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Ai jeté la salade, les fonds d’artichauts, la viande, les oignons, les carottes – ai tout démonté, lavé ce qui devait l’être, regardé navrée les fraises et tenté d’en faire une compote (voir si j’arrive à la supporter), réduit la sauce de la daube pour mes pates, et me suis préparée à me nourrir principalement de fromages pendant quelque temps, et à faire des tapenades.
Ben j’étais ivre du parfum et crevée un rien. Ma longue oisiveté a des effets détestables.
Et il en est résulté une indigestion élégante, sans doute plus visuelle et olfactive, ou peut-être fantasmée, qu’autre chose.
Emergée en fin d’après midi pour partir vers le vernissage au Petit Palais d’une exposition « la passion du Christ » première d’un cycle destiné à mettre en valeur la collection de peintures en suivant le calendrier liturgique (et à rappeler ou apprendre les grands traits de l’histoire du Christ et de l’iconographie du Moyen-âge et de la prime renaissance aux braves gens d’autant plus surs d’être de cette civilisation qu’ils la connaissent peu et aux autres, ce qui nous vaut des panneaux presqu’aussi détaillés sur les thèmes religieux que sur les différents traitements selon les écoles) – saluant au passage d’un « mais bien sur » la maison que je n’avais pas reconnue l’autre jour chez Michel Benoit http://avignon.midiblogs.com
Plaisir de retrouver une camarade (le mot nous va visuellement assez peu, tant pis), ses cheveux impeccablement blancs, sa cane, son joli sourire et son élégance dans la vie (du moins je crois)
Tourné autour de la salle, salué l’encadrement de porte en boiserie joliment baroque dans ce cadre, mes petits tableaux aimés, pas forcément les plus beaux, comme le buste carré et plat, les bras filiformes, le long nez et la peau gris olive du Christ de pitié de Giovanni Baronzio de Rimini, et, après deux discours pertinents et brefs, la foule s’et écoulée, canalisée mais s’égrenant au rythme des pas, des conversations, de quelques arrêts devant les rares œuvres sur notre chemin. Au passage dégusté la perspective qui, par delà l’escalier tournoyant, guidait mes yeux vers une annonciation dont le charme est dans l’application avec laquelle est exhibée la perspective d’un carrelage noir et blanc, dans la fierté d’une récente conquête.
Nous nous sommes trouvés entassés dans la grande salle du premier étage, avec cette merveilleuse vue sur le Rhône et le fort Saint André qui aurait pu être en harmonie avec les successeurs des tableaux florentins qui nous entouraient (mais ils étaient un peu trop anciens, du temps des tapisseries et des fonds d’or).
15 commentaires:
Oh! comme je suis désolée pour toi, toi qui avais si hâte de les recevoir, et pas de chances pour elle, les pauvres.
Tu avais cuisiné de bien bons mets, mais pourquoi tu les as jetés? je sais, je suis indiscrète...
Enfin, tu as pu voir une belle exposition. Tes photos sont magnifiques.
Bon jeudi et bisous.
j'ai fait un oh! scandalisé pour "la salade, les fonds d’artichauts, la viande, les oignons, les carottes" avant de comprendre ton besoin de purger ta déception et le peu d'imortance de ces nourritures terrestres ( surtout pour ta carcasse) en comparaison de la privation d'une rencontre attendue...
et puis l'importance de ce bain bienfaisant dans l'art et la beauté --(fût-il aussi compensation mystique d'autres déceptions?)
Une larme sur la camarguaise aimée et perdue...
Quel est ce jeu idiot où l'on perd avec application (un jeu de mots peut-être s'il s'agit d'une application informatique...) ?
Presque un parcours de chemin de calvaire pour arriver au Paradis. C'est de saison, me diras-tu. peut-être à revoir en des temps plus serein, hors bousculade, cette exposition?
Quel dommage pour la daube! Ta Cène, si bien mise en scène, et , patatras, plus de convives. Toi au moins avait les pâtes, mais elles, hein? les plus à réconforter, sur quoi se sont-elles rabattues?
Ici, gelée matinale et pas tendre: la bise lègère et court vêtue.
Les photos sont aussi belles que ton billet semble plein de mélancolie.
Merci pour la balade, et bonne fin d'hiver (bientot fini)
pa l'ombre d'un dépit - là ce serait plutôt la mère de l'amie de ma soeur qui attendait la visite de sa fille - moi déçue bien sur. Mais jeté parce que :je déteste la viande(et pour deux ça n'en faisait pas beaucoup - je n'ai pas droit aux fibres et la salade et les fond d'artichaut c'en est plein - et le principal était le plaisir de préparer et je l'ai eu. Par contre elles elles galéraient et il y a une réparation de voiture à assumer.
Moi ce matin c'est sur dans les draps que je suis restée en panne (je n'aime pas non plus les oreillers)
voilà, voilà
Bon à défaut de daube en agréable compagnie tu as profité pour voir cette expo dans ce magnfique musée, l'un des plus attachants que je connaisse (je regrette de ne pas vivre dans ta ville rien qu'à cause de lui...)
Une chose m'intrigué : il y a longtemps on pouvait photographier sans flash. C'est devenu interdit depuis ?
Que d'envies tu me donnes d'aller voir une telle exposition? J'en arrive à regretter les statues antiques d'Arles...J'aime beaucoup le drapé des vêtements de ce couple dont la femme agenouillée prie. Pour le repas j'imagine ton dépit devant tant de nourriture, toi que j'ai vu chipoter. Que ta journée soit belle Brig!
Oh ! que j'aurai aimé savourer ta daube de taureau !!!!
Malgré ta petite déception, tu as bien rempli ta journée avec ce beau "chemin de croix". Je t'envie !
Pouurais tu m'aider à trouver une peinture ou une photo d'une dame descendant d'un carosse ou d'une calèche ? merci infinement !
Tes photos, superbes !!
Bises,
OLIVIER
le jeu idiot "civilisation" où je choisis les techniques les moins productives et refuse toute guerre. Je peux y passer des heures en apnée totale, un peu agacée contre moi.
Le flash :le problème est que je suis tellement gourde qu'il est activé ou non sans que je comprenne comment j'y suis arrivée- un peu alléatoire.
Désolée d'être absente, je me bats avec un trajet SNCF pas pour jeune cadre dynamique et ma détestation des TGV gobe-fric s'accroit
et quelles belles photos et ce ciel
magnifique et puis je vois des bouts de carrelage au mur de la cuisine on dirait des azulejos ?! je suis curieuse...
Quel dommage, en effet, que cette panne, pour toi qui t'étais mise en quatre pour ce repas...
Quelle splendeur que ces images de ta visite au Petit Palais.
Tu sais toujours nous faire vivre avec un goût parfait tes impressions !
Tiens, de la daube ? Je croyais qu'on ne faisait de la daube que chez moi, en Gironde. Bon, d'accord, on a tendance, vers chez moi, à considérer qu'on a l'exclusivité du génie culinaire. Le vin = le Bordeaux, par exemple. Et oui, pour un Bordelais, le vin = le Bordeaux. Le Bourgogne, l e Champagne ne sont pas des vins dignes de ce nom, pour mes pareils. Donc, la daube = la daube de chez moi. J'ai l'impression que j'ai beaucoup de choses à apprendre et à désapprendre.
Bonne soirée, Brigetoun !
ouai peut-être à Bordeaux, mais tout de même la daube c'est typiquement provençal !
Comment ? Zut, on m'a toujours dit que ça venait de chez moi, hi hi hi !
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