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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, février 13, 2026

Pas de film pour la petite vieille

 


Matin, réveil tardif selon mes anciennes habitudes mais digne de Grignan, tournicotant un peu… je m’attaque avec la difficulté habituelle au changement de draps, j’ajoute un pantalon dans le sac pour leur transport puis je pose je sac en attente parce que, quel que soit ma décision pour le programme du jour, le charroi n’y trouve pas place. Un petit tour rapide pour jeter un sac poubelle en faisant le tour du pâté de maison en une marche d’une durée presque nulle. Un déjeuner cuisiné (à part un petit reste de salade industrielle) pas tout à fait assez cuit mais c’est aussi bien (ou j’en décide ainsi) un sieste et je reprends mon hésitation.. je suis venue à bout de la première série de billets achetés pour le Théâtre des Halles, me réservant de prendre le billet le jour même grâce à ma carte d’abonnée et j’ai vu qu’était programmée pour ce jeudi soir un spectacle que j’avais décidé d’aller voir… seulement lisant et relisant le synopsis, les intentions je butte sur cette phrase La Personne est un spectacle allégorique qui révèle les mécanismes de l’emprise, une expérience étonnante, captivant et énigmatique, je frissonne d’appréhension (il me semble que la seule idée d’une emprise ne me vaudrait rien) et je consulte le programme d’Utopia cherchant un film parmi ma liste de désirés qui poserait problème pour combiner sa durée et l’horaire du spectacle sauf précipitation. 



Je choisis « le mage du Kremlin » (j’en parlais d’ailleurs mercredi soir avec ma soeur, qui m’appelait pour m’annoncer la naissance d’un petit Léon dont elle m’avait déjà révélé l’existence et nous avons dérivé vers le cinéma et nos goûts qui avec le temps s’avèrent proches.. elle beaucoup aimé le monde des forêts dont je lui avais déjà parlé sans attirer son attention). J’enfile ma parka et m’en vais, arrivant juste à l’heure… si ce n’est que, bon, je m’étais trompé de colonne, il passait à 16 heures 30 et non à 18 heures 30; la caissière me proposait « Hammet » qu’à tort ou raison j’ai décidé de ne pas voir.




M’en suis donc retournée, en faisant un petit tour par la rue Sainte Catherine et la rue du Commerce pour au moins marcher comme je le dois. 

jeudi, février 12, 2026

Jour lent et retour sur La Grazia

 


Tremblotante et courbatue au réveil, préparation dolce, départ carcasse se prélassant dans une chaude protection kaki (la doudoune étant encore humide j’ai enfin pensé à cette vieille parka que je traine depuis des années comme un doudou où carcasse ronronne qui attendait dans une housse que je pense à elle et que j’ai défripée à la va comme je puis) ragaillardie encore dès les premiers pas dans l’air par l’air qui montait en tendresse et la jolie lumière…



Munie de trois paquets de serviettes  en papier de bonne facture, d’un nouveau collant chaud, de 200 grammes de cabillaud, de cent grammes de crevettes, d’une boite de cigarillos, du Canard enchaîné et d’un cookie de basse qualité, je suis revenue pour enchainer le jour en y incluant cuisine, un déjeuner lent en lisant un peu plus de la moitié du Canard, une lourde sieste, des petits tours internet (silencieux le plus souvent grâce à la perte de Facebook) et me suis attaquée un rien inquiète parce qu’en y pensant plus ou moins pendant tout ce temps me venaient des idées que ne savais comment dire et en quel ordre ce qui me restait de La Grazia regardée frissonnante et l’esprit ne restant à peu près éveillé et conscient que par la force des images et des idées…



Donc « La Grazia » le plus récent (2025) film de Paolo Sorrentino dont une photo (cueillie sur le site d’Utopia dont vous pouvez consulter l’article en cliquant sur ce lien).

Sans ordre, après avoir reproduit le résumé qui figure, entre autres sites, sur Wikipedia

Le président de la République italienne Mariano De Santis est désormais âgé et arrive au terme de son mandat. Veuf, ancien juriste et profondément catholique, il sera confronté à deux derniers dilemmes : accorder la grâce à deux personnes qui ont commis un meurtre dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes et promulguer la loi sur l'euthanasie[2]. :

la beauté des images, leur cadrage,

l’importance donnée au temps, la lenteur, l’immobilité parfois, la caméra qui saisit les personnages plantés sous un angle puis un autre, une sensation qui s’apparente à celle du flottement (un peu comme celle de la larme en apesanteur du spationaute et qui le fait sourire)

le Président (Toni Servillo, magnifique) marchant lentement ou arrêté sur la terrasse, regardant le paysage, en fumant une cigarette comme lentement aussi pour l’économiser parce que ce sera la seule de la journée

les plaisanteries qui sont quasiment non dites comme sous-entendues et entrainent, surtout en ce qui le concerne lui qu’on surnomme (pour cette rigueur/solidité qui n’est pas que dans l’attitude) « Béton Armé »

les petits pas de côté : la larme flottant, le pape large bienveillant économe de mots inutiles avec son ami le Président personnifié par un noir aux dreadlocks qui se déplace en scooter avec dignité sa robe dansant dans le vent du déplacement, la vieille amie qui aime être juste assez déplacée dans sa tenue et son comportement pour poser sa touche de liberté

les personnages de l’entourage, les enfants du Président, les deux condamnés à mort, les politiques, celui qui se prépare peut-être à être candidat à la succession (qui est peut-être aussi cet homme dont le Président cherche l’identité, l’amant de sa femme morte et toujours régnante sur son esprit), le massif général venu des Alpini (oh les chants en choeur entonnés virilement et faux), l’amie un peu exubérante qui finit par dire que l’amant était l’amante et que c’était elle pleurant avec lui discrètement derrière le dos à la surdité affichée du chauffeur et à la toute fin du film après la démission partageant chaque jour un de ses repas simples etc…

