mercredi, mai 24, 2017

Juste traces des éclaireurs au palais

Le ciel me disait bleu, suis partie décidée, munie de chaussures plates et vieux appareils (il faudrait qu'il me reste après les billets de quoi leur offrir un remplaçant). En fait c'étaient nuages flottant, plus ou moins groupés, plus ou moins absents, dans le bleu fort du petit vent.
Je croyais avoir été matinale, il y avait déjà pas mal de gens, touristes et élèves à gentils cornacs pour monter les marches du palais (le notre, il n'y a pas de tapis rouge mais il est plus ancien),
prendre billet, déboucher dans la cour d'honneur où les gradins ont déjà atteint leur mi-hauteur
et prendre le tunnel débouchant sur le cloître, accueillis par un gorille qui ravissait mes petits compagnons, n'ai pu les éviter,
mais sous une galerie du cloître il y avait son frère, un superbe.. j'ai pensé taureau, c'était sans doute un buffle puisque leur auteur, Freddy Tsimba (Congo), que je retrouverai ensuite avec des petites silhouettes tourmentées comme des souches, dit sur son site. https://freddytsimba.wordpress.com .. « Nous faisons des œuvres qui parlent de l’Afrique parce que nous venons de là, nous y vivons, mais nous nous adressons à tous. Nos œuvres ne se limitent pas au continent dont nous sommes issus. Elles peuvent aussi témoigner d’autres réalités. Nous sommes concernés par les choses du monde. Le malheur du monde est aussi le nôtre (c'est peut-être un taureau au fond, il vient souvent en France)
Je venais découvrir la plus grande partie de l'exposition des sculptures africaines de la Collection Blachère http://www.avignon.fr/toutes-les-actualites/actualite/les-eclaireurs-avignon-capitale-de-lart-africain-contemporain/

mais, voilà, la lumière était trop ou pas assez, mes objectifs étaient mal nettoyés, j'en ai pris beaucoup trop... et j'ai passé un temps infini à tenter de sélectionner et d'attribuer chaque oeuvre à un artiste... pas pensé à noter les noms, photographié quelques panneaux qui ressortent mal etc... alors, vais sans doute tenter d'en faire une vidéo-diaporama, et pour le moment vais me contenter de donner un échantillon de chaque sculpteur.. ce qui va être déjà fort long..
Le centre du cloître était occupé, sur une herbe d'un vert aussi strident que faux, par les silhouette et la grande muraille verte (qui elle ne l'était pas) de Ndary Lo (auquel on doit la prière universelle qui se charge de nous tous sur la place) http://www.ndary-lo.com/
sous la galerie qui conduit de l'entrée à l'escalier on trouve un premier aperçu de Amahiguere Dolo https://fr.wikipedia.org/wiki/Amahiguere_Dolo
les esprits donnent forme aux éléments. Amahiguéré Dolo les révèle, élaguant là des souches de caïcédra dont surgissent des sculptures enivrées d’esprits, ici pétrissant en céramiques la glaise si particulière à son pays.(Galerie Louis Berthier)
Dans la salle du consistoire, dans l'ombre éclairée de façon à mettre les oeuvres en valeur et à dérouter mon appareil, mêlé à quelques vestiges de la décoration du palais, il y a (énumération, avec pour chacun un échantillon)
plusieurs masques simples et beaux d'un artiste dont n'ai pas noté et déchiffre mal le nom, court et commençant me semble-t-il par un K
des tapisseries d'Ifémoa Anyaeji (Nigéria) http://www.ifeomaanyaeji.com/
des têtes, une grande sculpture de Joseph Francis Sumégné (Cameroun) aime https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph-Francis_Sumégné
une paire de jambes d'Amal Kenawy – un résumé tragique de sa vie sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Amal_Kenawy (Egypte)
des poupées ou êtres étranges de Gastineau Massamba (Congo Brazza) http://www.lumieresdafriques.com/fr/artist/gastineau-massamba-2/
deux statues (qui m'ont fait penser à l'art inuit) de Colleen Madamonbé (Zimbabwé) http://www.art-z.net/sculpteurs/Madamombe/Madamombe.html
deux panneaux de Nnenna Okore (Nigéria) http://www.nnennaokore.com/ fragiles et délicats
toute une série de grandes statuettes de Freddy Tsimba (l'auteur des deux forts animaux de l'entrée)
et deux ou trois grandes et belles oeuvres de Moustapha Dimé (Sénégal) http://www.jeuneafrique.com/133307/culture/s-n-gal-le-dernier-voyage-de-moustapha-dim/
des statuettes aussi (les aime) de la potière sénégalaise (Casamance) Seyni Awa Camara http://www.talentsdorigine.com/fr/designer/seyni-awa-camara
des masques réjouissants de Calixte Dakpogan https://fr.wikipedia.org/wiki/Calixte_Dakpogan
un troupeau de Cheikhou Ba http://www.cheikhouba.com/ et d'autres que j'ai négligés...
un couloir et puis l'état décrépit de la chambre antique du camérier, servant d'écrin à la splendeur de Confluences la gigantesque tapisserie métallique d'El Anatsui https://fr.wikipedia.org/wiki/El_Anatsui
descendre un escalier étroit, jusqu'au palier, 
descendre dans l'antichambre que survolent deux fauves s'affrontant de Wen Botha (l'auteur de l'éléphant vu au Musée lapidaire)
et puis dans le trésor bas un autre aspect de son oeuvre avec Solipsis des ailes de polystyrène mêlées aux néons, suspendues ou s'élevant en spirale devant de grands miroirs bleus inclinés.
Il me reste à retourner dans le cloître à grimper l'escalier du fond pour gagner le grand tinel mais ça, avec une vidéo de l'ensemble si j'y arrive ce sera pour demain (prévenus..)

