samedi, septembre 23, 2017

Vendredi

un avion, une présence improbable, des rêves peut-être, au moins une curiosité, et ce succès (au retour surtout... une petite file d'adultes attendant de grimper pour rêver contre le cockpit) et une Brigetoun qui se permet de s'en amuser.
Un seul livre de ma liste à la Mémoire du monde, Brigetoun circule, prend, remet et sagement ajoute uniquement un tome des mémoires de Charles Juliet et tout mini tout beau les poésies de Ducasse chez Allia
la première feuille vraiment rouge qui se pavane rehaussée de vert et bleu
et une moisson de billet pour le versant musical de l'année (surtout au printemps... ai peur de mes renoncements devant la longueur inconfortable du trajet au coeur de l'hiver)

au surplus... rien qui vaille d'être dit ou le veuille.

vendredi, septembre 22, 2017

pour essayer de digérer

Réveil mauvais. Ai choisi de mettre malaise sur le dos d'une indigestion de Macron et semblable, et m'en suis allée, un peu tard mais pas tant, parce que j'avais hésité, armant ma bouille au passage du sourire un peu crispé de mon vieil ami de la rue Saint Agricol
aimant la tiédeur qui s'installait, guettant la rousseur qui vient aux arbres, rejoindre les manifestants qui s'étaient ébranlés sur un trajet reliant le haut du cours Jean Jaurès à la Préfecture. N'ai pas pu avoir de vue d'ensemble... l'impression que nous étions un peu moins nombreux que la première fois (semble que les anarchistes et FO n'étaient pas là...) mais tout de même loin d'être ridicules à notre échelle, amicaux et calmement déterminés (la question de l'espoir étant mise de côté).
Je pose ici le trop de photos gardées, avec des bribes des intentions de vote (négatives bien entendu) du PC dans la bouche de Pierre Dharéville, le 13 juillet.
«Ce n’est pas seulement dans les relations politiques des hommes, c’est aussi dans leurs relations économiques et sociales qu’il faut faire entrer la liberté vraie, l’égalité, la justice. Ce n’est pas seulement la cité, c’est l’atelier, c’est le travail, c’est la production, c’est la propriété qu’il [faut] organiser selon le type républicain.» Ainsi parlait Jean Jaurès, en 1903.
Est-ce là l’œuvre que nous avons accomplie depuis quelques jours avec cette loi d’habilitation à légiférer pour le renforcement du dialogue social ? On eût parfois pu le croire en entendant les mots employés. Certains ici ont défini l’entreprise comme un bien commun, mais un bien commun qui demeurerait la propriété de son patron ou de ses actionnaires, et dans laquelle les salariés ne pourraient peser vraiment sur les grandes orientations stratégiques, au nom de la liberté d’entreprendre. On ne peut trop longtemps, je crois, se payer de mots.
Les débats auront au moins permis – croyez-en l’habitant de la Venise provençale que je suis – de faire tomber quelques masques. Si vos ordonnances sont floues, votre philosophie est claire. Le renouveau que vous prétendez incarner, vous le tirez, hélas, de la vieille soupière du libéralisme. La balance que vous utilisez pour définir les équilibres dont vous nous avez parlé est faussée.
Qu’allez-vous décider dans un instant ? Ce sera, en effet, un choix : d’inverser la hiérarchie des normes et de faire de l’entreprise le lieu où s’élabore la norme, de préférence à l’Assemblée issue de la souveraineté populaire ; de réduire le pouvoir des salariés dans l’entreprise et leurs droits ; d’inventer le CDI à durée déterminée, un nouvel appel d’air pour la précarité.
Votre projet est un projet profondément libéral et à la portée inédite. Nous allons devoir l’adopter à vingt et une heures ce 13 juillet. Ce n’est pas digne, non seulement de la représentation nationale, mais aussi des enjeux.
C’est un séisme social que vous êtes en train de déclencher, un bouleversement radical. Le MEDEF vous en sait gré, et Les Républicains, à ce que j’ai cru comprendre, regrettent de ne pouvoir se l’attribuer. Tout cela est cohérent : le journal Le Point relayait hier une enquête de l’Organisation de coopération et de développement économiques indiquant que les 10 % les plus riches seraient les principaux bénéficiaires de votre tour de bonneteau fiscal.
