dimanche, janvier 17, 2021

Pour rester vivants


Avignon, sous son ciel bleu, dans son petit vent froid qui avait de beaux restes (tombé dans l'après-midi) entre sourire volontaire sous masque et petite navrance planquée sous bonnet, capuche, chapeau, orpheline du théâtre, des musées, cramponnée à ses intelligences calfeutrées, ne veut pas se résigner à la mort lente...


et pour appuyer le manifeste "Avignon, ville d'exception culturelle. Résistons." – de la Ville et des scènes permanentes réclamant la réouverture des lieux de culture, des avignonnais se sont réunis à midi, arrivant peu à peu sur la place du Palais,


pour constituer une petite foule frissonnante de froid et se rencontrer, écouter Cécile Helle, Alain Timor (avec Cécile Helle n'ai reconnu que lui, parmi les corps masqués/emmitouflés sur le perron du Palais ou sur la place, grâce à son chapeau et à sa voix) au nom des Scènes d'Avignon puis du Festival (lisant un texte de Paul Rondin, Directeur délégué du Festival), des politiques divers – le souci économique provoquant des conversions – et pour clore, au nom des anciens, Gérard Gelas.


«NOUS VOULONS RÉAFFIRMER QUE LA CULTURE EST VITALE, ESSENTIELLE À NOS VIES, À NOTRE ÉQUILIBRE.

Nous ne pouvons pas nous passer de culture. Nous ne pouvons imaginer, penser notre ville et notre pays sans culture. Elle donne sens à nos existences. Elle ouvre nos esprits. Elle nourrit nos pensées. Elle favorise les rencontres et les découvertes. Sans culture, il n’y a ni liberté ni émancipation.

Déconfinons nos esprits. Soyons en prudence et en responsabilité inventifs et créatifs. Nous voulons retourner au spectacle, dans nos musées, nos lieux patrimoniaux sans nous mettre en danger, dans le respect absolu des gestes barrières et des protocoles sanitaires.

Comme les bibliothèques qui continuent à accueillir du public, ce dont nous nous réjouissons, nous souhaitons la réouverture de tous les lieux de culture : musées, salles d’exposition, théâtres, salles de concert, cinémas, monuments…


Quelle est cette France à deux vitesses ? 

Nous avons besoin de contact avec les artistes, avec le beau, avec la création, avec le questionnement que provoquent les œuvres, avec l’émotion qu’elles suscitent. Mobilisons-nous pour retrouver les chemins de la culture, de la liberté, de la pensée, de la VIE ! Plus que partout ailleurs, Avignon, ville d’exception culturelle, se doit d’incarner cette résistance. Nous vous appelons tous, acteurs culturels, amoureux de culture, avignonnaises, avignonnais à vous mobiliser pour que la culture, essentielle à nos vies, et formidable facteur d’attractivité, rayonne à nouveau pleinement et que créateurs, auteurs, metteurs en scène, musiciens, danseurs, compagnies, acteurs, techniciens du spectacle, directeurs d’établissement, producteurs, diffuseurs puissent à nouveau exprimer leurs talents. 


Par la mobilisation de chacun, faisons en sorte qu’en 2021, Avignon soit à nouveau une terre de cultures, de festivals ! Soyons plus que jamais imaginatifs, audacieux, impertinents, innovants et réinventons la culture ! 

Notre premier acte collectif est la tenue de l’édition 2021 de Fest’hiver avec les Scènes d’Avignon : les spectacles seront joués, le public pourra les voir en direct par voie numérique. 


En solidarité avec le monde culturel, nous demandons, comme ailleurs en Europe, solennellement, la réouverture des musées, des théâtres, des salles de spectacles, et des cinémas dans le respect absolu des préconisations sanitaires.»

samedi, janvier 16, 2021

Rien à dire


Paumée je t'aime bien, mais je n'avais pas envie.

Le ciel était normalement bleu le matin, des nuages sont venus mais je m'en moquais.

