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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

lundi, septembre 14, 2026

Dimanche


 Température qui se fait gentille, les nuits moins froides que les deux précédentes, les jours plus que tièdes, dépassant à peine les 30° aux heures les plus chaudes, quatre cents grammes pris… un beau dimanche que j’ai savouré sans être à sa hauteur. Lit, lessive, soins aux plantes, douche, et un peu avant dix heures lavage de cheveux avec application, et tant de maladresse que la petite salle de douche devient marre ce dont je profite pour une promenade avec le lave-pont à frange. Lecture sur internet… un peu avant onze heures, sèche-cheveux et tentative de mise en forme de la toison ou du moins une ébauche presque satisfaisante avant que je la détruise en relevant les mèches sur le sommet du crâne pour faire la cuisine et déjeuner en paix… déjeuner appliqué, une sieste, et vers seize heures je remplacer le short des travaux/paresse dans l’antre par un jean, je me coiffe avec presque une réussite et j’enfonce mon chapeau, je prends ma canne et m’en vais jeter un sac d’ordures bien plein surtout de serviettes, essuis tout et mouchoirs 

avant de continuer vers le bureau de tabac de la place, d’y acheter une boite de cigarillos 



et de revenir vers l’antre juste à temps pour boire une tisane accompagnée de la moitié du bon cookie à la pistache et de reprendre pour tenter d’améliorer un peu la nullité de ce qui précède en recourant à des textes/poèmes contenant le mot « mer » chez les Français pour ce jour


Andrée Chedib


Où la mer lentement progresse,

Là-bas reposent les îles.


Sur l’eau accablé de ténèbres

L’homme recueillait les promesses

D’un soleil bientôt absent.

De ce temps-là, le vent des démesures se laissait boire;

Les colones du silence veillaient;


Au loin, la mer délaisse son noueux combat ;

Embrasse l’île envolée. Se confie éprise.


Là-bas,

La terre ne parle pas pour rien.


Lorand Gaspar


Je ne sais où commence le ciel

où se termine la me

Désirs bleus et gris

se croisent en haute étendue

et se boivent —


Passent de grands et sensibles poètes aimés, sans mer, enfin 


Ludovic Janvier


On quittera toujours la mer à reculons

c’est toujours le même regret

c’est la même lenteur debout

qui vous déchire d’avec le pays

chaque adieu vous retourne infiniment 

chaque pas qu’on pose hors de l’eau

veut creuser jusqu’à l ‘eau encore


Passent les noms et j’espère mais non ; je n’y crois pas et je reprends ; je vérifie, non et j’en resterai là.

dimanche, septembre 13, 2026

Le rite du samedi et des vers


Minimales et maximales des températures en petite hausse sur la moyenne pour cette date en Avignon et cent grammes reperdus par carcasse… je suis sortie pieds nus et avec un petit châle tricoté sur ma chemise de nuit pour humecter les plantes de la cour, ai salué amis et autres sur tweeter, lu quelques billets sur la toile, parcouru le Monde (surtout les titres) tout en petit déjeunant, ai fait mon lit, ai fait une petite lessive, me suis douchée, me suis vêtue : pantalon de lin beige chandail de coton blanc,  et veste en épais coton grège façonné, ai fait un dernier tour sur internet, ai mis mon appareil photo dans une poche de la veste, ai enfoncé chapeau sur cheveux coiffés à la va comme puis et avec ma canne, mon sac de paille et cuir en bandoulière et accroché à mon épaule à toutes fins utiles le sac de coton fleuri de Leonard contenant le petit filet blanc et bleu et suis sortie.



J’ai pris le chemin de la rue Carnot, piapiatant un instant avec la responsable de la boutique Cotelac qui me prétendait belle (sourire ironique) et pas uniquement grâce à la veste venant de chez eux.



Le marché atteint j’ai continué le long des étals qui se raréfient jusqu’à la place des Carmes… 



J’ai pris trois photos de fleurs un peu à la volée



et je suis revenue, selon ma coutume vers les Halles en achetant au passage pour ce samedi et dimanche à la marchande des meilleurs (à mon avis) un cookie à la pistache et un cookie au citron avec une grosse pastille de chocolat.




J’ai pris trois nouvelles photos de fleurs sous le mur végétal avant de traverser les Halles d’où je suis sortie avec des nouilles sautées et du poulet thaï (un peu trop fortement épicé), des filets de merlan et chez l’italien deux gratins de courgettes, un peu de salade de pâtes au basilic et des lasagnes « végétales ».



Le tout bien réparti dans le sac Leonard maintenant bien rempli je suis rentrée vers l’antre. Internet, déjeuner, sieste et avant de rédiger (un bien grand mot) ce qui précède et de boire une tisane de l’après midi avec cookie j’ai repris les poètes de la Méditerranée et les Espagnols (je copie des bribes de poèmes aussi brèves que elle peux pour éviter que ce billet prenne une longueur honteusement démesurée)


Antonio Gamoneda


Ta voix en dattes sanglantes surgit des substances éparses sur la mer


et son métal vole en cercles, vole avec des ailes vénéneuses sur ce corps doré déjà, aveugle déjà dans des fruits trop sucrés…


Francisco Brines


C’est l’heure du retour des choses

où la mer et la campagne se couvrent d’une ombre lente

et les temples s’évanouissent, troubles, dans l’espace.

