lundi, juin 25, 2018

honte, remords

Avais décidé samedi matin d'aller ajouter un peu de présence et de sourire, faute de mieux, dans l'après—midi à la Fête des Libertés qui se tenait de 11 heures à 23 heures, dimanche, sur la Barthelasse
Le dimanche 24 juin 2018 aura lieu la fête des libertés organisée par notre association « La fabrik'actions citoyennes ». Celle-ci aura lieu au parc des libertés à Avignon.
Nous souhaiterions que cette fête soit l'occasion de réunir un maximum de personnes autour de valeurs communes de solidarité, de partage et d'écologie autours d'initiatives locales.
Cette fête sera l'occasion de rencontrer des acteur-ices/collectifs/associations locaux-les portées par les mêmes valeurs que nous dans notre village associatif créé sur le lieu. Par ailleurs, celles-ci proposeront de nombreuses animations pour petits et grands. Avec une certaine appréhension, parce que sans voiture cela exige de bonnes jambes.
Etait-ce l'effet de la dite appréhension ? mes jambes qui rouspétaient fortement au réveil, présentaient sous la douche de charmantes taches brunes et violettes, que j'ai massées, crémées, voilées par un collant... leur rendant un aspect vaguement humain, sans rapport avec la douleur qui s'intensifiait pendant que je les admonestais y voyant un simple effet de mon désir de renoncement... et ma honte profonde tandis que j'écoutais depuis mon placard de bains la radio critiquer Trump, en oubliant le nombre d'enfants incarcérés (pas le mot officiel, mais le fait) dans des centres de rétention (pas le mot mais le fait) en France, dire que les Italiens et les Maltais ne voulaient pas accueillir un second bateau (pensais ce ne sera pas le dernier) et que les européens se réunissaient pour trouver une solution, sans pour autant que la France vérifie sur la carte que vraiment nos ports sont plus éloignés que Valence de la route des bateaux venant de Lybie, que l'on évoquait le besoin de les ravitailler en négligeant le fait que pour l'Aquarius ces ignobles Italiens avaient au moins fait cela, ce qui n'était pas notre cas, en entendant, comble du cynisme, que notre merveilleux président-banquier-d'affaire-petit-boutiquier-de-souvenirs-donneur-de-leçons-manieur-de-mots-délicieusement-suranés-affiche-moderne-sur-morale-de-bourgeois-provincial-dix-neuvième-siècle proposait l'installation de centres fermés en Italie où les européens viendraient faire leur marché et que le ministre de l'intérieur italien, d'extrême-droite c'est un fait (mais sommes peut-être, sait-on jamais, pour une part, avec notre comportement à Vintimille, un petit peu responsables de son élection), avait le mauvais goût de s'en gendarmer... enfin quoi, l'écoute de la radio faisait que mon renoncement devenait carrément coupable... Il m'est venue l'idée d'utiliser une honte de même sorte pour une vacance d'esprit et volonté, immobilité contemplative, pour le 13 de l'atelier d'été, ce qui m'a excitée un moment, avant d'en éprouver plus grande honte encore, dont me suis punie en faisant le repassage qui s'entassait toujours. En mettant de côté un jean et un tee-shirt pour l'après-midi, me suis à peu près décidée à faire un aller et retour en taxi en me faisant déposer à petite distance du camping. Sur ce, ai préparé un déjeuner simple qui m'a rapidement quittée (état de la circulation interne sans doute pas sans rapport avec abus d'épices hier), ai allongé la misérable personne que j'étais... et j'ai émergé trop tard bien sûr pour la petite virée. Pas très fière de moi.. bien incapable de lire et encore plus de rédiger à peu près correctement ce que j'avais en tête. (ce qui - un sourire me revient - ne m'a pas empêché d'infliger ce récit à Paumée, qui s'avère si long que je garde la fin de ma visite à la Vieille Charité, avec les études pour les femmes d'Alger que je savoure tant, entre autres, pour demain)
Juste une photo de la chapelle pour poser ici un peu de beauté.
Et j'en reste à ma découverte ravie de la chaîne TwoSetViolin (pendant que tentais de déjeuner) avec l'une des premières vidéos


tout n'est pas dans l'ironie, tout est passablement savoureux, je trouve, me suis abonnée.