Madame la ministre, vous avez raison : c’est aussi cela, la vraie vie, il faut bien l’admettre, mais pour quelques-uns seulement. Vous nous avez reproché dans ce débat de n’être pas ouverts à la formidable modernité du monde – comprendre : du capitalisme – et de rechercher une lutte des classes là où la bienveillance serait si salutaire. La modernité, mes chers collègues, je crois, c’est de combattre la barbarie, les inégalités, les injustices qui font que, dans ce pays, la violence sociale continue d’être une réalité insupportable pour tant de femmes et d’hommes, qu’ils aient un travail ou qu’ils en soient privés.
Dans son diagnostic, le Gouvernement rend les salariés responsables du chômage et laisse dans l’ombre le pouvoir de l’argent. Les petites entreprises, le tissu des PME, en particulier les sous-traitantes, souffrent de cette financiarisation maladive de l’économie. Notre planète en souffre aussi. Une nouvelle charge contre le code du travail n’apportera aucune solution – j’ai entendu dire tout à l’heure que le code du travail serait responsable de la précarité, c’est assez singulier. Vous reviendrez bientôt nous voir pour aller encore plus loin, encore plus fort, encore plus bas.
Il existe pourtant des possibilités d’agir. Nous en avons égrené quelques-unes ; nous les avons mises sur la table, en vain. Qu’avons-nous obtenu dans ce débat ? Un sursis pour les normes d’ordre public et l’augmentation des indemnités de licenciement que nous avions demandée, ce qui est une bien maigre consolation pour celles et ceux qui auront à en bénéficier, sachant par ailleurs toutes les facilités à licencier que vous avez eu à cœur d’instaurer. Nous avons proposé d’encadrer l’échelle des salaires et les recours à la précarité, de mettre en œuvre une véritable sécurité d’emploi et de formation, etc.
Et puis, comme les premiers arrivés une fois de plus s'arrêtaient en petits groupes échelonnés et empêchaient la suite du cortège de rejoindre, comme cela me suffisait même si carcasse s'était trouvée revigorée par la marche en commun, suis partie sans attendre les prises de paroles – pas seule je le crains, j'ai cru deviner dans certains groupes attablés à des petites terrasses de cafés des participants – et suis revenue par un Avignon que je ne connais pas ou que par le festival off...
Pour avoir le plaisir, en rejoignant l'antre vers midi et demi, de trouver le gentil cadeau de publie.net avec des cartes montrant les dernières couvertures de l'édition papier, et tout petit, tout joli, un exemplaire d'un livre que j'aime (en édition numérique) Sanguines de Gabriel Franck https://www.publie.net/livre/sanguines-gabriel-franck/
Tout en marchant, elle faisait à nouveau l'éloge de la pénombre, rappelant à quel point elle aimait la teinte que prenaient les visages à la nuit tombante, faits d'abord seulement d'incertitude, les traits flous et roulants contenant et promettant la totalité des visages, invisibles jusqu'aux derniers mètres de leur approche, et fixés seulement au moment de les croiser ; et cette coloration donnait à chacun un air de conspirateur.

jeudi, septembre 21, 2017

Amis, sur mon chemin

rafales fraîches
froid dans l'ombre sous bleu dur
caresses chaudes
avancer entre frissons
et pauses délicieuses
puisque suis de nouveau en fonds (enfin un tout petit peu moins que l'espérais... ai eu une mini catastrophe qui va demander un mini financement) j'étais partie avec une pas si petite liste de livres... en commençant, parce que trop tard pour la «Mémoire du monde» et puis grâce à ma carte un peu moins cher, par la Fnac... en ai trouvé un peu moins d'un quart des livres de ma liste, petite moisson (dont je me demande où diable vais bien pouvoir la ranger) – la suite pour mes libraires ou des commandes internet ces jours-ci - petite moisson (contente de voir que Thomas Vinau est maintenant dans leurs rayons, et même en évidence) et deux petits chandails du rayon enfants de Monoprix (12 ans) afin de commencer équipement agréable et non intimidant pour les jours tranquilles de l'hivern et puis le Canard bien entendu et Bakounine pour rogner un peu mon inculture.
 

