mardi, novembre 20, 2018

Lundi

entrer dans le froid sous un ciel entre candeur bleue et légers nuages d'un blanc aimable

mais une Brigetoun provisoirement – le veux, le crois - totalement hors d'état 

lundi, novembre 19, 2018

Les poissons volants des cosaques

Journée dans l'antre, pendant que la lumière passait au dessus de la cour... lavage de cheveux, et lentement, pour saluer le froid qui nous vient, compléter la métamorphose de la penderie.
Et puis comme ai fini par reprendre le bidule abandonné pour trop grande sottise, le rapetasser, le regarder, lui faire une grimace amicale et l'envoyer au grand chef cosaque, je recopie autre bidule paru chez lui http://lescosaquesdesfrontieres.com
L'âge d'or des poissons
Il n'y aurait plus un pouce de terre, il n'y aurait plus d'arbres et il n'y aurait plus de ville.
Seule une souche arrachée flotterait.
Bien sûr les vivants auraient disparu.
Seuls quelques uns des plus solides, portés par leur force et la chance, arriveraient là, se cramponneraient, trouveraient place, sous l'oeil amical, ou défiant, des anciens.
Sécheraient, attendraient, un moment.
Le temps passerait. Ils regarderaient, frissonnant un peu, puis davantage, l'infini liquide. Ils baisseraient la tête, tristes jusqu'à la nausée, leur courage enfui, dans la peine et leur si grande fatigue.
Le temps passerait. Reprendraient force. Se révolteraient contre eux-mêmes, leur passivité. Se regarderaient, les yeux pleins de honte et de défi.
Ils diraient : «il faut qu'il y ait, quelque part plus loin, au delà de l'horizon, un endroit sauvegardé.»
Ils diraient : «Mais où le trouver ?»
Et un jeune plongerait, crierait «attendez, je reviens, bientôt c'est certain, pour vous le dire, et serons sauvés».
Attendraient. Ne reviendrait pas. Un puis un autre partiraient pour cette quête. Ne reviendraient pas.
Attendraient. Tireraient à la courte-paille, puisque plus personne n'oserait, un puis un autre émissaire.
Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un.
Pleurerait beaucoup, sans pudeur puisque sans compagnon.
Et puis sourirait à l'eau... et il plongerait.
N'y a pas de morale, à cette histoire idiote. Juste une photo et un après-midi quiet (et qu'importent les ailes puisque j'ai décidé qu'on dirait qu'il n'y a plus rien… ce serait l'âge d'or des poissons)

A moins que vous n'ayez une idée.

dimanche, novembre 18, 2018

pluie, genres, sexes et Darwin

Une pluie style lamentations éternelles et, cheminement brigetounien, ce samedi, d'égalité des genres en variété des comportements sexuels
s'en allant d'abord, sous petite pluie fine, en fin d'après midi, vers le Conservatoire pour assister à un spectacle de Jean-Claude Idée intitulé ode à l'égalité, produit par Utopies en marche et les Universités populaires du Théâtre, avec Annette Brodkom, Amélie Remacle, Nejma Ben Brahim, Valérie Drianne et Rachel Faucon percussions, ou la confrontation de textes, de personnages présenté ainsi
Du côté misogyne, on citera Hugo, Musset, Beaumarchais, Molière, Shakespeare, et bien d’autres. Du côté féministe, Olympe de Gouges, Louise Michel, Malala Yousafzai, Rosa Luxembourg et Simone Veil entre autres, répondront.
Sauf que les actrices étaient bloquées (ou craignaient de l'être) par les gilets jaunes, à l'exception de la bonne percussionniste qui est avignonnaise (ou vauclusienne) et ont été remplacées par quatre parisienne (le TGV ne posait pas problème) et ma foi je ne sais ce qu'il en était de la distribution prévue, mais elles étaient très très bonnes et faisaient passer formidablement les textes lus
mais : je ne sais qui en avait décidé ainsi mais les mâles sont passés à la trappe et nous n'avons que les textes passablement jubilatoires
de Marie de Gournay (belle façon de débuter) avec l'Egalité des Hommes et des Femmes, Emilie du Châtelet et un passage du Discours sur le bonheur, Olympe de Gouges et les droits des femmes, Théroigne de Méricourt (projet d'un bataillon de femmes), Louise Michel (la meilleure dit Brigitte) avec un passage de ses mémoires, Rosa Luxemburg suffrage féminin et lutte des classes (1912), Alexandra Kollontaï (pour elle et les suivantes je n'ai pas noté le titre), Malafa Yousafzai et Simone Veil (son discours sur l'IGV, les phrases passant de l'une à l'autre des actrices)
Salut, sortie… Brigetoun avait le temps de rentrer dans l'antre, en longeant les trésors de la foire «gastronomique», de préparer ceci et le diner
et de repartir, écornant encore la foire, les pavillons hors chapiteau où l'on pouvait déguster entre autres de l'aligot, avec un petit regret pour celui là
et de gagner le théâtre du Chêne noir pour passer de la lutte ou non-lutte des genres à la riche invention de la nature en ce qui concerne la sexualité animale (sauf celle de l'animal humain) avec le sextape de Darwin un spectacle de Brigitte Mounier et de sa Compagnie des Mers du Nord, entre conférence avec exemples, hilarité, opéra baroque (composition musicale de Marie-Paule Bonnemason), beauté...
présentation sur le site du théâtre
« Nous parlerons ici de la fabuleuse et inouïe diversité des comportements sexuels et modes de copulation dans le règne animal.
Celle-ci nous invite à dépasser la théorie « mainstream », à bousculer l’hétérosexualité et la légende familiale obligatoire. Voyant le monde à travers le filtre de sa propre convenance culturelle, l’Homme a longtemps considéré cette vision bipartite comme étant la norme et toute autre combinaison lui semblait contre nature. Contre nature ? Vraiment ? Alors voyons de plus près ce que nous dit la nature sur le sujet ! Car si notre culture nous enseigne que le sexe est une activité qui a pour fonction la perpétuation de l’espèce et que, pour cela, le mâle et la femelle coopèrent gentiment, la nature, elle, nous montre l’étroitesse de notre imaginaire.
Avec les multiples compétences physiques des artistes réunis sur le plateau : danse contemporaine, acrobatie et arts martiaux, nous reconstituerons les ballets, parades et montes de différentes espèces animales, aériennes, aquatiques et terrestres. La chanteuse explorera l’étendue du spectre de ses capacités vocales pour citer, reproduire et réinventer les préliminaires vocaux qui font l’univers sonore de la nature au printemps, mais puisera aussi dans le répertoire lyrique classique, baroque et contemporain. »
le teaser