Ai repassé un poco... ai lu un peu d'avantage

Me suis passionnée, entre autres choses, pour les leçons données au Collège de France en 2019 (je crois) par Thomas Römer, titulaire de la chaire des Milieux bibliques et ancien Doyen de la Faculté de Théologie de l'unversité de Lausanne, sous le titre de «Naissance de la Bible, anciennes et nouvelles hypothèses (7 sur 8) https://www.franceculture.fr/emissions/series/naissance-de-la-bible-anciennes-et-nouvelles-hypotheses

une petite vidéo pour découvrir son visage (enfin pas que) que je ne connaissais pas – même si la durée d'une vidéo ne peut donner la même complexité que huit heures de cours.


vendredi, janvier 15, 2021

courte journée en bleu


récompense indue

pour longue absence en sommeil

regard dans le bleu


plaisir d'un coup de sonnette, d'une mince silhouette escaladant mes marches, de ce livre, le tombe 2 des «carnets du nouveau jour» de Laurent Margantin http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article4203 – ouvrir au hasard

"Dans le bâtiment d'en face : un homme sort seul sur le balcon de sa chambre et me voit moi qui suis sorti seul sur le balcon de ma chambre (tous les deux ayant veillé à ne pas faire de bruit et à tirer le rideau pour ne pas réveiller une autre personne dormant à l'intérieur). Un troisième homme : sort sur son balcon dans le bâtiment d'en face, un étage en dessous.

Un homme seul qui écrit sur le balcon d'un hôtel à sept heures du matin : est-ce suspect ?

Pas un paysage, même pas un environnement – une suite de phénomènes, de transformations (intérieur/extérieur). Incompréhensible : les gens en vacances qui se lèvent tôt ! (et donc ils parlent – car ils ne sont seuls que quelques instants)..."


Se punir de ce long retard par le plaisir des muscles lancés, dans une légère odeur de miel, en longues frictions de cire sur les bois (entre autres choses)


Et sortir au mitan de l'après-midi, pour un trajet, légèrement biscornu pour l'allonger, vers le teinturier dans la splendeur de la lumière.

Sourire sous le masque en croisant place des Châtaignes un grand et beau gars, parce que Mamadou m'a reconnue, et que je l'ai reconnu, et que les sourires n'étaient pas que dans les voix.


Et saluer Molière enfin sorti de sa gangue, toujours pensif sous la menace de sa lanterne.

jeudi, janvier 14, 2021

Simplement

 

dire simplement

que le ciel était joyeux

ou même glorieux

et que les gens rencontrés

étaient doux comme moutons


mercredi, janvier 13, 2021

Hors la loi


visite de la lumière au mitan du jour sur le mur de la cour


et puis, un peu après trois heures et demi

un ciel éloquent

dans une langue étrange

ma perplexité

arrivée à quatre heures et quart chez petit toubib, avec kobo et « les présents » d'Antonin Crenn https://www.publie.net/livre/les-presents-antonin-crenn/,  lecture, déclin jour


arrivée un peu après dix neuf heures dans l'antre (munie d'un tampon sur ordonnance en guise de sauf-conduit)


à la nuit tombée

outre l'heure limite

rentrée furtive

ma vexante impunité – ai échangé des « bonsoirs » en passant devant la gendarmerie un peu après dix-huit heures trente.


mardi, janvier 12, 2021

Bleu et brun

sur mon heure de marche, entrecoupée de longues attentes poste et pharmacie, la lumière bleue qui allège les pas et nous rend aimables (oui da)



et ma foi pas grand chose d'autre à dire... alors je recopie ma tiote contribution à la proposition #5 « mâcher du rouge avec Henri Chopin » de François Bon pour l'atelier d'hiver sur tiers.livre https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4949 (les contributions sont sur https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article628

féminités du brun

brun brun ocre brun rouge brun jaune brun fade brun usé variations brunes brune incertitude brunes sensations odeur brune du café brune idée de chaleur brune brune cassure du chocolat brune onctuosité qui fond brune liqueur dans le sang brune brunes lèvres de l'enfant rieur brune la menotte qui se tend brune brune brune odeur acre d'oignons brûlés brunes et dorées les gouttes de caramel brune saveur du pain d'épice brunes brunes harmonies de l'automne brunes et pâles les feuilles racornies brunes feuilles tombées brune la feuille qui fut en or brune rumeur des feuilles foulées brune et acre l'odeur pourrissante brunes suppliques des branches nues brune brune terre d'après la pluie brune opulence de la terre brunes les mottes brune la vie retournée de la terre brune douleur des reins redressés brunes les mains pressant les reins brune brune poussière aride dans le vent brune écorce d'un chêne brune et lisse la peau du micocoulier brune lumière d'un bois ciré brune la fragrance du camphre brune brune brune couleur des peaux de l'été brune vague cheveux secoués brune et rose tendresse d'une nuque brune brune reliure brune vieillesse du papier ocré brune odeur de sagesse brune chanson du violoncelle sa voix profonde et brune brune lueur de son bois brune caresse musicale brune brune la pipe brune la barbe brune la veste brune morsure de joie brune brune la douceur de l'ours en peluche sa brune amitié chaude brune brune lumière dans la forêt brune terreur d'un ours dans la nuit brune froideur du crépuscule brunes senteurs du jour qui se meurt brune brune brune blessure brune douleur du sang qui sèche brune percée du bronze brunes histoires d'antan brune ombre d'une épaule sur un livre.