mercredi, septembre 20, 2017

Ciel brassé et fin de la visite

matin, de petites rafales dans un air légèrement adouci brassaient les entassements gris et de grands trous de lumière innocente
l'après-midi, restée dans l'antre, reins cassés après la récolte des petites plumes et duvets de pigeons et leurs innombrables crottes (les sèches) en les maudissant ces sacrés f....
et puis en allant presque aussi vite que le faisais par moment dimanche, reprendre les quelques photos rescapées du premier étage de Calvet
dans la grande galerie, au centre une installation provisoire de Sébastien Grau (belles formes sur des socles percés de petits trous vers lesquelles se pencher, mains sur le bas du dos rouspéteur à partir d'un certain âge pour voir si les cils ne battaient pas ou les petites taches ne venaient pas se promener de petites images en rapport plus ou moins évident avec le titre «les amants de Calvet», titre illustré par un groupe d'acteurs qui lisaient des lettres d'artistes amoureux) ai un peu aiguisé mon oeil, un peu écouté, étais pas au niveau ou dans l'ambiance, suis passée pour être plus seule...
comme j'ai snobé, y reviendrai peut-être un jour d'ennui, les grandes machines qui faisaient face aux fenêtres sur la cour

simplement arrêtée une minute, on ne saura jamais pourquoi, par quelques coups de pinceaux dans un coin
ai davantage regardé les toiles de taille moyenne accrochées, du côté galerie, aux panneaux qui s'égrenant devant les parties pleines de la façade sur cour, créaient un couloir virtuel, dans lequel, au verso desdits panneaux étaient exposés, parfois regroupés par thèmes
et j'en ai gardé, outre le Mazzepa et les loups d'Horace Vernet et la nature morte au chapeau de Manet, cette étude de tête pour un tableau intitulé «les dernières victimes de la terreur» (une commande du Musée de l'histoire de France à Versailles) de Charles-Louis Muller (Paris, 1815 – 1892)
un portrait de Louis-Léopold Robert (s'ennuyait comme graveur, sauvé par mécène https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_L%C3%A9opold_Robert)
parmi un groupe de petites toiles orientalistes la plus facile à capter, sage fantaisie cairote de Félix-Clément (né à Donzère – ou Bernin ? - en 1826 et mort à Alger en 1888)
une belle étude de Chassériau (ai un faible pour lui) pour la tête du Saint Jean de la cruxifiction
et un Corot sans grand intérêt (dommage)
En franchissant la porte qui, avant les Vernet, mène aux salles sur rue, d'abord deux ou trois salles pour le dix-neuvième siècle provençal avec – en ai loupé deux qui m'avaient arrêtée mais refusaient que leur image soient capturés, en ai regardé trop rapidement d'autres, alors c'est un peu le hasard... 
qui pose ici «la confession d'un brigand en Italie» d'Auguste de Forbin qui m'avait fait l'effet d'un diamant noir, qui me déçoit donc un chouya... le noir verni est désespérément cruel pour les photos - la rue de l'église à Villeneuve les Avignon par Gérard Clément-Brun (avignonnais, élève de Grivolas et Bourguereau) et «avant la messe» de Victor Leydet https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Leydet_(peintre)
et puis, en avançant rapidement après m'être arrêtée à nouveau devant les toiles moyennes de Joseph Vernet, les toiles de son fils, son portrait...
un portrait par Adélaïde Labille-Guiard, rivale en son temps de Vigée-Lebrun
une salle vouée aux Parrocel... mais n'ai pas noté, yeux en plaisir sur les chairs dorées, les prénoms des peintres et, à part le premier pour lequel est noté «attribué à Etienne Parrocel» je ne sais qui, de Joseph, Etienne, Charles, Pierre ou un autre https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Parrocel a pu être l'auteur des chairs dorées ou du saint bonhomme.
Je sais seulement que le Nicolas de Largillière est le portrait de Pierre Parrocel.
Leur font suite deux jeunes femmes lumineuses de Jean Raoux (Montpellier 1677 – Paris 1754), ce portrait d'un peintre, campé à grands coups de pinceau de Joseph Siffrein-Duplessis (Carpentras 1725 – Versailles 1802), d'autres... comme une grande femme élégante qui m'a opposé sa réserve gracieusement hautaine. 