mardi, mai 23, 2017

plaisir du rien

une touche rose
comme un salut du matin,
avant ciel gris bleu,
douce lumière morne,
vaquer et vivre tout doux

et quand le bleu s'est frayé chemin, juste avant de sombrer, il était trop tard et d'ailleurs n'avais envie que de me maintenir dans cet à côté du monde

lundi, mai 22, 2017

Musique troisième jour, fin de la saison baroque

ciel bleu dur et plantes se balançant ce matin, des martinets traversent et retraversent mon coin de ciel (trop rapides pour moi, là c'est entre deux fusées, mais ils ont été là je vous assure)
une longue pause mi-méditative vers midi pendant que des bruits de fête sans violence me parvenaient depuis le fleuve (c'était la fête des mille pagaies)
et un ciel légèrement voilé quand suis partie un peu avant cinq heures vers l'Oratoire, à côté, pour un concert donné par Raquel Andueza, soprano, accompagnée par Jesus Fernandez Baena au théorbe.
Un petit quart d'heure d'attente, meublé comme pouvais, et puis arrivée de la dame en robe longue princesse de velours noir au plastron pailleté discrètement et aux friselis d'un chaud blond vénitien... à la voix souple et alerte capable d'être presque plate, énonciatrice, ou de roucouler, de se matifier, de fuser en clarté, de s'attendrir ou s'encolérer, de se lancer dans des vocalises volubiles mais assez rarement les airs ne le demandaient pas, et de laisser une note mourir interminablement, tendrement.
Le programme d'Amore e tormenti qu'ils donnent ordinairement avait été chamboulé pour donner plus de place à Monteverdi, six fois, avec deux jolis airs anonymes Bella Mia et viver en questo stato, deux airs pour théorbe seul de Johannes K. Kapsberger et une berceuse Figlio dormi (de quoi enlever au fils toute envie de dormir, trop désireux d'écouter.. retrouvant le programme initial avec le véhément Son ruinato, appassionato de Benedetto Ferrari, et pour clore, le dernier, le plus célèbre sans doute des airs de Monteverdi Si dolce e il tormento
le temps que je me lève, fasse un pas de côté, trouve mon appareil, et tente, seule et intimidée, de capter le salut, ils s'étaient échappés...
revenus pour nous donner un bis, de leur Espagne, un air courroucé d'après un texte de Quevedo, beau cadeau final

J'ai joué la sécurité... le résultat n'est guère mieux, un peu tout de même...

dimanche, mai 21, 2017

musique, jour deux

Matin, la cour roucoulait, un grand bruit d'envol quand me suis approchée du seuil, mais le groupe m'avait laissé un témoin.
Corvées dans l'antre, été presque installé dans la penderie et les tiroirs...
Avignon vivait tranquillement quand suis sortie dans l'après-midi, le soleil ne baignant plus le coin de cour où je lisais le début de Blockhaus de Michèle Dujardin https://www.amazon.fr/dp/1544948913/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1495294258&sr=8-1&keywords=mich%C3%A8le+dujardin, le fermant sur Il ne pleuvait plus. Une autre lumière, froide, haute, incisive, étirait la ville vers le ciel, lui rendait ses angles, ses contours exacts et ses dimensions réelles, lui ôtait ce déguisement de ville miniature dont la pluie l'avait affublée, en gommant les immeubles, en abaissant le ciel à porté de main.
Etais partie acheter des médicaments et suis revenue de ma ville qui avait gardé, sous son ciel profondément bleue, sa taille médiocre.. ou mesurée, avec les médicaments, des bonbons au miel et une robe candide...
Vaqué un peu, regardé dans le vague et puis ai troqué tennis pour des sandales, pantalon rouge pour une jupe tube bleu foncée et m'en suis allée vers l'opéra et un concert de musique de chambre en grande partie chamboulé depuis le moment à l'automne où j'avais acheté mon billet (mais peut-être pas plus mal),
avec Renaud Capuçon mais, contrairement à ce qui était prévu à l'origine, Guillaume Bellom (jeune, 26 ans, et talentueux pianiste http://www.guillaumebellom.com/)
ce qui a entraîné une modification du programme,
lequel comporte toujours, les pièces romantiques de Dvorak (une vidéo d'une interprétation par Renaud Capuçon et
Khatia Buniatishvili, la pianiste qui était prévue comme sa partenaire à l'origine
mais, en remplacement de la sonate n°3 en ut mineur de Grieg (que ne connais pas... ai tendance à croire que cette musique me correspond peu... mais que j'aurais été intéressée de découvrir) la sonate n°7 en ut mineur de Beethoven, ce qui finalement me séduit plus, ai grand goût pour les sonates de Beethoven et j'aime tout spécialement l'allegro con brio qui ouvre celle-ci
avant de revenir au programme d'origine avec la sonate en la majeur de Franck :
une interprétation Capuçon/Buniatishvili
de belles interprétations et une grande élégance
et comme j'ai aimé le jeu de Guillaume Bellom dans la sonate de Franck où la part du piano est importante, j'écoute là en rentrant sur YouTube son interprétation dr l'allegretto de la sonate pour piano n°6 de Schubert et de Pagodes de Debussy...

