mardi, décembre 06, 2016

Quelques pas en ville

durs glaçons pendus
sur les têtes et sapins
attendent mistral

mais ce n'était que souffles imperceptibles dans les hauteurs et lente contamination par des bosses grises et blanches du bleu timide.

lundi, décembre 05, 2016

Dimanche calme et chanteurs

jour de lumière et de calme
en attendant,  le soir,
de monter vers l'opéra pour écouter Philippe Katerine, puisque j'avais repéré son passage parmi les spectacles de variété ou d'«humour» qui ne me tentent pas
et ma foi ce fut plaisir
curiosité aussi, de découvrir (bon je suis petite vieille ignorante) en première partie Nicolas Michaux, plaisir légèrement moindre parce qu'une habitude de la scène encore récente, des chansons gentillettes, mais surtout à partir de la troisième de la bonne musique,
ceci que j'avais écouté avant de partir
un entracte un poil longuet (même si un groupe de petits garçons, qui ensuite reprendront en sourdine, des admirateurs de Katerine, étaient assez réjouissants, spontanés et drôles sans excitation)
et puis près de deux heures de Katerine, la gentillesse acide, le goût de l'absurde, la provocation gentille, un agréable usage des blancs, et un peu trop de goût pour la manipulation du public conquis, en le provoquant avec une insistance un peu appuyée
une agréable soirée (mais tout de même puisqu'il fallait qu'un week-end soit consacré à Grignan, ne sais pas si je n'aurais pas préféré sacrifier le spectacle des Halles vendredi et cette représentation au programme de la semaine prochaine : la création de Haydn vendredi, une pièce que je ne connais pas de Kateb Yacine samedi et un concert Rameau dimanche après-midi... enfin tant pis)

dimanche, décembre 04, 2016

à côté

jour de réveil tardif
jour de méditations, de pensées légères qui échappent à la poursuite, de pensées qui s'effondrent, qui galopent, de pages noircies que l'on abandonne, d'application et d'absences
jour de rien et de sentiment de presque plénitude.


À côté d'une oeuvre d'Alexandra Giacobazzi massacrée http://www.alexandragiacobazzi.fr/alexandra/Accueil.html

samedi, décembre 03, 2016

Juste clouée au sol

jour de rien, de ménage, de page blanche contemplée
et puis de départ dans la nuit fraîche, les rues d'Avignon qui cette année ont opté pour une sobriété louable et chic, si ce n'est que c'est parfois un rien maigrelet et hors d'échelle...
vers le théâtre des Halles, un spectacle qui me laissait un peu sceptique, du moins quand j'ai lu sur le site du théâtre
(photo, comme la suivante, de Marina Raurell, pour les Déchargeurs/Le Pôle Diffusion) provenant dudit site
Cette femme pilote qui n’a pas de nom, qui s’est construite à force de courage et de volonté pour assouvir sa passion : pilote de chasse dans l’US Air force. Une rencontre de hasard, une grossesse accidentelle, mais acceptée avec joie. Puis l’appel du ciel qui se fait de plus en plus irrésistible. Mais quand elle se présente pour reprendre du service, c’est un drone qu’elle devra désormais piloter à partir d’une base située à Las Vegas. La réalité de la guerre est bien là et malgré le danger de mort écarté, la frontière qui sépare sa vie de famille et la guerre devient de plus en plus poreuse pour finir par se confondre.
parce que cela faisait vraiment sujet tellement en or qu'artificiel, un peu comme les films à Oscar.. mais ma foi la difficulté de tuer, et de tuer artificiellement en quelque sorte.. c'était un bon thème, et puis surtout il y avait le fait qu'Alain Timar et son équipe font généralement de bons choix.

et puis ceci, sur le site du Centre Antoine Vittez (à la Chartreuse où l'équipe a été en résidence pour préparer le spectacle)
Peut-être que si l'on observe sans relâche, on ne peut plus cesser de voir ; peut-être est-on à son tour surveillé par un œil supérieur. Plongée dans le gris de l'écran à longueur de journée, ce gris qui efface la réalité, elle en vient néanmoins à retrouver les sensations fortes. Sa première frappe sur un groupe de terroristes lui procure les mêmes poussées d'adrénaline, la même excitation, que lorsqu'elle volait dans le bleu. Mais la guerre c'est la guerre et celle-ci, malgré le mythe du risque zéro, danger de mort écarté, s'avère plus dévastatrice pour la pilote que l'autre, la vraie.

