Comme prévu le ciel était bleu ce samedi matin et la température bien plus aimable. Ai enfoncé mes cheveux qui auront bien besoin d’être lavés demain matin dans mon grand chapeau, mis mon appareil dans la courte veste légère de Cotelac, ajouté à toutes fins utiles (cela fut inutile) un sac pliant Monoprix sous le petit filet au fond de mon grand sac en bandoulière
et m’en suis allée vers le marché de la rue Carnot
qui comprenait juste un peu moins d’étals que la semaine dernière
ce qui m’a rappelé que la fleuriste de la place des Carmes était en vacance samedi dernier… Supposant qu’il en serait de même cette fois, j’ai tourné bride
et suis repartie vers les halles, achetant mes deux cookies favoris à mon amie en conseillant avec tant d’insistance à deux jeunes femmes de ne pas laisser passer ce plaisir, choisissant avec elles etc… que j’en oubliais de payer et qu’elle a du me rappeler… hésitant ensuite à acheter un nouveau tablier, à carreaux cette fois, à son voisin, y renonçant dans l’immédiat pour ne pas m’encombrer.
J’ai pris chez la fleuriste abritée sous la façade de verdure quatre photos de bouquets dans le tout petit choix que la saison nous offre et lui ai payé les deux grandes roses préférées qu’elle a gardées le temps que je fasse un tour dans les halles.
Je le ai traversées assez vite, allant presque directement vers l’italien auquel j’ai acheté deux petits gratins de courgettes et deux petites portions de salade de pâtes, l’une au basilic, l’autre à l’ail dans une bousculade telle que des voix demandaient de protéger la petite vieille (moi) et qu’au moment de payer par carte cette fois j’ai constaté (avec horreur, le mot n’est pas trop fort) que le petit étui jaune ne contenait plus que ma carte Monoprix et ma carte Fnac… J’ai payé en liquide, me suis précipitée dehors, ai dit à la fleuriste d’attendre et foncé vers mon amie dans l’espoir que dans l’émotion de mon paiement en catastrophe je l’avais mal rangée… Nous avons vérifié et constaté qu’il n’en était rien… Je suis revenue, j’ai pris mes deux roses et retraversé les halles avant de rentrer pour faire opposition, avec le petit espoir qu’elle soit tombée dans la mini bousculade de la queue… et en effet me voyant approcher, au moment où j’ouvrais la bouche pour parler, la jeune femme qui s’était absentée du stand pendant que le garçon me servait, m’a demandé en souriant si j’étais Brigitte, a ouvert un tiroir et me la donnée en disant qu’elle l’avait trouvée près du comptoir et tenté en vain de me rattraper… L’ai embrassée verbalement
et j’ai pris le chemin du retour, disant à mon coeur de redescendre de derrière mes dents et à mes jambes de se souvenir d’être fermes.
J’ai mis les roses dans un bocal vide élevé au rang de vase, déjeuné d’une moitié d’un reste de salade de concombre mêlée à la moitié des pâtes à l’ail et d’un demi gratin de courgettes avec un quart du cabillaud à finir d’ici demain soir… et j’en resterai là pour ce samedi que j’ai choisi de vivre avec calme.

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