mardi, mars 28, 2017

Paumée resterai

un crâne trop grand
où ballote un petit pois
face à ce monde

même si la nature sourit et si les razetteurs ressortent leurs tenues blanches.

lundi, mars 27, 2017

A l'intérieur

réveil tardif pour réaliser que mon retard s'est brusquement augmenté d'une heure...
ciel bleu et grands troupeaux de nuages circulant
envie médiocre de sortir, lavage cheveux, ménage, musique et lunettes à mi-nez plongée dans le dernier numéro de Manière de voir du Monde diplomatique intitulé l'engrenage identitaire en alternance avec de petits tours webs, de petites circulations errances plus ou moins utiles dans l'antre, et la presque totalité du dernier numéro de la Revue Quart-monde, reçu vendredi, un peu plus mince que le dernier, toujours enrichissant.
Lectrice j'étais, sans grand chose à voir avec la petite bonne femme de Titou, mais ma foi l'aime bien, me rajeunit, sait rêver au dessus du texte, et puis était là, à côté de moi, comme, en attente de la lecture sans distractions du soir, de la nuit, une fuite en Egypte de Philippe De Jonckheere, et dans cette attente faisais petites recherches le concernant, relisais la présentation de l'éditeur http://www.inculte.fr/catalogue/une-fuite-en-egypte/, cherchais plus avant...
Dans Désordre, un journal, que Publie.net avait publié (ne figure plus au catalogue et il est dans ma vieille liseuse que je ne peux plus ouvrir - mais j'ai retrouvé quelques pages via google.book https://books.google.fr/books?isbn=2814500112) j'ai trouvé des allusions à l'écriture qui s'est échelonnée sur plusieurs années de ce livre, et j'ai glissé sur toutes les pages disponibles, avant et après celle citée ci-dessous, me souvenant du passage décrivant la tentation de mourir et la difficulté pratique de la chose, qui préfigurait le passage trouvé sur le site du Désordre http://www.desordre.net) :
Samedi 14 février 2004, Une fuite en Egypte
Corrections, peut-être pas ultimes de Veuvage (il faudrait donc chercher auparavant pour trouver l'idée de départ, mais tant pis, de toute façon ce n'était que préfiguration et je ne veux pas que ça interfère trop dans ma lecture), par plaisir je continue de faire quelques rajouts comme ce passage.
je revins à la maison en m'apercevant que je n'avais pas les clefs pour rentrer ; je soupirai ; aux prix d'efforts comiques je parvins à me hisser à la hauteur de la fenêtre de la cuisine et quand je cherchai mon opinel ; c'était un cadeau d'elle ; elle me l'avait offert pour nos promenades en forêt...
et j'en reste là... notant déjà comme une introduction cette irruption des petits côtés pratiques de la vie, de la maladresse qui me séduisent si souvent dans son écriture... Plus loin un dialogue sur la recherche du titre, avant la rencontre avec un tableau, assez mauvais, représentant la famille en fuite dans le livre sacré et l'interrogation d'une des filles...
Bon tout ça c'était avant... me suis promenée un peu aussi dans le Désordre cherchant les passages qui y figurent mais, comme toujours, m'y suis perdue.
Alors maintenant, il est là le livre et il m'attend.. pour cette nuit et les nuits suivantes



dimanche, mars 26, 2017

lumière grise

mon enthousiasme
navré, déliquescence
du futur promis
je ne me fais pas au traitement médiatique méprisant de la candidature Hamon qui me semble pourtant, petite chose que je suis, si évidente.
M'en suis allée, oubliant de prendre un parapluie, avec l'eau frappant mes yeux et, sur les trottoirs étroits, l'eau débordant de certaines gouttières sur mon crâne, vers «la mémoire du monde» prendre livraison d'une fuite en Egypte de Philippe De Jonckheere, me gardant bien de fouiller puisque l'approche du festival, le nombre des spectacles désirés, l'état un tantinet piteux dans lequel j'ai mis mes finances, me décident à me borner dorénavant à relire... même si je crois que vais être contrainte à puiser, mais le moins possible, dans les réserves et les années de vie correcte que j'ai devant moi... ceci dit plaisir grand à venir, presque (un tout petit presque) certainement.

Retour avec une vue troublée par ce que ne filtraient pas mes petits cils..

samedi, mars 25, 2017

Soirée avec un fourbe plaisant

jour de pluie, de rumination sans trop de morosité
et départ dans le début de nuit, vers le Théâtre du Chêne Noir,
photo F. Jean trouvée sur le site du théâtre
pour assister aux Fourberies de Scapin (fourbe pour fourbe je préfère rire de celui-ci sans amertume)
sous-titrées un Scapin Manipulateur, par la Compagnie Emilie Valantin (interprètes Jean Sclavis et ses acolytes presque vivants) puisque Scapin lui en chair est le roi des manipulateurs, manipulant tous et d'abord ces corps presque de taille humaine auxquels il prête vie et voix...
Si avez patience, j'ai trouvé une longue vidéo, datée 2013, pas tout le spectacle mais de longs passages savoureux à mes yeux
et de l'avoir vue n'a pas diminué mon plaisir, juste peut-être, à la rigueur aidé à ne pas être juste un peu gênée par le rythme un peu lent pour une farce qui résulte de la manipulation, même avec une mise en scène très calculée, les potences, les contrepoids etc .... de plusieurs grandes marionnettes en même temps.
Mais il y a la façon qu'a Sclavis de passer naturellement d'un manipulateur/manipulé quand il interprète le rôle d'une marionnette, à celui de Scapin, sans qu'une seconde nous ayons un doute, il y a le jeu des voix et même sa très correcte, même si forcément sommaire, version du chant baroque dans le rôle de Hyacinthe, il y a les formidables marionnettes/personnages d'Emilie Valantin, leur conception et leur souplesse et ces visages merveilleusement neutres qui par la grâce d'une flexion du cou, de leur voix, de la lumière prennent vie.
Une très agréable pause.

