samedi, mars 06, 2021

Brise, ciel bleu, fleurs

et ruminations idiotes, certainement idiotes et que je tairai donc, chassées grâce à la marche en compagnie de la brise, du ciel, des avignonnais au jardin et des fleurs (jusqu'à oublier de racheter des cigarillos)


alors j'en reste aux fleurs rencontrées ou plutôt à des fleurs rencontrées



et j'ai fini par un petit tour solitaire dans Notre Dame des Doms, rentrant très vite (d'où sans doute l'oubli des cigarillos) pour me laver les mains parce que le gel posé en évidence dans l'entrée de la nef était peut-être sanctifié mais assurément d'une puanteur tenace et rarement égalée.




vendredi, mars 05, 2021

Jeudi – souvenir reconstitué


jour blanc ou jour gris

aux légères nuances

indifférentes


n'ai rencontré qu'un ours qui se tient mal à table, et la cohabitation pacifique de fleurs et plantes naturelles ou artificielles


Le matin, coincée parce que j'attendais un passage qui n'a eu lieu qu'un peu avant onze heures, me suis décidé, malgré la proximité, du moins sur le fond, avec un des premiers textes publiés, à tenter de répondre à la première proposition de François Bon pour son atelier prenant appui (pour que nous nous en éloignions peu ou prou) sur Baudelaire – cette fois pour la parenthèse créée dans « le cygne » par les souvenirs de ce qu'était ce coin de Paris https://www.tierslivre.net/ateliers/baudelaire-1-la-forme-dune-ville-une-parenthese/ (les contributions sont sur https://www.tierslivre.net/ateliers/category/bicentenaire-baudelaire/baudelaire-1/ )


le Mourillon

Le boulevard débouchait sur la mer, le petit port du fort, l'ouverture de la rade, les douces hauteurs de la presqu'île en face – virer en courbe large sur la gauche pour embouquer le boulevard du Littoral comme nous l'appelions – ne pas regarder à gauche, ignorer si quelques petits immeubles ont poussé ou dépassent le premier rang de villas parce que les yeux suivent la petite courbe du port, le fort qui maintient la jetée – saluer le pont qui n'est plus levis depuis des siècles, l'escalier de bois qui mène à la porte au bas de la muraille courbe, avec la petite grimace de l'ado qui y avait ses entrées mais n'en usait pas, fuyait l'idée de monter l'escalier, de passer dans le vestiaire et de faire traverser à ses complexes la terrasse sous les paires d'yeux se prélassant au soleil dans les créneaux, avant de descendre l'échelle pour se baigner sous la muraille – voir avec le calme de retrouvailles distraites la contrecourbe qui revient au tracé de la côte et la maigre plage de sable sur laquelle se pressaient tous les toulonnais, ce que ne daignons – et brusquement le choc de ce qui ne devrait pas être – suivie du contrechoc causé par le brusque souvenir d'allusions à la mobilisation de ceux qui étaient attachés à notre cadre, de ceux aussi qui craignaient le bouleversement écologique causé par cet empiètement – le choc de cette mer devenue prairie, parking, sable, de ces criques bien dessinées sorties de rien – ces silhouettes marchant, se prélassant, vivant avec le naturel de l'habitude dans ce monde qui surgit brusquement – sourire avec un peu d'étonnement parce que le boulevard suit toujours le tracé sinueux de ce qui était le rivage, retrouver le garde-fou en métal suivi des piles de ciment réunies par des barreaudages qui bornaient nos trajets, ignorer un moment ce qui est là maintenant, en contrebas, et croire que, depuis la chaussée qui monte lentement, la terre descend rudement vers l'eau, penser que l'on domine la chute des rochers, chercher des yeux l'ouverture du sentier qui dégringole au travers des plantes broussailleuses, des fleurs d'ail, des crottes de chien, de quelques débris plus ou moins ragoûtants, jusqu'à la plage de galets que nous nommions la Pyramide à cause d'une ruine d'ouvrage en ciment émergeant à une centaine de mètres, la baignade la plus proche du groupe d'immeubles désignés par les plus jeunes des officiers comme l'offlag – mais l'appel de la rade, du large qui s'ouvre là bas, en face, après Saint-Mandrier, tire le regard, et comme la mer nous a fuis, prendre la première des rampes qui descendent, traverser le parking, suivre les allées tracées entre les pelouses, à vrai dire plutôt entre les idées de pelouses (mais l'étrangeté de leur présence, elles qui ne survivent pas dans les jardins des villas), et à la lisière du sable où lisent – dorment – des adultes, où courent des enfants, s'installer à la terrasse d'un des petits restaurants qui ont poussé avec le reste, laisser fondre une glace plutôt chère en souvenir du temps où on pouvait les déguster, en regardant autour de soi, en trouvant ma foi cela assez beau, fermer les yeux, sentir la mer, l'écouter, laisser le soleil caresser la peau du visage, recevoir sur la main posée sur la table une fiente, cadeau d'une mouette de passage, tenter de se persuader qu'on retrouve son passé pas si changé que cela.


