30° annoncés comme chaleur maximale, cent grammes reperdus, plus guère de marque
sur le pansement mais douleur inchangée si ce n’est augmentée.. humecter plantes, internet, repasser un jean et un tee-shirt bleu, douche, nouveau pansement, cheveux coiffés comme pis et chapeau pour les maintenir, (original n’est-il pas ?.. J’ai pris en main ma canne et un sac d’ordures, je suis allée le jeter près des remparts
et j’ai continué dans la splendeur bleue et l’air calme par les rues tranquilles à dix heures du matin vers le Carrefour de la rue de la République d’où je suis ressortie avec de la purée, un cookie, un plat à réchauffer, un paquet de café et des crevettes
auxquels j’ai rajouté sur le chemin du retour des cigarillos et le Canard enchainé… internet, cuisine, déjeuner lentement, une longue sieste… rassemblement de ce qui doit être mis dans mon valison en tentant de ne rien oublier et après la tisane d’orange et curcuma, j’ai repris le recueil des poètes de la Méditerranée et, en Israël, j’ai trouvé chez
Avrom Sutzkzver
La lune chevauche un chameau de granit bossu.
Écoute :
Des frémissements traversent la terre
Comme des nuées.
Un éclair aux cornes violettes
Plonge dabs la mer, allumant
La courbure d’une vague.
Mais la lune méfiante regarde
Comme un vieux fossoyeur qui voit un nouveau-né.
et chez Nathan Zach
Nous sommes montés de la mer comme du fond du brouillard
continent perdu parsemé d’ossements humains de vestiges archéologiques : habitation provisoire, cinq couches
de tombes et par-ci par-là un temple et un bureau de placement. Nous avons lu
les inscriptions en écriture cruciforme : elles parlaient de nous
aussi n’avons-nous pas compris…
Je n’ai pas trouvé le mot « mer » chez Israël Eliraz ni chez Nurith Zarchi, Ronny Somecket Haviva Pedaya.
Franchissant une des frontière séparant en principe les « deux états » je n’ai trouvé en Palestine le mot « mer » ni chez Taha Mohammed Ali, ni chez Ghassan Zaqtan mais chez
Walid Khaznadar
La nuit redoute d’attention
Les autobus, lentement, s’éloignent
Les petites filles, qui sont si jeunes, disparaissent en hâte dans l’obscurité
Et les fenêtres, comme des navires
L’une après l’autre ont allumé leurs lanternes
Et pris la mer
Les cafés sont désormais hostiles
Et les rues, où il a égaré ses clés
Ferment leurs carrefours
Les pierres l’ont vu et l’ont renié
Le long banc de bois peint en fer, face à la mer lui aussi l’a renié
Le vendeur de châtaigne l’a renié
Pourquoi les oiseaux perdent-ils leurs plus belles plumes
Dans le chant des capitales ?
Et que fait l’étranger dans une ville qu’il connait ?
Je me suis arrêté au seuil de l’Egypte et de l’Afrique.















































