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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mercredi, mars 11, 2026

Mardi sans Orwell

 


La pluie annoncée pour le jour fut d’alternance entre pluie forte ou fine, ciel crevé sur bleu, humidité en suspens. J’avais prévu d’aller enfin voir Orwell 2 + 2 =5 à 18 heures à Utopia-Manutention et je m’en suis allée matin au Carrefour de la rue de la République compléter mes provisions.



En rentrant j’ai rencontré l’antiquaire qui trouve que la présence de la bâche ne suffit pas pour éviter les infiltrations dans son arrière boutique et empire même sans doute les choses, ce qu’il a téléphoné au propriétaire. Du coup j’ai renoncé à Orwell, craignant que l’accès à l’antre soit nécessaire… Je vais essayer d’aller le voir ce mercredi à 14 heures avant qu’il disparaisse de l’affiche pour une semaine… mais si je tiens à ce qu’une solution soit trouvée pour cette étanchéité je me demande comment je vais cohabiter avec  ces travaux (adopter un restaurant pour les déjeuners et demander que le chantier ne démarre que vers dix heures ? on verra)

mardi, mars 10, 2026

Cheveux et pluie

 


Jour tranquille. Jour de pluie forte, modérée ou à l’état de souvenir suspendu dans l’air. Comme ne l’avais pas fait dimanche à cause du concert, je me suis lavé les cheveux puis ai vaqué un peu, ai lu sur internet, ai repassé deux pantalons et deux chandails,  ai regardé le bout de mon nez, fait de la cuisine, déjeuné, siesté un peu



Et comme mes cheveux étaient presque secs m’en suis allée dans les rues, je suis passée au comptoir de Mathilde et en suis sorti avec un pot de confiture à l’ananas-mangue-goyave-passion et un de confiture de figue noire, suis passé au bureau de tabac du coin pour acheter un petit carnet de mots codés et un de mots fléchés pour fixer mon attention quand mon écoute l’exige 



et suis revenue vers l’antre.

lundi, mars 09, 2026

La pluie et Bach


 Matin réveil très très tard (je mue, je prends lentement du poids mais j’en prends et je dors de plus en plus)… vaquer sereinement pour déjeuner très tôt… au moment où je sortais une autre tenue presque madame un déluge s’abat sur la cour… je sors l’imper et du velours côtelé, la pluie faiblit


et n’est plus qu’une idée lorsque je sors mais au bout de cent mètres se renforce de plus en plus et j’ai rejoint, en arrivant à la Collection Lambert, une réunion de chiens plus ou moins mouillés avec ou sans parapluie, déployant civilité mutuelle comme il sied aux amateurs de musique de chambre, de musique baroque ou de musique contemporaine… Me suis installée au premier rang de l’amphithéâtre au sous-sol… Une petite attente et le concert a commencé. Concert proposé par Musique Baroque en Avignon, concert d’Anatasia Kobekina sur son violoncelle « De Kermadec-Bläss » d’Antonio Stradivari de 1698 dont les cordes en boyaux n’aimaient pas la pluie (d’où l’obligation fréquente de le raccorder) dans un beau programme : quatre suites de Bach dont elle dit Cela m’a toujours fascinée de voir à quel point le langage des Suites est à la fois abstrait et si personnel, comment le son du violoncelle, si proche de la voix humaine, et l’architecture de chaque mouvement offrent une infinité de possibilités d’expression. Parmi toutes les oeuvres, les Suites sont probablement celles que j’ai jouées le plus longtemps, et chaque fois que je les interprète — seule ou en présence d’un public — cette musique écrite il y a plus de 300 ans résonne en moi, reflétant ce que je suis à cet instant précis. Certains de ces mouvements, je les ai joués pour consoler, pour exprimer des sentiments que les mots ne peuvent traduire, et j’ai toujours été profondément bouleversée par l’actualité et l’universalité de cette musique. Des lignes intemporelles façonnées dans l’instant, guidées par l’intuition et l’esprit, jouant avec la gravité et le temps, avec les passages polyphoniques d’une ligne mélodique unique, avec l’intensité de l’écoute comme un pont suspendu dans l’air entre l’auditeur et l’interprète. Un voyage intérieur offert à quiconque écoute. Un moment à la fois vulnérable et audacieux que je traverse à chaque fois.

