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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, avril 16, 2024

Bouquinistes et libraires - poème du jour

 



En savourant la dernière petite cuillère d’un pot de confiture de pastèque me demandais que faire de ce jour, regardant le tas de repassage et pensant que n’avais pas encore sorti de tenue d’été renâclais, dans le souvenir des robes d’été croisées dimanche je regardais tout ce qui devait leur faire place dans la penderie… et en ai trouvé une qui n’avait pas aux premiers froids rejoint ce qui dort, en petite pagaille brigetounienne dans les housses, l’ai bravement enfilée, mais sur un collant noir épais et sous un chandail… ce dont me suis félicitée quand, décidant que la petite heure de marche mettrait mon crâne en mouvement, suis sortie pour trouver un ciel qui n’avait plus que quelques zones bleues, une lumière absente, un petit air frisquet…



Au fil des pas me suis ragaillardie, ai cru voir le bleu s’étendre et comme je pensais Paumée la barbe, pas d’idée, vais paresseusement recourir à ma contribution au #2 de l’atelier de tiers livre, comme il s’agissait de librairies, bibliothèques ou bouquinistes, enfin des endroits où trouver pitance littéraire et que je voyais s’ouvrir la rue Carnot avec le bouquiniste (fermé bien entendu.. comme un lundi… d’ailleurs n’y suis jamais entrée, tête tournant à l’idée de de progresser dans ce boyau entre livres pressés les uns contre les autres… débordant en petits cartons posés au sol devant la vitrine pour livres donnés ou soldés à un euro) sauvé par une pétition lorsqu’on a retapé la rue, ai décidé de cueillir images de ce que rencontrais en chemin




à commencer, juste un peu plus loin par la Mémoire du monde…. (j’en parle)




place Saint  Jean le Vieux le bleu régnait presque.. ai continué logiquement par la rue du Vieux Sextier et la Comédie humaine que je redoute un peu parce que lorsque je cherche un livre que bien entendu ils n’ont pas et que je commande dois lutter contre la tentation de circuler et prendre, ce qui se reproduit chaque fois que je passe voir si ma commande est arrivée… parce que non je ne dois pas en ajouter sauf besoin pressant…




Ai enfilé juste après la rue ds Fourbisseurs, passant devant un bouquiniste ouvert et sans intérêt contrairement à Mémoires qui, lorsqu’il est ouvert a, contre le mur d’en face, une table chargée de tentations abordables.




Place Sant Didier, n’ai pas fait le détour par la Médiathèque Cccano, ai continué jusqu’aux Lices, découvrant en passant une librairie d’ancien que n’avais jamais remarqué… librairie  qui ne s’affiche pas ainsi, une étiquette collée sur la porte vitrée indique « Librairie Près de la Fontine, livres anciens et d’occasion, les horaires des quatre jours où « sauf exception » elle est ouverte.


Et après cette trop longue tartine je recopie donc ma trop longue contribution


Caresser et acheter livres


Pourquoi pas vraiment librairies familières

Je pousse très très rarement la porte d’une librairie. Timidité ou refus instinctif de laisser quelqu’un se glisser dans l’intimité de ma rencontre avec un livre. Grand respect à priori pour les libraires les sachants les gardiens mais certitude | me connais ou du moins me connaissais puisque je me corrige | que tout conseil me dissuade. Mais suis attirée par les tables posées devant leurs portes, surtout si elles sont couvertes de livres de poche…. N’étais pas concernée ou ne me sentais pas concernée par la nouveauté; En vérité ne le suis toujours as réellement, me borne à la sympathie pour ceux qui le sont, et parfois à l’amitié curieuse. M’attiraient aussi les tables et rayonnages des librairies de musée (mes livres Beaubourg surtout et des catalogues de la Collection Lambert), du théâtre de la Colline et de la Maison de la Poésie ou les boites des bouquinistes, ces endroits où j’étais certaine d’avoir la paix. Depuis une quinzaine d’années, depuis Avignon ma principale librairie est internet, Amazon le plus souvent pour les occasions, ou pour les livres que la conversation sur le web me donne (me donnait.. veux relire) le désir soudain d’aller voir ce que recouvre tel titre, l’éditeur le plus souvent sûre que je suis que les libraires locaux ne les auront pas..


