vendredi, avril 19, 2019

périple matinal

la force du ciel
plaisir des pas presque aisés
tendresse de l'air
les remparts d'abord, pour me débarasser d'ordures, de papiers, de bocaux
douleur va et vient
calmée pendant l'attente
chez le teinturier
un manteau, un veston, un peu d'hiver avant de les enfermer pour des mois
trébucher un peu
se détendre, sourire
parler et choisir
s'offrir idées de printemps
dans le calme des halles
et revenir de pause-détente en pause-détente avec une charge modérée
penser avec grimaces et faible espoir aux retrouvailles familiales et au festival
en gros une raison pour fermer Paumée et ne pas ennuyer, bon mais il y a aussi la beauté et de belles et bonnes personnes.


jeudi, avril 18, 2019

les jambes ont tenu

non sans mal mais les sourires et la musique des jeunes au début de chaque étape, le sourire navré échangé avec le gendarme motard pousse au cul en fin de chaque étape les ont soutenues... avec une petite pause brusque avant de les retrouver devant la mairie et les regarder danser (entre rage, amitié, admiration... de quoi donner tonus)
et je me replie -

amitiés aux passants

mardi, avril 16, 2019

j'ai mal

Jehan de Chelles, Pierre de Montreuil, Jean Ravy aussi pour les splendides arcs-boutants, vos prédécesseurs et tous vos successeurs, les maçons, la dame, dont j'ai oublié le nom si je l'ai su, qui a un temps dirigé – j'étais toute fière quand j'ai découvert ça dans je ne sais plus quel livre – une des entreprises de maçonnerie, Monseigneur Maurice de Sully avant tout, et même oui Lassus, Viollet et consorts, les menuisiers, les verriers, y compris ceux qui ont garni aux dix neuvième les fenêtres du choeur et la rosace de Viollet-le-Duc, les tailleurs de pierre, les orfèvres qui ont offert les Mays ces grands tableaux des chapelles, les sculpteurs du treizième et ceux qui ont oeuvré sagement et avec soin aux sculptures qui ont remplacé les originaux, ceux qui ont créé les petits tableautins de la vie de Jésus (n'ai plus mes mauvais croquis), les ferronniers du dix-septième et Boulanger pour ses pentures, tous ceux qui ont prêché, prié, sous les voutes et ceux qui sont restés béants devant les roses, Victor bien sûr et aussi Matisse et ses Notre Dame peintes depuis sont atelier, ceux qui avaient troué le portail central pour laisser passer le catafalque de je ne sais plus quel Condé, avez vous eu aussi mal que moi (pas seule, je sais, mais...) hier soir ?
Les pierres de la cathédrale, quel que soit leur siècle, sont mes os.
Et j'embrasse les pieds et les mains des pompiers.

(photo captée dans la vidéo mise en ligne par le Monde.fr hier soir)
PS l'interview de Benjamon Mouton architecte des Monuments historiques qui justifie mes réactions et craintes (et m'apprend que les très anciens incendies avaient épargné une bonne part de la charpente)

vendredi, avril 05, 2019

Il suffit

Je viens remercier tous ceux qui passent encore par ici, et tous ceux qui y sont passés, dont la présence me fut compagnie salutaire, mais Paumée va se fermer sans doute définitivement, s'endormir tel qu'il est, avec le presque bien et le plutôt mauvais, restant dans le fond de la fosse à bitûme, parce que j'ai pour lui la petite tendresse que ces années m'imposent.

Mon humeur est de tendance noiseuse, ai toujours eu un peu de mal dans les virages, cela me rendrait de plus en plus ennuyeuse, finissant de faire fuir les derniers fidèles... et que je sois amenée ou non à me considérer comme vouée à la poubelle des vieillards me vient de plus en plus une envie et un besoin d'apprendre, de boucher lentement, à mon rythme, en prenant mon temps, un peu de mes ignorances, suivre les curiosités qui s'éveillent... passerai sans doute encore mais en silence sur vos sites et vous souhaite de très belles années, découvertes, luttes et plaisirs.

jeudi, avril 04, 2019

Mardi suite et fin

après un peu de mercredi matin :
l'air humide et gris
dans l'attente de la pluie
fleurs citadines
une Brigetoun trottinant vers le blanchisseur dans la fraicheur pleine d'eau en suspension, guère capable de trouver mots (ou d'en avoir envie)
de mercredi après-midi : il pleut, il a plu, il pleuvra sans doute, Alain Testart et les religions Aborigènes sans dieux, Maurice Godelier et l'origine des sociétés, sont passionnants à entendre avec l'attention que leur doit mon petit crâne inculte.