lundi, janvier 11, 2021

Paresse blanche


un ciel blanc, froideur prenante mais sans excès, stupide chair tremblotante, penser aux autres, peau sous douche chaude, peau frictionnée, massée, vêtue, agir tranquillement, sérieusement, travailler à l'engraissement, en sombrer dans sieste, relire les quelques mots sur le fichier ouvert le matin pour le #5 de l'atelier du tiers livre, en poser d'autres, tailler, remplacer, se souvenir du rythme, arrêter, musique, lecture, s'interrompre, retour au fichier, se lever, tourner en pensant il faut sortir, marcher, d'ailleurs tête lourde et nuque raide, mais une idée, revenir au fichier, ajouter, chercher un mot, se maudire, thé mordoré, noir sur la cour, réaliser, dix sept heures quarante, peux plus sortir, reprendre fichier un moment, laisser reposer, faire une petit tour internet et avant de voir/écouter une vidéo de la Comédie Française « théâtre à la carte – juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce » sans essayer de raviver le souvenir bon mais quasi effacé d'une ancienne représentation au théâtre de la Colline https://youtu.be/EX4MzDYeBeQ, poser ici en passant outre à ma grimace le texte envoyé hier à François Bon, qui l'a gentiment mis rapidement en ligne, pour le #04 « Chantal Akerman, ralenti &, caméra circulaire » de l'atelier d'hiver du tiers livre https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4947 er ma piètre vidéo qui m'a permis de constater que sa lecture prenait huit minutes et non onze ou douze comme prévu (reprendrai demain sans doute la lecture de la masse des contributions, honte à moi, sur https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article627 )


