Minimales et maximales des températures en petite hausse sur la moyenne pour cette date en Avignon et cent grammes reperdus par carcasse… je suis sortie pieds nus et avec un petit châle tricoté sur ma chemise de nuit pour humecter les plantes de la cour, ai salué amis et autres sur tweeter, lu quelques billets sur la toile, parcouru le Monde (surtout les titres) tout en petit déjeunant, ai fait mon lit, ai fait une petite lessive, me suis douchée, me suis vêtue : pantalon de lin beige chandail de coton blanc, et veste en épais coton grège façonné, ai fait un dernier tour sur internet, ai mis mon appareil photo dans une poche de la veste, ai enfoncé chapeau sur cheveux coiffés à la va comme puis et avec ma canne, mon sac de paille et cuir en bandoulière et accroché à mon épaule à toutes fins utiles le sac de coton fleuri de Leonard contenant le petit filet blanc et bleu et suis sortie.
J’ai pris le chemin de la rue Carnot, piapiatant un instant avec la responsable de la boutique Cotelac qui me prétendait belle (sourire ironique) et pas uniquement grâce à la veste venant de chez eux.
Le marché atteint j’ai continué le long des étals qui se raréfient jusqu’à la place des Carmes…
J’ai pris trois photos de fleurs un peu à la volée
et je suis revenue, selon ma coutume vers les Halles en achetant au passage pour ce samedi et dimanche à la marchande des meilleurs (à mon avis) un cookie à la pistache et un cookie au citron avec une grosse pastille de chocolat.
J’ai pris trois nouvelles photos de fleurs sous le mur végétal avant de traverser les Halles d’où je suis sortie avec des nouilles sautées et du poulet thaï (un peu trop fortement épicé), des filets de merlan et chez l’italien deux gratins de courgettes, un peu de salade de pâtes au basilic et des lasagnes « végétales ».
Le tout bien réparti dans le sac Leonard maintenant bien rempli je suis rentrée vers l’antre. Internet, déjeuner, sieste et avant de rédiger (un bien grand mot) ce qui précède et de boire une tisane de l’après midi avec cookie j’ai repris les poètes de la Méditerranée et les Espagnols (je copie des bribes de poèmes aussi brèves que elle peux pour éviter que ce billet prenne une longueur honteusement démesurée)
Antonio Gamoneda
Ta voix en dattes sanglantes surgit des substances éparses sur la mer
et son métal vole en cercles, vole avec des ailes vénéneuses sur ce corps doré déjà, aveugle déjà dans des fruits trop sucrés…
Francisco Brines
C’est l’heure du retour des choses
où la mer et la campagne se couvrent d’une ombre lente
et les temples s’évanouissent, troubles, dans l’espace.
Sur cette ile mystérieuse, mon pas tremble.
Leopoldo Maria Panero
Et j’ai trouvé une femme en face de moi,
et je lui ai dit : je n’ai pas de poils,
je suis un poisson. Et elle m’a dit :
tu connaitras la mer, cette vaste tombe
où nage le Kraken
où s’égarent les bateaux.
Et c’était comme découvrir, sur un bateau la nuit
à la lumière des étoiles
que l’on étreint le diable,
Cette femme, cette aumône
Que lui seul peut m’offrir…
Jaime Siles
Aiguilles plantées
— coeur de l’après-midi —
Il souffle un vent très las,
extase de quatre heures ;
août endormi.
Toute une mer s’égrène :
sans vagues, sans nul sens.
Plage de Dieu
qui dans l’air poursuivi
vainc sur le sable,
un cheval d’or,
d’agreste azur, d’oubli.
Luis Antonio de Villena
Je jouirai de ta peau brune, et du vent obscur,
de ton duvet blond. Le matin nous irons
À la mer, nous chercherons des coquillages et des galets,
Et quand sortant de l’eau nous serons las,
nous mangerons couchés des raisins et la pulpe carmin de la pastèque. Parmi l’éclat du soleil,
je promènerai ma main sur l’eau délicieuse
de tes jambes...
Blanca Andrea
Mer tu es une rose
tu es la rose verte.
Le vent nous pousse comme des nuages
comme des nuages véloces
sur toi
et nous enivre
de pétales de sel
de parfums argentés.


















































