samedi, août 24, 2019

Rencontres

M'en suis allée dans l'après-midi dans la ville qui se prépare à être libérée, avec un petit détour tue temps
avant en fin de trajet un arrêt chez le Carrefour de la rue Carnot pour des boites de coulis, un kilog de riz, un kilo de pommes de terre, des poivrons, des confitures y nada mas parce que pouvais pas, même pour les quelques centaines de mètres me séparant du 7 rue Pasteur (Rosmerta).
pour un accueil des nouveaux bénévoles suivi de la réunion des premiers bénévoles retour de vacances, des sourires, la contemplation attendrie et un peu effarée de l'appétit féroce de Mamadou, le plus jeune des membres, de l'admiration, plus ou moins forte, pour les personnes joyeusement dévouées et leur sens tranquille des responsabilités (enfin pas si tranquille) et toujours un recul devant un engagement ferme auprès d'un jeune (référente) parce que lâche, peur de ne pas être à la hauteur, peur aussi de ne pas être au top le jour où c'est nécessaire, laissons murir...

et un retour dans le soleil faiblissant.

vendredi, août 23, 2019

Virage annoncé

Depuis une semaine le soleil ne touche plus le sol de la cour,
les vitrines que je longe s'emplissent de gris, de brun, de couleurs vives qui visiblement ne le sont que pour nier la mort des couleurs, de fins lainages et de cols montants,
la tache bleue qui était au dessus de l'Oratoire était une tache, une anomalie ou presque ou non durable.

Au surplus ce jour ne m'a pas aimée du tout, et n'en parlerai pas.

jeudi, août 22, 2019

Un matin rue Pasteur

Dans un petit vent vraiment frais (Brigetoun se maudissait un rien d'avoir préféré une chemise en jean à un petit veston) m'en suis allée un peu avant huit heures
notant avec un étonnement un peu coléreux les nouveaux petits sièges (un avantage si quelqu'un se risque à s'accroupir pour tenir ses fesses en équilibre dessus, cela freinera un peu davantage l'élan des cycles) un tantinet dissuasifs venus appuyer les quelques fauteuils de bois (pour ceux-ci approbation, sans permettre de s'allonger ils offrent place pour un sans repos ou demeure et une partie de son barda) place Carnot
vers la rue Pasteur
pour un peu plus de cinq heures à Rosmerta, d'un calme désertique au début, s'animant peu à peu, pas excessivement mais un peu davantage que la dernière fois, entre les éveils, la cuisine (malgré mes petites défenses ai goûté un peu de la polenta légèrement pimentée que mangeaient l'adorable petite boule de quelques mois nommée Mamadou et son père, et assisté à la confection des toutes petites bouchées de pâte fourrées – suis partie avec un minuscule tube fourré de pommes de terre et poisson – par Elena, russe et meilleure cuisinière selon les autres femmes), entrées et sorties de vélos, hésitation cuisine des jeunes, survol sans désir d'indiscrétion de quelques fiches, dossiers, compte-rendus, quelques coups de téléphone demandant renseignements pour lesquels heureusement ai trouvé réponses avec aides diverses, petites agaceries d'une petite algérienne, appel à l'aide transmis par un jeune d'un inconnu en détresse affirmée plus que manifeste dans la rue, un quinquagénaire un peu confus que je soupçonne d'avoir déserté une clinique – portait d'ailleurs son bracelet de tissu – pris en charge par les pompiers après des interrogations où je servais comme pouvais d'intermédiaire parfois perplexe, tentation de suivre ce qui se passait entre trois bénévoles-professeurs-répétiteurs de français et leurs élèves au niveau divers etc... (faudra que je vois si peux rendre service) et suis repartie au début de la réunion hebdomadaire des résidents, repoussant l'envie de profiter d'une place restant dans une des cinq ou six voitures qui devaient dans l'après-midi aller vers une plage...
ce qui m'a permis de rencontrer, désolée de la recevoir aussi fugitivement dans un antre aussi peu préparé-apprêté que l'était Brigetoun, vers deux heures et demi, pendant que mangeais mon infâme cuisine, la plus gentille, douée, amicale dessinatrice luxembourgeoise – qui a découvert sans fart le réel d'une déjà vieille correspondante.