Les épaules contre un mur, tête sous une casserole de cuivre et une petite maternité sur bois, jambes devant le radiateur et fesses au dessus de sa chaleur, les yeux regardent le mur du fond, mais les mains ne savent manier, comme désiré, très très lentement mais fermement un appareil de photo. Y renoncer. Faire voyager le regard, en le voulant innocent, à la découverte des choses, s'interdisant de les connaître – un blanc – Tête un peu renversée, poser les yeux en dehors du cadre sur la plus proche des poutres maîtresses – la taille anarchique des ciseaux qui ont laissé leurs marques, les trous, ravines, blessures de la surface, la peinture épaisse, d'un blanc qui a pris de l'âge, peinture qui par minuscules fragments s'abandonne – arrêter le mouvement avant de la suivre dans le coin cuisine, le regard part vers le mur du fond effleure la cloison de la petite salle d'eau rapportée, mur d'un ocre jaune pâle, dont la peinture a une vingtaine d'années, bordé, juste sous les lattes blanches du plafond, que soutiennent de petites poutres soigneusement rectangulaires appuyées aux deux mini-troncs, par une frise d'un rouge papal, ou pompéien, ou terre cuite, très passé, parcourue de volutes vertes tracées à main libre, rencontre la seconde des grandes poutres, un peu plus grosse que la première peut-être, et plus soigneusement taillée, et accroche en passant le haut d'une porte vitrée entrebâillée, le haut d'un petit cadre qui semble simplement appuyé au mur dont il s'écarte pour se poser un peu plus bas et le profil d'un tableau accroché au mur qui s'interrompt devant le trou qu'est l'entrée, découpant la porte dont un tiers environ apparaît sur le mur du fond – laisser glisser les yeux le long du mur, rencontrer le haut d'un cadre de bois foncé, et, un peu avant l'angle, la baguette argent terni qui entoure un fond bleu gris à liseré plus foncé et le dessin d'un pierrot – pensée pour le grand oncle qui s'est perdu crayon et pinceaux en main dans le Paris de Toulouse Lautrec. Le regard note un petit grillage à l'utilité incertaine sous le plafond, tourne l'angle, passe au dessus de cadres, rencontre la grosse poutre qui, de ce côté, devenue trop grosse, a été retaillée, puis, posé sur la doucine d'une bibliothèque, un camion en bois, objet amical mais dont on ne sait que faire, jouet africain à l'usage des touristes et, juste en dehors de l'image que les yeux dépassent, deux gros livres à la reliure de carton ivoire peint de bleu clair et de rose, puis le haut d'un cadre mais se refuse à continuer, descend, trouve une pochade maladroite, des femmes en silhouettes brune, mauve, blanche et bleu, une aquarelle, un dessin noir et blanc, puissant mais incompréhensible à cette distance, descend encore attrape un petit plat d'étain au bord godronné, un long plat de Moustiers, une étagère en bambou avec livres, assiettes aux oiseaux, posés sur une bibliothèque longue, puis la profonde bibliothèque sous le camion,ses étagères, un désordre de livres, une statuette, des DVD, une assiette bretonne, le dessin assez maladroit d'un vaisseau sous voiles, avance vers une table pliante de jardin, une chaise en fer noir, et après cette accélération, recule, retrouve le mur, son vieux jaune posé un peu anarchiquement par endroits au dessus d'un soubassement du même rouge que la frise rencontrée au début, frise qui, de ce côté, fait frontière. Soubassement interrompu par des tiroirs supportant des petites ébauches en terre, une lampe non branchée, au pied d'étain et abat-jour de travers, une vieille petite chaine de radio, sur laquelle sont posés des CD, une boite de masques, un bas relief en terre dont on ne voit que la tranche – un blanc – les yeux indociles ne suivent pas le mur, aspirés par deux bougeoirs de bronze doré dont les bougies s'embrassent, et le rayonnage garni d'une pagaille de livres, placé en épi, en plan moyen, en travers de la pièce, sur lesquels ils sont posés, avec un petit émail qui s'appuie sur leurs futs, un échassier en bois surplombant un petit vase boule, chinoiserie moderne ornée d'un échassier, et des statuettes de terre de passage en fin d'année... le reste étant masqué par les éléments du premier plan – un blanc – le regard revient en arrière, regagne le mur latéral, le soubassement que vient masquer maintenant un coffre ancien, douceur brune du bois de cerisier très ciré, portant des paniers, une poterie crème, un petit PC, et surmonté de cinq cadres de tailles et qualités diverses, un dessin appliqué au cadre rose brûlé dans un coin, deux petites gouaches en hauteur très colorées, deux belles photos, et les yeux, passé le coin, trouvent le frère du pierrot, le dessin d'un arlequin, puis, après le haut du dossier d'une très mauvaise copie d'un fauteuil ancien recouvert d'un beau patchwork aux dominantes bleu foncé et orange doux, ce que l'on aperçoit d'une bibliothèque, en fait le vaisselier d'un buffet breton, emplie de livres, alignés, superposés, comme peuvent, portant une vieille lampe orange, deux petits pichets encadrant une tasse, une tête qui heureusement est en grande partie masquée, devant un miroir ovale enchâssé dans un cadre de chêne, et devant, éblouissante, une ampoule nue plantée en haut d'une tige métallique. Les yeux continuent, heurtent au plan moyen des volutes rousses, un cou blanc, le haut d'une statuette qu'ils dépassent pour frôler un petit coffre gris et au dessous, légèrement décalé, un dessin encadré, renoncent à continuer hors de l'image jusqu'à la porte, reviennent directement vers la margelle, qui, en plan moyen, masquait le fond, des statuettes de terre, un panier de fer avec une pomme et des serviettes en papier, le dos de la lectrice rousse dont les grosses fesses s'appuient sur un livre ouvert, descendent à côté du vieux petit four posé sur la paillasse carrelée de beige du coin cuisine, les derniers petits bidons de la collection d'huiles (sept actuellement) un fouillis, tasses hautes, vinaigre blanc, sirop d'orgeat, théière, panier, médicaments, remontent vers la margelle, des pots où sont plantés des cuillères de bois, du thym, des crayons et, entraperçus, une partie des santons qui se sont fait une place pour quelques jours, des paniers, un briquet, puis, en redescendant, une partie encore des santons, les moins beaux, sur le plus haut d'une pile de paniers à livres, et là ils s'arrêtent.

envoyer le #5.