lundi, avril 24, 2017

légèreté avec flûtes

le bleu intégral
le matin à neuf heures
foucades de vent
suis montée vers la mairie
vote joyeux sans espoir
fraîcheur fouettée
allégresse sans raison
monde lumineux
lavage cheveux, étude radiateur, nous apprivoisons
penser petit aller et retour Lozère de la fin de semaine
et en milieu d'après midi, pour rester légère (irresponsable avec résolution, faute d'espoir vrai) aller tout à côté, dans ma chère chapelle de lOratoire, écouter deux flûtes (flûte traversière de Fabienne Azéma, flûte à bec de Jean-Marc Andrieu, accompagnés par Marie-Madeleine Mille violoncelle et Yasuko Uyama-Bouvard clavecin) l'ensemble Les Passions jouer
en entrée, sur des flûtes cylindriques renaissance, trois fantaisies pour deux flûtes seules de Thomas Morley

puis, entrant dans l'ère baroque, le 18ème siècle, en accord avec le bâtiment, après une petite présentation des flûtes, et un petit éclairage sur l'évolution musicale, bref et clair de Jean-Marc Andrieu (qui en quelques mots denses présentera toutes les pièces jouées et ses diverses flûtes à bec) et avec la basse continue, le violoncelle et le clavecin, la belle sonate Le Parnasse ou l'apothéose de Corelli de Couperin
suivie, dans le monde allemand, Telemann avec une sonate en canon pour deux flûtes seules, suivie d'une grande sonate en do majeur pour deux flûtes et basse continue dédiée à des héroïnes antiques (beaucoup aimé la première vouée à Xanthippe dont l'héroïsme se borne à supporter les injures post-mortem des admirateurs de son époux Socrate, et curieusement gaillarde et la cascade preste de la partie dédiée à Caelia à l'image des eaux du Tibre entourant son cheval)
toujours en Allemagne, un beau trio pour deux flûtes de Carl Philipp Emmanuel Bach
avant, en bis, la très charmante sonate pour flûtes et basse continue de Johann-Joachim Quantz (que ne connaissais pas, qui était le professeur de flûte de Frédéric II)
retour, à l'heure des ombres longues..
et puis me caparaçonner de sérénité appliquée, ou plutôt le tenter, et écouter la nuit de résultats (l'écris ceci avant, on verra si je tiens)

Bon là maintenant je sais. Je trouve le monde stupide, je sais c'est outrecuidant, mais c'est ainsi

dimanche, avril 23, 2017

une escapade

Comme le radiateur est arrivé juste un peu trop tard, et qu'après l'avoir extirpé de son monstrueux carton, après avoir plié icelui et l'avoir déposé près des remparts, il m'aurait fallu mettre dix minutes pour galoper jusqu'à la gare, j'ai bricolé un repas, pris un petit temps de farniente et m'en suis allée découvrir l'existence d'un train créé spécialement pour moi allant d'Avignon à Toulon, en un peu plus de deux heures, avec de beaux wagons quasiment vides
Pour le reste, comme suis un peu crevée on ne sait pourquoi, comme n'ai pas grand chose à dire hors le fait que j'ai une famille pleine de charme... et comme vais plus ou moins vaguement prendre connaissance de ce qui est advenu hors de cette maison et de ce jardin toulonnais (à part l'attaque sur les Champs Elysées parce qu'on l'annonçait au moment où le petite classe s'installait pour voir le Livre de la Jungle, et qu'après avoir rapidement mis ce dernier en place l'adulte responsable est venu nous l'annoncer)... me suis contentée de mettre bout à bout les photos prises à des moments vides en une petite vidéo bricolée, gardant juste celles d'une exposition dont parlerai sans doute plus tard.

mercredi, avril 19, 2017

Matin tendu et mistral

Au réveil, me suis aperçue, avec honte, que n'avais plus assez de médicaments pour finir la semaine, et que j'avais oublié de reprendre la semaine dernière un rendez-vous... constaté que vraiment le frais nous revenait et que même en entassant vêtures je ne tiendrai pas le coup... et me suis souvenue – j'ai une telle horreur du téléphone, c'est ma petite particularité dans le monde actuel – que mon petit mobile n'avait plus de batterie, à la suite de chutes répétées.
Moment d'affolement, chercher sur internet, trouvé une société qui pouvait me livrer un radiateur mercredi mais sans préciser d'heures, avant de confirmer appeler Toulon pour prévenir que je retardais d'un jour mon arrivée. Protestations par gentillesse et puis parce qu'un dîner était organisé. Pensé tant pis j'aurais froid... Et puis comme le dîner avait pu être retardé, confirmer commande radiateur – ouf
Petit toubib me dépannant foncer dans le mistral qui s'intensifiait et me chahutait, sourire fermement fixé aux lèvres, prendre ordonnance pour un mois, promettre de rappeler, passer chez pharmacien – ouf
Passer chez SFR et en repartir avec un tout petit téléphone, après avoir refusé les smartphones pour avoir moments sans connexion – ouf
Et puis rappeler Toulon, tension se relâchant au risque de tomber dans les étourderies de petite vieille au bord de la crise de nerf, pour savoir, je mélange toutes les dates, quel était le héros de l'anniversaire et trouver, vite, un tout petit cadeau en y mettant mon coeur à défaut d'assurance dans mon choix.
Voilà, voilà... crâne en somnolence et protestations carcasse, une fois la porte de l'antre refermée, vivre tout cool en préparant petite valise.
Passionnant n'est-il pas ? Désolée mais incapable d'inventer plus intéressant, et puis assez satisfaite de moi.

