposition.


PS et ce soir suis dans la joie...