lundi, juin 24, 2019

Naissances et le plaisir de gravures de Picasso

ce matin en ouvrant les volets bleus pour interroger le ciel (indécis) le plaisir d'un bouton sur mon pauvre petit rosier survivant...
avant l'arrivée un peu avant sept heures d'une charmante petite grenouille masculine (le dernier né de la famille)
vaquer, siester, repousser les volets pour saluer les efforts du bouton, 
et puis m'en aller dans les rues avec un sourire qui n'a guère résisté aux deux premiers vélos rencontrés (ou du moins les deux premiers désagréables) une envie de rejoindre la pancarte en face de moi, une petite pause dans le jardin Pétramarle et puis sans trop faire de détour, 
aller vers la rue Laboureur, le musée Angladon, me dire que je reviendrai flâner dans les étages présentant la collection (belles choses et beaucoup de charme, longtemps que ne l'ai pas fait) et gagner le second étage où se tient jusqu'à fin septembre une exposition « Picasso, lever de rideau» venue du Musée Jenisch de Vevey et conçue par Florian Rodari https://angladon.com/exposition/picasso-lever-de-rideau/
et me régaler en suivant le circuit du cirque en minotaure, d'atelier en alcôve...
en loupant formidablement les photos que pensais possible : ma maladresse et puis, outre la finesse claire des pointes sèches (les saltimbanques de 1905 et une bonne partie de la suite Vollard), il y avait aussi, et notamment sur la série fort érotique de Raphaël et la Fornarina, le reflet insistant de la lumière traversant les persiennes.
À défaut des quatre tomes du catalogue de l'oeuvre gravée et même du catalogue de l'exposition (pas si petit d'ailleurs), pour rafraîchir et compléter la connaissance qu'en avez (par exemple j'ai découvert les formidables aquatintes de la série des 347) quelques articles cueillis ce soir
ou justement pour Raphël érotique https://www.oedipe.org/spectacle/picasso
Ont survécu à mon traitement, outre les trois ci-dessus (première salle) en suivant l'ordre de l'exposition
ces deux minotaures (le premier, minotaure aveugle guidé par une fillette, eau-forte et burin sur vergé, de la suite dite Vollard, le second, sais seulement que l'aime spécialement)
peintre sur la plage, une aquatinte du 5 février 1955
modèle et sculpture surréaliste eau forte sur vergé de la suite Vollard – 4 mai 1933
tant pis si peu lisible, y tiens, sculpteur et modèle agenouillé eau-forte de la même suite (8 avril 1933)
Mécène et sa suite en visite à l'atelier du vieux peintre aquatinte et pointe sèche sur vélin de la série des 347 (25 mai 68)
de la série des 347 également La Célestine : enlèvement aquatinte en manière noire du 28 juillet 68
et La Célestine : fuite pendant la nuit aquatinte sur vélin du 18 mai 1968
comme le savoureux échange de regards aquatinte et pointe sèche de 26 juin 68
de la suite Vollard, le célèbre (en tout cas déjà rencontré plusieurs fois) faune dévoilant une femme aquatinte du 12 juin 1936
et ce superbe (à mon avis) détail du Minotaure caressant une femme endormie pointe sèche du 18 juin 1933
une étreinte pointe sèche sur vergé de la suite Vollard - 23 avril 1933
et puis face aux gravures érotiques de Raphaël et la Fornarina, l'incroyable Corrida eau forte du 8 septembre 1934 

Ressortant face à Ceccano, revenant, tendue sans raison, par les rues, me disais que dois trouver comment calmer cette phobie des deux roues silencieuses de toutes sortes qui me fait perdre tout humour, me rend triste et ridiculement hargneuse, ou déménager ce que ne veux et ne peux.... (embrasser des photos de vélos?)

dimanche, juin 23, 2019

jour de peu

délicieusement
un peu zombie, m'en suis allée acheter écouteur pour remplacer celui mort sur l'autel de mon exaspération désespérée aux petites heures de samedi
faire petit tour, à côté de moi, en regardant arbres, qui sont très citadins et très peu forestiers, avec l'idée excessivement vague – très excessivement – de chercher idée pour participer à la bibliothèque forestière, la campagne de Laurent Margantin pour soutien de l'ONF http://oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique206
rentrer au bout d'un peu moins d'une heure, mais au lieu de déjeuner très tôt et de repartir vers Ceccano pour écouter une conférence sur Camus, boire à l'excès le soleil et la chaleur montante dans la cour et puis sombrer dans une profonde et longue sieste.