Et puis, le temps améliorant tout, ai repris lectures de l'atelier et tenté une participation. 


dimanche, juin 24, 2018

Calme samedi dans l'antre - une salle au fond de la Vieille Charité

matin dans l'antre
ou quelques moments d'arrêt
dans mon calme actif

qui était un peu plus varié que cela et relevé par des maladresses jugées réjouissantes avec résolution, et après avoir profité du soleil dans la cour jusqu'à ce qu'il s'en éloigne un peu avant dix-sept heures, je reprends, continuant à détailler, distiller ma petite excursion marseillaise, les quelques images ramenées de la salle qui occupe l'aile du fond de la Vieille Charité.
Salle intitulée «Soleil noir» avec, en exergue, ce passage d'un poème à Dora Maar «Il faisait tellement noir à midi qu'on voyait les étoiles», salle qui marque l'importance prise par de nouvelles influences, et les Cahiers d'art de Servoz, avec l'ouverture de plus en plus attentive aux arts autres, ainsi que le changement de style qui va souvent, chez Picasso avec le changement de femme, l'effacement d'Olga, les multiples portraits de Marie-Thérèse Walter que l'on trouve au Musée Picasso de Paris et, ici, celui au béret rouge et au col de fourrure de décembre 1937 (ci-dessus) qui voisine un portrait très elliptique au chapeau fleuri et le beau (mais non photographiable) portrait d'une femme qui pleure de 1937, non pas la plus connue mais celle de la collection Beyeler que j'ai retrouvée sur http://www.thehungrytimes.com/2016/06/jail-and-gaol-or-jail-or-gaol.html et la tête de femme souriante de 1943 https://jlcougy.wordpress.com/2014/03/27/visages-picasso-magritte-warhol-vieille-charite-marseille/pablo-picasso/
accompagnés par le tout petit et prodigieux bronze d'une femme enceinte de 1948.
Influences d'ailleurs donc, et surtout de l'Afrique, avec le «buste de femme» en bronze de 1931 (dans le fond, un peu flou, «Métamorphose II», plâtre original de 1928)
et, en contrepoint, le beau masque d'épaule anthropo-zoomorphe D'mba Nimba
avec la grande statue Mumuyé du Nigéria et en contrepoint, la grande baigneuse du 26 mai 1929 http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-grande-baigneuse-picasso-174542.html
Et comme il y avait bien plus que n'ai gardé d'image... je cite aussi en rapport avec les deux baisers du 30 décembre 1943, (mon préféré ci-dessus) la petite étude (encre noire, lavis et fusain sur papier) collection de crânes de mars 1945 et les deux langues dardées l'une vers l'autre au dessus de l'entrelacement de membres blonds comme le sable des «Figures au bord de la mer» de janvier 1931 http://www.revendeurs.rmngp.fr/fr/catalogue/produit/3299-figures-au-bord-de-la-mer.html
retour, je crois ou le veux, à la Méditerranée, à la «tête de faune gris» (huile et graphite sur vélin) de septembre 1946
au «centaure et navire» d'octobre 1946
à cette merveilleuse œnochoé minoéenne aux poulpes fleurs
Pour conclure en remontant le temps, parce que je l'aime spécialement, la «baigneuse au ballon» de septembre 1929
(vous n'en avez pas fini, restent l'Orient ou ce que les peintres appelaient ainsi au siècle avant dernier, Marseille et le théâtre)

samedi, juin 23, 2018

La lumière venteuse d'Avignon matin, le calme ample de l'Amour antique chez Picasso