et des voix joyeuses qui se répondaient de groupe en groupe en sortant dans la nuit froide.

samedi, novembre 17, 2018

Couleurs et musiques

Matin, ai dû reconnaître que les arbres sur mon chemin faisaient de leur mieux pour se parer d'automne
et commencer à se défaire de leur parure… ou pensent déjà aux fêtes du coeur de l'hiver
Je suis allée aux halles pour un petit marché, poussée par un désir de poisson, puisque cela rend intelligent d'après Jeeves (je ne sais si vous le connaissez, ce sage majordome évoqué par Wodehouse) et parce que la morue c'est bon mais ça lasse.
Dommage, j'aurais dû en manger avant de partir, couffin en main... ce n'est qu'au retour, avant même de déguster la petite daurade ou le bout de cabillaud qui n'étaient encore qu'une partie de ma charge, que j'ai compris que le grand chapiteau que l'on finissait de dresser sur la place de l'Horloge n'était pas destiné à une foire aux vins (pour cela il y aura un petit stand place Saint Didier et la maison des Côtes du Rhône) mais à un marché «gastronomique».. et que s'il ne proposera sans doute pas de poisson ni de patates (quoique pour elles c'est moins certains) les bricoles que je ramenais pour prolonger mes provisions auraient été, plus raffinées sans doute, plus proches certainement, à ma portée samedi ou dimanche (par contre j'ai évité la foule). Ce qui n'a bien entendu aucune importance sauf que dans mon actuel état un rien somnolent cela m'a amusé un moment (m'en faut peu)
Et puis en fin d'après-midi, ai réveillé en moi mon envie d'admirer, me suis changée, et dans le début de nuit suis allée attendre la navette pour l'opéra, puisque même piteusement joué, ce qui ne pouvait être le cas, Beethoven reste un géant...
écouter l'orchestre, dirigé par Samuel Jean, dans
l'ouverture de Coriolan (vaut surtout pour la promesse initiale et pour les dernières mesures)
le concerto n°3 pour piano et orchestre (soliste Bruno-Leonardo Gelber, les anciens ont de grandes qualités, sourire... en fait il a un peu plus d'un an que moi, et porte les traces d'une enfance souffrante, mais comme il dit je suis de l'époque des choses élégantes, du glamour il prend soin de son apparence, pas seulement vestimentaire, et si on doit le soutenir, l'installer à son piano, il arbore un visage si lisse qu'impassible, marmoréen, un peu un mélange de la gigantesque tête de Constantin et d'une femme très mure, sous une chevelure d'une couleur improbable – que je soit pardonnée, c''est formulé avec une sympathie peuêtre vaguement envieuse, et l'ancien ancien prodige est d'une virtuosité, parfois tr!s légèrement excessive, comme un renoncement à freiner son plaisir mais aussi d'une grande musicalité, et en belle osmose avec l'orchestre)
L'ensemble davantage peut-être à la rigueur qu'un très grand plaisir musical m'avait mis d'humeur assez joyeuse pour qu'à l'entracte, comme il n'y avait pas de café, je m'offre, pour la première fois de ma vie une flute de champagne solitaire, sans que je trouve cela cafardeux mais très utile pour me redonner tonus et tenir en respect une petite douleur qui pointait
et la symphonie n°8 pour laquelle j'ai toujours eu un gros faible (mon côté classique) avec son entrée franche, la densité du premier mouvement, la danse bonhomme et joyeuse de l'allegretto scherzando (dans notre petit coin à l'extrême droite du deuxième rang – sans connotation mais ce sont les meilleures places économiques – mon voisin pianotait sur l'avant-bras de son épouse et mes jambes dansaient discrètement) etc...
Saluts, un bis dont je n'ai pas compris ce qu'il était, sauf que c'était vaguement familier, nouveaux saluts, et le retour dans la ville.

vendredi, novembre 16, 2018

juste ça


un ciel virginal
arbres saveur châtaigne
pays énervé

et une Brigetoun cherchant en vain une lumière pour continuer petite histoire.

jeudi, novembre 15, 2018

Dans nos rues

Les plantes du midi
peinent à saluer l'automne ;
ternes, se fanent.
Une feuille a réussi
rare et isolée se meurt.
Et le platane consacre ses forces et sa souffrance aux couleurs de son tronc.


mercredi, novembre 14, 2018

ce jour

un ciel libéré
des feuilles résistantes
monte, timide
un désir de partager
cette pause fragile