Un beau cadre

Des tables et vitrines pourtant où trouvais mon miel, occasion ou neuf, et livres de poche bien entendu, mais pas tout à fait ceux qu’on trouvait un peu partout, et sous la garde chaleureuse de belles reliures. Quand n’allais pas visiter les salles de Drouot à l’heure du déjeuner, ni ne m’amusais à dessiner sur l’écran de mon ordinateur, faisais un détour, sur mon chemin vers les galeries du Palais Royal où m’asseoir à la limite de la galerie, sur le sol, les jambes étendues devant moi au soleil du jardin, par la Galerie Vivienne et l’angle entre la branche venant de la rue du même nom et la longue galerie à trésors vers la rue du Faubourg Saint Honoré, fouiller dans les tables au fond, sous la verrière rectangulaire où ils étaient posés verticalement par ordre alphabétique avec juste assez de jeu pour qu’on « feuillette » les volumes en les ramenant vers soi à la découverte des Dickens ou des colloques littéraires chez 10/18 et dans une autre collection dont j’ai oublié le nom « Pauvre Belgique » de Baudelaire, Marivaux en romans, Restif de la Bretonne, d’autres… et la collection de l’Evolution de l’humanité |tous livres qui ont tranquillement pourri dans ma cave et que je regrette | avant de traverser la galerie et d’aller payer le butin du jour au libraire, penché sur des livres de comptes ou autres, à l’entrée de son antre peuplé de livres que je regardais respectueusement derrière les vitres de son local (internet me donne son nom : Jousseaume).


Bouquinistes

Il y avait | je vois sur Google-maps qu’il n’existe plus |près du théâtre de la Bastille l’antre si bourré que j’y entrais rarement me contentant de fouiller dans ce qui débordait sur le trottoir de la rue de la Roquette un merveilleux bouquiniste où j’ai trouvé du mauvais, de l’indifférent et deux recueils de dessins qui à tort ou raison me sont chers | il a son jumeau à Avignon au début de la rue Carnot mais qui sur le trottoir ne dépose que les livres qu’il offre ou solde à un euro | et bien entendu les boites des bouquinistes au début de ma promenade dominicale le long de la Seine, mais quand je voulais chercher des livres je traversais après m’être énervée près du Châtelet devant l’invasion des Poulbot, bérets, mugs tatoués Paris et tours Eiffel, et un grand hangar à livres près de Beaubourg au sous-sol duquel je marchais entre des piles de livres invendus d’où j’ai ramené quelques pépites qui n’existent plus qu’en vague souvenir dans un coin de ma mémoire assortis de souvenirs d’une ambiance souriante.


Une vraie

Pour le plaisir de côtoyer des livres, de fouiner un peu parmi les poches avant que je me laisse avec plaisir, au rebours de mes anciennes méfiances, guider dans mes désirs par les rencontres sur internet vers le besoin urgent de tel ou tel livre plus assurée d’avoir proximité de goût avec ceux qui le conseille que l’étais dans ma vie intérieure et parce que dans mon quartier avignonnais n’y avait que deux librairies d’anciens qui relevaient du rêve et qui ont disparues en même temps que les antiquaires pour faire place aux boutiques de mode déstructurée et onéreuse, ai découvert ici la Fnac | n’étais jamais entrée dans une de ses boutiques parisiennes | pour acheter ordinateurs successifs et appareils photo, ai dérivé vers leur rayon librairie consensuelle et m’en suis, avec petite honte, tenue à elle jusqu’à ce soir où  pour la présentation de deux livres édités par un couple devenu amical me suis retrouvée dans le groupe souriant assis au fond d’un librairie/couloir bellement nommée « la mémoire du Monde », soir qui fut suivi d’autres, où j’ai été conquise par la chaleur des échanges et la gentillesse du couple qui la tenait. Habitude prise de commencer par « y aller voir » avant de chercher où commander le livre pas trop banal que désirais ou pour flâner un peu, titiller ma résistance aux pulsions, échanger quelques mots avec cela ou celle installé.e devant son ordinateur dans l’entrée, et quand j’avais un livre trouvé ou venais chercher celui que j’avais commandé par leur entremise, en attendant qu’elle ou il puisse s’occuper de moi, fouiller dans le casier qui faisait face à leur recoin caisse/ordinateur de l’autre côté de la  porte d’entrée parmi les petits livres de poésie de toutes tailles et apparences… Sottement ai perdu l’habitude depuis qu’ils ont quitté Avignon il y a une dizaine d’années d’y passer, craignant de ne pas trouver la même sympathie pour les deux femmes qui ont pris leur suite et lorsque veux chercher ou commander un livre en « faisant travailler » un libraire j’ai pris un temps l’habitude de « la Comédie humaine » autre adresse avignonnaise qui a souvent une table dans les rencontres militantes auxquelles j’assiste mais ils n’ont quasiment jamais Le livre dont suis en quête, n’ai pas eu même attirance pour eux même s’ils sont charmants et leur belle et grande boutique claire anonymise pour moi les livres et ne leur permet pas d’envoyer les petits messages que m’adressaient ceux qui se pressaient de chaque côté du couloir central de la Mémoire du monde dans les rayonnages et sur les rangées de tables… Il me faut une librairie sombre où les livres prennent presque tout l’espace sous la garde de gentilles personnes pour lesquelles ai un semblant d’amitié.



