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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, juillet 08, 2019

Avignon – jour 3 - deux petits in le matin, deux off l'après-midi

second réveil à six heures aux sons de grognements vagabondant dans le ciel et d'une courte et forte averse de grêlons
départ sous le ciel que le bleu gagnait, longeant des murs dégarnis, marchant sur une bouillie de papier et carton, croyant sentir petite liesse et encourageant ceux qui entreprenaient de remplir les vides des murs d'affiche (une bourrasque de vent et courte averse en début d'après-midi aura raison de ce qui n'es pas fixé en partie haute et partie basse) 
vers le Lycée Saint Joseph et le jardin de la vierge pour le premier des programmes de deux courtes formes montées par des duos (cette année cela ne s'appelle plus «sujets à vif» mais «indiscipline – mot qui s'était déjà infiltré par l'intermédiaire des belges – vive le sujet» mais qui correspondent toujours peu ou prou à la même formule (et cela fait partie depuis le début de mes plus fortes attentes) qui sont toujours coproduits par la SACD et le Festival et qui, merveilleuse surprise – je me demandais comment nous surmonterions son absence (à peine ironique) se déroule encore cette année sous la protection de notre ange gardien Jean-Philippe (navrée je ne connais que le prénom) qui après les adieux que nous luis avions adressés l'année dernière assure son nouveau dernier festival.
Ambiance courtoise et même détendue dans le couloir en attendant, et puis alors qu'un couple de grands quadra à l'air vaguement et artificiellement baroudeurs dont l'un au moins était anglais et dont je ne savais s'ils étaient légèrement agaçants ou libres et sympathiques me laissait gentiment le premier rang (deux petites vieilles encadrant le preneur de son cameraman du festival) et s'installait derrière moi, ce fut le début d'une comédie qui aurait pu être vaguement gênante mais qui par la grâce de la bonne humeur et de la simplicité de l'intéressé fut parfaitement drôle sans que les rires soient entachés de quelque façon que ce soit, lorsque, par confort personnel, il a enlevé la jambe (mollet) artificielle que personne n'avait devinée et a perdu sous le début du gradin des éléments de la fixation ce qui a entraîné une chasse au trésor attentive et joyeuse (finalement ils furent retrouvés dans son chapeau ce qui me l'a rendu encore plus admirable et sympathique)
et les deux courtes pièces -- les photos proviennent du site du festival -- ont tenu le coup (surtout la seconde)
d'abord ils se jettent dans des endroits où on ne peut les trouver ainsi résumé sur le programme
C'est une forêt, ou un désert, ou un marais. Un lieu où les équipements sont partis en fumée. Pendant et après le désastre, grâce entre autres à la décomposition des racines, la vie est toujours là.
avec le charme de leurs courtes conversations d'une banalité parfaite, Mehdi-Georges Lahlou – (Les Sables d'Olonnes, 1983), plasticien et artiste de la performance, franco-marocain, vivant et travaillant aujourd'hui entre Bruxelles, Paris et Maastricht – organisant avec des touffes d'alfa des plantes en pots... etc un espace qui pourrait être de vacances, avant de modifier le cadre et l'ambiance pendant que Marie Payen avec la maladresse, le léger égarement, d'une femme aux grandes idées, légèrement dépassée par les évènements mais prête chaque fois à s'adapter, tâtonne avec les mots pour arriver à formuler peu à peu les phrases rendant compte de ce que doit être leur attitude.
Et puis, après le nettoyage du plateau, le plaisir, unissant beauté et comique de situations Axis mundi de Anne Nguyen (danseuse et chorégraphe autodidacte qui s'inspire des sciences et des arts martiaux, mêlant selon le programme la virtuosité du hip-hop à une écriture épurée) et Elise Vigneron (formée aux arts plastiques, au cirque, puis à la marionnette)
beauté formelle donc dont le résumé ne peut donner idée qu'à force d'imagination... vous laisse faire Dans un dispositif plastique évolutif et éphémère fait de glace, breakeuse et marionnettiste questionnent la norme géométrique et sa destruction. La chaleur libère la matière, le corps-statue s'élargit au cosmos. Un univers où l'équilibre est sans cesse remis en jeu, sur fond de musique techno.