Sans l'ombre d'un remord

vendredi, juin 21, 2019

Longue déambulation à la recherche musique en crainte de pluie puis vélos

matin qui n'était pas aussi gris que prévu – espoir et courses ménagères
(conseil, dégringolez vite le long de la fausse page) les nuages s'installant, la pluie venant, à grosses gouttes paresseuses, repartant,
dans la crainte des musiques qui devaient entrer dans l'antre sans être désirées m'en suis allée, cueillie sur la place de l'horloge par l'horreur des ballons que l'on offre maintenant aux enfants les jours de fête, 
et, comme je m'étais trompée de près de 3/4 d'heures pour le début du le petit concert de musique de chambre (un orchestre avignonnais que j'ai un peu moins aimé que d'habitude) à Saint Didier, j'ai entrepris un périple cherchant des trottoirs et des musiciens, trouvant un choeur euh comment dire... des installations vides, des musiciens qui attendaient de déballer leurs instruments, un ciel qui se dégageait, des guittaristes accompagnées d'enregistrement, des chanteuses itou,
et après la légère déception Edgar, Bach, Tchaïkovsky à Saint Didier, ai repris mon tour, ratant des photos, me cassant nez ou n'aimant pas, faisant une petite rencontre gaie rue des Teinturiers
trouvant fort bon ce petit bonhomme sans prétention – ses amis me disaient il est fou, et le semblait bien parfois - chantant une sorte de rap algérien, entre cri, apostrophes et mélisme, un peu maladroit mais d'autant plus attachant d'être juste esquisse, mieux que sympathique (et puis étions cinq auditeurs)
et, pendant un long et beau moment, sur la place de Saint Pierre, à l'invitation du restaurant, trois musiciens nous donnant du jazz, des blues pour se sentir merveilleusement bien.
Sur ce suis rentrée, et désolée c'est pas terrible ce que j'entends et qui franchit murs, escalier, porte, volets (même si nettement plus suportable sur ma place.... mais là j'ai balancé les photos de musique ou surtout de pauses parce que tout de même lasse – pardon demandé – et m'en vais chercher de la musique ancienne à écouter au casque jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher.

Miettes de Camus

Pluie dans la nuit, soleil dans la cour en milieu du jour et quelques gouttes sur le sol de la cour au moment où je sortais un peu avant quatre heures, gouttes qui se sont arrêtées pendant que descendais, et j'ai eu l'air idiote en ouvrant le parapluie que j'avais empoigné... l'ai rangé
et pendant que je faisais de chaque pas une flânerie parce que voulais que ma sortie dure une heure, le bleu est venu en taches au dessus de la livrée Ceccano, de la bibliothèque où j'allais, ayant découvert que depuis avril je crois s'y tiennent des petites expositions autour d'Albert Camus dont :
La galerie de reproductions photographiques en grand format, à l’entrée, le montre à différentes périodes de sa vie : seul, en famille ou avec des proches, dans son intimité comme dans sa vie publique. Il devient presque présent physiquement, au milieu des visiteurs.
Et l'on picore de photos en photos le long de sa vie depuis la photo de l'atelier de tonnellerie où travaillait son oncle Etienne (Camus a 7 ans, il est au centre et son oncle est le jeune homme aux bras croisés derrière
jusqu'au fond de la galerie où sous une photo de Camus jeune homme lançant une jambe vers le ciel devant la mer, se trouve – bien aimé sans rien comprendre ) une des oeuvres demandées à de jeunes artistes, l'Exuvie de Pia Hinz dont je lis ce soir sur le site de la médiathèque que cette sculpture originale, en latex, métal et machine à air, est une interprétation du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus et de son cycle de travail infini
avant de revenir vers l'entrée en suivant Camus jeune père, Camus écrivain célèbre etc...
Dans le grand escalier qui monte vers la belle salle du 1er étage, 14 planches de bande dessinée Bertrand Pigeon une brève histoire d'Albert Camus.
L'escalier étroit dans la grosse tour et nouvelle galerie au 2ème étage vouée à Camus et le théâtre, 
ce qui ne se borne pas, loin de là, à ses pièces, avec, parmi ses premiers engagements, celui pour le Théâtre du Travail, puis, après l'exclusion du PCA ; pour le Théâtre de l’Équipe qu'il a fondé à Alger en 1935 avec, entre autres, Emmanuel Roblès, et puis, plus tard, l'influence de Copeau (et l'exposition à lui dédiées à l'Odéon en 59 dont Camus fut responsable), ses pièces bien entendu, le théâtre de texte et théâtre engagé ou d'idée, le festival d'Angers, le stage de théâtre d'Algérie en 57, etc... et les grandes actrices qui furent interprètes et amantes Maria Casarès et Catherine Sellers... 
et moi, intimidée par la jeune femme qui lisais derrière une table, j'ai plus regardé affiches, dessins de costumes ou de mises en scène par ses compagnons, etc... que photographié (cela n'aurait rien donné de bien de toutes façons)
Dans la salle de conférences et de lectures qui s'ouvre sur la galerie (j'ai noté quelques dates, trois en fait, dans ce qui reste du programme), une évocation du travail de Vibeke Tøjner https://fr.wikipedia.org/wiki/Vibeke_T%C3%B8jner en hommage à Camus et de sa série de six grandes toiles le visage de Camus
(photos d'elle installant les tableaux, vitrines contenant des éléments retraçant les étapes de son travail)
et, comme elle ne s'est pas arrêtée à ces portraits, des oeuvres sur papier comme une nuit à Tipasa de 2016 (le cartouche correspondant reprend une phrase de l'Etranger je me tendais tout entier pour triompher du soleil et de cette ivresse opaque..
ou Territoires gouache surmontant une autre phrase de l'Etranger J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux
Suis redescendue avec comme chaque fois un coup d'oeil sur la belle salle du premier étage, et avec un long détour... m'en suis revenue
pour prendre dans la niche à courrier et ouvrir l'enveloppe aperçue en sortant - trouver avec plaisir le dernier livre de Benoît Vincent L'enterre https://lesinapercus.fr/produit/lentreterre-de-benoit-vincent/ qui s'ouvre avec
Ouio
De l'exposition, des mouvements perceptibles et imperceptibles, du plan d'occupation des sols et des romans familiaux engrangés puis de nouveau déballés, ainsi que de la saison de l'ouio, un petit matin. Et suis, comme chaque fois, dans l'impatience joyeuse de le lire, mais depuis hier soir mes entrées dans la nuit se font avec la découverte belle de l'enracinement de Simone Weil dont j'avais rencontré des citations, des critiques, des éloges sans jamais l'avoir lu.