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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, septembre 21, 2006

Christian Jacomino dit en commentaire qu'en lisant Philippe de Jonkheere, il a parfois presque peur. Pour moi, il ne s'agit pas d'une peur, mais, sur certains billets, d'une crainte irrationnelle de briser cette énonciation de la pensée ou des sensations que l'on dirait en train de s'écrire, alors qu'il me semble qu'elle est très maitrisée, retravaillée, pour arriver à cette évidence, cette simplicité. Qu'il est parfaitement invraisemblable que la lecture puisse avoir la moindre influence sur le texte écrit qui est devant mes yeux. Impression d'une intimité suffisamment transcendée par l'écriture pour être supportable.
Un peu envieuse aussi de cette audace (ne vous trompez pas sur ce mot, vous les éventuels passants, il ne s'agit pas de ce que l'on considère dans notre monde de matérialité intense comme audace), parce que si je n'ornais pas (sans doute trop, trop pour mon goût) avec du soleil, des oliviers ou autres, que par ailleurs j'aime, et qui, quand je les pose sur l'écran à défaut de la feuille, m'attirent vers eux, me font sentir leur chaleur, ou le piquant de l'air qui perce maintenant que l'été nous quitte, ou leur contact et leur odeur, bon si je me passais d'eux, le vide qui règne immensément, totalement, sur ma perception du monde pourrait faire peur, me faire peur.
Et, dans mes allers et venues mercredi matin, essayant de me donner l'ordre de sortir, ce que je n'ai fait que l'après midi, je feuilletais et entre autres deux tous petits livres d'Allia, d'où
une constatation de Pio Rossi qui, pour dater du 17ème siècle, me semble toujours d'actualité (Dictionnaire du mensonge) : Apparence : ...Souvent la mer recouvre de ses vagues tranquilles une orageuse tempête. Sous des montagnes de neige, brûle et flamboie d'Etna. Sous un visage bénin se dissimulent dédain et colère. Et qui aurait jamais pensé que d'épines sortiraient les roses ? ...
Souvent, le fruit le plus rouge, le plus beau, le plus mûr est moins sain que les autres...
Artifice,Art, ... Quand on veut paraître ce que l'on n'est pas, si l'on veut y réussir pleinement, il faut le faire comme en passant.
et chez Musil (de la bêtise), ceci qui date de 1937
On parle beaucoup aujourd'hui d'une crise de confiance de l'humanisme, d'une crise qui menacerait la confiance que l'on a mise en l'homme jusqu'ici ; on pourrait parler aussi d'une sorte de panique sur le point de succéder à l'assurance où nous étions de pouvoir mener notre barque sous le signe de la liberté et de la raison... Mais comment se former une notion, même partielle, de la bêtise quand vacillent celles d'entendement et de sagesse ? A quel point les conceptions changent avec le temps, permettez-moi de vous en donner le petit exemple que voici : dans un manuel de psychiatrie naguère bien connu, à la question : "Qu'est-ce que la justice ?", la réponse suivante : 'C'est que l'autre soit puni !" était citée comme un exemple d'imbécillité notoire...
Mais rien n'est plus bête qu'une gravité hors de propos. Mea culpa (quoique gravité ?). Je vais faire en dînant une cure de Wodehouse.. et la beauté des arbres, le goût d'un poisson (ah non zut, morue), l'extrème bleu de notre ciel hier et peut-être demain... bonjour Posted by Picasa