Retour dans une ville qui est entrée, réellement et sans violence dans le festival
et après une courte sieste, enfiler robe et repartir, tout près du Jardin de la Vierge pour assister au théâtre des Halles, sous le chapiteau, à l'une des trois pièces de Valetti que Timar a choisi de mettre en scène pour ce festival (auxquelles s'ajoutent des lectures et rencontres) – ne pouvant toutes les voir mais tenant à profiter au moins de l'une j'avais choisie celle dont l'horaire m'était le plus facile, A plein gaz, interprétée par Nicolas Geny
le teaser (mais j'ai préféré... murissement et enchaînement, ce que j'ai entendu)
et la note d'Alain Timar
Que ça saute ! Ou quand un homme décide d’entrer par effraction dans un théâtre pour témoigner d’un parcours de vie… sous la menace d’une bouteille de gaz !
Le personnage est excentrique, extravagant, inquiétant, cynique par moments mais terriblement attachant. Il en aura traversé des histoires, il en aura subi des tourments, pris dans l’engrenage des évènements qui s’enchaînent au quotidien.
C’est un homme cabossé qui nous parle : de ses peines, de ses joies, qui nous fait rire et pleurer de sa réalité et de ses affabulations. Il mène un combat pour continuer à vivre, quitte à inventer au-delà du raisonnable.
Une imagination et une truculence qui ne sont pas sans rappeler Mangeclous, le célèbre personnage du roman d’Albert Cohen, mais avec le désespoir en plus.
La vie l’a-t-elle malmené ou bien a-t-il malmené sa vie ? Qu’importe car cette tragédie et comédie d’une vie ordinaire nous trouble, nous questionne et nous touche, non pas par l’émotion qu’elle entraîne mais par l’image de la société qu’elle renvoie. AT
sortie avec envie de continuer un peu sur le même chemin (la façon dont le théâtre au moyen de légères distorsions rend compte du réel), alors, parce que j'avais remarqué que cela se combinait assez bien au point de vue horaire et parce que j'aime aller au moins une fois chaque année à la Chapelle du verbe incarné, ai parcouru les quelques centaines de mètres qui séparent les deux théâtres, 
ai fait un tour dans la galerie provisoire à côté du Lycée Saint Joseph pour regarder les toiles de Sylvie Séma-Glissant https://www.avignonleoff.com/programme/2019/les-traversants-de-sylvie-sema-glissant-s27246/
et puis ai fait la queue, en face du Lycée pour assister à Tous mes rêves partent de la Gare d'Austerlitz de Mohamed Kacimi, monté par le Studio-Théâtre de Stains (qui a deux autres spectacles dans le off) dans une mise en scène de sa fondatrice Marjorie Nakache (également actrice)
Dans une maison d’arrêt, cinq femmes se retrouvent tous les jours à bibliothèque. Un soir de Noël, débarque une primo-arrivante Frida, arrêtée pour l’enlèvement de sa fille. Elle a été dénoncée au moment où elle achetait pour celle-ci la pièce de Musset On ne badine pas avec l’amour. Confrontée soudain à la réalité de l’enfermement, Frida veut mourir. Pour « s’évader », les autres détenues lui proposent de jouer une scène de la pièce.
Pièce qui, au delà de ce thème de l'évasion par le refus et l'imagination, est pleine de petites notations sur ce qu'est la vie des prisonnières (sans entrer dans tous les détails féminins)
ai trouvé sur YouTube un teaser
et cette courte vidéo du retour des actrices après une représentation à la prison pour femmes de Fleury-Mérogis
en gardant à l'esprit qu'il y a sans doute une petite part d'illusion née du désir réciproque des détenues, de la troupe et des auteurs..
pour moi par moment un petit sentiment d'irréalité face aux minuscules facilités dont semble disposer le groupe, la vérification que tous les cas imaginables et fortement émouvants sont représentés, mais en même temps le sentiment que ce n'est pas gênant, que la fable englobe bien le côté documentaire, la jouissance de quelques trouvailles, formules, comme des bonbons discrètement distribués... pas un chef d'oeuvre, un très beau travail, une émotion, une fugitive communion
Et la conclusion que petite vieille n'avait plus qu'à rentrer (sera sage demain, un spectacle désiré et puis cheveux, repassage, repos etc.. ) et moins éprouvante pour les dévoués passants

