samedi, mars 25, 2017

Soirée avec un fourbe plaisant

jour de pluie, de rumination sans trop de morosité
et départ dans le début de nuit, vers le Théâtre du Chêne Noir,
photo F. Jean trouvée sur le site du théâtre
pour assister aux Fourberies de Scapin (fourbe pour fourbe je préfère rire de celui-ci sans amertume)
sous-titrées un Scapin Manipulateur, par la Compagnie Emilie Valantin (interprètes Jean Sclavis et ses acolytes presque vivants) puisque Scapin lui en chair est le roi des manipulateurs, manipulant tous et d'abord ces corps presque de taille humaine auxquels il prête vie et voix...
Si avez patience, j'ai trouvé une longue vidéo, datée 2013, pas tout le spectacle mais de longs passages savoureux à mes yeux
et de l'avoir vue n'a pas diminué mon plaisir, juste peut-être, à la rigueur aidé à ne pas être juste un peu gênée par le rythme un peu lent pour une farce qui résulte de la manipulation, même avec une mise en scène très calculée, les potences, les contrepoids etc .... de plusieurs grandes marionnettes en même temps.
Mais il y a la façon qu'a Sclavis de passer naturellement d'un manipulateur/manipulé quand il interprète le rôle d'une marionnette, à celui de Scapin, sans qu'une seconde nous ayons un doute, il y a le jeu des voix et même sa très correcte, même si forcément sommaire, version du chant baroque dans le rôle de Hyacinthe, il y a les formidables marionnettes/personnages d'Emilie Valantin, leur conception et leur souplesse et ces visages merveilleusement neutres qui par la grâce d'une flexion du cou, de leur voix, de la lumière prennent vie.
Une très agréable pause.

Et je n'ai pu en parler à Molière en passant, il avait dû éteindre une des lampes pour se retirer dans le sommeil et, à part le haut de son crâne éclairé par la lanterne qui le menace, il était dans le noir.  

vendredi, mars 24, 2017

Dans l'antre, reprendre souliers

Sous un ciel bleu, matin, effervescence des plantes secouées dans la cour... pas de nouvelles du dernier livre commandé, j'attends demain pour aller vérifier qu'il n'est toujours pas arrivé à la Mémoire du monde. 

