mardi, août 20, 2019

au rez-de-chaussée de l'hôtel de Montfaucon en bonne compagnie

Brigetoun en je-m'en-fous-je-ne-sors pas, négligeant notre belle journée (qui en fait fut chaude et de couverte à nuageuse) pour les plaisirs et corvées de l'antre et surtout une tentative de retour sur l'exposition de la Collection Lambert
Pour entrer dans l'exposition consacrée à Basquiat et trois de ses grands prédécesseurs au rez-de-chaussée de l'hôtel de Montfaucon (ici la première salle avec le panneau dit Essel de 1984 – sur table à dessin – collection privée New-York) Basquiat remix (Matisse, Picasso, Twombly)
et faute de trouver mots, et d'abord pour situer en quoi cette exposition était un peu plus complète et surtout plus intéressante que l'accrochage de la plupart des oeuvres de Basquiat que compte la Collection en février denier https://brigetoun.blogspot.com/2019/02/suite-et-fin-petite-itinerance-basquiat.html, je reprends un petit fragment copié dans le catalogue que, malgré l'interdiction que me suis faite à cause du peu de place dont je dispose, malgré la mine qu'étaient les gros catalogues des grandes expositions chez Lambert organisées par Eric Mézil, parce qu'il en prend la suite, toujours en collaboration avec Actes Sud et qu'il était beaucoup beaucoup plus mince et légèrement moins cher, au début du texte de Stéphane Ibars, curateur de l'exposition
(en ponctuation avant d'en venir à cette citation, l'oeuvre que je préfère parmi les quelques unes que je connais, captée en marchant instinctivement alors que j'avais décidé que non, inutile, Asbestos à propos de laquelle Yvon Lambert raconte Un courtier en art, le fils du galeriste Paul Facchetti, savait à quel point j'aimais l'artiste et m'a proposé l'oeuvre, roulée dans un tube. J'ai été saisi par la force de la peinture... l'ai acquise pour ne plus m'en dessaisir, jusqu'à la donation de ma collection à l'état.)
Pour en revenir aux mots de Stéphane Ibars : exposition pensée à l'hiver 2018, soit trente ans après la mort de Jean-Michel Basquiat et la première présentation de ses oeuvres dans la galerie parisienne d'Yvon Lambert. Elle est née d'un désir urgent, partagé par le marchand-collectionneur, de retourner aux sources de l'énergie brute de la peinture de l'artiste américain, de questionner la singularité d'une oeuvre aussi viscérale et instinctive que consciente (et nourrie et pensée ajoute Brigetoun, ne pas oublier qu'il dessine depuis toujours ou depuis que sa mère lui a offert, alors qu'il était alité après avoir été renversé par une voiture, le Gray's Anatomy Book – ne sais ce que c'est mais j'imagine – premier point de rapprochement avec Matisse découvrant la peinture en convalescence chez ses parents – qu'il avait à six ans une carte d'adhérent au MoMA et au Museum of Art, etc... même s'il est passé par l'underground et n'a qu'effleuré semble-t-il les cours de la School of Visual Arts de New York), qui dépasse ses particularités propres et le talent rayonnant d'un jeune prodige pour symboliser à elle seule de nouvelles manières d'envisager l'art dans les années 1980.
Matisse autoportrait 1945 (Paris Collection privée)
Basquiat sans titre (1985 – si je ne me trompe collection Editions Enrico Navarra l'auteur du catalogue de l'oeuvre qui a aidé à cette exposition)
Picasso La Chèvre (1950 – musée Picasso de Paris)
Basquiat Ass (1984 me gusto – galerie Enrico Navarra
à gauche Cy Twombly sans titre (Captiva Island – Floride – 1974 Collection Lambert) et à droite Basquiat sans titre (NY CZAR 1988 collection privée en dépôt à la Collection Lambert)
