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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, octobre 11, 2026

Le rite et Moyen-âge

 


et trop d’images (sorry)

L’impression ce matin, ou l’illusion, que l’automne reculait parce que nous avions regagné deux degrés et la surprise de constater que mon jour de lâcheté m’avait fait perdre trois cents grammes… un petit quart d’heure dans la cour pour récolter une grande partie des saletés apportées par le vent, une petite lessive, un tour agréable sur internet… j’ai mis le petit filet et un sac pliable dans mon sac, tenté de retenir mes cheveux avec une barrette qui rapidement s’est retrouvée dans ma poche pour laisser libre cours au petit vent et suis sortie à dix heures et de mini poussières pour trouver devant ma porte, l’une refixant le voile de l’autre, deux gentes bourgeoises d’il y a cinq ou six cents ans, les ai saluées, me suis étonnée car je pensais qu’elles ne viendraient défiler dans notre ville depuis l’un des camps dressés à La Barthelasse pour le Festival de la rose intitulé « le complot de la louve » en souvenir d’Isabelle de France (je fais toutes réserves)…



elles m’ont confirmé que pour annoncer les fêtes, jeux etc.. se déroulant dans les camps de la Barthelasse dimanche un défilé, allant de ma place à la place du Palais après un assez long trajet aurait lieu en début d’après-midi ce samedi… les ai remerciées et saluées, elles sont parties vers la porte pour regagner l’île, j’ai continué mon chemin toute contente de pouvoir en paix me laver les cheveux demain matin sans être pressée par le temps (une petite fête dont je ne sais rien s’installait devant la boutique de fringues jeunes) vers la rue Carnot et le marché du samedi, rencontrant en passant deux manants à belle trogne regagnant leur camp dont le plus âgé a gentiment posé pour mon appareil



L’avancée vers l’hiver, la succession de jours de pluie et de vent dissuade les commerçants et il ne restait ce matin qu’un peu moins de la moitié des étals d’août ou début septembre…



mais j’ai pu cueillir quelques photos de fleurs sans grande originalité chez la fleuriste de la place des Carmes



avant de revenir vers les halles, achetant au passage un cookie à la pistache et un cookie aux éclats de caramel à mon amie, l’une des rescapées devant le Conservatoire, qui les a déposés soigneusement dans le petit filet



et de traverser les halles après quelques autres photos de fleurs prises sous le mur végétal, 



ressortant à l’arrière avec dans le sac de toile accroché à mon épaule du poulet sauté aux champignons chinois et une barquette de nouilles sautées, un gratin de courge au parmesan, une barquette de risotto aux cèpes et une de lasagne végétales pour assurer les repas du week-end… ai regagné l’antre, lu sur internet, déjeuné en lisant le Monde Diplo, enregistré les photos et je me préparais à une petite sieste avant d’aller assister à l’arrivée du cortège place du Palais en digne accro aux photos (vers quinze heures quarante cinq) quand j’ai entendu des cris et musiques… ai empoigné canne, mis dans la poche de ma veste,  avant de l’enfiler en descendant l’escalier, mon appareil photo et mes clés



et pris trop de photos même si j’ai laissé passer les louves les plus échevelées nues sous fourrures, des groupes trop semblables au précédent et du coup je négligeais les deux…  mais pour ces raisons ou sans raison ou parce que je reculais mes pieds et effaçais carcasse sur le petit bout de trottoir pour ne pas gêner le passage de mes contemporains, il en reste encore trop et leur intérêt est sujet à caution sauf la petite joie que cela m’a donné (ce qui leur enlève, du moins à mes yeux, tout côté idiot)

samedi, octobre 10, 2026

vent et lâcheté

 


Surprise du chant du vent qui accueillait mon réveil, surprise de la confiture de pastèque choisie qui s’est révélée être (sotte que je suis et inattentive) confiture de reines-claudes pas mauvaise du tout au demeurant, surprise de la pièce de deux euros trouvée dans l’ourlet roulé du pantalon que je lavais… la température maximale annoncée par Météo France était ce vendredi inférieure de trois degrés à la moyenne pour cette date, carcasse avait atteint les 36 kilos et cela me donnait force et bonne humeur pour envisager le programme décidé jeudi pour ce jour : repassage et ménage ce matin, et à dix sept heures assister à une conférence sur Avignon au Moyen-âge à la Bibliothèque Ceccano malgré le mistral qui d’ailleurs semblait ne devoir être qu’un bébé mistral s’en prenant aux chapeaux et aux cheveux… Mais il y eut, au sortir de la douche, cette autre surprise plus désagréable : j’ai constaté que le radiateur avait été arrêté (sans doute par l’ouvrier cet été alors que c’était inutile)… j’ai cherché, retrouvé le mode d’emploi de cet appareil sophistiqué ainsi que celui du thermostat… ai lu, ai regardé en tremblant les avertissements en gros caractères (réflexion faite mais après coup ils étaient destinés à l’installateur et n’avaient plus d’importance) enfin j’ai mis près de trois quarts d’heure à comprendre le fonctionnement et à le régler mieux qu’il ne l’avait été pour éviter qu’il se déclenche avant que la température soit descendue sous les vingt degrés… j’ai pensé qu’il était trop tard pour le repassage prévu, j’ai étendu ma lessive, enfilé ma longue veste en jean et suis sortie jeter un sac d’ordures qui était presque plein pour vérifier la force du vent et la solidité de mes jambes crispées par ces émotions (sourire à demi)