mardi, septembre 19, 2017

Tournoyer au rez-de-chaussée

à Calvet encore
Dans le hall qui suit la billetterie, seul des salons du rez-de-chaussée qui a gardé la voûte plate voulue par Jean-Baptiste Franque filer, à côté du vestiaire, vers la petite porte à droite, quelques pas dans un couloir et les salles sans fenêtres, aménagées en 2007 je crois, pour regrouper «les peintres du Nord»
des oeuvres que j'aime plus ou moins, souvent plus, et un tout petit picorage guié par l'envie, la lumière, et reste du tri supprimant les plus mauvaises photos (par exemple il n'est resté aucun paysage et il y a pourtant plusieurs oeuvres attachantes de petits maîtres hollandais)
comme cette adoration des mages anonyme... la résurrection de Johann Koerbecke de Munster (un des huit panneaux de la passion, partie du retable de l'abbaye de Marienfield, à côté de Munster – 1457)
ce portrait (autrefois attribué à tort à Holbein le jeune) d'homme à la rousse barbe (pas arrivée à fixer l'homme à la pipe de Cornelis Dusart et son regard scrutateur, mais scrutateur de ce qui est à ses et nos pieds)
le calvaire de Jan van Noordt, et en contrepoint la dégoulinade de la descente de croix de Paulus Lesire pour mon sourire devant le profil, corps et visage, de l'important paysage enturbanné
parmi les natures mortes, un beau bouquet s'étant refusé, ce tout petit tableau réunissant plantes et insectes (une habitude chez lui) de Charles-William de Hamilton qui malgré ce nom est né à Bruxelles en 1668 et mort à Augsbourg en 1754
et, pour les quitter, cette femme (ne sais ce qu'elle représente) de Gérard de Lairesse
les ai quitté vivement puisque j'étais venue pour Joseph Vernet pour déboucher au bas de l'escalier...
En redescendant ledit escalier, en fin de visite, saluer en passant la danseuse d'Ousmane Sow, et prendre à côté la porte menant à la série de salons de l'aile sur jardin (sous la galerie)
une salle avec ce calvaire de l'atelier de Champaigne,
le Christ et la femme adultère de Pietro Della Vecchia pour le visage du dénonciateur
et le bel Ecce Homo de Luis Morales à côté de vitrines avec de beaux petits bronzes et des majoliques
avant les salles égyptiennes parcourues à grands pas parce que les ai vues dernièrement,
pour le plaisir de la dernière qui a gardé son décor bleu et blanc.
Au dos de ces salons ouverts sur le jardin, dans les salles donnant sur le petit bout de terrain enclos avant la rue Basile (le portail que je longe souvent est nettement plus élégant de ce côté)
les peintres d'Avignon avec surtout Simon de Chalons, une piéta, la Sainte Parenté son tableau phare et celui que j'aime le moins – ai la flemme de consulter le petit schéma identifiant les membres de ladite famille – et la vierge avec l'enfant Jésus et Jean-Baptiste
et plusieurs beaux tableaux de Nicolas Mignard (bon il est né à Troyes et mort à Paris mais comme il a longtemps vécu et peint à Avignon nous le revendiquons).
Et puis j'ai renoncé aux petites salles de préhistoire et aux peintres du 20ème siècle et suis sortie, prenant dans les yeux un éclairage digne d'une tempête de Joseph Vernet (mais pas de tempête... et même quelques trous bleus)