Alors retrouver l'ambiance agréable du théâtre, boire un très bon, chaud et nourrissant chocolat au lait de coco et me préparer à voir Pauline Bayle dans cette production des Déchargeurs, un texte de George Brant, traduit par Dominique Hollier et mis en scène de Gilles
et ma foi malgré un ou deux dodelinement de la tête (je ne m'améliore pas) apprécier le ton neutre, décidé, de la jeune femme heureuse d'être dans le bleu, heureuse aussi ou s'en persuadant de détruire ces salauds, les phrases courtes presque plates, la même tranquillité, constatation, acceptation pour accepter l'amour et l'enfant, et même l'étonnement de ces vols sans bleu, dans du ciment, devant du sable gris et les couleurs qui ne sont là que quand il y a vie et donc chaleur, et puis peu à peu une fermeté qui s'effrite, se disloque pour en arriver après une excitation, une révolte sans cris outranciers, la fêlure suffit, à la voix blanche de la fin.
Et retour dans les rues plus ou moins obscures (pas de faux sapins à guirlandes lumineuses dans les rues commerçantes cette année mais des trucs opaques, comme de gros glaçons en faux métal accrochés et se balançant sous les lanternes)
Je regrette tout de même de manquer, parce que serai à Grignan (même si cela sera plaisir) le prochain spectacle le cadavre encerclé de Kateb Yacine, comme le concert Rameau du lendemain... tant pis.

vendredi, décembre 02, 2016

Jour amélioré et un souvenir copié

carcasse prétendait me gâcher ma journée, ai renoncé à un trajet teinturier, suis restée dans mon cocon en la cocotant, et comme elle commençait à s'amadouer le facteur est venu l'orner de deux surprises, le numéro 1 de la belle revue La Piscine https://revuelapiscine.com (plaisir d'autant plus grand que j'avais oublié que je l'avais finalement commandée et me promettais de le faire dès que j'aurais ma nouvelle carte bleue) et, surprise plus grande encore puisque le délai qui m'avait été indiqué était au moins du double, une lettre annonçant l'arrivée à la banque de la dite nouvelle carte.
Ai déjeuné, fait un profond sieston pour finir de peaufiner ma forme, et m'en suis allée, si couverte – bien trop – que j'étais petite boule sur jambes, prendre possession de ce truc devenu quasi indispensable, dans les rues qui souriaient, de la splendeur nouvelle d'un arbre local à la parure d'un arbre importé.
J'ai commencé à mettre le nez dans la piscine, et pendant ce temps reprends une silhouette de naïade (oeuvre d'Anne Duval) et le portrait, publié il y a quelque temps par les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com, qu'elle m'avait inspiré
Le souvenir
Elle était vieille de trop d'années.
Elle était forte, grande, impériale.
Elle était large, solennelle.
Elle était mesurée dans ses paroles, ses gestes.
Elle était l'autorité silencieuse.
Elle avait des douceurs accueillies comme des grâces.
Elle avait des sourires calmes et minces que chacun guettait.
Elle avait des silences, visage raide, qui étaient condamnations.
Elle avait de rares mots d'esprit qui étaient redoutés.
Elle ne disait pas je veux.
N'en avait pas besoin.
Elle ne disait pas je voudrais.
On supposait qu'elle n'en avait plus besoin.
Elle était l'ancêtre impérieuse, la survivante.
Mais elle mettait plus de malice que de causticité dans ses remarques.
Mais elle consolait ceux qu'elle avait rudoyés quand ils étaient seuls..
Mais elle avait le matin des yeux de jeune fille enthousiaste.
Mais elle laissait tomber légèrement ses épaules, le soir, et s'entourait d'une brume de rêve.
Mais il y avait, remisé dans un couloir, et cependant présent pour qui voulait le voir, ce portrait qu'en tordant un fil de fer il avait fait d'elle dans leurs jeunesses.
Nous nous en souvenions,
nous la regardions et écoutions avec un sourire intérieur,
nous allions notre chemin et nous lui pardonnions.


jeudi, décembre 01, 2016

jour de chance

jour de lumière bleue – jour que j'aurais trouvé glacial il y a peu, qui ne l'était pas tant – jour où, parce que l'amour a des exigences, j'ai décidé d'aller contre ma décision de ne plus jamais tenter de poster un paquet, après l'épuisante expérience il y a quelque temps – et où m'en suis allée, munie d'un sac de petits vêtements premier âge et d'un châle de fin lainage et belle étiquette le long de la rue Joseph Vernet jusqu'à la grande poste
jour où me suis trouvée seule pour faire une queue inexistante face à trois jeunes filles et deux jeunes gars aux petits soins (ne m'ont pas servi un petit déjeuner mais c'était tout juste)
Et pleine de cette certitude que j'étais dans un jour de chance, suis sortie pour tomber en pleine foire Saint André.
Comme malheureusement il n'y a plus de chevaux ai cherché les poules pour un échange de contemplations (ou une tentative, ces sacrés volatiles opposant une versatilité indifférente à mon admiration attentive - me vêtirais bien de plumes mousseuses)
et puis j'ai flâné (enfin un peu) entre les rangées de doudounes, de robes de laine, de chandails, de ceintures, casseroles et autres objets auxquels il m'était facile de renoncer.
ai tout de même acheté une superbe coupelle pour me servir de trop grand cendrier, décoré par la main de la femme du marchand (curieusement elle se livre à cette activité en Espagne et pourtant ils n'avaient pas l'accent) et pour cinq euros un foulard-chèche pour l'entortiller autour de mon cou quand un petit cafard le gèle.
Et comme c'était un jour de chance, après ces dépenses somptuaires, sur le chemin du retour, à Monoprix où j'étais entrée pour des serviettes en papier, des amuses-dents à la tomate et un petit classeur souple suis tombée sur une éditrice, coureuse etc... avignonnaise pleine d'esprit et de talents.. avons prévu de, si possible, faire route ensemble pour une fête dans le Lubéron en janvier, et je l'ai chargée de féliciter de ma part le jeune chanteur repéré hier, qu'elle hébergeait ces jours-ci.
M'en suis revenue guillerette par la place de l'horloge où Noël commence à s'installer et suis rentrée dans l'antre batailler en douceur avec carcasse (décidée à se rappeler à mon souvenir sans grande agressivité, juste pour m'occuper). 