Pour le poème du jour, je choisis un petit livre orange passant dans « le manchot » de Yannis Ritsos traduit par Gérard Pierrat dans un numéro de « Sud » de septembre 11985 que j’ai trouvé, je crois,  à la Maison de la Poésie d’Avignon avant qu’elle change de nom.

Quatre tables rondes, nues, en travers de la longue salle;

il y tombait une lumière grise, pluvieuse, par la véranda ;

près de la seconde table, l’an absent, presque hostile, était assis le manchot ;

sa main était toute rouge ; il tenait un petit livre orange

le point crucial, c’était qu’on ignorait tout de la suite.


Pardon imploré et félicitations reconnaissantes si etes arrivés jusqu'ici

lundi, avril 11, 2016

Dimanche bleu et la mer de Ritsos

haut le bleu calme
où ne court plus le mistral
l'air se fait tendre
lavage cheveux, aspirateur, cire, faubert
et longue plongée dans la beauté de la marche de l'océan de Yannis Ritsos (à travers la traduction d'Anne Personnaz du moins, le texte grec m'étant inacessible, me l'aurait été je pense même si une petite guerre avec une nonne professeur de latin ne m'avait privé de l'étude du grec ancien), dans la houle, la puissance, les sourires de la mer, sa pérennité, dans la peine et la colère aussi, qui n'est pas que celle des marins et des enfants grandis dans l'odeur de la mer. Troisième livre écrit (en 1939), sous la dicature de Metaxàs, après l'autodafé, devant les colonnes du temple de Zeus olympien, de son Epitaphios (plainte de la Vierge devant le corps de son fils) écrit après une répression sanglante, troisième livre adressé à l'idiotie de la censure.
Long poème qui commence par
Nocturne port
lumières noyées dans les eaux
visages sans mémoire et sans suite
éclairés par les projections passagères des navires lointains
et puis engloutis dans l'ombre du voyage
voiles obliques avec lampions du rêve suspendus
comme les grandes ailes fendues des anges qui ont péché
les soldats avec les casques
au milieu de la nuit et du charbon
des mains meurtris comme le pardon tard venu...
qui s'achève par
Soleil, soleil
qui teint de sang la mer
nu je m'abandonne à ta flamme
pour éclairer les yeux des hommes

Mes frères
écoutez votre voix, ma voix
écoutez le chant du soleil et de la mer.
La mer en son immensité de visages, d'humeurs ou de voix, la mer de l'enfance
Nous avions le jardin au bord de la mer.
Par les fenêtres glissait le ciel
et la mère assise
sur le tabouret bas
brodait la campagne du printemps..
la mer de la jeunesse
au dehors des fenêtres les douces notes de guitare de la brise
le visage lumineux de l'éclaircie
dans la mémoire blanche de l'été
avec un faisceau mauve d'ombre
oblique sur la joue veloutée
et dans le lyrisme, le souffle du poème, passent l'attente de Laërte et l'arrivée d'Ulysse
comme il arrivait nu de la mer
doré des eaux d'aurore
vigueur dressée dessinée dans le cadre du soleil
et passent, même aux temps de l'enfance, les adieux
avec des petits caïques en bois
dans les anses bleues
qui avaient la senteur des adieux
la descente du jour, en écrivant au sang les horizons et le souvenir
les navires perdus, les attentes des femmes, le poids de la religion, l'appel de la mer
Demain nous déracinerons les croix
du cimetière marin
pour chantourner des barques d'enfant
pour tailler dans les stèles funéraires
des statuettes de la beauté et de la mer