dimanche, mars 23, 2008

Puisque saint y a, samedi plus clair de ciel et d’esprit que vendredi. Frais toujours, mais le ciel rayonnait au dessus de mes pas. Réveillée en réalisant que je devais remplacer mon vieux téléphone à prix défiant toute concurrence, si je voulais avoir une chance d’entendre les messages qui y étaient déposés pendant qu’il affichait « zéro », avec aussi un nouvel appétit de lecture, et l’envie de toucher la terre.
Commencé par la lecture d’un texte téléchargé sur Médiapart où je retrouvais enfin un mai 68 moins étrange que celui qui est relaté par les officiels témoins et propriétaires (voir si cela vous intéresse
http://brigttecelerier.blogspot.com – pour moi c’est le fondement de ce que j’ai tenté d’être, avec plus ou moins de succès), choisi avec gourmandise et passé une commande sur Publi-net http://www.publie.net et suis partie en quête d’un téléphone.
Retour avec le téléphone et, bien sûr, des livres. Bataille pour comprendre, malgré mon handicap devant tout mode d’emploi, comment installer et utiliser mon nouveau joujou (il me reste plein de découvertes à faire), et en début d’après-midi un peu plus de deux heures d’énervement et de plaisir sur ma bonne femme.
qui se dégage peu à peu. Gelée et courbatue je lui ai demandé de patienter, sans trop se durcir (les jambes, la nuque, le visage etc…créer des angles, mais renoncer à la vraisemblance)
et m’en vais être parasite, ennuyeuse, ou tentatrice, en prélevant le début de chaque élément de cette promesse de lectures, moisson à venir, que j’ai devant moi.
Sur écran (publie-net)
«Il fronce les sourcils, il se frotte les yeux, il pense avoir mal vu et il regarde encore. L’écrivain classique, un matin, aperçoit soudain dans sa ville quelque chose dont il a déjà lu l’exacte description. Non pas une narration évoquant ce qu’il est en train de regarder à présent, mais au contraire la même chose, la réplique parfaite, sous la forme écrite, de ce que la réalité, visuelle et en relief, olfactive, sonore, lui propose maintenant. » Marc Pautrel (la vie des écrivains classiques)
«J e t'écris, mais pas depuis Corfou et sa prison, je t'écris d'Athènes, à peu près libre... Oh non, je ne suis pas en perme. Je suis officiellement, éternellement assiégé. Enfin, quelle importance, partout c'est plus ou moins pareil, prison, asile, parti, société... On ne peut même plus être en soi-même. Et pourtant on est tellement seul, comme si tous les matins on partait se faire fusiller... » Chrònis Mìssios (toi au moins, tu es mort avant)
« La matinée passée avec les enfants à Trois Fontaines, belle partie de ballon dans la nef avec Nathan en passoire aux cages et Madeleine comme avant-centre efficace, le goal était souvent battu, à sa décharge ses cages étaient vraiment démesurées. Le parc s'ouvrait aussi à nous, ses seuls habitants, deux ondées nous poussèrent à nous retrancher sous des marronniers épaissément fleuris. Là étendu sous le feuillage et les fleurs rouges, j'observe une buse planer à contre le vent. Mon ventre sert de piste pour les voitures miniatures de Nathan. » Philippe de Jonckheere (Désordre, un journal) mais là j’ai triché en prenant la deuxième entrée, sautant Le Pen et Chirac
« De La Nuit juste avant les forêts, il faudrait parler comme d’une pièce creusée dans une langue que n’épuiserait jamais rien, au cœur d’une durée affranchie de son terme, don d’une présence enfin, qu’aucun espace ne saurait circonscrire – hors le corps même, le corps proféré d’un théâtre faisant violence à l’acte de lecture. » Arnaud Maïsetti (Seul comme on ne peut pas le dire) pour entrer dans son écriture, après le blog
http://arnaud-maisetti.blogspot.com par l’intermédiaire de mon amour du théâtre de Koltès (une lecture de La Nuit juste avant les forêts)
Deux arbres qui m’avaient plu par le rebond entre la boule dense et sombre et les ramures argentées, et je continue encore et encore (pas obligés de suivre)
« Hier il y avait un peu plus de vent.
C'était du vent qui venait de là !
Aujourd'hui on dirait qu'il a changé un peu, il viendrait plus de par là,
on dirait ! » Serge Valetti (plus d’histoires) court
« Au loin l’Acropole toute blanche, le Parthénon éclatant, l’Erechthéion, les Propylées, partout du marbre.
« Tu n’es qu’un petit chien de salon. Tu aboies, mais les visiteurs savent bien que tu ne peux pas mordre. »
«Tu es un drôle de type, un libérateur de canaris qui vont se faire bouffer par les chats. Tu sais bien que sans leur cage ils sont perdus : la liberté, c’est l’insécurité. Pourquoi se donner tant de mal ?»
Màrio Hàkkas (les cénobites, précédé de le bidet)
« dans la rue un homme en costume noir traînait un enfant qui ne voulait pas : trace des doigts serrés aux poignets, l’enfant à genoux et l’homme tirant sur les bras, face à face les deux visages fermés, hostiles, ennemis pour toujours…Sereine Berlottier (ferroviaires)
« La voiture. A l’arrière l’enfant pleure. encore. Des larmes presque sèches. Presque écoulées. Devant, le père, conduit. Sans se retourner.Pas même le rétroviseur pour vérifier que le monde s’éteint avec la route.
Et la nuit. »
Sébastien Rongier (au troisième étage) court itou.