Rassurée au bout de quelques pas j’ai continué, frissonnant un rien tout de même sous le superbe bleu mistral vers le petit Carrefour de la place, ai passé le nez, ait trouvé ce que je pensais acheter en sortant de la conférence



et suis rentrée pour m’attaquer finalement au repassage de deux chemisiers, trois tee-shirts et trois pantalons avant de caler parce que je ne finis jamais… un déjeuner, une sieste longue, un réveil gelée (effet de la sieste), le vent tombé ne chantant plus au dessus de la cour… malgré cela  honteusement suis restée dans l’antre et ne me sentais que très petitement coupable… je ne mérite pas cette ville.

vendredi, octobre 09, 2026

Orages, charroi, un Italien

 


En début de nuit pendant près d’une heure un orage plus proche, plus fort que n’en avais souvenir, l’impression de m’emplir d’une odeur de souffre, de voir les lampes faseiller comme un foc arraché, de n’avoir pas le temps de redescendre de mes sursauts en entendant un nouveau fracas… une accalmie me permettant de dîner un peu après minuit et au moment où je me détendais, ayant dîné, m’étant couchée, m’étant dé-pelotonnée, un retour de l’orage et dans la déroute de mon crâne une idée : le plomb est conducteur ; je me suis levée, j’ai ouvert la fenêtre de ma chambre, bataillé pour récupérer mes plombs (un de mes rares souvenirs, déformés, abîmés, tordus et maintenant très poussiéreux d’une époque heureuse) que l’ouvrier avait coincé entre grille et bois, de les transporter, d’ouvrir les volets sur la nuit où la pluie venait de cesser et d’aller en pieds nus pataugeant dans le lac-cour les appuyer au mur mitoyen, avant de me frotter énergiquement les mains au savon de Marseille en me répétant « c’est un poison »… Réveil au matin qui selon la Météo devait être pluvieux avant une journée de pluie fine obstinée… Un bon café et le retour d’un peu de raison, un salut souriant aux plombs nettoyés, un petit coup à la cour, la douche, le changement très lent des draps parce que je voulais faire correctement mon lit et que j’étais crevée, un morceau de chocolat sucé en massant mes jambes… j’ai enfilé ma grande veste en jean,, mis l’appareil photo dans ma poche, enfoncé mes cheveux dans le chapeau de pluie, hissé sur mon épaule le sac contenant draps sales et la robe rayée bleu et blanche si travaillée que ne saurais la repasser (et que le teinturier n’arrive que presque à lui restituer sa forme) suis sortie dans la rue bien fraiche



et, avançant jambes raides sur le sol presque sec où subsistait des petites mares, suis allée chez le teinturier, 



achetant en rentrant avec la paire de draps propres deux pots de confiture (melon de Cavaillon à l’orange et pastèque!que au citron, mes préférées) aux « Délices du Lubéron » et pour mon déjeuner (flemme et besoin de regagner les 36 kilos) un gratin dauphinois et des acras chez Subito… 

Dans la paresse vague de mon après-midi j'ai repris les Poètes de la Méditerranée et me suis arrêtée chez un grand Italien, Eduardo Sanguinetti


où sont passés les vikings et les aztèques,

les hommes et les femmes de Cro-Magnon?

où sont passés les anciennes et les nouvelles Atlantides,

la Grande Porte et l’Armée invincible,

la Loi Salique et les Livres Sibyllins,

Pépin le Bref et Ivan le Terrible ?

Tout est tombé en ruine et en lambeaux, là,

dans les molles mâchoires du temps ;

Ici, s’il est une chose à laquelle une guerre ne pense pas,

il est une autre guerre qui tient prêt le remède…


…

Où êtes vous, guerres de pourceaux et de roses,

guerres de sécession et de successions ?

dîtes, où êtes-vous, guerres de cent ans,

de six jours et de sept semaines,

vous, grandes guerres long éclair sans fin ?

Vous êtes tombées en ruine et en lambeaux, là,

dans le néant du néant de tout néant ;

ici, s’il est une guerre à laquelle ne pense pas une paix,

il est une autre paix qui tient prête la guerre ;


princes, présidents, éminents exemptés puisants,

érigeant exigeants des monuments indécents,

guerre aux guerres est une guerre qui requiert,

la lutte des classes est la guerre à faire 

Traduction Jean-Baptiste Para