les ports, les fonds de ports la nuit, les filles, et tous ceux qui manquent
Accablé à en mourir
je vois le ciel désert
et je salue un grand nuage
et je suis comme un petit agneau chagrin
qu'on a abandonné seul..
l'exil loin de la mère, de la mer
Petits enfants silencieux et surpris
aux cils salés
nous passons apeurés dans les grandes cités
au pied des hôpitaux à l'odeur de sommeil et de sueur…
et tant et tant de choses.. amenées, reparties, avec l'océan et la vie.
Cueillis :
la tendre sagesse des larmes - les parades d'astres dans la mémoire de mouettes endormies – le vent qui crucifiait / les ailes sensuelles des oiseaux – le vêtement bleu ciel de la prière - les yeux doux des oiseaux – le son paisible du reflux de l'eau / pas assourdis des pécheurs dans le sable / dans les barques dorment les enfants – l'odeur du sperme du dieu qui veille – le ravissement de la nuit / où les enfants pèchent les étoiles / dans des caïques tout blancs -
et
nous, beaux et insoumis
à jamais nous voyagerons
là-bas, dans les forêts argentées de la lune...
sans connaître dieu
sans trouver dieu
ou
Des captifs attachés aux ancres
dans la lueur écarlate
un anneau
serré au cou de l'horizon... etc...

mercredi, août 29, 2007

Comment dit on « je ne sais quoi dire » en grec ?
Pauvres de vous, comment survivrez-vous ? Est il inévitable que les montagnes, collines et campagnes deviennent des déserts… avant l’installation de beaux villages de vacance ?
Pan, même si on a prétendu il y a longtemps déjà qu’il était mort, et les dernières dryades pleureront-ils leurs compagnons humains ? Les grands dieux n’ont-ils pas été gavés de libations ? Je vais faire une offrande de miel à mon bébé olivier.
Et j’y ajoute un petit lamento et un petit pansement de Yannis Ritsos
« Marcher, encore marcher, des pierres, des poutres, un arbre calciné.Il posa par terre sa lanterne ; le pain sur la buche.
… Il n’y a pas de terre là-haut L’herbe n’y pousse pas ….
»
et
« Ne pleure pas sur la Grèce,
Quand on croit qu’elle va fléchir,
Le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour
harponner la bête avec le trident du soleil ».
Vrai ?
Photos prises sur le site du Soir http://www.lesoir.be/
et un grand merci à Marie.l

mardi, août 01, 2006


trois vierges sur mon chemin, lundi matin.
Sur le site du Monde, outre les doctes considérations sur les positions des "membres de la communauté internationale" à propos de Cana, l'indignation d'un moment devant le dopage et le compte-rendu de la conférence de presse de Villepin dans l'indifférence générale, j'ai trouvé les textes que fait paraître de Tabucchi, délectation un rien morose entre le plaisir de la lecture et la navrante justesse du constat sur notre monde.

Et dimanche, chez un bouquiniste qui remballait devant le Syndicat d'initiative, j ai trouvé, pour deux euros, un exemplaire pas trop défraîchi d'un numéro de Sud de septembre 1985, autour de Yannis Ritsos, qui a occupé ma soirée. Neuf éclairages différents, plus ou moins personnels, sur l'engagement, l'attachement à une réalité qui devient étrangeté, l'utilisation de la mythologie et de la littérature ancienne etc... et j'ai noté deux poèmes, assez distancés de ces images et pleins de blancheur et de calme apparent.
Posted by PicasaBlancheur
Il posa sa main sur la page

pour ne pas voir la feuille blanche.
Et il vit dessus sa main nue. Alors
il ferma aussi les deux yeux, et en entendit
monter en lui, ensevelie
la ténébreuse, l'indescriptible blancheur. (à Léros, le 10 XI 67, dans "le mur dans le miroir")
Le jour se lève
Profondeur terrestre, et sombre jusqu'au bout. Une seule fenêtre éclairée - un grand diamant vert dérobé. Le ciel tout blanc, tout nu. O secret lever du jour - dit-il - peau blanche et mouchetée avec des pores rouges ; rêve, rêve cicatrisé, ta cicatrice plus blanche à notre tempe. Dans "le lointain", traduit pour la revue.