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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, octobre 18, 2026

Rien que le rite

 


Un ciel bleu forçant au fil des heures, un air où s’ébrouait une idée de vent hésitant à se lever, une température encre modérément fraiche (avant le froid dimanche qui va entretenir mon rhume et ma toux, cent grammes perdus par carcasse malgré mes efforts…  j’ai sorti un pyjama en finette écossaise bleu et rouge, ai lavé pyjama de coton à fleurs (taille douze ans) un torchon, le petit linge, enfoncé la cloche de laine sur mes cheveux, mis en bandoulière sur la veste en jean un petit sac en ficelle tressée, pris en main ma canne et le petit filet contenant un sac pliable



et m’en suis allée vers la rue Carnot 



et le début du marché qui tient de moins en moins de place, nez et yeux fureteurs



jusqu’à la place des Carmes où j’ai pu capter six photos de fleurs sans originalité 



avant de revenir sur mes pas et de tourner vers les halles achetant au passage un cookie au chocolat et un cookie à la pistache



J’ai pris deux photos de petits pots de fleurs devant les halles où j’ai acheté du poulet en sauce, des légumes sautés et du riz cantonais chez les chinoises et, chez l’italien qui n’avait plus de gratin de légume à moi autorisé, du fenouil sauté, une barquette de lasagnes d’aubergine, une de lasagnes de légumes variés et une portion de risotto aux cèpes…



Retour vers l’antre en passant par la place de l’horloge espérant rejoindre les manifestants pour les dernières centaines de mètres jusqu’à la place du Palais mais ils étaient en avance sur moi…

samedi, octobre 17, 2026

Circuit matinal et opéra dans la nuit

 


Un ciel si voilé qu’il est nié, un air un peu plus que tiède et presqu’immobile, cents grammes conquis par carcasse de haute lutte, je suis allée jeter un sac d’ordures aux remparts 




et j’ai continué vers le Carrefour de la rue de la République

 


d’où je suis revenue avec un petit gratin dauphinois, un cookie à la vanille et des petits blinis pour lundi matin (ainsi qu’une boite de cigarillos achetés en face, dans des rues qui commençaient à s’animer grâce à des touristes qui regardaient avec un certain détachement ce qu’on leur désignait



Dans la nuit qui s'installait, je me suis changée (inaugurant mes petites chaussures noires) pour grimper au troisième balcon de l’opéra et me préparer à assister pendant trois heures vingt (environ) aux quatre actes d’« Aïda » de Verdi sous le direction de Debora Waldman, dans une mise en scène de Frédéric Roels et une chorégraphie de Martin Harriague (pour le ballet de l’opéra), interprété par l’Orchestre national Avignon-Provene  avec le choeur de l’Opéra du Grand Avignon renforcé par le choeur de l’opéra national de Montpellier-Occitanie, Claire de Monteil (Aïda), Eduardo Aladrén (Radamès), Marie Gautrot (Amneris), David Vartan (Amonasro), Nika Guliashvili (Ramfis), Jacques-Greg Belobo (Il Re), Aurélie Jariave (Prétresse) et Julien Desplantes (un messager)




Je reprends la présentation qui est faite du spectacle sur le site de l’Opéra

Un monde de pierre, de ciel et de sable. Une société militaire et religieuse qui écrase les corps et les désirs. Au cœur de cet univers immobile, quatre figures se débattent : une princesse toute-puissante mais prisonnière de son rang, une esclave amoureuse condamnée au silence, un héros divisé entre gloire et amour, et un père déchu prêt à tout pour survivre. Aida n’est pas un opéra du triomphe : c’est une tragédie de l’enfermement.

Derrière les apparats du pouvoir, Verdi compose une œuvre intime, tendue, où l’amour ne peut exister qu’en fuite ou en rêve. Aida ne désire qu’un ailleurs, une terre verte loin de l’aridité et de la guerre ; Radamès rêve d’un pouvoir qui le libérerait, mais il doit pour l’obtenir détruire le monde de celle qu’il aime. Tous aspirent à la liberté, aucun ne peut la conquérir.

Ici, pas d’Égypte monumentale ni de reconstitution spectaculaire. La mise en scène de Frédéric Roels traverse le temps et fait résonner l’œuvre avec notre présent. La pierre façonne l’espace, tour à tour refuge, mur ou tombe, tandis que le chœur forme une foule compacte, témoin indifférent des drames individuels. Aida parle d’amour sous pression, de pouvoir qui écrase, et de rêves impossibles dans un monde fermé. Une œuvre de plus de 150 ans, mais profondément actuelle, où l’espoir ne survit que dans l’idée d’un ailleurs.