Suite n°1 en sol majeur BWV 1007 (prélude - allemande - courante - sarabande - menuets I et II - gigue) Prélude : des disgressions harmoniques avant le retour à l’équilibre - après l’allemande et la sarabande les deux menuets et la gigue affirment plus nettement la danse

Suite n°2 en ré mineur BWV 1008 (prélude - allemande - courante - sarabande - menuets I et II - gigue) un prélude plus introverti - l’allemande et la sarabande qui sont une évocation de danse sont suivies d’une courante solennelle - yn second menuet plus allègre avant la gigue et l’assombrissement final.

Suite n°5 en do mineur BWV 1011 (prélude - allemande - courante - sarabande - menuets I et II - gigue) ma préférée, dénommée « suite discordante » polyphonie et velours (ne sais comment dire)

Suite n°3 en do majeur BWV1009 (prélude - allemande - coutante - sarabande - bourrées I et II - gigue) riante - les premiers mouvements énergiques (pour parler en âne ignorant : des mouvements amples et de brusques sursauts) avant de gambader dans la campagne.



Retour dans un air humide. Pardonnez, je vous prie,  la sottise de cette tentative de dire le plaisir.

dimanche, mars 08, 2026

Le rite et le Decameron

 


Matin, après les préparatifs pagaille habituels, sans oublier de souhaiter l’anniversaire de mon grand petit frère, m’en suis allée protégée par mon long imperméable contre une pluie qui n’était qu’en suspens 



vers le marché de la rue Carnot qui est toujours (lassitude, crainte de la pluie ?) assez clairsemé même s’il avait ce matin joyeuse animation à travers laquelle les distributeurs de slogans des candidats se faufilaient sans grand succès



jusqu’à la place des Carmes… ou discrète, distraite, fatiguée… j’ai surtout photographié un de mes doigts chez la fleuriste



avant de revenir, achetant au passage un peu de cuisine vietnamienne pour mes repas du jour, vers les halles



es fleurs en vente devant l’entrée (ai fait petite moisson de photos).



Je suis entrée dans les halles, j’ai fait petite récolte de légumes anciens qui ont rejoint les asperges achetées sur mon trajet.



J’ai pleuré intérieurement en sortant devant ce qui reste des deux grands platanes même si les souches donnent raison aux massacreurs



et suis revenue vers l’antre, achetant au passage un bouquet de tulipes jaunes



installées dans un vase avant de m’intéresser  au  rangement, à un tour internet, à la cuisine. Ai déjeuné, dormi un peu, le temps a passé…




Un peu avant sept heures et demi me suis vêtue en dadame et suis montée sous une pluie plus réelle vers l'opéra



puis ma très très mauvaise place du troisième balcon, espérant voir un peu de ce qui se passait sur le plateau, et attentive à la musique écrite par Matteo Franceschini par l’opéra « Décaméron » sur un livret de Stefano Simone Pintor (d’après Boccace bien entendu) dont c’était ce soir la première mondiale, présenté ainsi sur le programme de l’Opéra (j’ai fini par me tenir debout derrière les sièges un peu plus près du centre pour avoir meilleure place et auparavant au pire il me restait le musique)

Dix jeunes dans un théâtre abandonné. Dehors, le chaos, mais dedans, un pacte : raconter des histoires, pour se souvenir que la vie continue ; comme autrefois Boccace qui écrivit Le Décaméron pour conjurer la peste et la peur. Alors dans ce huis-clos, peu importent les moyens : seule compte l’urgence de créer.

Chef-d’œuvre du Moyen-âge, Le Décaméron fut le premier grand best-seller populaire, un tourbillon d’histoires grivoises, romanesques, cruelles ou burlesques, un théâtre du monde où se croisent princes et pirates, ruses et désirs, illusions et vérités. Mais ici, pas de reconstitution : juste dix corps pour tout incarner.

Car cette création bouscule les codes de l’opéra. Pas d’orchestre, pas de hiérarchie entre les disciplines : tout d’abord une fête théâtrale, abolissant les frontières entre le chant, la parole et le jeu. Matteo Franceschini et Caroline Leboutte impulsent à leur sujet une énergie de troupe, rythmée par une partition organique qui efface les frontières entre les styles.