Et aujourd'hui attendre, avec petit espoir que le radiateur arrivera assez tôt pour m'éviter de jeter billet et de trouver un train qui convienne à tout le monde.

mardi, avril 18, 2017

Mon 27.317ème jour était férié

On le prédisait gris, ou je croyais l'avoir lu...
et puis quand les deux yeux se sont décidé à prendre vraiment conscience, ai vu au dessus et au delà de la cour un ciel candidement ravissant
Après la sieste, m'en suis allée en quête de cigares, mais comme j'avais aussi envie de fleurs, suis partie nez au infime reste de vent (qui a fini de sécher nez et yeux) à travers la langueur de la ville jouissant de ce jour, et comme je jouais les touristes, avec arrêts fréquents et petites hésitations,
suis revenue, regagnant l'antre tout au long de la rue du Limas, avec trop d'images et ma foi, après avoir jeté des photos, il en restait assez pour la petite collection/vidéo, d'un intérêt tout relatif.
En fait, mon calcul ne tenant pas compte des années bissextiles, j'ai plus de 842 jours, mais on dira que...


lundi, avril 17, 2017

un jour

un matin trop froid
coeur et corps qui frissonnent
soleil dans le vent

mon 841ème jour... tiens ça fait pas tellement finalement
un oeil et une branche en rencontre brutale... l'économise

dimanche, avril 16, 2017

samedi

matin, le bleu du ciel a pâli, un avion y a tracé un trait
les nuages sont venus doucement
un pigeon roucoulait
l'air hésitait à se dégourdir
les nuages se sont aimés, soudés, superposés, ne laissant, en milieu d'après-midi, que des trouées
et les rues se sont peuplées des promeneurs du samedi et de vacanciers
les cafetiers, les marchands de glace étaient heureux
et je promenais mon veston de velours entre des chemises ouvertes

c'était bien

samedi, avril 15, 2017

l'ordinaire et le mur

ciel dur sur la ville et air aimable
remplir un couffin (l'en peut plus le pauvre cher, l'ai vu en rentrant, vais avoir le plaisir de lui trouver un jeune frère) d'un gros savon de Marseille, d'un pot de pistou, d'un fromage, d'une bouteille de sirop d'anis, d'asperges et autres, de patates, et de deux poissons
mais pas cette petite famille.
Et puis rien, rien pour paumée du moins, alors merci aux cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com auxquels j'emprunte cette petite histoire que leur avais confiée
le mur
Les bruits avaient cessé depuis longtemps, détonations, fracas de chutes s'étaient éloignés. Il était oublié.
Il sentait le froid du sol de pierres humides le pénétrer, ou était-ce le froid qui venait de la vie vacillante en lui. Il regardait le mur, conscience ravivée, regard affuté.
Il regardait le mur et ses tranches, le vieux ciment gris et ses vagues comme une pauvre terre retournée, le reste d'enduit troué mais à peine sali, il le fixait mais, maintenant que la fièvre de la douleur qui avait projeté sur cette surface des grandes taches mouvantes, des lettres indéchiffrables, des volutes rouge sombre, s'était éloignée, le mur restait muet, ne lui renvoyait qu'ennui, inquiétude, refus.
Il rivait ses yeux sur un petit coin de la surface rugueuse, dans le désir de s'y enfoncer, annihiler, n'arrivant qu'à ressentir ce désir, et pour ne pas penser, faute de mieux, il appela à son souvenir tous les murs contemplés, peuplés, de sa vie
  • le mur de pierres sèches bordant le verger du grand-père qui n'appelait, ne permettait aucune image, mais qui était tout un monde de différences où son regard, assis, en suçant une tige d'herbe ou en levant les yeux de son livre, circulait, s'amusait
  • le mur morne du pensionnat d'un vert sans ton, sans teint, sans vie ni accroc, où il installait une plage ou l'orée d'un bois, et de là inventait des histoires héroïques ou paresseuses
  • le mur de briques sombres sur lequel s'ouvrait, par delà une petite épaisseur d'air qui était une courette, la fenêtre de son bureau, et sur la contemplation vide duquel il appuyait sa réflexion
  • le mur bleu très pâle de sa chambre d'hôpital qui était le cadre de vies, de paysages innombrables, de scènes de films imaginaires, avalant l'écran noir de la télévision pendue dans un coin
  • le mur de verre d'une salle d'attente d'aéroport qui laissait voir le tranquille affairement préparant un départ
  • tant de murs avant ce dernier, que la douleur brouillait parfois, et qui ne portait qu'une question sans réponse, celle de sa présence ici, de sa raison
Il sentait, et c'était douceur, l'assoupissement venir.
Un crépitement dans le silence, dehors, et un mouvement brusque qui lui fit tourner la tête, au prix d'une grimace, vers une silhouette qui se ruait par l'effondrement du mur, à sa droite. Une silhouette jeune, une femme haletante se jetant brusquement à terre juste à côté de lui, heurtant sa cuisse au niveau du garrot. Il a crié, hurlé presque et elle a sursauté, semblé découvrir sa présence, posé sa main sur cette bouche béante sur la clameur, et à travers cette main il a senti les pulsations affolées de son coeur, en harmonie un peu décalée avec le sien.
Ils restent ainsi un long moment, et puis comme le silence à l'extérieur se prolonge, elle enlève sa main, elle le regarde, le tâte, semble chercher, effrayée, ce qu'elle peut faire, constater qu'elle ne peut rien... et elle parle, elle l'interroge et bien entendu il ne comprend rien. Il le lui dit, il veut la calmer. Elle ne comprend rien non plus mais elle se détend un peu. Et pendant un moment ils échangent ainsi de longues phrases incompréhensibles, se réchauffant chacun dans la voix de l'autre. Elle lui prend la main. Ils attendent.