Mardi soir donc, devais, voulais (avais acheté une place) aller au conservatoire écouter Lev Sivkov (jeune violoncelliste russe – 29 ans dans quelques jours et déjà belle carrière, tête ronde, énergie et grande mèche blonde) et Janos Palojtay (jeune pianiste hongrois – 32 ans déjà belle carrière itou, mince et brun comme une brindille à contrejour) dans un beau programme… 
je massais mes jambes, je venais de jeter mon billet dans la corbeille à papier les injures que je m'adressais ne suffisant pas à me pousser à l'effort considérable de décrocher un pantalon plus sortable que le velours gris avec lequel j'avais vaqué sans précaution, mais comme nous sommes enfin arrivées à convenir d'une heure et d'un lieu avec la jeune et pourtant intelligente participante aux ateliers de François Bon cette année qui avait l'idée saugrenue de vouloir me rencontrer (dans nos murs parce qu'elle présentait au théâtre des Doms un spectacle pour enfants « faire l'école aux grands singes » conférence-spectacle qui interroge l'ennui du corps en classe – et j'ai à côté de moi le selfie pris par un grand singe au sourire ravi qui sert d'affiche ou d'annonce à ce spectacle – pour la connaître un peu mieux https://sybillecornet.wordpress.com/a-propos/ et pour l'atelier d'hiver http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article461 mais il semble que comme moi elle renonce à la nouvelle qui devait être l'aboutissement) – ai donc commencé à trembler, me suis presqu'avoué que j'étais contente d'être un peu brusquée, ai remplacé le velours gris poché aux genoux par de la laine gris sombre plus sortable et j'ai repris trajet vers la rue Carnot et ses travaux
pour la retrouver une petite heure avant le concert chez Françoise, face au conservatoire, la surprendre un peu, ma photo de Facebook prise cet été en presque gloire étant trompeuse, et entreprendre sans y arriver vraiment de juguler la logorrhée que déclenche toujours chez moi la frousse intense qui m'habite en ce cas... êtes prévenus si l'idée vous en venait. Rencontre agréable au demeurant...
qui m'a fait arriver dans les premières dans la salle au rez-de-chaussée du conservatoire où l'on attend l'ouverture de l’amphithéâtre et m'a valu le plaisir d'une vraie conversation avec une femme un peu plus jeune que moi, visage tonique et casque de courts cheveux blancs, que je rencontre depuis des années dans certains spectacles de l'opéra, dans la navette, et dans certaines manifestations ou rencontres, avec laquelle je n'ai jamais échangé que des sourires et des Bonjour et qui s'est révélée aussi sympathique que le pensais.
Quant au concert, ce fut plaisir, pour les interprètes, pour le programme alliant virtuosité et mélodie, réunissant
Schumann (pièces de fantaisie op.73)
Grieg (sonate en la mineur) le seul de ces compositeurs que, je l'avoue, je goûte assez peu et sans doute ce qu'il y avait de plus beau ce soir là
Prokofiev (sonate en do majeur op.119)
Janacek (Pohadka, bien trop court...)
Bartok (transcription pour violoncelle de la rhapsodie n°1 pour violon et piano)
et toute contente, sur des jambes dont la presque fermeté et surtout la presque absence de crispation douloureuse me donnaient, me donnent, espoir, 
m'en suis revenue vers l'antre marchant sur les petits restes de trottoirs et dans les gravats,
retrouvant une chaussée plus ordonnée à partir de Saint Pierre.


mercredi, avril 03, 2019

Deux de mes quatre trajets rue Carnot

m'en suis allée sous une grisaille qui ne l'était pas tant, dans Avignon et ses travaux (en ce moment sur mes trajets c'est surtout la rue Carnot en son début)
la seconde cour, l'attente de la presse (pas très longue, et il y avait entre autres France 3 si j'ai bien compris),
les panneaux préparés par les jeunes pour la manifestation (mais comme la seconde demande a été faite trop tard, l'autorisation n'avait pas aidé donnée, et le temps pour Rosmerta n'est pas aux manifs non autorisées)
la lecture donc, par une jeune-femme, des demandes que les adultes, les familles (6 actuellement, une en attente) voudraient faire au Préfet ou au Conseil Départemental, complétées/commentées par les précisions d'une bénévole :
entre autres (n'ai pas tout noté et j'ai peur de mal interpréter ce qui me revient en mémoire) des places d'hébergement pérennes, l'abandon des plaintes déposées contre deux des bénévoles, l'inconditonnalité de l'accueil etc...
relayée par un des jeunes (dix neuf aujourd'hui, certains partent, pris par l'Aide Sociale à l'Enfance, revenant parfois parce que leur minorité n'a pas été reconnue, d'autres attendent place) : que leurs papiers ne soient pas systématiquement refusés (avec cette curiosité : la demande de certificat de naissance comportant une photo..) que la vérification de minorité soit faite correctement et pas en un quart d'heure au plus..
et puis des échanges : il y a une amélioration dans le traitement des demandes, y compris pour les mineurs (et l'Education Nationale est toujours impeccable jusqu'à prévoir une classe pour regrouper ceux qui sont trop en peine pour retrouver le niveau) – la proposition de convention est toujours à l'étude par l'évêché et la réponse, toujours imminente, n'arrive pas… une prise de position au nom d'un groupe de membres d'une commission de fidèles chargés de l'accueil (en gros, je n'y connais rien) laquelle dit ne plus soutenir l'occupation, pour déclarer qu'ils en ont démissionné
la militante RESF/Rosmerta que nous avions accompagnée il y a plusieurs mois au Tribunal est à nouveau convoquée le 6 mai...
deux bébés sont attendus
et des contacts sont pris (ou vont l'être) avec la troupe qui occupe chaque année les lieux pendant le off, pour étudier la possibilité d'une cohabitation.
un appel d'offres a été lancé, par le Conseil Départemental je crois, pour 80 places pour des jeunes, afin de supprimer les hébergements à l'hôtel
Etc... etc...
et puis m'en suis revenue, appelée, en haut de la vitrine de la Mémoire du monde, par les 365 poèmes que Thomas Vinau a réunis dans un joli livre du Castor sous le titre de C'est un beau jour pour ne pas mourir, appel auquel j'ai cédé, et j'ai fait danser au bout de mon bras leur dernier exemplaire pendant le reste du trajet, laissant un trou dans la vitrine.
J'ai refait le soir ce même trajet, ou du moins une partie, pour aller au conservatoire, écouter deux jeunes et talentueux musiciens dans un beau programme… en parlerai sans doute demain.

mardi, avril 02, 2019

avril

lumière feutrée
ou résistances en bleu
corps et âme en flou