mardi, novembre 29, 2016

Attendre le soir et la musique

Le ciel hésite
fusées d'espoir bleu
menace à l'horizon
un petit marché sage
patates, poires, rouget
Dans l'attente du soir et du plaisir espéré, de Katia Kabanova, un opéra de Janacek que n'ai jamais entendu (ne connais – n'ai chance d'avoir entendu que Jenufa, la petite renarde, l'affaire Makropoulos à travers des enregistrements comme le journal d'un disparu et un êu de musique de chambre), j'ai découvert à l'heure du thé, http://www.operagrandavignon.fr/spectacles/katia-kabanova/ une série de courtes vidéos intitulées billet de service, produites par l'opéra d'Avignon
évoquant en neuf étapes (ne vous les inflige pas, mais cous priiez y trouver même plaisir et intérêt que moi en suivant les liens les différents métiers qui oeuvrent à l'opéra, et les étapes de l'adaptation au lieu, aux nouveaux interprètes de cette coproduction entre les opéras de Toulon et d'Avignon, dans une mise en scène de Nadine Duffaut, des décors d'Emmanuelle Favre, des costumes de Danièle Barraud et des lumières de Jacques Chatelet, et pour me confirmer dans mon attente, j'ai trouvé aussi un extrait de la représentation à Toulon (en janvier 2015 je crois) avec la même Katia, Christina Carvin, avec sa voix, sa beauté et cette gaucherie presqu'enfantine (un des deux rôles qui ont gardé même interprète avec Kouliguine chanté par Sébastien Lemoine)
et ces phrases de Christina Carvin parlant de cette prise de rôle
On l’a dit un peu folle, schozophrénique, voire hystérique. Mais folle elle ne l’est pas, elle le devient, notamment en réaction à la rigidité de sa communauté. Il y a en elle une forme de bovarisme et donc une volonté de se créer un monde imaginaire. Sur ces points je me suis trouvée tout à fait en accord avec Nadine Duffaut et nous avons pu creuser ensemble quelques-uns de ces traits. Il est question de montrer sur scène cette dualité, de relief qui fait passer le personnage de Katia d’une émotion à une autre, son conflit intérieur comme celui qu’elle entretient avec la communauté....
La partition en soi est compliquée avec des changements de mesures constants. Il faut énormément de concentration. Mais pour moi c’est un chant très organique, grâce à une tessiture assez longue et le soutien d’une orchestration omniprésente..
Nuit fraiche, l'attente un rien frissonnante pour franchir le contrôle sécuritaire, aimable, détendu, souriant, mais créant une petite file d'attente dans le vide de la place.
Et ma foi le plaisir était là, plaisir de la musique de Janacek, inclassable, expressive, de notre orchestre dirigé ce soir par Jean-Yves Oissonce, du choeur, de la mise en scène sobre, évidente, du décor, de cette vidéo qui fait couler pendant l'ouverture, sur le plateau et son petit ressaut l'eau de la Volga, comme une poussière humide, du fond blanc, pas tout à fait plan, de la passerelle visible sans s'imposer et qui descend, portant quelques meubles, se poser sur le plateau et sa marche pour les scènes d'intérieur, de la nudité le reste du temps... de la voix et du jeu de Christina Carvin dans l'écrasant rôle titre, de la très bonne incarnation de la très odieuse belle mère par Marie-Ange Todorovitch, des impeccables rôles masculins
(avec un petit salut à la fantaisie discrète, la silhouette juvénile de Kuldriach (Julien Dron – 4ème rôle masculin, - celui qui s'incline ci-dessus)
et la réussite dans le rôle de la joyeuse Varvara (le troisième, mais de peu) de notre habituée Ludivine Gombert (la petite silhouette bleue)
longs applaudissements
et retour dans la nuit presque douce.

Lundi matin

Cernée enclose
une piètre idée de joie
sur notre place
sur le ciel bleu dur
les feuillages d'or rougi
s'attardent un instant
et Brigetoun a cherché en vain dans l'Evangile une allusion au mariage (hors le fait qu'il est prudent de prévoir assez de boisson – pour le reste et la fidélité il faut attendre Paul et Pierre), une allusion au sexe, une condamnation des filles de joie, un refus de l'impôt (bien au contraire «rendre à César...»), et s'interroge sur les valeurs chrétiennes que certains revendiquent (devraient relire les béatitudes pour éviter d'être davantage pharisiens que disciples) – bon, suis en dehors, mais j'ai reçu une éducation religieuse qui ne mettait pas les Valeurs dans le même ordre.