France Culture dans le cadre de La Fabrique de l'histoire évoque, avec Romain Bertrand, Jean-Pierre Bat et Martin Mourre les massacres de Madagascar en 1947 et ce moment qui me sidère toujours, ce moment inexpiable Thiaroye (1944) https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Thiaroye
Il faisait beau, beau venté, mais ne voulais bouger pas malgré les kilos encombrants (sourire mais à demi), lectures, écoutes, tentatives d'apprendre, petite révolte navrée devant l'échec prévu de Mon candidat... (d'ailleurs le vent nous a apporté des nuages, quelques ondées, a retroué le ciel, l'a refermé)
et je me contente, pour toi paumée de reprendre un billet/pochade qu'ont publiés les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Les pieds de Julie
Julie se voulait libre et l'était, elle se moquait des superstitions mais – c'était agaçant, surprenant, rageant, mais implacable – elle n'y pouvait rien, sa journée était orientée par le pied qui se posait le premier sur le sol.
Elle avait beau se promettre en s'endormant de veiller à poser en premier le pied droit, puisque, bon elle n'y croyait pas, mais tout de même cela se vérifiait, c'était présage d'un jour coulant doucement, sans à-coups, avec petite liesse plus ou moins prononcée, et d'ailleurs ce devrait être le résultat logique de sa position dans son lit, c'était incompréhensible mais, dans le désordre brumeux de sa conscience émergente, dans les tours et re-tours de son corps refusant l'éveil, d'un jour à l'autre le premier pied d'appui changeait.
Elle soignait attentivement ses deux pieds, sans faire de différence, et puis circulait dans son appartement pieds nus, et les jours de pied gauche, remarquait, tout en s'en gendarmant, le café renversé, la mauvaise nouvelle entendue, un coup de téléphone agaçant, ou, les jours de pied droit, la caresse d'un rayon de lumière sur le bois d'un meuble, des voix d'enfants dans la rue, la gentillesse d'un message.
Pour sortir elle mettait des tennis blanches, ou d'une couleur pastel, ou des bottines d'un brun foncé, et le métro tombait en panne, dans ce dernier cas, ou bien chaussée de clair, elle rencontrait un ami heureux ; elle se disait bien que c'était elle qui faisait ressortir l'une ou l'autre chose, mais elles influaient sur son humeur, sa façon d'aborder la ville et les autres.
Julie était chanteuse, elle avait une voix, de mezzo bien entendu, très belle, capable de plonger en un somptueux velours ombreux ou de jaillir en roucoulement de clarté. Avant de partir faire la tournée des trois cabarets où elle se produisait – c'était encore le temps des cabarets – elle enfilait, les jours de pied droit, une ample tunique de velours crème, ou en été un nuage de coton fleuri, et se chaussait de sandales à hauts talons, en cuir marqueté de triangles beiges et d'or bruni, et elle disait alors des petits contes allègres ou chantait des chansons délicieusement lestes. Les jours de pied gauche c'étaient des escarpins, aux talons non moins hauts, et des triangles de cuir noirs et argentés qu'elle enfilait pour, dans un long tube d'épaisse soie prune ou bleu nuit, offrir des ballades sombres et des complaintes qui parlaient de coeur percé, de course sur la lande jusqu'à une falaise pour guetter le retour d'un bateau, de jeunes filles au fond d'un lac.
Mais, alors que la douceur de sa voix enrobait ces chansons de poésie, elle en voyait parfois la niaiserie convenue et il lui en venait une petite gaité qui, combinée avec les applaudissements de son public – c'était avec ce répertoire qu'elle commençait à être presque célèbre – la mettait en joie, transformait sa journée. Alors pour fêter cela, elle saluait, sortait un instant de la minuscule scène, et revenait pour terminer les cinq chansons auxquelles elle avait droit avec un escarpin noir au pied droit et une sandale beige au pied gauche.

jeudi, mars 23, 2017

Mercredi

nuages blanc vif
en lumière bleue fouettée
feuilles écloses

les pigeons roucoulent dans la cour

je bénis celui (François Bon je crois, plus très sûre) qui m'a donné envie d'acheter et lire, avec des pauses parce que sollicitée par la vie et des retours, entre envie de lecture lente pour savourer l'écriture et entraînement du récit, Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel. (éditions de Minuit)

mercredi, mars 22, 2017

Images d'un matin

il faisait beau, je n'étais pas bien,
les ombres étaient belles,
la lumière guillerette,
j'étais dans des houles vertigineuses
les gens ont été gentils

j'ai été contente en retrouvant ma porte

ça ne s'est guère amélioré... ira mieux demain, forcément.

mardi, mars 21, 2017

le premier jour du printemps

Poussant les volets bleus, à l'heure de la tartine de gingembre, un ciel d'azur où flottaient lentement dans l'air immobile quelques impalpables écharpes blanches.
Les petits personnages de Titou se préparaient à faire venir le printemps.

mais nous avons encore le temps de l'espoir avant le mai fleuri (quand cette année il ne restera sans doute que la nature pour nous consoler un peu), il n'était que dans les vitrines,

en évocation violemment peinte sur une table rouge,

ou, par la grâce des jardiniers et des serres, dans quelques bacs.

Mais parfois il éclatait librement en jaune joyeux,

cependant que, sur ma place, mon platane favori se paraît d'un minuscule frémissement vert tendre.

lundi, mars 20, 2017

dimanche, mars 19, 2017

ce samedi

netra, nada, niente, nichts, niets, nanimo, res, nihil, nic, nothing, niso, ai mikään, ei midagi, ingenting, càil, nimic, ekkert, danh tu, mana impapas, ch'usa, mba'eve, nout, hiç, wala, manan impas, null, osdobki,

rien