mercredi, août 21, 2019

Fin de jour brumeuse au bord du fleuve

lundi presqu'en début de soirée, vers six heures trente, canne en main avec la décision que me voulais, partir au long du fleuve (et aujourd'hui avoir moins que jamais envie de m'extirper des mots.
remonter vers l'amont (avec des regards en arrière pour juger des différences de lumière)
croiser les touristes encore assez nombreux (pendant que les voitures se pressent les unes à la suite des autres entre rempart et fleuve), trois ou quatre petits groupes de pêcheurs, un rêveur et son chien
continuer après la longue courbe du fleuve s'éloignant des remparts qui se replient vers l'intérieur, jambes instables – même la troisième – sur un sentier inégal, suivant la pente presqu'invisible sous les arbres
et puis revenir en tentant de persuader jambes de se décrisper et souriant à la beauté du fleuve, aux variations du ciel
Ce mardi regarder trois gouttes de pluie, partir sous un ciel nuageux qui retient son eau et se crève parfois en bleu, dans un froid presqu'automnal (vingt deux degrés, je crois) et quelques petites rafales presque glacées vers les halles et m'arrêtant au passage dans la boutique aux trésors ménagers parce que j'y avais vu des sacs rouges, assez laids, plus petits et plus chers que la plupart des sacs à roulettes mais qui ont l'avantage de ne pas avoir de lourde et encombrante armature et de se replier après usage... Tombait bien parce qu'un gros coup de pompe entre les rares étals ouverts... un peu de mal à comprendre comment obtenir un fonctionnement correct des roues, ramener finalement pas davantage de choses que d'ordinaire, en fait un peu moins parce que uniquement nécessaire mais avec beaucoup moins d'effort... et monter le contenu en deux fois avant de replier l'objet (bonne solution finalement).
Repasser. Résolument ne pas regarder pour le moment la nouvelle vidéo de François Bon pour son atelier d'été.