continuant le tout début du texte d'Ibars, après ces exemples de rapprochement :Cet hommage qui lui est rendu en présence de certains de ses pères spirituels – Matisse, Picasso, Twombly – le place avec jubilation au coeur d'une généalogie des grands noms de l'histoire de l'art du XXe siècle à laquelle il souhaitait être affilié et appartient désormais, mais surtout il permet de questionner en profondeur les gestes à l'oeuvre dans ce travail aussi révolutionnaire qu'héroïque et majestueux, dont la force imprime toujours avec une pertinence accrue les réflexions sur le contemporain.
Et ma foi vais simplement poser les autres photos dans l'ordre où les ai prises avec une certaine désinvolture, pardonnez moi c'était ainsi, je ne veux pas étudier ma psychologie de ce moment... (ci dessus un fragment de Study – 1962 – de Cy Twombly – collection privée en dépôt à la Collection Lambert) en vous laissant si le désirez interpréter leur importance ou non, correspondances ou non, notant juste qu'il disait en gros vouloir revivifier l'art moderne que Matisse et Picasso avaient nourri en s'appuyant notamment sur les arts dits primitifs, qu'il avait goût et fraternité pour la fausse gaucherie de Twombly mais qu'il a réagi lors d'une interview en répondant «Primitivisme, comme primitif, vous voulez dire comme un singe ?»
ma soeur en mieux La Vieja de Basquiat (1984 – collection Danièle Thompson Albert Koski) à côté d'un autre aimé que l'on retrouve ci-dessous
Matisse, Matisse, Matisse Basquiat (1983 – collection Pierre Cornette de Saint-Cyr)
Basquiat sans titre (1987 – Collection Lambert)
aimé, l'apollodoro de Cy Twombly (1977 – Collection Lambert)
Basquiat sans titre – dit the box (1980-1981 – Collection Doriano Navarra)
Matisse sans titre (graphisme sur bois recto/verso 1945-47 – collection privée Paris)
Cy Twombly sans titre ou Louisiana (1974 – au verso : l'ennemi)
Basquiat un détail (presque totalité en fait) de Icarus Esso (1986 – collection privée)
Picasso nu debout (juin 1946 Musée Picasso de Paris)
Picasso autre nu debout (juin 1946 Musée Picasso de Paris)
Basquiat sans titre (1982 – collection privée Paris je crois, en tout cas j'aime)
Basquiat sans titre ou il Publico Bruto (1985 – collection privée New York – courtesy Lio Malca)
Basquiat sans titre (1982 – photocopie et collage sur toile – Collection Editions Navarra)
deux des seize détails Anatomy Basquiat (1982 – dépôt à la Collection Lambert)
Basquiat sans titre ou Left Entrance Hall (1986 - Collection Editions Navarra)
Basquiat sans titre ou from Leonardo (1983 - Collection Editions Navarra)
Basquiat (miam, ce qui signifie aime) Florentine Red (1983 – 198x156 – collection privée New York)
Picasso portrait de femme au chapeau à pompons et au corsage imprimé (janvier-mars 62 – Musée Picasso de Paris)
Basquiat sans titre (1983 - sérigraphie et encre d'imprimante sur toile – collection privée)
le même à côté (fallait bien tout de même, bien que l'ai déjà capté et re-capté) du plus célèbre des Basquiat de la Collection Lambert She installe Confidence and Picks his Brain Like a Salad (sur une palissade en bois – 1988)
Grand merci à ceux qui sont venus à bout de ceci.
Brigetoun, elle a mis une robe et a fait, dans le jour qui commençait à faiblir a fait un aller et retour d'une heure au long du fleuve (et comme, malgré ses résolutions, a pris un peu trop de photos les garde pour demain)