Sur cette ile mystérieuse, mon pas tremble.


Leopoldo Maria Panero


Et j’ai trouvé une femme en face de moi,

et je lui ai dit : je n’ai pas de poils,

je suis un poisson. Et elle m’a dit :

tu connaitras la mer, cette vaste tombe

où nage le Kraken

où s’égarent les bateaux.

Et c’était comme découvrir, sur un bateau la nuit

à la lumière des étoiles

que l’on étreint le diable,

Cette femme, cette aumône

Que lui seul peut m’offrir…


Jaime Siles


Aiguilles plantées

— coeur de l’après-midi —

Il souffle un vent très las,

extase de quatre heures ;

août endormi.

Toute une mer s’égrène :

sans vagues, sans nul sens.

Plage de Dieu

qui dans l’air poursuivi

vainc sur le sable,

un cheval d’or, 

d’agreste azur, d’oubli.


Luis Antonio de Villena


Je jouirai de ta peau brune, et du vent obscur,

de ton duvet blond. Le matin nous irons

À la mer, nous chercherons des coquillages et des galets,

Et quand sortant de l’eau nous serons las,

nous mangerons couchés des raisins et la pulpe carmin de la pastèque. Parmi l’éclat du soleil,

je promènerai ma main sur l’eau délicieuse

de tes jambes...


Blanca Andrea


Mer tu es une rose

tu es la rose verte.


Le vent nous pousse comme des nuages

comme des nuages véloces

sur toi

et nous enivre

de pétales de sel

de parfums argentés. 

samedi, septembre 12, 2026

Ce vendredi

 


Ce vendredi la température maximale avait un peu augmenté, la température minimale, avait un peu diminué et j’avais regagné cent grammes. J’ai balayé la cour, humecté les plantes, me suis douchée, ai fait une petite lessive, coiffé avec un résultat juste un peu moins satisfaisant que la veille, coincé mes cheveux sous le chapeau, mis appareil photo dans la poche de ma veste, suis sortie 



et j’ai pris, mes jambes toujours légèrement indociles et le petit vent jouant encore un peu avec mon chapeau, par des rues sans grande animation, le chemin du Carrefour de la République 




d’où je suis revenue, achetant au passage un cookie chez La Tropézienne, dans l’antre. Des tweets de Dominique Hasselmann (entre autre le lien menant vers la reprise rituelle d’un texte de François Bon) et la radio m’ayant rappelé (honte à moi) le 11 septembre 2001… avec instantanément une pensée au New York et aux USA de Trump, j’ai non moins rituellement pensé au Santiago du 11 septembre 1973 mais (honte à moi de nouveau) j’ai du faire appel à Google pour savoir ce qu’est le gouvernement élu au début de cette année par le Chili puis pour découvrir ce qui se cache sous le nom de Jose Antonio Kast et sous le sigle de son parti (PR Partido Republicano soit extrême droite populiste et conservatrice). Je me suis confirmé que nos temps pour être moins violemment tragiques ne valent guère mieux. 

Après un bon déjeuner bien fortifiant, après une bonne sieste, j’ai repris, encore et encore, le même recueil de poètes de la Méditerranée et entrepris de reprendre le tour de notre mer depuis sa rive nord mais en retenant pour chaque poète quelques vers avec le mot « mer » (ma pêche sera plus facile et abondante) en commençant par le Portugal (qui bien entendu est compris dans le recueil même si en fait ses côtes sont presque totalement baignées par l’Atlantique)


Antonio Ramos Rosa


… quand les drapeaux s’inclinent

quand les hommes se taisent

quand l’esprit se meut lentement dans le silence

quand la mer et le soleil se conjuguent dans la nuit

à travers les timbres qui respirent

quand la lumière efface en toi

la dernière lueur du jour

et que tu entres dans le silence de la nuit

avec le soleil sous les eaux

dans le silence de la nuit.


Casimiro de Brito


Je m’assieds  au bord de la ville et j’entends

La rumeur du sang l’érosion de l’argile 

Comme si tout ce mystère n’était rien d’autre que

La mer

Devant mon corps assis

La musique la lumière matérielle

où tout est moi où tout m’est donné 

Et rigoureusement refusé…


Castão Cruz


La mer où ton corps

reposait

comme si chaque vague édifiait


une grotte protectrice

est un champ relu Voilà ce qui reste

semblable au silence


Des corridors

me mènent à un autre temps parcourant

l’océan des lieux


Nuno Judice


…Et quand ces navires arrivent, les voiles gonflées

comme les ailes d’une migration d’oiseaux aveugles, je les célèbre, corbeaux échoués dans une hémoptysie de pétales, vomissant des coquilles, tandis que tu m’entraînes

vers la tempête du lit défait, où les marins

ont laissé les empreintes de minuit, et nous embarquons, sachant qu’aucun port n’offrira d’escale pour souffler les bougies de qui n’a jamais fêté d’anniversaire, maintenant

qu’une navigation de draps démontés agite la coque,

et tu m’ouvres l’écoutille sur tous les corps immergés dans cette mer, sur lesquels plane un oeil de libellules d’albâtre suspendues au cou d’une déesse… 


Ana Paula Inãcio


que fait la femme de dix-sept ans

dans une maison de campagne

le dos tourné à la mer

là où la nuit tombe la pluie

sinon de considérer de bon matin cette pellicule 

comme une photographie

non révélée 

de sa vie