Et nous qui partageons, guidés par des signes plus ou moins ouvertement distribués, l’évolution intime qu’il subit ou veut pendant ces quelques mois.

mercredi, février 11, 2026

Halles, cinéma, pluie et fatigue

 



M’en suis allée matin en quête de photos de fleurs.. 


Le fleuriste des halles était fermé. J’y suis pourtant entrée, reconstituant ma provision de légumes classiques et anciens (ai découvert mais non encore testé le persil long) et y ajoutant chez le traiteur italien un risotto aux champignons.




Sur le chemin du retour j’ai pu cueillir trois photos chez  le fleuriste de la rue Bonnetterie (les rares qui n’étaient pas enfermées contre la pluie pourtant encore modeste



Après un bon déjeuner (dont le risotto) et une sieste, j’hésitais un peu à aller comme prévu voir la Grazia à l’Utopia de la rue de République mais je n’avais plus de Grilletine et pas de pain quand un coup de téléphone du propriétaire m’a prévenue de son passage pour rediscuter des projets pour améliorer l’étanchéité de la cour, l’antiquaire du rez-de-chaussée ayant à nouveau des infiltrations dans son arrière boutique… mais finalement notre examen, les projets se sont terminés à temps pour que je puisse aller, en marchant vite, au cinéma et en profiter pour l’achat du pain et de mouchoirs, ai enfilé presto ma parka, enfoncé un bonnet, pris ma canne et un appareil photo et suis partie aussi résolue qu’effrayée par l’énergie de la pluie.. Je suis arrivée, ma parka gorgée d’eau et mes chaussures pourtant quasi neuves ramollies autour de mes chevilles qui se tordaient. 



Du film je ne dirai rien ce soir, si exténuée suis que je garde pour demain que je réserve à la reconstitution de mes forces.. . juste que je l’ai aimé malgré peut-être un petit quart d’heure de trop et le charme d’une séquence montrant un spationaute pleurant et souriant en voyant une larme flotter en apesanteur (séquence pas totalement choisie au hasard).

mardi, février 10, 2026

Lundi un film

 


L’attente sans fin

Oh que vienne le printemps

et sa tendresse



Pour des courses alimentaires et autres, un tour le matin rue de la République.



En fin d’après-midi, je m’en suis allée vers Utopia-Manutention pour assister à « Baise-en-ville » de Martin Jauvat un des films les plus désirés de ma liste « pourquoi-pas ? », 



(une photo copiée/collée depuis le site du festival | cliquez sur le lien si le désirez | dont je recopie des fragments

Grand trentenaire languide, accroché comme une bernique au canapé de ses parents, heureux propriétaires d’un petit pavillon à Chelles (77). Surnommé Sprite il est le dernier rejeton (j’espère que non, disons le plus récent) de la lignée de héros assurément  glandeurs… En version banlieusarde le grand frère du Petit Nicolas, le. Petit cousin du grand Duduche, le neveu de Gaston Lagache, l’arrière-petit-fils de Buster Keaton… grand dadais désarmant, fermement décidé à étirer son adolescence le plus loin possible, au delà des limites socialement admises… Il aime s’éterniser en méditant dans son bain mais sa mère confisque la bonde de la baignoire pour qu’enfin il sr bouge et se décide à trouver un boulot. Mais pour cela il lui faut une voiture et il a abandonné les cours de conduite quand, sous le coup de son désarroi(on le découvre peu à peu avec sa copine il est retourné habiter chez ses parents et a peu à peu dépensé son petit avoir… commence alors la galère pour trouver un travail pour payer peu à peu les leçons de conduite à son épatante professeur, qui multiplie les emplois pour boucler son budget, puis galope à pied ou avec des changements de cars ou trains pour assurer sa présence aux chantiers de ménage post-fêtes arrosées avec d’inénarrables péripéties…

Le site juge que Martin Sauvat signe là une facétieuse comédie burlesque et poétique… et parle de l’esthétique pop du film



En rentrant, je me demandais qu’en dire, me tordant les pieds avec une petite allégresse intérieure, puisque oui je n’aime normalement pas  la « ligne claire » mais j’ai savouré les tons acidulés, alors oui j’étais parfois gênée de rire contre le silence du public qui derrière moi occupait le tiers de la salle, alors oui les plaisanteries sont absurdes (ça c’est admis) parfois un tantinet grossières selon les canons socialement admis ou plutôt exprimées avec des euphémismes idiots… mais le rire me venait, et la tendresse pour ces « paumés » (nos frères et soeurs).