lundi, août 19, 2019

Bonne à rien donc images

matin ménage
commencé un tri photos
pensé mañana
la page ouverte
pour l'exposition Basquiat
me nargue – je sors

passée la beauté chaude des rues sous soleil pur, des escaliers, place et rampes sous son feu déclinant à peine, réflexe arrêt et photo pourquoi pas dans les plages ombreuses, pendant le milieu de mon trajet – et comme pas le courage de m'occuper de l'exposition que pourtant j'ai aimée, photos en vrac

dimanche, août 18, 2019

Au rez de chaussée de l'hôtel de Caumont

Ce matin promenais à l'aller des draps, au retour une housse de vêtements en suivant un chemin un peu sinueux, assez baroque, parce que cela ne suffisait pas à remplir une heure de marche
Je reprends la seconde partie, au rez-de-chaussée de l'hôtel de Caumont de la petite sélection en cette fin d'été des oeuvres de la collection permanente intitulée Pour un usage des formes, avec à côté de la vitrine sur la rue Violette le panneau de tissu de Brusan peint en blanc de Loris Gréaud,
et derrière un rideau, dans le renfoncement avant la galerie ouverte sur la cour que n'ai pas photographiée puisque l'ai fait si souvent et puisqu'elle ne montrait que le décor qu'y a peint Sol Lewitt, une courte et merveilleusement fraîche vidéo de Douglas Gordon...
et puis, sautant directement à la première salle sur le boulevard Raspail, deux murs consacrés à des photos-miroirs (ne sais comment on les appelle, moi c'est ainsi) splendidement étranges de Douglas Gordon que majoritairement, à moins que ce ne soit en totalité, je ne connaissais pas
face à l'angle occcupé par l'autorité des deux grands rectangles recouverts de pigment noir et de paraffine puis agrafés au mur de Richard Serra.
Me suis promenée dans la sale suivante, n'en gardant que les chaises électriques d'Andy Warhol
avant de passer dans le salon situé au centre, pour l'intallation de Carlos Amorales – né en 1970 à Mexico, constitue (je résume un cartouche) une archive liquide avec des images issues de l'iconographie populaire traduite en dessins, collages, installations ou films d'animation invitant à l'expérimentation et la compréhension de tous, en écho à l'Atlas mnémosyne d'Aby Warburg et ses archives témoignant de l'histoire artistique mondiale considéré comme un unique chant ininterrompu – ici il semble vouloir s'appuyer sur les oiseaux de Hitchcock (mais on peut chercher d'autres correspondances) pour autres aperçus de son oeuvre http://estudioamorales.com/archive/
Ne sais pourquoi m'attarde d'avantage sur lui... peut-être parce qu'après avoir traversé plusieurs fois l'essaim d'oiseaux noirs entouré de la trace d'une marée rouge j'avais envie d'en savoir un peu davantage que le réel plaisir visuel.
La porte suivante mène aux deux salles consacrées sous le titre Le sommeil n'est pas un jeu à l'artiste invitée par le Festival cet année (et auteur-trice de l'affiche) Miryam Haddad https://www.miryamhaddad.com/ 
et je recopie le site de la collection Elle y déploie son univers hérité des œuvres colorées et vibrantes de James Ensor ou d’Oskar Kokoschka dans lesquelles les scènes aux personnages grotesques révèlent au fur et à mesure de leur observation des subtilités, des profondeurs, qui font de cet univers fantasmatique un jeu de parcours aussi étrange que merveilleux pour le regardeur. Danses folles, mythes aux formes bigarrées flirtent en permanence avec une abstraction faite de couleurs intenses et induisent un sentiment mêlé de plaisir et de trouble.
Puis, passer sans m'arrêter dans la pièce qui ouvre sur le petit bâtiment charnière entre les deux hôtels pour reprendre et achever cet accrochage de la collection permanente 
avec, pour mon plaisir dans la salle qui donne accès au hall, derrière le comptoir de la billetterie, sous le titre d'une nouvelle peinture figurative, deux artistes que, sans originalité, j'aime tout spécialement, Barcelo – et qu'importe si je connaissais déjà les deux corps accroupis, j'aime leur force et n'avais pas souvenir du lièvre mort

ni de son livre en céramique posé, ici, devant Geologische Formationen d'Anselm Kiefer (acrylique et crayon sur photographie)