Matin, à la recherche de gélules de vigne rouge pour galoper presque comme une Perrette, trouvées, et de tennis toutes simples, pauvres, sans marque ni renforts ni profilage, point trouvées, en passant chez le teinturier et achetant quelques légumes, dans un air qui avait perdu, sous la caresse rude d'un bon petit mistral, de sa chaleur...
Noté en passant une idée, à transformer, pour ma contribution en réponse à
et après tentative de lecture des feuilles battantes de la Marseillaise dans la cour, après déjeuner et texte, ai tenté un texte – m'accroche comme peux
et, négligeant le tas de repassage, pendant que le grand souffle de l'air donne de la voix et malmène les plantes, avant de choisir pour http://brigetoun.wordpress.com un passage d'Angèle ou le syndrome de la wassingue de Lucien Suel (si ne l'avez lu, si vous voulez goûter la langue et vous faire une âme claire, vous le conseille), je reprends un peu de mon trajet avec Picasso.
La salle à laquelle menait la petite porte devant laquelle nous sommes restés, est consacrée à ce que les conservateurs ont appelé l'Amour antique, correspondant à la découverte par Picasso, conquis par le monde du théâtre, les nouvelles amitiés, et l'amour d'Olga, de l'Italie. Elle s'ouvre par quelques photos d'antiques... ma foi ne saurais les situer si ce n'est la porte aux lions de Mycènes
et un cliché pris par Cocteau montrant Picasso et Massine dans les ruines de Pompéi.
Et ma foi, cela va être déceptif, n'ai pas gardé beaucoup de traces de ce qu'elle montre, parce que certaines oeuvres étaient interdites de photographie, comme le portrait d'Olga au col de fourure (mais il y a, et le préfère, l'homme à la pipe de mai 1923 (huile, encre de Chine et crayon sur toile)
et, pour rester dans le classique, avant les «Junon aux yeux de vaches» comme disait Cocteau, il y a, un peu décalée comme époque, cette eau-forte du temps de Boisgeloup (septembre 1930) d'une femme nue couronné de fleurs,
au trait aussi ferme que celles de cette idole cycladique mais avec plus de souplesse et moins de frontalité que n'en ont les solennelles femmes nues, massives et intemporelles, (voir le qualificatif ci-dessus donné par Cocteau) dont n'ai pas gardé d'images parce que ne le pouvais de la très belle, passive, peut-être profonde, grande baigneuse de 1921-1922 de la collection Walter/Guillaume (musée de l'Orangerie), ni du grand dessin nommé la Source, parce que j'ai loupé la photo d'une belle étude de tête de profil pour les trois femmes à la fontaine, parce que au fond ma réaction face à ces gigantesques masses de chair est instinctivement de recul
mais il y avait mon coup de coeur pour les fins visages de ces deux baigneuses de 1920 (gouache, pastel, craie et sanguine sur papier)
et si j'ai négligé - ne sais pourquoi pourtant l'aimait, peut-être parce que si fine et haute elle tenait mal dans l'image – femme assise (haute planche, pas tout à fait mais guère plus épaisse, de sapin, si haute qu'elle semble debout) de 1930, et les deux femmes courant sur la plage (la course) monumentales, blanches et roses sur le ciel bleu, parce que trop familières me suis bornée à les saluer, il y avait, avant de sortir le plaisir de retrouver le monde grouillant, le trait gourmand et spirituel avec une eau-forte la Minotauromachie de mars 1935
et ce beau dessin (plume et encre sur vélin 1934) du Minotaure aveugle guidé par une fillette, comme introduction aux époques que j'aime d'avantage

que je trouverai après un petit trajet sous les arcades, en tournant autour de la chapelle, sur lequel je resterai aujourd'hui.

vendredi, juin 22, 2018

Déjeuner, Bohème bleue, Afrique fantôme,

J'étais donc, un peu après midi, hier à Marseille... Suis descendue du métro à la Joliette et m'en suis allée par les rues aux jolis noms et à l'aspect banal - m'arrêtant au coin de la rue de l'Evéché et de la rue François Leca ou de cette dernière et de la rue de l'Observance, je ne sais plus, pour manger, par devoir ce qui fait que j'en ai laissé les trois quart malgré la serveuse qui voulait à tout prix que je parte avec une boite conservant le reste, de très bonnes tagliatelles sans doute maison (aspect, goût) sur un tout petit peu d'huile d'olive, parsemées de quelques fragments de basilic et de parmesan rappé auquel j'ai ajouté des lamelles d'un fromage sarde... très bon mais je n'avais pas faim – jusqu'à la Vieille Charité,
pour «Voyages imaginaires» la première et plus importante des deux expositions consacrées à Picasso et la Méditerranée (malgré son goût pour les influences venant d'autres civilisations, il n'a guère voyagé et surtout résidé hors de l'ensemble Espagne, France, Italie) dans le cadre de la série internationale des expositions qui lui sont consacrées en 2017-2019,
accueillie dans la première de trois salles dans l'aile droite par un agrandissement de sa formidable photo avec un masque de taureau en osier (destiné à l'entraînement des jeunes novilleros) prise par Edward Quinn à la villa La Californie
salle baptisée «Bohème bleue», les périodes antérieures à 1904 ne figurent pas... montrant la femme accroupie contre un enfant, la mère debout portant un enfant datant donc de 1904 son virage dans la période bleue, une lithographie en couleur d'un Arlequin avec enfant et chien (1905), la tête de fou en bronze, et pour revenir à 1904, la belle (ma bien-aimée) eau-forte «le repas frugal»
ainsi que, trace de son voyage (avec 20 francs donnés par Max Jacob) en Hollande, un carnet de dessin et cette très jolie tête de jeune fille