Sur papier, classiquement et pour lecture mobile :
« Je n’ai jamais été un enfant.
Dès la naissance, mon enf ance s’est envolée ailleurs, à jamais éloignée de sa part sublime, orpheline »
Hafid Aggoune (premières heures au Paradis)
« Voix qui m’attire du dehors et plonge au-dedans de moi. Cri prolongé et sourd abolit les distances. Soudain ressentie l’insensibilité de la mort quand le souvenir s’abat après m’avoir frôlé ». Arnaud Maïsetti à nouveau (où que je sois encore…)
« Dans la chambre où elle est enfermée depuis plusieurs heures, la jeune fille entend les cris et les rires qui montent de la grande salle. A mesure que la soirée avance et que les esprits s’échauffent sous l’influence de l’alcool, l’angoisse grandit en elle à la pensée du sort que lui réservent les hommes qu’elle entend festoyer, et, au premier rang, le pire de tous, le chef de la bande, Hugo Baskerville, propriétaire dévoyé du manoir qui porte son nom » Pierre Bayard (l’affaire du chien des Bakerville) et je me dis que je vais le commencer dans la nuit, qu’il va avec mon humeur
« C’est une journée claire, la première après plus d’un mois de grisaille et de froidure, et a grande lumière est singulièrement bienfaisante. A dix heures, nous sommes à Vierzon et prenons pied sur l’autoroute. A Gif à onze heures et demie.
Je passe au Rustol quelques-uns des personnages en fer que j’ai rapportés, monté sur socle le galet recueilli à Carennac – la vierge sous ses voiles »
et la suite est jolie. Pierre Bergounioux (carnet de notes 1991 – 2000) mais là, dans cette une somme à déguster par brides, j’ai pris la seconde page.