jeudi, mars 04, 2021

mercredi, mars 03, 2021

Les jours se suivent


et divergent légèrement

et ce jour fut obstinément blanc ou gris, avec une fraîcheur humide


comme hier suis allée à Rosmerta pour le jeune (enfin pas comme mes jeunes amis, lui à 25 ou 27 ans) afghan mais cette fois nous avons pu travailler (beaucoup à faire, plus qu'annoncé) un moment


suis repartie avec Mamadou, lui pour s'acheter un sandwich (le cuisinier du jour ne devait pas être à son goût...), moi pour profiter du petit marchant et légumes locaux et ce firent des rires comme hier, le plaisir de retrouvailles et un rendez-vous pris pour le soir de la rentrée, mardi


mais ce fut aussi ensuite la rencontre d'un qui s'est mis au bord de la poubelle et pour lequel je ne pouvaus rien..., me sentais mal en rentrant, et ne m'accordait pas le droit de l'être à sa place...



ai ouvert, sur mon kobo, « jusqu'à très loin » de Romain Fustier https://www.publie.net/livre/jusqua-tres-loin-romain-fustier/ ainsi présenté sur le site de publie.net : Un poème en prose à la façon d’un journal, pour dire les lieux que l’on conserve en soi, ces condensés de temps et d’espace, des départs, des voyages car le regard y est mieux aiguisé – dans cet ailleurs, ce qui fait l’éclat d’un amour, d’un geste, d’une parole subtilement s’accroche.

Et m'y suis plongée jusqu'à la page 42

« ma petite fille me fait savoir je veux tremper mes mains dans l’eau – et elle accomplit ce qu’elle annonçait plongeant ses doigts dans cette métaphore – ce lac qui est forcément un miroir elle agite sa surface de cliché – toute entière à la gaieté de cette immersion à sa fabrique de frais – dans cet endroit boisé près du rocher d’escalade elle a observé les alpinistes qui s’entraînaient – contourné la masse liquide son inévitable transparence – y est revenue traversant la route – fêlant de ses phalanges cette image son reflet trop poli »


mardi, mars 02, 2021

Lundi, reprise


Matin, me servir de mes nerfs légèrement agacés pour faire l'argenterie (imparfaitement)  depuis longtemps oubliée -- 

déjeuner rapide pour m'en aller vers deux heures et quart dans


un air de printemps

aillé d'un reste de frais

sous la plaque bleue


dans la beauté de la ville, dans son abandon qu'accentue le Covid, vers mon rendez-vous avec le jeune afghan... 


plaisanté, attendu, regardé des jeux, rappelé l'obstinément absent – se trompait de jour, à refaire demain


et regagner l'antre... ranger ma jupe dadame, repasser trois chandails, deux pantalons, à six heures me régaler des intelligences réunies dans le zoom de l'atelier d'hiver du tiers.livre, et, malgré la piètre opinion que j'ai de sa naïveté et des heurts de certaine phrase, je reprends ma contribution à la proposition n°9 « l'impératif pour le funambule » https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4954 tel que je m'étais résignée à l'envoyer dimanche, incapable que j'étais d'exploiter l'idée qui s'était imposée au début et ne voulait laisser place à meilleure piste (mais de spécialement fortes et belles choses dans les contributions https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article633 ) avec un détail (qui ne correspond pas vraiment au texte, tant pis) d'un dessin d'Antoine Roux, représentant la frégate La Junon.