et, déjà (on les retrouve de salle en salle, d'époque en époque, de grands panneaux translucides portant quelques unes de sa très importante collection de cartes postales, cartes choisies par lui pour garder trace de ce qui le frappait, pouvait le nourrir, ou cartes moins directement en rapport avec l'oeuvre, envoyées par des amis, clients, galeristes…
On passe insensiblement dans la seconde salle «Afrique fantôme» qui réunit en fait autant que des traces de l'influence des masques africains exposés en 1907 au Trocadéro, recherchés ensuite, de celles de sa découverte en 1906, au Louvre, de l'art proto-ibérique, comme dans le très haut «buste» de femme (l'aime beaucoup), de Fernande en fait, de l'été 1906 en bois sculpté avec des traces de peinture rouge et des traits à la peinture noire, qui ouvre l'ensemble, montrant en outre,
la tête de femme (Fernande) en bronze de 1906 devant, dans le flou lointain de la photo, une tête de 1807 (hêtre sculpté et partiellement peint)
une tête masculine ibérique du IIIème siècle avant JC, l'une de ces sculptures découvertes par Picasso lors d'une exposition au Louvre, dont il conserva quelques exemplaires dans son atelier jusqu'en 1911 (récupérées avec l'aide d'Apollinaire) influence que l'on retrouve dans les trois femmes de gauche des fameuses demoiselles d'Avignon (la boite, pas notre ville) 
En écho à un masque Fang aux belles arcades sourcilières très dessinées dans un visage triangulaires, trois belles études pour les demoiselles...
avant une très grande gouache, étude pour le Nu debout de 1908, une petite huile, stries noires sur brun sombre et rouille «trois figures sous un arbre» et le dessin à la plume de l'hiver 1907-1908 «étude pour l'Amitié»
une statue de reliquaire Fang à côté (a déclenché un échange fervent et presqu'incompréhensible entre Brigetoun et un couple de jeunes espagnols dubitatifs) une figure en chêne de 1908
avec, au mur, bien aimé de moi, enfin pas seule, la grande esquisse au fusain, repris à l'encre de Chine et à la gouache, d'un nu assis de 1908
L'exposition ouvre, ensuite, une sous-section importante et belle, sous-titrée «Sorgues, Marseille» pour les oeuvres exécutées à partir de 1912, du séjour à Sorgues, après Céret, avec Eva Gouel (et un peu plus tard Braque et sa femme), comme (j'ai volé une photo de profil, elle faisait partie des oeuvres comme celles de la période bleue et d'autres plus tard qu'on n'avait pas le droit de photographier) la «Guitare J'aime Ewa»
et, parmi d'autres dessins, une dizaine environ, de l'été 1912, un moissonneur, 
un que j'aime spécialement, cette guitare,
une figure assiste à la mandoline
et, dans un petit couloir, avant la porte qui ouvre sur une autre section, le presque classicisme, une petite sculpture (bois peint, ficelles, clous er rehauts au fusain) «violon et bouteille sur une table» de 1915
Je le laisse ici... Pour aujourd'hui après m'être activée avec conviction, et assez de maladresse pour vider un berlingot de Javel hors de la bouteille à cela destinée, me dotant d'une tennis qui me séduirait assez si elle avait un pendant, entre autres mini dégâts, j'ai tenté, un peu trop longuement je pense, me laissant emporter, une réponse à la dernière vidéo de l'atelier de François Bon. Et puis, après lourde sieste pendant que l'été, se reprenant, recouvrait de blanc le bleu franc du matin, me suis battue avec ma machine qui me faisait des caprices, de plus en plus tentée en même temps de fermer Paumée pour offrir un peu de temps à mes derniers habitués (bon mais y a ces photos et le plaisir éprouvé à tenter pour moi de reconstituer un peu de ce que j'ai vu)
Et, comme, absurdement, malgré ma chance et la gentillesse rencontrée durant toute cette journée d'hier, j'étais d'humeur un peu maussade et me sentait minable, suis restée bien tranquillement à côté de la fête de la musique me contentant de ce qui me parvenait, pas vraiment désagréable d'ailleurs.

jeudi, juin 21, 2018

Images encadrant un jour

les six premières images de mercredi, d'un départ hésitant, d'un café infect dont voulais me débarrasser renversé sur une veste sortant du teinturier et totalement inutile, d'une erreur de quai immédiatement corrigé... seules sottises semble-t-il de la journée, si ce n'est des moments d'errance plus que moins volontaire

les six dernières images pleines d'une joyeuse lassitude naissante mais d'un contentement triomphal et discret, l'effondrement ayant lieu au mitan de la rue Joseph Vernet... les nombreuses images intercalaires pour un ou plusieurs autres jours