samedi, novembre 18, 2017

Matin clair

pureté du bleu
air frais, clarté piquante
en souffle léger
faim un peu et grande soif
la vie encore en sommeil
de clocher en tour, aller tendre bras, donner sang, et puis dans un local clair et neutre se plonger en grande tasse de chocolat chaud

vivre le reste du jour, tenter écrire et surtout se régaler (bien plus que je ne le pensais) en continuant par petites goulées la lecture de l'Enquête sur l'évolution littéraire de Jules Huret publiée par François Bon chez Tiers Livre Editeur (un peu plus de la moitié, dans le plaisir de ces voix diverses, malices, esquives, sincérité, méchancetés, admirations, don doctoral ou charme, en sautant parce que vraiment il ne voulait pas de moi ou parce que je me refusais à tenter de le suivre, Saint-Paul Roux le magnifique) https://www.amazon.fr/gp/product/1544807813/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=1544807813&linkCode=as2&tag=letierslivre-21&linkId=1551f807e51b77d3f2614da208c519c7

vendredi, novembre 17, 2017

presque douceur

l'automne en tons sourds
beige las, brun, ocre roux
et les rubans bleus
du ciel entre les maisons
pour entraîner les jambes
mais les simples petites courses chez Carrefour m'étaient encore petit triomphe un peu brinquebalant (plus intérieurement qu'extérieurement d'ailleurs) et point ne me suis mise à la recherche du cortège qui devait vaille que vaille protester, sans passer par la rue de la République 
et la place de l'horloge occupée par la préparation d'une fête pour nos vins.


jeudi, novembre 16, 2017

après-midi

d'or brun et de bleu
la lumière d'automne
l'usure des ans
et puis l'attente – temps de lecture du Canard enchaîné – des regards et quelques mots échangés, une petite honte et une sympathie grande devant l'humour, la langue verte et aillée d'une petite (plus que moi) femme, courte toison blanche, canne et marche à tous tous petits pas
la cause de la crise sans doute diagnostiquée et une bordée d'examens de contrôle de la machine mienne (y compris avec mon ennemi pneumologue)

retour dans les rues désertes déjà envahies par la nuit.

mercredi, novembre 15, 2017

renaissance ?

en sagesse extrême, en nourritures prudentes, apprendre aux yeux qu'on peut rester ouverts presque durablement, même si trop las pour l'écran, apprendre à carcasse, peu à peu, qu'on peut conserver café ou tisane et nourritures neutres, apprendre aux jambes, malgré deux petites chutes, qu'on peut avancer fermement, et à la bouche qu'un sourire améliore la vie...
jusqu'à pouvoir ramasser, en fin d'après-midi, un peu plus de dix litres de feuilles accumulées devant seuil de la cuisine et sur la descente d'eau, et bien enfouie dans manteau-ballon de gros lainage, franchir sans trop trébucher, avec assurance de plus en plus dégagée, pour aller jeter feuilles et déchets aux remparts
revenir contre le vent, ne pas frémir en bas de l'escalier-échelle et, comme il n'y avait pas de témoin, le gravir à quatre pattes avec un petit rire.

Rendez-vous chez petit toubib demain pour finir de se rassurer.

mardi, novembre 14, 2017

jour à passer

rafales sur cour
un ciel de saphir glacé
colère du corps
douleurs ou hébétude
rémission, esprit vide