Une voix : « en haut le monde » et sous nos regards vous regrouper au pied des mâts – grimper les uns derrière les autres, le long des haubans, toi le plus jeune, ou l'un des plus jeunes en tête. Depuis une semaine, échappé de ce port où, presque le dernier, le bateau élevait ses mâts parmi les coques à vapeur, il avait repris vie sous vos mains. Vérifier que tout soit clair, employer avec calme chaque minute de votre quart, assis sur le pont refaire des épissures, et dans les hauts que chacun de vos gestes s'accorde au chant du vent, à la musique du bateau, porter mes rêves de mousse. Mais aujourd'hui, dans le début de folie du vent, devant l'horizon chargé du grain à venir, la vie du gréement se brutalise – épouser ses mouvements, porter inconsciemment en vous l'assurance qui vient de l'intime connaissance née des soins que vous lui donnez, et de l'habitude, la science de vos corps. Sur le marchepied de la vergue du petit hunier, cordage qui semble terrifiant à l'apprentis matelot de pont que je suis, danseur aux jambes fermes avancer en tête, une main pour l'homme une main pour le bateau, tu n'as pas besoin d'y penser, ton corps le sait, nous le pensons pour vous. Ignorer la possible peur, elle n'a plus sa place, n'avoir sentiment de la mer au dessus de laquelle vous volez que par les mouvements que font vos corps pour négocier avec les chocs qu'en accord avec le vent elle fait subir à la coque, pour contrarier la gite qui vous incline vers elle. Alignés sur les vergues comme de gros oiseaux apparemment gauches, vous pencher au dessus de l'espar, attraper la bosse, hisser de toute la force de vos bras la toile, les reins tendus, courbés sur le bois, ferler la voile, prendre le ris suivant, jusqu'au bas-ris, en accord silencieux, fixer les garcettes, rejoindre le pont. Et toi, lambin poète, jeune fou pris d'une fierté, d'un amour presque vertigineux, obéir à l'ancien qui te rappelle. Le travail n'est pas fini.

vendredi, février 26, 2021

Solder février en bleu glorieux et sur un doux adieu

petit charroi de linge et manteaux dans la gloire bleue, une idée de douceur


finissant sur un moment de plaisir qui faisait ressortir le besoin que nous en avons...

et puis, in memoriam d'une vie qui s'est achevée mercredi, pour poser une note de tristesse, même si, en novembre déjà il n'était plus depuis un certain temps, dans les rues de Grignan, qu'une absence accompagnée de nouvelles inquiétantes, un petit passage, un peu au hasard mais parce que je l'aime bien de « Paysages avec figures absentes » de Philippe Jaccotet

« Au milieu du pré, trois mûriers côte à côte sont pareils à des harpes dressées pour les invisibles, les Absents, et dont la voix aussi se dérobe. Ils sont là groupés telle une haute et fragile barrière, telles ces choses qui se trouvent sur un passage pour intervenir, pour transformer : barrière, écluse, tamis. Ils filtrent le vent ou le jour, on voit bien, en tout cas, cette ombre à leurs pieds qui s'amasse ; et quelque jour, je percevrai le chant qui s'en dégage. Ainsi voudrais-je filtrer le temps jusqu'à ce que je n'en ai plus la force ou le courage, enraciné dans la terre colorée. »


Brigetoun a un grand besoin de restauration, jusqu'au proche mois de mars sans doute.

jeudi, février 25, 2021

Quelques images

 

une heure et demi de marche, petite vieille un peu déplacée dans un début de printemps, trois boites de masques pour les habitants de la rue Pasteur, une humeur et une connexion intermittentes... me sens uniquement capable de lire les contributions de Diderot à l'Histoire des deux Indes, et de poser ici des images plus ou moins bien cadrées (sourire)