Et je n'ai pu en parler à Molière en passant, il avait dû éteindre une des lampes pour se retirer dans le sommeil et, à part le haut de son crâne éclairé par la lanterne qui le menace, il était dans le noir.  

vendredi, mars 24, 2017

Dans l'antre, reprendre souliers

Sous un ciel bleu, matin, effervescence des plantes secouées dans la cour... pas de nouvelles du dernier livre commandé, j'attends demain pour aller vérifier qu'il n'est toujours pas arrivé à la Mémoire du monde. 

France Culture dans le cadre de La Fabrique de l'histoire évoque, avec Romain Bertrand, Jean-Pierre Bat et Martin Mourre les massacres de Madagascar en 1947 et ce moment qui me sidère toujours, ce moment inexpiable Thiaroye (1944) https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Thiaroye
Il faisait beau, beau venté, mais ne voulais bouger pas malgré les kilos encombrants (sourire mais à demi), lectures, écoutes, tentatives d'apprendre, petite révolte navrée devant l'échec prévu de Mon candidat... (d'ailleurs le vent nous a apporté des nuages, quelques ondées, a retroué le ciel, l'a refermé)
et je me contente, pour toi paumée de reprendre un billet/pochade qu'ont publiés les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Les pieds de Julie
Julie se voulait libre et l'était, elle se moquait des superstitions mais – c'était agaçant, surprenant, rageant, mais implacable – elle n'y pouvait rien, sa journée était orientée par le pied qui se posait le premier sur le sol.
Elle avait beau se promettre en s'endormant de veiller à poser en premier le pied droit, puisque, bon elle n'y croyait pas, mais tout de même cela se vérifiait, c'était présage d'un jour coulant doucement, sans à-coups, avec petite liesse plus ou moins prononcée, et d'ailleurs ce devrait être le résultat logique de sa position dans son lit, c'était incompréhensible mais, dans le désordre brumeux de sa conscience émergente, dans les tours et re-tours de son corps refusant l'éveil, d'un jour à l'autre le premier pied d'appui changeait.
Elle soignait attentivement ses deux pieds, sans faire de différence, et puis circulait dans son appartement pieds nus, et les jours de pied gauche, remarquait, tout en s'en gendarmant, le café renversé, la mauvaise nouvelle entendue, un coup de téléphone agaçant, ou, les jours de pied droit, la caresse d'un rayon de lumière sur le bois d'un meuble, des voix d'enfants dans la rue, la gentillesse d'un message.
Pour sortir elle mettait des tennis blanches, ou d'une couleur pastel, ou des bottines d'un brun foncé, et le métro tombait en panne, dans ce dernier cas, ou bien chaussée de clair, elle rencontrait un ami heureux ; elle se disait bien que c'était elle qui faisait ressortir l'une ou l'autre chose, mais elles influaient sur son humeur, sa façon d'aborder la ville et les autres.
Julie était chanteuse, elle avait une voix, de mezzo bien entendu, très belle, capable de plonger en un somptueux velours ombreux ou de jaillir en roucoulement de clarté. Avant de partir faire la tournée des trois cabarets où elle se produisait – c'était encore le temps des cabarets – elle enfilait, les jours de pied droit, une ample tunique de velours crème, ou en été un nuage de coton fleuri, et se chaussait de sandales à hauts talons, en cuir marqueté de triangles beiges et d'or bruni, et elle disait alors des petits contes allègres ou chantait des chansons délicieusement lestes. Les jours de pied gauche c'étaient des escarpins, aux talons non moins hauts, et des triangles de cuir noirs et argentés qu'elle enfilait pour, dans un long tube d'épaisse soie prune ou bleu nuit, offrir des ballades sombres et des complaintes qui parlaient de coeur percé, de course sur la lande jusqu'à une falaise pour guetter le retour d'un bateau, de jeunes filles au fond d'un lac.
Mais, alors que la douceur de sa voix enrobait ces chansons de poésie, elle en voyait parfois la niaiserie convenue et il lui en venait une petite gaité qui, combinée avec les applaudissements de son public – c'était avec ce répertoire qu'elle commençait à être presque célèbre – la mettait en joie, transformait sa journée. Alors pour fêter cela, elle saluait, sortait un instant de la minuscule scène, et revenait pour terminer les cinq chansons auxquelles elle avait droit avec un escarpin noir au pied droit et une sandale beige au pied gauche.

jeudi, mars 23, 2017

Mercredi

nuages blanc vif
en lumière bleue fouettée
feuilles écloses

les pigeons roucoulent dans la cour

je bénis celui (François Bon je crois, plus très sûre) qui m'a donné envie d'acheter et lire, avec des pauses parce que sollicitée par la vie et des retours, entre envie de lecture lente pour savourer l'écriture et entraînement du récit, Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel. (éditions de Minuit)

mercredi, mars 22, 2017

Images d'un matin

il faisait beau, je n'étais pas bien,
les ombres étaient belles,
la lumière guillerette,
j'étais dans des houles vertigineuses
les gens ont été gentils

j'ai été contente en retrouvant ma porte

ça ne s'est guère amélioré... ira mieux demain, forcément.