Et j’exagère, désolée pour les patients – mais je n’arrive pas à comprendre comment on peut se priver de, ignorer, le plaisir de la lecture, et sa profondeur.

vendredi, janvier 18, 2008

Mon ciel ce matin à 9 heures, quand je suis partie dire adieu au groupe des amateurs du Caravage réunis pour passer en revue sa postérité plus ou moins allusive, puisque sa mort pour nous avait eu lieu le précédent jeudi. Et comme, parmi cette postérité, on a tout de même évoqué mon cher Simon Vouet, j’ai insisté sur ce que linges et visages avaient chez lui de plus mal lavés et fripés, pour que l’on prenne le temps de s’attarder sur les deux tableaux de lui qui avaient été retenus.
« …Donc… cette troupe de théâtre, va faire du Théâtre… C'est-à-dire qu'ils vont essayer de… bon, je ne sais pas trop comment ça marche, si c'est partout pareil… mais bon, là, soi-disant… ils veulent, c'est ce qui est marqué dans le dossier… Ils veulent… c'est ce qu'ils disent… faire du Théâtre… c'est-à-dire… Bon, ils vont se réunir, et puis, après, ils vont demander à des gens, mais c'est pas trop précisé lesquels, dans le dossier, il n'y a rien qui l'indique, mais ce n'est pas le problème, et donc… les gens vont entrer dans un endroit et puis ils vont regarder ce qu'ils vont faire et après ils vont repartir, et ça tous les jours… Ils vont faire ça tous les jours… Ça va être quotidien ! Alors moi je trouve que c'est intéressant…
Il n'y a pas de raison, si on peut avoir quelque chose de quotidien dans ce sens ici chez nous, je ne vois pas pourquoi ils iraient le faire ailleurs… En plus, c'est bien marqué : voilà, là… par exemple, je cite : «On veut faire du Théâtre !…» C'est pas moi qui le dis, c'est eux… Alors, je pense que ce serait correct qu'ils en fassent…
»
Un passage d’un des textes de Publie.net
http://www.publie.net « conseil municipal » de Valetti, parcouru avant mon sieston (pas de rapport hein ! au contraire ça l’a retardé - le trait semble quelquefois à peine outré - dit cela doit être savoureux et plus) après avoir parcouru en déjeunant la lettre de la Chartreuse de Villeneuve lès Avignon qui s’ouvre sur la « sonde 01#08 » su 30 janvier au 2 février. (je vois que c’est sur leur site http://www.chartreuse.org/Site/Cnes/sondes/01_08.php) avec
« 5)avatars, cyborgs, robots : les représentations du corps véhiculées par les médias modifient-elles vos personnages figures ? Votre façon d’écrire pour les acteurs ? Nourrissent elles de nouvelles réflexions quant à la présence des corps sur le plateau du théâtre ? » et je me suis demandé si Alexandre Colin rapporteur devant le conseil municipal du projet de création de cet endroit que ces gens qui veulent faire du théâtre appellent faire du théâtre, leur a posé ces questions.
Pardon, petite récréation vaseuse.

Et puis il y a le 6) de la sonde : « les nouveaux supports modifient les modes de publications des textes ; ces modifications influent elles sur votre écriture »

Mais j’ai eu le tort, après un petit tour dans la grammaire italienne, de sombrer dans le sommeil, parce que j’ai émergé grelottante, transie, migraineuse, ballotée par acouphènes et vertiges et que, du coup, j’ai renoncé à me lancer vers le Ring pour écouter une lecture de « on se dit donc vous » d’André Sarcq.
Remplacé par des frissons, une attente aussi benoite que possible que cela se passe, et la recherche et découverte du début de ce texte sur
http://www.lesimpressionsnouvelles.com/extraits/VOUSextrait.pdf , le dialogue affrontement entre un homme et une femme, qui s’amorce autour de ce livre qu’il lit
« c’est une sorte de lettre, qu’elle n’a jamais envoyée, à l’homme qui l’a abandonnée…. Il l’aimait mais elle était malade – la tuberculose. Un jour, au sanatorium, elle a reçu un courrier où il lui annonçait son mariage, et dans la foulée lui proposait de rester amis… »
Fin de ma journée de vampirisme. C’est à des moments pareils que je ressens une certaine nostalgie en me souvenant du métro. La marche dans les nuits d’hiver me décourage.