samedi, mai 20, 2017

juste musique

dans l'antre ce matin, ai pensé brièvement à l'ouverture de l'exposition des sculpteurs africains de la Collection Blachère, au palais des papes et au petit palais
dans l'antre ce matin, ai pensé qu'il y aurait foule
d'ailleurs dans l'antre ce matin je n'étais pas bien en moi
ai pensé plus tard, lundi peut-être ou mardi, dans un creux
d'ailleurs je me demandais surtout quel était le nouveau cancer, ou les nouveaux pourquoi pas, sûrement, que j'étais en train de déclarer, presque surement de la gorge, mais pas obligatoirement, la gorge pouvait être un effet secondaire
bon ce matin dans l'antre je délirais, avec une outrance ironique, qui ne l'était peut-être pas tant
et puis la cour brillait, alors dans l'après-midi ai pris le Kindle pour lire, après avoir vraiment beaucoup aimé, en leurs différences, les deux premières parties, Equation Euro le troisième et dernier texte, le plus directement politique et le plus récent, entrant dans Equation footbal de Joachim Séné publié par les Editions D-Fiction http://www.editions-d-fiction.com/equations-football/, ai enregistré la fin d'Equation Mondial parce que c'était le passage le plus facilement sécable, pour http://brigetoun.wordpress.com... et puis j'ai continué, quand les dernières traces de lumière ont abandonné la cour, avec le dernier numéro de Manière de voir consacré à l'Angleterre et au Brexit...
Juste ce qu'il fallait pour être de nouveau fermement et allègrement prête (il est urgent que je commence à m'améliorer en prévision de juillet) pour partir vers l'opéra et le dernier concert symphonique de la saison.
Avec, en première partie, en création, un Ave Maria d'une certaine Sir Alice, dont je l'avoue je ne connaissais pas l'existence, comme ne savais rien d'elle, j'avais lu ce que je trouvais https://fr.wikipedia.org/wiki/Sir_Alice , j'avais choisi parmi les vidéos une des plus récentes, et écouté
et j'ai attendu de découvrir...
Dans le programme elle raconte Le 20 juin 2010, vers 8h30, j'ai été témoin du vol d'un coeur sacré de la cathédrale de Chartres. Il a été décroché d'une stalle pour m'être offert... et que trouvant dans le coeur un billet d'une femme s'adressant à la Vierge elle s'était senti coupable, l'avait mis dans une boite et s'était efforcé de l'oublier. Que plusieurs années plus tard, alors qu'elle était enceinte, dans une église italienne, elle est restée en arrêt devant une vierge, pas spécialement belle ni ancienne, mais que, touchée, elle a décidé d'écrire un Ave Maria et de rendre le coeur à la cathédrale. Histoire qu'elle nous a raconté simplement et joliment avant l'exécution, par l'orchestre et une mezzo (voix extraordinaire, qui sent les antiques musiques de notre Méditerranée, plutôt contralto d'ailleurs que mezzo, mais capable de monter très haut dans des moments lumineux, capable aussi de murmurer jusqu'à se noyer presque dans les cuivres, donnant l'impression de les soutenir, de devenir presque inaudible) Ani Sargsyan, mince jusqu'à la maigreur et comme brûlée, assistée ponctuellement par une soprano à la jolie voix fruitée et ronde, Jennifer Michel.
Et ce fut une très bonne surprise, parce qu'alors que je redoutais un peu une musique gentiment correcte, ou du néo-classique dépoussiéré, c'était quelque chose que je ne saurais décrire, mais plutôt fort, complexe et que j'ai sincèrement beaucoup aimé.
Et puis, après l'entracte, l'oeuvre phare du concert, celle que la plupart, moi aussi d'ailleurs, venaient entendre, le Requiem de Mozart, avec le choeur au grand complet (58 je les ai comptés), un soprano, de nouveau Jennifer Michel, une bonne mezzo plus classique Sarah Laulan, un bon ténor (ce que je dis rarement...) Olivier Dumait et une basse Renaud Delaigue.

Et ma foi, le choeur, l'orchestre, le chef et le public étaient très heureux.