B chérie était triste hier, sans trop le dire, pour des tas de raisons sans doute, mais surtout parce que ses filles s'échappent. J'ai eu une pensée pour Toulon et Brives et j'ai rêvé au Poulguin. Quête dans le pré ou dans la cour autour de la fontaine ? Combien d'enfants ? Pluie ou soleil? merveilleux endroit pour grandir.

Je n'ai pas souvenir des cloches de mon enfance, ni de celles de mes neveux. Tout se télescope. Mais je retrouve les dernières pâques à Bougival. J'arrive avec un sac plein de friture et d'oeufs pour retrouver dans la cuisine blanche et jaune l'arrière grand-mère, la grand-mère, la ou les mères chargée chacune comme si elle était seule pourvoyeuse, on rentre les chiens, on cache toute cette abondance dans le jardin en pente, nous disputant en souriant les recoins puis on lache la gent enfantine. Il faut maintenant guider les plus petits pour qu'ils ne tombent pas et ne soient pas lésés, calmer les litiges, prévoir des réceptacles pour vider les paniers débordants et in fine les empêcher de manger cette manne pour les orienter vers le déjeuner et parce que ce n'est pas bon pour eux.
J'en ai fini avec Mac Cann et j'ai pêché la correspondance entre Mishima et Kawabata. Du premier au second : "Je me suis souvenu de cette peinture que fait Proust d'une cuisine (tiens !le lien) , vous savez : ce passage où il décrit dans les moindres détails un couteau dont la partie exposée aux rayons du soleil a l'air doublée de velours, ou encore des pointes d'asperges qui, avec leurs teintes irisées, semblent se fondre dans l'air." Je n'ai lu que deux Proust, au temps d'une maladie, et ne les ait plus et je ne vois pas de quel passage il s'agit, je suis bêtement allergique à Mishima à cause du personnage mais j'aime Kawabata depuis ma découverte à vingt ans. Ne m'en reste plus qu'un, pas le meilleur, Les servantes d'auberge où, à défaut du printemps, j'ai retrouvé une mer "Le car contournait un promontoire légèrement surélevé et, soudain, la couleur des buissons de camélias en pleine floraison le long de la mer, et le chatoiement des montagnes couvertes de mandarines, inondaient le regard.... Dans le port, il y avait trente à quarante bateaux joliment aménagés .. Entre les arbres, on n'apercevait que les grands toits de tuile et les murs blancs des hangars".