samedi, juillet 29, 2006

Billet dilaté par la chaleur ? En principe la fraîcheur arrive - pluie ce matin, et lavage de cheveux qui m'ont permis de franchir l'étape repassage.
Mais si les festivaliers se font de plus en plus rares, remplacés par des touriste purs jus, la chaleur, cette après-midi place de l'Horloge, était toujours là et de belle facture. On n'a plus l'impression qu'elle met la main sur vous, ni de se heurter à un mur, mais je ruisselle toujours. J'en ai profité pour simplifier les corvées, avant de partir assister, au Théâtre du Fubambule, à la dernière d'une pièce japonaise choisie au pif, Dors Paris, de Juichiro Takeuchi (compagnie Tokyo Kadenchi).
Scène recouverte d'un tissu soyeux pouvant être sol ou draps. Une soeur gentille poupée, l'autre plus mince, sentencieuse, remarquable pitre - coup de téléphone à la mère et rire, de Dieu ?, dans l'appareil - projets - début de délire à propos d'un Monsieur X, dont je ne comprends pas bien qui il est. Peu à peu, des crises de panique très démonstratives - peur d'un tremblement de terre, de la foudre, du père - prières - évocation lyrique (assez belle d'après la traduction) de la région maritime d'où venait la mère morte (ah ?) - confection d'innombrables origamis, comme un rite - calfeutrement.
Et brusquement, le Monsieur X devant une petite table, sur le sol nu, le tissu roulé dans un coin, racontant la découverte des deux corps morts, dans une pièce sur-fermée, où ?, pleine de déchets. Et arrivée de deux charmants fantômes ? Le tout en cinquante minutes. De bonnes actrices, spectacle sympathique, mais, est-ce un léger décalage de point de vue entre civilisations, ou fatigue, l'absurde japonais m'est plus hermétique que l'absurde français.
Renoncé à des projets impliquant une trotte à pieds - je suis restée, perplexe, dans l'allée pour revoir, un quart d'heures plus tard, le spectacle d'Acide Lyrique que j'avais déjà vu il y a un an. Quatre bons artistes, du rythme, Mise en pièce de grands airs de Carmen, de la Flûte... ou assaisonnement "grande musique" chamboulée de chansons. Hilarant, et jamais réellement de mauvais goût. Les rires rebondissaient dans la salle, et pas uniquement parce que nous étions là pour ça.
Dans l'après-midi je m'étais amusée à pister, dans des numéros de la revue du Théâtre de la Colline, ce que des auteurs ont écrit sur leur théâtre. Sans suite logique.
Bond, toujours : "Je veux vous rappeler/ Ce que vous avez oublié de voir/ En venant ici./ Vous rappeler d'écouter ce que/ Vous étiez trop occupés pour entendre..."
Valletti : "deux personnages parlent pendant exactement quatorze répliques puis arrive un autre personnage.. A moi de le faire parler, sans autre raison que la structure imposée. Me voilà dirigeant une troupe de marionnettes qui n'en font qu'à leur tête". un peu cruel, mais je ne veux pas le savoir, j'aime généralement le résultat.
Heiner Muller : "je suis l'ange du désespoir. De mes mains, je distribue l'ivresse, la stupeur, l'oubli, jouissance et tourment des corps. Mon discours est le silence, mon chant le cri".
Christine Angot (triché, je ne connais pas son théâtre) : "le théâtre c'est quelqu'un qui se détache du groupe aussi, qui se détache du choeur et qui dit : voilà ce qui m'arrive. Quelqu'un se détache enfin. Aux autres il n'arrive rien, ou alors ils ne le disent pas"..
Jean Luc Lagarce (que j'aime) : "ça pourrait avancer. Fragile, fragile. Ne pas retomber inévitablement dans l'intemporel le vague (termes russes ou "conte"). Essayer de parler d'aujoud'hui... et puis se laisser aller à son propre sentiment : parler à la salle, regarder le public, et parler, tout droit".
Bon, stop ! Aujourd'hui déjeuner avec deux blogueuses, à l'extérieur, je suis bien trop intimidée pour imposer en plus ma cuisine. Posted by Picasa