mardi, août 20, 2019

au rez-de-chaussée de l'hôtel de Montfaucon en bonne compagnie

Brigetoun en je-m'en-fous-je-ne-sors pas, négligeant notre belle journée (qui en fait fut chaude et de couverte à nuageuse) pour les plaisirs et corvées de l'antre et surtout une tentative de retour sur l'exposition de la Collection Lambert
Pour entrer dans l'exposition consacrée à Basquiat et trois de ses grands prédécesseurs au rez-de-chaussée de l'hôtel de Montfaucon (ici la première salle avec le panneau dit Essel de 1984 – sur table à dessin – collection privée New-York) Basquiat remix (Matisse, Picasso, Twombly)
et faute de trouver mots, et d'abord pour situer en quoi cette exposition était un peu plus complète et surtout plus intéressante que l'accrochage de la plupart des oeuvres de Basquiat que compte la Collection en février denier https://brigetoun.blogspot.com/2019/02/suite-et-fin-petite-itinerance-basquiat.html, je reprends un petit fragment copié dans le catalogue que, malgré l'interdiction que me suis faite à cause du peu de place dont je dispose, malgré la mine qu'étaient les gros catalogues des grandes expositions chez Lambert organisées par Eric Mézil, parce qu'il en prend la suite, toujours en collaboration avec Actes Sud et qu'il était beaucoup beaucoup plus mince et légèrement moins cher, au début du texte de Stéphane Ibars, curateur de l'exposition
(en ponctuation avant d'en venir à cette citation, l'oeuvre que je préfère parmi les quelques unes que je connais, captée en marchant instinctivement alors que j'avais décidé que non, inutile, Asbestos à propos de laquelle Yvon Lambert raconte Un courtier en art, le fils du galeriste Paul Facchetti, savait à quel point j'aimais l'artiste et m'a proposé l'oeuvre, roulée dans un tube. J'ai été saisi par la force de la peinture... l'ai acquise pour ne plus m'en dessaisir, jusqu'à la donation de ma collection à l'état.)
Pour en revenir aux mots de Stéphane Ibars : exposition pensée à l'hiver 2018, soit trente ans après la mort de Jean-Michel Basquiat et la première présentation de ses oeuvres dans la galerie parisienne d'Yvon Lambert. Elle est née d'un désir urgent, partagé par le marchand-collectionneur, de retourner aux sources de l'énergie brute de la peinture de l'artiste américain, de questionner la singularité d'une oeuvre aussi viscérale et instinctive que consciente (et nourrie et pensée ajoute Brigetoun, ne pas oublier qu'il dessine depuis toujours ou depuis que sa mère lui a offert, alors qu'il était alité après avoir été renversé par une voiture, le Gray's Anatomy Book – ne sais ce que c'est mais j'imagine – premier point de rapprochement avec Matisse découvrant la peinture en convalescence chez ses parents – qu'il avait à six ans une carte d'adhérent au MoMA et au Museum of Art, etc... même s'il est passé par l'underground et n'a qu'effleuré semble-t-il les cours de la School of Visual Arts de New York), qui dépasse ses particularités propres et le talent rayonnant d'un jeune prodige pour symboliser à elle seule de nouvelles manières d'envisager l'art dans les années 1980.
Matisse autoportrait 1945 (Paris Collection privée)
Basquiat sans titre (1985 – si je ne me trompe collection Editions Enrico Navarra l'auteur du catalogue de l'oeuvre qui a aidé à cette exposition)
Picasso La Chèvre (1950 – musée Picasso de Paris)
Basquiat Ass (1984 me gusto – galerie Enrico Navarra
à gauche Cy Twombly sans titre (Captiva Island – Floride – 1974 Collection Lambert) et à droite Basquiat sans titre (NY CZAR 1988 collection privée en dépôt à la Collection Lambert)
continuant le tout début du texte d'Ibars, après ces exemples de rapprochement :Cet hommage qui lui est rendu en présence de certains de ses pères spirituels – Matisse, Picasso, Twombly – le place avec jubilation au coeur d'une généalogie des grands noms de l'histoire de l'art du XXe siècle à laquelle il souhaitait être affilié et appartient désormais, mais surtout il permet de questionner en profondeur les gestes à l'oeuvre dans ce travail aussi révolutionnaire qu'héroïque et majestueux, dont la force imprime toujours avec une pertinence accrue les réflexions sur le contemporain.
Et ma foi vais simplement poser les autres photos dans l'ordre où les ai prises avec une certaine désinvolture, pardonnez moi c'était ainsi, je ne veux pas étudier ma psychologie de ce moment... (ci dessus un fragment de Study – 1962 – de Cy Twombly – collection privée en dépôt à la Collection Lambert) en vous laissant si le désirez interpréter leur importance ou non, correspondances ou non, notant juste qu'il disait en gros vouloir revivifier l'art moderne que Matisse et Picasso avaient nourri en s'appuyant notamment sur les arts dits primitifs, qu'il avait goût et fraternité pour la fausse gaucherie de Twombly mais qu'il a réagi lors d'une interview en répondant «Primitivisme, comme primitif, vous voulez dire comme un singe ?»
ma soeur en mieux La Vieja de Basquiat (1984 – collection Danièle Thompson Albert Koski) à côté d'un autre aimé que l'on retrouve ci-dessous
Matisse, Matisse, Matisse Basquiat (1983 – collection Pierre Cornette de Saint-Cyr)
Basquiat sans titre (1987 – Collection Lambert)
aimé, l'apollodoro de Cy Twombly (1977 – Collection Lambert)
Basquiat sans titre – dit the box (1980-1981 – Collection Doriano Navarra)
Matisse sans titre (graphisme sur bois recto/verso 1945-47 – collection privée Paris)
Cy Twombly sans titre ou Louisiana (1974 – au verso : l'ennemi)
Basquiat un détail (presque totalité en fait) de Icarus Esso (1986 – collection privée)
Picasso nu debout (juin 1946 Musée Picasso de Paris)
Picasso autre nu debout (juin 1946 Musée Picasso de Paris)
Basquiat sans titre (1982 – collection privée Paris je crois, en tout cas j'aime)
Basquiat sans titre ou il Publico Bruto (1985 – collection privée New York – courtesy Lio Malca)
Basquiat sans titre (1982 – photocopie et collage sur toile – Collection Editions Navarra)
deux des seize détails Anatomy Basquiat (1982 – dépôt à la Collection Lambert)
Basquiat sans titre ou Left Entrance Hall (1986 - Collection Editions Navarra)
Basquiat sans titre ou from Leonardo (1983 - Collection Editions Navarra)
Basquiat (miam, ce qui signifie aime) Florentine Red (1983 – 198x156 – collection privée New York)
Picasso portrait de femme au chapeau à pompons et au corsage imprimé (janvier-mars 62 – Musée Picasso de Paris)
Basquiat sans titre (1983 - sérigraphie et encre d'imprimante sur toile – collection privée)
le même à côté (fallait bien tout de même, bien que l'ai déjà capté et re-capté) du plus célèbre des Basquiat de la Collection Lambert She installe Confidence and Picks his Brain Like a Salad (sur une palissade en bois – 1988)
Grand merci à ceux qui sont venus à bout de ceci.
Brigetoun, elle a mis une robe et a fait, dans le jour qui commençait à faiblir a fait un aller et retour d'une heure au long du fleuve (et comme, malgré ses résolutions, a pris un peu trop de photos les garde pour demain)