hésiter, et puis attendre lendemain, vivre au ralenti, musique

lundi, novembre 13, 2017

Retour de la musique dans la grande chapelle

Matin se laver les cheveux, quelques pas dans la cour pour savourer le bleu pur et la très légère remontée de la température (relativement) dernière pause avant de reprendre rudement la descente dans l'hiver
cuisine, déjeuner, etc...
et vers seize heures remplacer jean par pantalon de lainage, gros pull camionneur par quelque chose de plus urbain, prendre manteau, bonnet et monter, sous un ciel que les nuages commencent à coloniser,
vers la place du palais
une très longue attente en troupeau en haut de l'escalier devant le portail, et, en évitant de se bousculer comme des barbares, retrouver la grande chapelle, construite par Jean de Loubières pour Pierre Roger, Clément VI (qui me fascine https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_VI et le passionnant livre d'Etienne Anheim Clément VI au travail. Lire, écrire, prêcher au XIVe siècle)
pour un programme de musique profane cette fois avec l'ensemble De Caelis, quatre dames en noir, dans leur programme douce playsance http://www.decaelis.fr/fr/programmes/ (Laurence Brisset – direction voix et organetto – Estelle Nadeau, Caroline Tarrit et Eugénie de Mey) accompagnées par Julien Ferrando au clavicytherium, ce qui souvent m'a gênée, les voix se suffisant... et les quelques airs qui étaient vraiment a capella y trouvant plus grande beauté et force... Par contre plaisir des quelques pièces instrumentales et d'airs où le clavier se bornait à un soutien dansant.
Au tournant du XIVe et du XVe siècles, les cours d’Avignon et d’Italie du nord réunissent de brillants cénacles où se distinguent les plus grands musiciens. Il était alors d’usage de chanter et de jouer des instruments de musique, surtout parmi les dames. Les musiciens cisèlent une « orfèvrerie » musicale, faite de jeu, d’art du détour, inventent des combinaisons réjouissantes et excentriques..
Les pièces du programme proviennent du Codex Chantilly, l’une des plus riches collections de musique française du XIVe siècle, du Codex Squarcialupi, composé à Florence au début du XVe siècle contenant de la musique du XIVe siècle italien, et du Codex Faenza, copié au début du XVe siècle, qui présente l'une des plus anciennes collections de musique pour clavier.
Programme comportant deux ballades, un rondeau et une chanson de Guillaume de Machaut, des ballades de Solage, Grimace et de Philipot de Caserta, une double ballade de François Andrieu sur un poème d'Eustache Deschamps, des virelais de Jacob de Selenches et Boriet, un madrigal de Francesco Landini, et deux pièces instrumentales (anonyme et Landini)
salut, la ballade Riches d'amour de Machaut en bis, salut final des artistes
et, en ce qui me concerne, saluer la nuit déjà tombée depuis la grande fenêtre, un vieil ami sous la voute de l'escalier, le mur en toute sa hauteur tel qu'on ne le voit pas pendant le festival (la scène arrive au niveau de la naissance des arcades) et retour vers l'antre...
Le matin, pendant que mes cheveux séchaient ai fait une petite recherche, et retenu, sans savoir si ce serait au programme, et par d'autres interprètes,
du Codex Chantilly https://fr.wikipedia.org/wiki/Codex_Chantilly , la harpe de mélodie de Jacob de Selenches (le virelai que nous avons entendu)
du Codex Faenza, A discort sont Desir et Esperance
et pour entendre les dames (dans une formation de cinq chanteuses, un motet du XIVe siècle, Ave miles
et, toujours dans cette même formation, parce qu'elles fréquentent aussi des compositeurs contemporains, un extrait de la chanson de Guillaume d'Aquitaine de Philippe Hersant


dimanche, novembre 12, 2017

11 novembre 2017

la lumière vient,
le vent est soupir léger,
étals d'automne
et en combien parmi nous
souvenir des morts d'antan
après-midi musique ancienne (Antoine Boësset par le Poème harmonique) et pantalons d'hiver dans penderie en place du coton (sauf jeans) – lecture plaisir (vrai alors que pensais trouver seulement intérêt historique) en commençant à lire l'Enquête sur l'évolution littéraire de Jules Huret (1891) chez Tiers.livre Editeur – et puis survol des paroles de poilus jusqu'à la fin de cette lettre d'Eugène Poézévara (18 ans en 1914 – gazé sur le front – mourra en 1920) à ses parents en date du 13 novembre 1918
A neuf heures du matin le 11, on vient nous avertir que tout est signé et que cela finit à 11 heures, deux heures qui parurent durer des jours entiers.
Enfin, 11 heures arrivent ; d'un seul coup, tout s'arrête, c'est incroyable.
Nous attendons 2 heures ; tout est bien fini ; alors la triste corvée commence, d'aller chercher les camarades qui (y) sont restés. Le soir arrive, il nous faut rester là, mais on allume un grand feu et les rescapés se rassemblent ; tout le monde est content mais triste ; la mort plane encore dans l'air. Le 12, nous sommes relevés à 2 heures et c'est fini.