En introduction après quelques mots du directeur le rideau noir devant lequel il parlait s’est ouvert révélant devant le rideau rouge une délégation du personnel de l’opéra (machinistes, quelques petites mains accessoiristes, costumiers, et plus obscurs encore personnel de l’administration) des figurants aussi, à l’initiative de la CFDT spectacle dont le représentant nous a indiqué que le personnel de l’opérateur était en grève pour une durée indéterminée à partir de ce soir (salaires, matériel à renouveler, départs non remplacés, etc…) mais que bien entendu nous avions droit au spectacle que nous attendions avec comme signe de cette grève une idée épatante : le rideau restant ouvert entre les différents actes ou modification du décor, leur travail s’effectuant devant nous dans une semi-pénombre ce dont j’ai profité pour prendre quelques photos.



J’aime Verdi mais c’était ma première Aïda et bien entendu c’était bonheur, même si je n’aimais pas vraiment quelques voix de chanteurs, mais il y avait les femmes, Verdi et l’importance des choeurs qui eux rit très très bons. Bien aimé aussi le décor à géométrie variable et la mise en scène et les ballets qui recouraient à la géométrie dans les déplacements.


vendredi, octobre 16, 2026

Charroi et théâtre


 Un ciel couvert pour ce jeudi, une température légèrement ai dessus de la moyenne des années précédentes à Avignon et un poids de carcasse inchangé malgré mes efforts… Sur l’orange de la cour, parmi les salissures de la cour à l’heure du petit déjeuner une plume d’assez bonne taille dont j’ai capté l’image en pensant à une amie qui les collectionne


Ai enfoui mes cheveux dans la cloche en laine, ai mis dans la poche de ma longue veste en jean, ai hissé sur mon épaule le sac contenant les deux draps que venais d’enlever en refaisant mon lit (avec un effort compliqué par le drap housse gris très clair de popeline acheté l’autre jour qui cette fois est bien destiné à un lit une place mais avec un matelas nettement plus épais et plus long que le mien… je désespère, sourire), suis sortie vers dix heures vingt sous ce ciel morne



et m’en suis allée dans les rues peu animées vers la blanchisserie/teinturerie.



Avec les draps propres dans mon sac je suis revenue en revenant par la rue des Marchands et le magasin U où j’ai acheté deux paquets de crevettes (sans regarder les dates.. je vais devoir les manger assez vite) un petit cookie et un plat de rigatone, petits morceaux de poulet grillé et sauce tomate à réchauffer dans les prochains jours dans son écuelle… la place de l’horloge, la rue Saint Agricol avec un arrêt chez La Tropézienne pour un plat à réchauffer à midi de longues et larges tagliatelle et de trop gros bouts de blancs de poulet en sauce crème que j’ai eu toutes les peines du monde à absorber à midi… une lourde sieste, la vie tranquille. 




Me suis changée (une robe bleue et la veste) et suis partie à temps pour être un peu avant vingt heures au théâtre des Halles pour assister à « Ma pensée creuse » de Cécile Raulet-Descombey et Kristina Chaumont (interprété par elles et Loïc Renard)



Sous une image de la petite vidéo de présentation figurant sur le site, je reprends la présentation qui est faite de cette pièce

Ma pensée creuse explore cet acte si curieux que l’on appelle penser. Trois êtres se débattent avec la place dévorante que mémoire et pensée occupent chez eux, dans une existence travaillée par la fin et la trace. Et si un jour je n’arrivais plus à penser ? Comment faire confiance à mon cerveau et à ses chemins ? L’oubli n’est-il qu’un ennemi ? Comment ne pas être en lutte contre le temps ? Ces trois chercheurs clownesques, pas sérieux, passionnés et bancals embarquent les spectateurs dans l’aventure de leur quête de sens, leurs épiphanies et leurs fausses routes. La pièce célèbre la pensée qui naît du corps et de l’émotion, celle qui fait la part belle au déséquilibre pour défendre la poésie de l’altérité et du temps qui passe.



Il y a Barthes, Nietsche, Deleuze, il y a une chercheuse, une actrice, un acteur/danseur, il y a une plateau recouvert de bandes de papier blanc, des livres en pile, deux tables, une poubelle, des filins permettant de bouger , faire monter les objets, il y a une petite spirale comme la pensée qui doit avancer mais pas en ligne droite, il y a un panneau disant le pansement théâtral, il y a un peu de bouffon,, une catastrophe, un peu de fumigène, il y a « c’est pas mal du tout »… il y a ce qui n’est pas dit et qui planait dans mon crâne : qu’importe nous ne sommes pas sensés penser, comme les autres ou individuellement, il y a l’ia et la société n’en demande pas plus.