Raconter des histoires, c’est déjà résister ; et se retrouver, c’est déjà choisir l’espoir. Le Décaméron ne juge pas, ne tranche pas. Il provoque, amuse, dérange parfois ; il célèbre ce qui nous lie, et défie ce qui nous divise. Et il nous rappelle surtout une chose essentielle : au cœur de la tourmente, c’est bien du collectif que provient le salut.



Ma foi, malgré l’inconfort (la place et ma carcasse) j’ai aimé, j’ai aimé la tendresse et les moments de gouaille populaire, j’ai aimé que, comme le dit Franceschini dans le petit livre qu’on donne dans la salle après le passage rituel au Civid et à ce que nous avons vécu et convenu : La mort rôde, l’odeur de la peste flotte dans l’air, mais rien n’empêche ces conteurs.euses de rêver, de festoyer, de danser et de célébrer la beauté avec une vitalité indestructible (vitalité le mot est faible, nous sommes aux niveaux des fabliaux ou « contes » les plus risqués)… L’espace scénique es conçu comme une partition à part entière, organisée selon une logique musicale où le son structure le mouvement…Oui, j’aime  que : La diversité linguistique occupe une place centrale dans ma recherche. Les langues n’y sont pas envisagées uniquement comme des vecteurs de sens, mais comme de véritables matières sonores, dont les rythmes, les textures et les inflexions nourrissent directement l’écriture musicale…

Et J’ai tout spécialement aimé le moment où plus particulièrement, sans qu’il s’agisse d’une copie se glisse le résultat de l’étude approfondie des répertoires du XIVe siècle… (souvenir de Boccace)… Les « parfums musicaux » de la fin du Moyen-Age et de la première Renaissance apparaissent de manière filtrée et transformée, comme des traces ou des réminiscences. Ils  génèrent des symboles, des gestes… des références harmoniques appelées à se métamorphoser .. vers un présent en devenir — électronique comprise.

samedi, mars 07, 2026

Ce vendredi


 La matinée de ce vendredi était vouée à un ménage un peu plus poussé avec aspirateur, lavage de sol, argenterie (abandonné ce point, en suis restée à une friction insistante des objets) et cire des meubles avec odeurs diverses, plus ou moins agréables telles que vinaigre blanc, eau de javel, crème à l’olivier, savon de sol à l’huile de lin et cire d’abeille, avec aussi une satanée fatigue.



J’avais prévu pour la fin d’après-midi le film sur Orwell, unanimement salué et qui, même sans cela, me tente fortement, mais j’ai constaté en préparant les médicaments du jour que le renouvellement était plus urgent (c’est à dire nécessaire pour demain pour celui qui est sans doute le principal) et j’ai repoussé cette découverte du film de Raoul Peck à un autre jour… Cuisine vraie, déjeuner, sieston et un départ sous ce qui n’était pas vraiment de la pluie  | pour rendre inutile mon long imperméable | mes yeux et mes pensées errant, cherchant plaisir ce qui a multiplié les photos



Suis revenue avec les médicaments (ai plaidé puisque avec la difficulté des rencontres entre moi et le toubib mon ordonnance était périmée de quelques jours, mais comme j’ai rendez-vous dans dix jours… ça a été admis) et de belles serviettes en papier (en suis gourmande).

vendredi, mars 06, 2026

Charroi et images

 


Matin avec un jour de retard ai repris la bataille ordinaire avec la malaisé changement de draps (compte tenu du peu de place pour mouvoir le lit et Brigetoun et cette bien trop grande couverture à discipliner presque pour équiper mon lot d’une personne), ai enfilé trois quart bleu, enfoncé bonnet, pris canne et le sac de draps



salué en sortant les tabourets des années 30 le croisement de leurs massifs pieds que j’aime tant, et le reste de ce que propose actuellement l’antiquaire du rez-de-chaussée (dont une assez splendide forme en bois)



et m’en suis allée échanger une paire de draps sales (ou utilisés) contre une paire de draps propreset m’en suis allée échanger une paire de draps sales (ou utilisés) contre une paire de draps propreset m’en suis allée échanger une paire de draps sales (ou utilisés) contre une paire de draps propres



avec lesquels je suis rentrée vers l’antre en faisant un détour pour allonger ma marche…

Pour l’après midi, après déjeuner, sieste, un peu d’internet, un peu de lecture, pas mal de tri dans mes papiers je me suis contentée d’aller aux remparts jeter un sac d’ordures et un grand sac gonflé d’emballages et de papiers.